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Trahison à Notre Dame des Landes

Discussion dans 'Discussion générale' créé par ninaa, 18 Février 2018.

  1. mc²
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    mc²Membre du forum Membre actif

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    Août 2014
    signe ton formulaire et ferme ta gueule
     
  2. mc²
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  3. pilou-ilou
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    pilou-ilouMembre du forum Membre actif

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    Avr 2016
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    pour revenir sur le sujet en élargissant un peu.
    Il y a des trucs qui me chagrine un peu beaucoup. Le sinistre de l'écologie me chagrine.
    Ce monsieur à défendu l'écologie dans beaucoup de lieux sur la terre, défendu les droits des amérindiens si je ne m'abuse ?
    Et quand il s'agit de défendre tout ça ici, plus rien, mais alors plus rien du tout.
    Dans le canard enchaîné on apprend même qu'il se fait très discret pour des sujets concernant des espèces d'oiseaux protégés et se fait aussi très discret sur l'implantation d'éolienne en mer dans des zones natura.
    Ma foi quand on fait un business de l'écologie avec une chaîne payante de télé et des shampoings fabriqués par le grand groupe capitaliste des cosmétiques L'oréal. Faut pas s'étonner quand son écologie s'arrête à la frontière du zip de son porte monnaie.
     
  4. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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    Fev 2014
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  5. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Tu as raison c'est une enflure!
    Mais dans ce cas on ne peut pas parler de "trahison" ni à NDDL ni ailleurs, puisqu'aucun anarchiste n'a jamais fait confiance à un ministre a priori... Et les anarchistes en principe ne reprochent pas aux politiciens d'être "malhonnêtes", ils ne veulent pas de dirigeants du tout!
     
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  6. pilou-ilou
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    pilou-ilouMembre du forum Membre actif

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    Avr 2016
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    oui tout à fait nous sommes d'accord. j'ai parlé de lui ici parce que je voulais pas trop lui faire l'honneur d'ouvrir un sujet rien que pour lui.
     
  7. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Août 2016
    [​IMG]
    Tank, on est là - analyse de la situation de la zad depuis l’intérieur
    Publié le 15 mai 2018


    Quelques réflexions sur la situation à la veille d’une nouvelle opération d’expulsion sur la zad.

    Au fil de cette « trêve » qui a des accents d’occupation militaire, la vie quotidienne a, de-ci de-là, repris timidement quelques-unes de ses habitudes. Flics ou pas, il faut semer, soigner les bêtes, tenir les lieux publics. Si une certaine hésitation se fait parfois sentir au moment de mettre les graines en terre, elle est vite balayée par cette certitude que les blindés n’ont su faire vaciller : nous resterons là. Nous verrons les fruits de nos vergers, nous goûterons nos récoltes à l’automne, peut-être même verra-t-on les arbres de haute futaie constituer les charpentes des cabanes de ceux qui sont encore des enfants. Nous n’avons pas attendu les propositions de régularisation pour nous projeter ici sur un temps long, au-delà même de notre propre existence. Ce jalon-là nous fait tenir en cette veillée d’armes, alors que l’on attend la nouvelle opération de destruction qui va frapper la zad.

    Durant celle initiée le 9 avril, nous avons eu l’occasion de mesurer nos forces. Le mouvement, qu’on disait gangrené par les querelles internes depuis l’abandon du projet, a démontré qu’il était encore vivace. En face, la gendarmerie a prouvé qu’elle pouvait sans grande difficulté raser un tiers de la zad en moins de trois jours. Ainsi, si l’arrivée de milliers de personnes, les tirs de molotov sur les blindés, les actions de solidarité et la détermination générale nous ont redonné de l’allant, les manœuvres écrasantes de la plus grosse opération policière depuis mai 68 nous ont un peu glacés. Notre force encore vibrionnante faisait face à une possibilité d’anéantissement éclair de la zone qu’il paraissant bien difficile de conjurer, du moins par la seule confrontation directe avec les gendarmes. Il y eut certes des gestes éclatants, mais le dispositif n’a pas été profondément mis en difficulté. Dans l’histoire de cette lutte, nous n’avons d’ailleurs jamais contenu les flics par notre seule résistance physique. Celle-ci a toujours été adossée à des contraintes légales ou juridiques, à des accords politiques qui venaient entraver et limiter la puissance de feu des militaires. Notre capacité d’action, y compris sur le terrain, est et restera de nature politique. Si nous avons pu défendre efficacement le hameau de la Chateigne en 2012, c’est grâce à l’action simultanée d’une résistance acharnée et de la bataille légale ayant mis les flics dans l’impossibilité de détruire les cabanes. C’est donc toujours par des actions conjointes, politiques, médiatiques et martiales, que nous emportons des victoires. Or lors de la semaine d’expulsions, il n’existait aucun appui juridique sur lequel adosser nos barricades. Et nous avions bien compris que la destruction des 100 noms avait toutes les apparences d’un effet d’annonce : tout est attaquable, on peut détruire très large.

    Le gouvernement, quant à lui, s’est confronté au risque de creuser l’écart entre son récit médiatique et la brutalité nécessaire à ses velléités destructrices. L’élévation du niveau de conflictualité des opposants le poussait en effet à élever le sien, accroissant le risque de tuer, dans une situation où le soutien au mouvement s’intensifiait. Chacun des adversaires a d’une certaine manière vu ce qu’il avait à perdre. Et nous, réveillés de l’impression d’invincibilité sur le terrain que des années de conjuration de la menace nous avaient données, nous avions davantage à perdre...

    On s’en fiche
    C’est à ce moment-là que la préfète a brandi ses « formulaires simplifiés ». Ils donnaient soudain une matérialité aux propos du Premier ministre le jour de l’abandon de l’aéroport : seuls ceux qui entrent dans un processus de régularisation pourront rester. Nous savions désormais que la Préfète avait les moyens de sa suffisance, et sa « proposition » était appuyée à un ultimatum tout à fait clair : rendre ces formulaires avant le 24 avril sans quoi les opérations reprendraient. Jusqu’au dernier moment l’hésitation a régné. Il paraissait fort peu plausible que l’État recule face à une fin de non-recevoir de la zad répondant à une demande semblant somme toute minimaliste. Beaucoup de voisins compagnons de lutte ne comprenaient d’ailleurs pas nos tergiversations, nos réticences à saisir ce qui ressemblait à un moyen simple d’éviter l’assaut final. Certaines composantes disaient également ne pas vouloir s’engager plus loin avec nous en cas d’un refus net. Finalement, l’assemblée a décidé d’utiliser cette prise des fiches pour sortir de cette séquence et tenter de protéger par ce biais le territoire de la zad. Il fallait pour cela que les formulaires couvrent les parcelles et habitats du mouvement. Ce pari a été largement partagé. Quelques lieux ont toutefois refusé cette stratégie.

    Tout a été fait pour tenter de subvertir le cadre imposé par la Préfecture : des associations se sont glissées au milieu des rares individus, des agriculteurs se sont inscrits comme « parrains », plusieurs activités (agricoles ou non) ont déclaré les mêmes parcelles et enfin chaque projet était lié aux autres, l’ensemble étant remis dans une énorme liasse commune à la Préfecture. La carte des usages ainsi dessinée ressemblait davantage à nos manières de faire, car il s’agissait également de rendre visible l’entremêlement de nos existences : sur un même champ, le verger plante des arbres en bordure, le groupe céréales effectue une rotation de sarrasin et l’année suivante c’est le groupe patates qui met en terre ses tubercules. Sans parler du rassemblement d’été qui s’y organisera peut-être, ou de la salamandre géante qui trône désormais entre les rangs fraîchement labourés. Cet écheveau peine tant à rentrer dans les cadres que les bureaucrates de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer, en charge de l’étude des fiches, ont fini par nous dire : « Mais pourquoi l’État ne vous signe pas une convention collective, ce serait tout de même plus simple ! » De même, lorsqu’ils ont convoqué une à une les personnes ayant donné leurs noms, c’est toutes ensemble qu’elles sont venues, vêtues de tee-shirts sur lesquels était sérigraphié :« zad, on la joue collective ».

    Le résultat immédiat de cette tentative revenait à enjoindre l’État d’annoncer que oui, effectivement, les zadistes, ceux qu’il vouait hier aux Gémonies, allaient finalement continuer à vivre sur ce territoire. Que sous un discours rigoriste, ce qui se tramait ressemblait à une des plus massives régularisations de squatteurs de l’histoire française. La droite, à travers la voix de la présidente de Région, ne s’y est d’ailleurs pas trompée en s’offusquant publiquement : « Dans le fond, au-delà de la mise en scène de la force brute, la vérité crue de cette opération c’est que l’État va donner des terres aux zadistes et qu’ils vont rester. » Comment ? C’est ce que les batailles à venir nous diront. Ces formulaires, légalement, n’engagent pas les parties en présence pour le moment. Il ne s’agit pas d’un contrat, mais d’une simple déclaration d’intention. La préfète prétendait qu’elle voulait des noms, elle les avait en réalité déjà dans les nombreuses procédures juridiques par lesquelles nous défendions nos habitations. C’est donc avant tout et en premier lieu un échange symbolique permettant la « trêve » qui a été accompli. Et en effet, ils ne sont pas revenus expulser le 24 avril.

    Nous ne nous leurrons cependant pas sur la visée de cet échange : l’État cherche à nous trier. Il a, de fait, très peu d’imagination. Et comme tout bureaucrate, sa logique ne peut dépasser le binarisme. Il agit comme si la zad était peuplée d’un côté de radicaux qui bâtissent des barricades et jettent des cocktail molotov, et d’un autre de gentils porteurs de projets qui n’attendent que de se régulariser. Il croit sans doute qu’une fois que les seconds auront rempli leurs fiches, il suffira de déloger les premiers pour que le bocage redevienne paisible. Il applique à notre situation ce qu’il a – presque - réussi à faire advenir partout : l’univocité des êtres. Cette séparation est un des lieux communs les plus absurdes de la pensée occidentale, ce qui explique sans doute qu’il soit si abondamment repris, dans les médias mainstream ou non. Mais voilà, celles et ceux qui tentent par la négociation de rouvrir des brèches pour l’avenir se sont aussi dressés avec toute la véhémence qui convient face à lui dès le 9 avril. Ce n’est pas parce qu’on monte sur une barricade qu’on ne sait pas tenir un crayon ou traire une vache, et vice versa. L’État a donc aussi contribué à donner à certains de ses farouches opposants des moyens de consolider leur situation…

    Phobie administrative
    Mais si donner des « gages de régularisation » semble aujourd’hui nous préserver d’un anéantissement total, il se peut que demain cela soit l’inverse, que nous nous retrouvions mis en péril par une individualisation trop poussée des situations et les contrôles qui en résultent. Et il ne faut pas sous-estimer la force d’engrenage et de modelage de la vie que produisent les procédures d’installation. Leur visée consiste aussi à nous faire croire qu’elles constituent la seule manière de se rapporter au monde, et si nous n’y prenons pas garde, elles peuvent rapidement s’imprimer sur nos désirs et nos envies. Nous ne savons pas jusqu’où la « stratégie d’auto-défense administrative » du mouvement aura un sens ni quelles marges de manœuvre nous aurons le moment venu pour rompre ou nous en dégager, cela dépendra là encore des liens et des solidarités que nous aurons continué à faire vivre dans cette nouvelle phase de la lutte. Nous n’avons aucune garantie, pas plus dans cette voie que dans une autre. C’est un pari, une hypothèse qui repose bien plus sur la force réelle du mouvement de soutien que sur l’illusoire bienveillance de l’administration française. Pour qu’il fonctionne, il nous faudra encore et toujours nous battre aussi au sens propre du terme.

    Ce pari, le mouvement ne l’a pas fait par goût, comme chacun s’en doute. Il s’appuie sur un constat, guère agréable à énoncer : la zad n’est plus la zone de non-droit qu’elle avait su être depuis 2013. Et au vu du nombre de flics qui la parcourent chaque jour, il y a bien peu de chances qu’elle le redevienne, du moins pas aussi ostensiblement qu’avant. Le rapport de force a évolué, et il nous faut bien en prendre acte. En 2016, quand les dernières barrières légales concernant les habitants historiques sont tombées, il a fallu quatre manifestations de plusieurs dizaines de milliers de personnes afin de dissuader l’État d’évacuer. Cette force de mobilisation n’est pas donnée une fois pour toutes, et il est probable que nous ne pourrons pas la maintenir indéfiniment maintenant que du projet d’aéroport il n’est plus question.

    Parmi les fronts que cet abandon pousse sur le devant de la scène, il en est un qui s’est durci : la bataille pour les terres. Sur les 300 hectares « du mouvement », acquis de haute lutte en empêchant la chambre d’agriculture de les redistribuer, la Préfecture nous fait savoir que nous pourrions signer des baux précaires, si nous le souhaitions. En revanche, elle refuse d’en entendre parler sur les terrains encore revendiqués par les « cumulards » (les agriculteurs qui ont vendu leurs terres à Vinci et se sont généralement agrandis). Une situation qui peut paraître paradoxale se dévoile alors : toutes les fiches ont été considérées comme éligibles, sauf celles des projets répondant le plus aux critères énoncés par l’État, car ils se situent sur ces « terres conflictuelles ». Mais il n’y a pas là de hasard malheureux : à la Noë Verte et à Saint-Jean-du-Tertre, l’installation de projets agricoles dès 2013 s’était inscrite dans une stratégie d’occupation du terrain contre Vinci et les cumulards. Nous devrons donc lutter pour que ces terres n’aillent pas à l’agrandissement.

    Ce rejet est sans doute une des causes du refus par la Préfecture d’une « solution Larzac » et de la Convention d’Occupation Précaire collective proposée par le mouvement. Certains analystes en ont conclu que le collectif effrayait les dirigeants. Ce n’est pas tout à fait vrai, les structures collectives existent, elles sont légales et parfois même glorifiées. Le problème, à Notre-Dame-des-Landes, c’est que le collectif qui fourmille ici n’est pas un simple agglomérat de personnes. C’est un commun qui a mis en échec durant 50 ans les gouvernements successifs, un commun de résistance. Et ouvrir la voie au commun, c’est pour la Préfecture ouvrir la voie aux résistances.

    Ce pour quoi l’on se bat
    Mais elle fait fausse route en confondant la forme et le fond. Elle s’imagine qu’une structure juridique individuelle va fatalement nous rendre individualistes, par force ou par fatigue. Elle sait que dans les projets que nous lui présentons, le récit s’adapte à ses demandes, mais pense qu’il va devenir réalité à force de paperasses. Alors que ce que nous vivons sait bien se jouer des administrations si par ailleurs le désir et les moyens de communiser perdurent. Sauver les conditions de possibilité et d’accroissement du commun qui est déjà là, voici donc l’enjeu véritable, au-delà du mode de gestion des terres. Car la réapparition des flics et le processus des fiches n’ont pas réduit au silence la base matérielle et spirituelle que constitue la zone : le réseau de ravitaillement s’est encore rendu à Nantes ce printemps, et ils n’ont pas su empêcher les postiers rennais en grève de venir nous rendre visite. Ils ont dû regarder impuissants les grumes être sciées près du « hangar de l’avenir » pour former la charpente du nouveau Gourbi. Peut-être ont-ils aperçu, depuis leur hélicoptère, cette même charpente se mouvoir dans le crépuscule, puis dans la nuit, entourée d’une centaine de porteurs entonnant des airs de musique classique. Au matin, leur tank l’a détruite de deux coups de lame avant qu’ils ne repartent en rang, incapables pourtant d’effacer la magie et l’insolence de la veille. Nous avons des armes qu’ils n’ont pas.

    Ce commun-là est notre force, il est ce pour quoi nous nous battons ici, ce pour quoi nous nous battrons encore très bientôt. Il est ce à quoi nous devons être fidèles, quelle que soit notre situation administrative. Mais il n’est rien sans un territoire. Il est aussi géographique qu’historique, ancré dans ce bout de bocage jusqu’au bout des ongles. Il n’y a pas de commun en soi sans les moyens de sa réalisation, sans les lieux d’organisation qui lui donnent toute son amplitude. Ce commun-là ne se transporte pas plus ailleurs que les animaux menacés qu’ils voulaient « déplacer ». Il appartient à ce territoire-là, il est enfant de ce mouvement-là, il est son héritage autant que son présent, en actes. C’est pour cela que nous luttons contre l’anéantissement de la zad, parce que ce qui vit ici ne vivrait pas ailleurs. Parce qu’il n’existe en France aucun autre endroit partagé réellement par tout un mouvement de lutte, par des milliers de personnes ayant traversé ensemble des batailles, des espoirs, des désillusions, et y ayant survécu. Tant que cette lueur éclairera les talus et les fossés du bocage, nous combattrons pour elle.

    Ce combat se fera extrêmement concret dès le 15 mai, date annoncée d’une nouvelle opération d’expulsions présentées de nouveau comme « partielles ». Face au retour des pelleteuses, les cabinets préfectoraux espèrent que le mouvement plonge dans des divisions aussi stupides qu’inintéressantes politiquement entre ceux qui ont rempli le formulaire et ceux qui ne l’ont pas fait. Nous refusons fermement ces dichotomies, et ils nous trouveront derrière les barricades pour défendre la zad et tous ses lieux de vie.

    Des habitant.e.s des lieux suivants : le Moulin de Rohanne, la Rolandière, les 100 noms, la Hulotte, Saint-Jean-du-Tertre, les Fosses noires, la Baraka et Nantes réunis dans le CMDO (Conseil Pour le Maintien des Occupations)
     
  8. ninaa
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  9. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Oui ce texte serait pas mal si on ne savait pas de qui il émane et quelle réalité recouvrent ces bonnes intentions affichées...

    Commentaire d'un dissident mauvais genre sur Indymédia Nantes:

    https://nantes.indymedia.org/articles/41384

    Commentaires après un nième article d'appel à l'unité et à la complémentarité (comprendre: à fermer sa gueule si on est pas d'accord...):

    https://nantes.indymedia.org/articles/41378
     
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  10. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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  11. mc²
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  12. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Posted on 2018/04/20
    Quand Lama faché, Lama cracher !
    [​IMG]« Tous les partis, les syndicats,
    Et leur bureaucratie,
    Oppriment le prolétariat,
    Autant que la bourgeoisie. (…) »

    Comité pour le maintien des occupations (CMDO)
    [l’original pas la copie]
    La commune n’est pas morte, juin 1968

    LE 17 JANVIER DERNIER, le gouvernement Macron décide de mettre un terme au projet d’aéroport de Notre-Dames-des Landes. Une fois n’est pas coutume, un projet d’envergure est stoppé par ses opposant-e-s. Inutile de préciser que Manu n’est en rien conquis par les vertus d’un bocage débarrassé de ces masses de béton. Ses amitiés et ses intérêts sont tout autres. Seulement, il y a là une occasion stratégique à saisir, celle de désarmer un mouvement de solidarité qui habite davantage qu’un bocage : des vies et des imaginaires. Et ce en normalisant un espace où s’enracinait un lutte remettant en cause, pour nombre de ses protagonistes, bien davantage qu’un aéroport.

    Malheureusement, et comme il est souvent de coutume en de telles circonstances, certaines franges du mouvement ont décidé de répondre positivement à cette normalisation. Dans les heures qui suivent l’annonce gouvernementale l’Assemblée du mouvement décide autoritairement de plier aux recommandations de la préfecture en ouvrant la voie à une occupation militaire du site, en acceptant de débarrasser de ses chicanes la D281. Et ce en expulsant, contre des habitant-e-s, deux cabanes occupées ponctuellement ou plus durablement. Rapidement, des troupes de gendarmes mobiles prennent possession des lieux. Drones, appareils vidéos et micros directionnels envahissent le paysage.

    Si cette même Assemblée a, dans un texte en 6 points , affirmé vouloir maintenir l’unité des composantes en lutte, s’opposer à toutes les expulsions et prendre en charge l’avenir du mouvement, ses premiers gestes auront été d’une part de « libérer » une partie de la ZAD et de l’offrir à son nouveau partenaire, l’Etat ; et d’autre part de négocier avec le pouvoir. Le 19 mars, l’Assemblée appelait ainsi à un rassemblement pour soutenir « une délégation intégrant l’ensemble de ses composantes – habitant.e.s, paysan.ne.s, élu.e.s, naturalistes, voisin.e.s. » représentant paraît-il l’ensemble du mouvement. Le vieil adage qu’en Politique il faut avant tout juger les actes plutôt que les paroles s’applique une nouvelle fois…

    LORSQU’EN 2012, L’ETAT ORDONNE de lancer l’opération César contre la ZAD, il ne se doutait pas tomber sur un os. En quelques jours l’évacuation s’embourbe dans cette zone humide avant que quelques 50000 personnes ne décident de réoccuper les terres, et de construire des cabanes. Cette journée, où les militants et militantes politiques, associatifs et syndicaux étaient invités à ranger leurs drapeaux respectifs, marquait la prélude d’une résistance massive et déterminée, le fameux « kyste » décrit par Manuel Valls.

    Dans ce coin, il y a eu de nombreuses luttes dans le passé, des liaisons entre paysans et ouvriers de 68 aux luttes antinucléaires contre les centrales du Carnet et du Pellerin. Les complicités fragiles mais riches, qui ne manquèrent pas de se tisser, s’enracinaient dans les luttes passées, tout autant que dans un fort sentiment de résistance aiguisé dans des occupations débutées quelques années plus tôt.

    Seulement, au fil des ans et du succès de cette lutte, les complicités légitimes tissées dans cette résistance ont fini par laisser place à une manière stratégique et instrumentale de se rapporter à la lutte : la composition.

    CONTRAIREMENT A L’IMAGE QUE CERTAIN-E-S n’ont eu de cesse de véhiculer, les conflits ont toujours existé sur la ZAD et dans le mouvement contre l’aéroport. Les conflits du quotidien dans la manière de vivre l’occupation entre éleveurs et anti-spécistes, entre antiféministes et féministes, etc. Mais également dans les manières de vivre la lutte entre partisan-e-s de l’action directe et de la désobéissance, entre institutionnels et autonomes, entre assembléistes et affinitaires, entre médiatiques et anti-médiatiques, entre « contre l’aéroport » et les « contre ce monde ».

    Ce qui se vit là-bas s’est construit sur la juxtaposition des logiques. Le slogan contre les grands projets inutiles recouvrait dès l’origine des intentions et des modes opératoires totalement opposés. L’extrême-gauche y voit une gabegie économique ; EELV un projet peu compatible avec leur vision du capitalisme vert ; les agriculteurs, des terres qu’on leur vole ; les primitivistes, une atteinte à une nature sanctifiée ; et certains radicaux, un des nombreux aménagement de nos existences par le capital et l’Etat. Les trois premiers espèrent un aménagement du territoire par l’Etat et le capital plus à même de correspondre à leurs désirs, les deux derniers veulent pour des raisons parfois peu compatibles en finir avec l’aménagement du territoire. Par ailleurs certain-e-s sont des gestionnaires, les autres promeuvent horizontalité et auto-organisation.

    Ce qui tenait tout le monde ensemble c’est que chacun et chacune a toujours eu besoin de l’autre pour que la lutte continue. L’ACIPA des zadistes pour occuper les terres vouées à la destruction, les zadistes des agriculteurs et des organisations pour leur servir de bouclier et légitimer leur lutte. Les rapports qui nouent les groupes entre eux ne sont plus dès lors que des rapports de dépendances réciproques qui les lient sur un mode instrumental. Même si bien évidemment la lutte et la vie recèlent des moments beaucoup plus chouettes.

    Derrière l’image d’unité qui est véhiculée, se terrent des antagonismes profonds qui ne demandent qu’à resurgir à chaque fois que l’occasion se présente comme lors d’un caillassage de flics. Il y aura toujours alors un Julien Durand de l’ACIPA pour dénoncer dans la lignée de Bové ou de Mélenchon, les dangereux irresponsables peuplant le bocage voué à destruction, ou une équipe des Verts pour singer l’ouverture d’une maison équipée de bottes achetées la matin même à Montparnasse. Ce qui ne manqua pas d’arriver à bien des reprises comme lors de la manif de Nantes de février 2014 où l’on vit un Julien Durand, porte-parole de l’ACIPA, jouer les contorsionnistes en se dissociant de la casse tout en évitant de condamner les casseurs, bref marquer sa désapprobation tout en cherchant à maintenir l’unité avec les occupants et occupantes de la ZAD dont il avait encore besoin. Dans les mois qui suivent l’entreprise de pacification consistera à refuser toute nouvelle manif à Nantes. Injonction à laquelle ne manquera pas de répondre une partie des « zadistes ».

    Cette composition s’organise autour de composantes qui empilent les acronymes. L’ACIPA est une des associations historiques des anti aéroports. La coordination des opposants qui réunit les organisations. Le COPAIN réunit les agriculteurs principalement liés à la Confédération Paysanne. Enfin, l’Assemblée de mouvement, initiée par des occupant-e-s.

    « Pendant longtemps, c’est resté un endroit de débat et de mise en commun des idées et projets des différents bords, sans prétendre y décider de façon unitaire. Pour moi, le « mouvement » était lié à cet espace créatif où différentes tendances s’informent et se répondent, s’affirment et se critiquent, et sans renier leur autonomie d’initiative. Je crois que c’est ça que certains ont commencé à appeler « composition », en tous cas moi c’est là que j’entends ce mot pour la première fois. Sur le coup, j’ai pas fait trop gaffe, ça parlait du « mouvement » et de ses « composantes ». Plus tard, je me suis dit que le concept de composition ressemblait plutôt à une manière de pacifier la situation, d’en parler en mots séduisants sans laisser apparaître le conflit et la contradiction. Bref de nous endormir quoi. Jusqu’à appauvrir cette ébullition en cherchant sans arrêt une « voie du milieu », et que dans « mouvement » on finisse par oublier la diversité qui surprend pour en faire une masse qui bouge « tous ensemble ».
    Témoignage, Le mouvement est mort vive… la réforme !, Une critique de la composition et de ses élites, Février 2018, par un groupuscule insignifiant.

    IL NE MANQUE JAMAIS D’AUTOPROCLAMES STRATEGES révolutionnaires ou réformistes pour au nom de l’unité, du pragmatisme, de l’urgence imposer une direction et une unicité au mouvement. Des chefs ont fini par se dégager au sein même des occupant-e-s, mobilisant leur force matérielle, leurs réseaux, leur puissance… non pas seulement au profit de l’ensemble de la communauté, mais pour structurer une hégémonie idéologique sur la zone et la lutte. Ils et elles ont condamné au côté des « institutionnels » des actions… comme l’attaque d’une voiture de journaliste. Mais également celle, à l’aide d’un jet de purin, d’une conférence de campagne électorale de la France Insoumise à la Vacherie, lieu occupé de la ZAD. Leur vision de la composition signifie faire taire les divergences et imposer une discipline de mouvement.

    A la manœuvre, le Comité pour le maintien des occupations (CMDO) et quelques complices, pompeusement baptisé de la sorte en référence à son ancêtre situationniste de 68. Ancêtre qui ne manquait pas à l’époque de marquer une distance rédhibitoire avec l’ensemble des bureaucraties syndicales et gauchistes. Dans ce comité de vieilles gloires de l’autonomie qui n’hésitent pas à jouer les portes paroles médiatiques, à activer des complicités avec les bureaucrates de tous poils, à accepter le jeu de la négociation avec l’Etat. Bref, à devenir des gestionnaires de lutte.

    Ces mêmes gloires, du fait de leur origine de classe, monopolisent les ressources et les discours, disqualifient systématiquement leurs adversaires, les insultent, les menacent. Les derniers incontrôlables qui n’avaient pas encore déserté les Assemblées du mouvement, finissent par s’en barrer, écœurés.

    LA COMPOSITION FINIT PAR MONTRER SES LIMITES une fois l’objectif atteint ou la lutte défaite. Si un texte en 6 points revendique officiellement la gestion de la ZAD par une instance issue du mouvement, les composantes du mouvement cherchent pour l’essentiel la négociation. Pour autant, pour le moment l’Etat ne lâche rien.

    Une Assemblée des usages avait marqué depuis quelques mois ce soucis de penser l’après aéroport. Sur ce terrain, certains comme l’ACIPA ou le COPAIN avaient de l’avance. La proximité de nombreux et nombreuses de leurs protagonistes avec des anciens et anciennes du Larzac leur permet d’agiter quelques vieilles recettes. Celles d’une zone normalisée, sous bail STCL avec l’Etat, cogérée par la confédération paysanne et les écologistes d’Etat. C’est cette option que défend d’ailleurs José Bové militant EELV, ami d’Hulot et de Julien Durant de l’ACIPA, et ancien du Larzac en janvier dernier.

    La normalisation de la D281 marque l’emprise de cette stratégie. Habitué à son hégémonie le CMDO ne prend à cette occasion même plus soin des formes, et ne s’appuie même plus sur un vote d’Assemblée. Les jours qui suivent, quelques 200 personnes démontent les barricades non sans bousculer les quelques récalcitrant-e-s qui refusent la décision, devançant à cette occasion le travail de maintien de l’ordre. Lama Faché, une cabane sur la route, est démonté. Certain-e-s le reconstruiront plus loin. Depuis l’Assemblée de lutte qui ne représentent plus qu’une partie, certes sans doute majoritaire des occupant-e-s et des gens en lutte, tente de négocier.

    Pour maintenir l’unité, les idéologues de la composition auront rompu l’unité de ceux et celles pour qui cette lutte visait autre chose que conquérir une ferme ou un champ négocié avec l’Etat. Comme quoi cette lutte nous aura rappelé que les « Amis » ne sont pas forcément des amis, les COPAIN pas forcément des copains.

    Tout cela nous aura remis également en mémoire qu’une forme ne peut à elle seule assurer une horizontalité. Certain-e-s qui ont pourtant toujours détesté les Assemblées les ont investies. Non pour les potentialités de liberté et d’auto-organisation qu’elles pouvaient offrir, mais au contraire pour les logiques de gouvernement, de contrôle et de soumission qu’elles pouvaient ici promettre. Si nous restons pour notre part attaché aux Assemblées, c’est pour de toutes autres raisons : nous coordonner, pouvoir exposer les jeux de pouvoir de bandes ou de groupes, éviter de nourrir les postures narcissiques de groupe, etc. Bref pour leur potentialité anti-autoritaires.

    LA COMPOSITION EST A L’AUTO-ORGANISATION ce que les chaînes sont à la liberté. Nous avons pour notre part toujours défendu les associations d’individus dans des assemblées de lutte, des collectifs, contre la composition stratégique entre organisations ou bandes. Nous sommes de ceux et celles qui ont toujours refusé de cosigner des textes avec des organisations, et pas seulement « politiques ».

    L’empilement d’acronymes n’est pas une identité et une force autonome, mais n’exprime au contraire que la soumission à des états-majors. C’est un peu comme s’il y avait une inquiétude à la décomposition de la gauche, qui n’a jamais été qu’une facette de la soumission, qu’il faudrait aider à remettre sur pieds, voire y participer. Composer, c’est jouer un rôle, se grimer en vue d’élaborer un front large. C’est bien porter ses activités à partir d’une approche essentiellement stratégique et non d’un rapport éthique. Et surtout, tout cela ne produit que dépossession, et des espaces où chacun et chacune est sommé de suivre la voie déjà tracée, plutôt que de chercher à nouer des complicités et construire du commun sans taire les divergences et les réalités personnelles différentes. Composer c’est pour l’essentiel renouer avec la vieille tradition Politique dans ce qu’elle a de plus sordide.

    Aujourd’hui cet appareil idéologique de milieu semble avoir pris comme une fièvre. Des assemblée de luttes sur les demandeurs d’asile peuvent recevoir une sénatrice EELV jadis alliée de Valls à visiter ses squats, des collectifs anti-répression penser à informer une union locale CGT qui avait condamné les casseurs en 2016 de ses activités, la Maison de la grève accueillir Houria Bouteldja, des membres du cortège de tête parisien protéger des locaux d’Emmaus, complice de la machine à expulser… Il faut dire que pour d’autres ça fait déjà quelques temps qu’ « élu-e-s des « territoires qu’ils et elles habitent », jeudi ça peut être zbeul, et le lundi Conseil Municipal ».

    Ce que l’idéologie de la composition répand c’est une discipline de milieu privilégiant les liens avec la gauche syndicale, politique et associative à toute radicalité effective. Le spectacle ritualisé de l’action directe sous contrôle servant tout autant à assouvir les pulsions activistes et les affects guerriers qu’à entretenir une image faussement insurrectionnelle. Le spectacle de la contestation plutôt que la contestation du spectacle.

    Comité El Condor passa,
    Caen, mars 2018
     
  14. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  15. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Communiqué reçu aujourd'hui sur la liste NDDL IDF (loin d'être "unie" sur le sujet...):

     
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  16. pilou-ilou
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    pilou-ilouMembre du forum Membre actif

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    Avr 2016
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    un texte qui m'a éclairé moi qui ne suis pas sur place.
    J'ai comme l'idée que le combat n'est pas fini.
     
  17. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  18. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Reçu ce matin, ce compte rendu de "dissidents" sur la situation sur place:

     
  19. mc²
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    mc²Membre du forum Membre actif

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    Pour plus d'infos sur les Domaines Libérés: Récit subjectif de ce qu’il s’est passé au domaine re-re-re-re-libérée #ZAD #NDDL depuis le 18 mai (fini à l’aube du 22 mai) et La Maison des chats sous tensions...

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    Et aussi un texte sur les Embrouilles de tiekar à "l'extrême ouest".
     
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  20. mc²
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    mc²Membre du forum Membre actif

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    Août 2014
    Zadissidences 2 (1ère partie)
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