Chargement...

Révoltes des banlieues en 2005

Discussion dans 'Activisme, théories et révolution sociale' créé par Anarchie 13, 28 Septembre 2017.

  1. Anarchie 13
    Offline

    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

    6 558
    313
    138
    Jan 2009
    France
  2. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Posté par Surlazone (jeune voleur) dans ce topic :
    Émeutes, banlieues sous les médias

    Je pense que connaitre l'histoire des révoltes des banlieues en 2005 est aussi important que de connaitre l'histoire des révoltes de mai 68 (même si perso je les connais que de loin).

    Elles ont éclaté suite à la mort de deux jeunes garçons, Zyed et Bouna, qui se sont réfugiés dans un transformateur électrique pour fuir la police. Mais ce qui a mis le feu au poudre n'est pas tant le décès des deux jeunes que leurs traitements policier, politique et médiatique.
    La première réaction du ministre de l'intérieur de l'époque (Sarkozy) a été d'accuser les jeunes d'être des délinquants (des cambrioleurs plus précisément). Sans aucune preuve. Les médias ont ensuite affirmer que les flics n'avaient pas poursuivi les jeunes, autrement dit qu'il ne leur serait rien arrivé s'ils n'avaient pas couru. Ce qui est entièrement faux. Enfin, en total contradiction avec la procédure normale, les flics ont procédé à un interrogatoire du troisième garçon, seul survivant, sur son lit d'hôpital, le lendemain de l'événement, sans avocat et sans l'accord des parents (alors qu'il était mineur).
    C'est ce cynisme et ce mépris qui a été le déclencheur des émeutes.

    La réalité de l'affaire est que les trois jeunes garçons rentraient du foot quand ils ont vu d'autres jeunes courir, ils ont vu des flics flashball à la main et entendu des sirènes. C'était en plein mois de ramadan, ils ne voulaient pas être en retard pour casser le jeûne et n'avaient pas leurs papiers sur eux, ils se sont mis à courir. Contrairement à ce qu'ont déclaré les flics et leurs relais médiatiques, les garçons ont bien été poursuivis. Ils ont même dû rester plusieurs heures dans le transformateur avant que le son des sirènes et les aboiements des chiens policiers disparaissent. Ceci d'après le témoignage de Muhittin (l'enfant ayant survécu).

    (Plus de détails : Le dernier jour de Bouna Traoré et Zyed Benna )

    S'ensuit plusieurs semaines d'émeutes d'abord à Paris, puis en province qui perdurent alors même que celles de Paris se calment. Le gouvernement instaure l'état d'urgence, ce qui est exceptionnel, et même un couvre-feu.
    Ce qui interroge c'est la vitesse et l'intensité avec laquelle se propage les émeutes dans des quartiers qui sont séparés par plusieurs centaines de kilomètres. C'est qu'il existe une identité commune, un vécu commun, dans les rapports aux institutions en particulier la police, l'école ou les médias.



    D'autant plus que, contrairement à ce que les médias et Sarko ont insinué, on ne trouvait pas dans la rue seulement des "délinquants multirécidivistes" qui seraient des spécialistes de la violence et de l'illégalité. Les émeutiers étaient d'ailleurs soutenu par une grande partie de la population du quartier, même si elle ne participait pas activement aux émeutes.

    Les témoignages des personnes ayant participé aux émeutes sont rares (ce qui n'a pas empêche les médias de spéculer à longueur d'antenne sur leurs motivations :

    )

    Dans le livre "Quand les banlieues brûlent" dirigé par Laurent Mucchielli (sociologue spécialiste de la délinquance) et Véronique Le Goaziou on trouve des extraits d'entretien. Selon Laurent Mucchielli, ce n'est pas tant l'événement de la mort des deux jeunes garçons qui revient dans leurs propos ou suscitent le plus d'émotion que des références au quotidien de vie dans une cité (en particulier lorsqu'on est issu de l'immigration).
    Les personnes interrogées s'en prennent à la police dont les abus ne sont plus à démontrer (dans les quartiers populaires) et à l'école où les abus des profs sont sans doute encore à démontrer pour une bonne partie de l'extrême-gauche. D'ailleurs on remarque que les écoles ont été une cibles privilégiées des émeutiers (en plus des voitures, des poubelles, des commissariats et d'autres infrastructures publiques).

    A ce titre, les émeutes de 2005 ne sortent pas de nulle part. Si leur intensité a surpris "tout le monde", elles s'inscrivent dans une succession d'émeutes de tailles (en 1981 les "étés chauds" ou "rodéos" aux minguettes, en 1995 à Vaulx-en-Velin, en 2008 au Mirail à Toulouse pour n'en citer que quelques unes). D'autre part les problématiques de ségrégation, de rapport à la police, de chômage, de sélection scolaire, de discrimination sur des critères raciaux, etc.. n'ont rien de nouveau dans les cités.

    Les émeutes de 2005 ont été une situation d'auto-organisation du prolétariat des cités quasi-insurrectionnelle que les organisations militantes d'extrême-gauche ont complètement loupé. Ce qui d'après moi témoigne d'une déconnexion déplorable de celles-ci vis-à-vis du prolétariat. D'ailleurs les orgas soi-disant révolutionnaire ne se sont pour la plupart pas contenté d'être à la ramasse, elles se sont faits le relais de tous les clichés qui passaient en boucle sur les médias dominants.

    Aujourd'hui l'état comme les orgas militantes prennent plus au sérieux ces problèmes (mais d'après moi de manière souvent opportuniste - toujours en ce qui concerne l'état). Je sais que les services civiques notamment ont été instaurés suite aux émeutes et en référence à elles (explicitement). Le but était à la foi proposer des emplois (sous-payés) dans les quartiers tout en essayant de les moraliser / canaliser avec des "actions citoyennes". Plutôt que d'étendre le RSA aux moins de 25 ans (le service civique est, là aussi l'état ne s'en est pas caché, ce qui remplace le RSA pour les moins de 25 ans). Mais à part du colmatage l'état n'est pas capable de faire quoi que ce soit pour nos quartiers.
    Quant aux orgas militantes je ne sais pas trop quoi en penser. Je me demande si leur ingérence dans les questions des quartiers populaires n'est pas un moyen d'en prendre la direction d'une façon un peu paternaliste et justement, contrairement à ce qu'elles prétendent, d'éviter que la situation ne redeviennent hors-contrôle. Je dis pas qu'il ne doit pas y avoir de militantisme dans les quartiers mais d'expérience j'ai pas l'impression que y ait beaucoup de militants venant des quartiers dans les orgas d'extrême-gauche (du NPA en passant par LO jusqu'aux orgas anarchistes). Donc que c'est un peu on s'intéresse aux quartiers une fois de temps en temps (après, comme pour les syndicats, y a toujours des gens qui militent pas juste comme on l'attend d'eux et qui ressentent vraiment les besoins des quartiers - vu que c'est de ça qu'on parle en l'occurrence - parce qu'ils y vivent). Moi-même, je m'intéresse beaucoup à ces questions mais j'ai pas du tout grandi dans un quartier populaire.
    Mais c'est une question ouverte.

    Je pense donc qu'elles méritent un topic à part entière (qu'on pourra peut-être étendre aux problématiques des quartiers populaires même si ça on en parle pas mal dans d'autres topics). D'autant que maintenant que l'emballement politico-médiatique est passé on a droit à des travaux plus sérieux sur le sujet.
     
    Dernière édition: 29 Septembre 2017
  3. allpower
    Offline

    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

    6 471
    630
    3,985
    Nov 2012
    Merci pour le doc "Banlieues, sous le feu des médias" !
    Un doc que je n'avais pas !
    Chuis en train de le mater... Très intéressant !


    Dire aussi qu'il y a quelques autres docs (et 1 film) sur ce sujet disponibles ici :
    les liens sont encore valides !
    1fichier et dlfree sont rapides, sans pub ni virus !


    Film - L'Embrasement (2006) de Philippe Triboit - Nouveau lien !
    Documentaire - Quand la France s'embrase (2007) Doc 1h18 - Nouveau lien !
    Documentaire - La Tentation de l'émeute (2010) Doc 52'
    Documentaire - Les Bosquets, an 10 (2015) Doc 4 x 10'
    Documentaire - Banlieue blessée, d’où vient la colère ? (2017) Doc 30'
    Documentaire - Emeutes en Banlieue : La Mécanique infernale (2013) Doc 56' - Nouveau lien !
     
  4. allpower
    Offline

    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

    6 471
    630
    3,985
    Nov 2012
    Je ne peux aussi que conseiller le très bon site anthropologie du présent
    Spécialisé dans les émeutes, ce professeur d'anthropologie a beaucoup parlé de ces évènements...​
     
    Anarchie 13 apprécie ceci.
  5. ninaa
    Offline

    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

    6 156
    922
    344
    Fev 2014
    France
  6. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Sur Infokiosque ("Insurrections, révoltes, émeutes")
    https://infokiosques.net/insurrections
    [​IMG]


    Dans la même rubrique, beaucoup d'articles intéressants sur ce thème "Insurrection, révoltes, émeutes"):
    - Le chaos contre le G 20,
    - La révolution au Rojava,
    - La Bataille de Villiers le Bel,
    - Les émeutes de Los Angeles,
    Etc.
    https://infokiosques.net/insurrections
     
  7. Anarchie 13
    Offline

    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

    6 558
    313
    138
    Jan 2009
    France
  8. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Pour des faits concrets sur les réactions des partis d'après Valérie Le Gaouziou et après dépouillement d'environ 500 dépêches de l'AFP.
    Il y a eu une unanimité autour de la dénonciation de la violence et très peu de tentative de comprendre les causes de l'émeute.
    La réponse à apporter était systématiquement répressive seuls les verts ont fait exception et ont appelé à ne pas envoyer davantage de force de l'ordre.
    Très peu de réactions des deux extrêmes. Du côté de l'extrême-droite, la politique du gouvernement était prétendue être inspirée de leur programme. L'état d'urgence a été mis en place 4 jours après que Marine Le Pen l'ait appelé de ses vœux dans une déclaration publique.
    Côté extrême-gauche (LCR, LO et PCF) : la LCR (ancêtre de la NPA) n'a pas fait de déclaration avant une semaine après le début des événements, et s'est contenté de critiquer les choix et l'attitude des membres du gouvernement mais n'a pas davantage essayer de comprendre les motivations des émeutiers. Elle s'est même avouée après les émeutes ne pas avoir saisi les raisons de la colère. Elle a malgré tout appelé à braver le couvre-feu là où il a été instauré mais au nom des libertés publiques et donc de valeurs républicaines, non au nom de la perpétuation de la lutte en cours.
    LO a considéré que le mouvement était un mouvement d'asociaux. Tandis que le PCF a hurlé avec les loups à ceci près qu'il déplorait la suppression de la police de proximité par le gouvernement.
    Il semble que ce soient les écologistes qui aient le plus pris en considération le contexte social des quartiers populaires pour expliquer les émeutes.
    Le PS a multiplié les rapprochements avec l'UMP au nom d'un "front républicain". Il a condamné la violence et a même accepté que la responsabilité de la situation soit répartie entre le gouvernement (UMP) et leurs élus socialistes. Ils ont même a certains moments appelé à temporiser les critiques vis-à-vis du gouvernement au nom de ce "front républicain".
    Plusieurs hypothèses pour expliquer ce gouffre entre les partis de gauche et cette révolte des classes populaires. Les ambitions électorales d'une part, l'idéologie pacifique républicaine d'autre part mais évidemment aussi la "désert[ion]" de ces territoires par la gauche. L'auteure met d'ailleurs en parallèle à ce "rendez-vous manqué" la baisse conséquente du vote ouvrier (et des employés, des sans-patrimoines, des non-diplômés...) pour la gauche depuis les années 70.
    Véronique Le Gouaziou rappelle aussi que les précédents mouvements dans les banlieues se sont terminés par des promesses de la part de la gauche qui n'ont pas été tenues (selon divers "représentants" et habitants des banlieues). Ni putes, ni soumises ou SOS racisme (proches du PS) représentent assez mal les publics auxquelles ils prétendent s'adresser. Notamment sur la question du racisme car les personnes d'origine maghrébine ou subsaharienne n'étaient toujours pas représentées dans les instances locales et nationales. Ce qui est aussi vrai si on considère la catégorie sociale.
    Côté UMP, comme on l'a vu, on était dans le déni de sens politique. Les émeutiers étaient présentés comme étant à 75 voir 80% déjà connus des services de police pour des faits de délinquance par Sarkozy devant l'assemblée nationale. Thèse réfutée par les renseignements généraux qui ont qualifié les émeutes de "révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme" animée par des jeunes "habités par un fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique, mais sur leur condition sociale d'exclus de la société française" (une analyse plus rigoureuse que celle de LO ce qui en dit long sur ces partis "révolutionnaires" qui se présentent aux élections). De mon point de vue peu importe que les émeutiers aient été des délinquants ou pas, mais au niveau de la communication, insinuer que ce sont des délinquants ça participe à nier complètement la dimension politique. "C'est considérer la révolte des jeunes comme une étape supplémentaire franchie dans le registre de la malveillance et ne lui trouver d'autres motifs que la volonté délibérée d'enfreindre la loi à des fins personnelles, lucratives ou festives, par exemple."
    Certains élus ont trouvé que la colère suite à la mort des deux jeunes pouvaient être légitime. Mais vu l'ampleur du mouvement, elle ne pouvait à elle seule l'expliquer. Donc certains ont déclaré que c'étaient des groupes "très bien organisés" qui se trouvaient derrière ces émeutes (faux d'après les renseignements généraux qui parlent de "forme d'insurrection urbaine non organisée". Il a alors été supposé par certains que des groupes d'intégristes religieux ou d'extrême-gauche manipulaient les jeunes des quartiers. Là encore cette thèse a été contredite par les renseignements généraux eux-mêmes - ça pour dire que les politiciens parlent avant même d'avoir leurs rapports des RG. Ou encore ce seraient les mafias qui organisent ces émeutes (alors que, comme tous les commerçants, elles n'ont pas intérêt à la guerre sociale, les gens du centre-ville qui viennent chercher leur shit en banlieue font comment si les transports évitent les quartiers en lutte ?).
    Enfin ce sont les modes de vie supposés des "immigrés" qui seront mis en cause (par exemple la polygamie). Sarko demandera l'expulsion des étrangers ayant participé aux émeutes - même s'ils ont un titre de séjour. Seuls les Verts, le PCF et quelques assos ont critiqué cette décision (parmi les acteurs institutionnels).
     
  9. ninaa
    Offline

    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

    6 156
    922
    344
    Fev 2014
    France
  10. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Sur le sujet, avec entre autres auteurs Jean-Pierre Garnier, architecte et anarchiste, auteur entre autres de l'excellent (à mon avis...) "Les Barbares dans la cité":


    Emeutes en banlieues : lecture d'un évènement
     
  11. Anarchie 13
    Offline

    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

    6 558
    313
    138
    Jan 2009
    France
  12. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Santaki, Rachid. « Jusqu’ici tout va bien... », Mouvements, vol. 83, no. 3, 2015, pp. 12-16.
     
    allpower apprécie ceci.
  13. Anarchie 13
    Offline

    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

    6 558
    313
    138
    Jan 2009
    France
  14. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Un exemple de canalisation de la colère populaire vers l'électoralisme et les actions "citoyennes" avec l'association ACLEFEU ("assez le feu" ?) fondée par un éducateur Mohamed Mechmache :

    Interviewé :

    A propos cette asso le texte posté par ninaa (Postface à C'est de la racaille ? Eh bien, j'en suis...) en parle vite fait :

    [infokiosques.net] - Postface à l’édition castillane de "C’est de la racaille ? Eh bien, j'en suis !"

     
  15. Anarchie 13
    Offline

    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

    6 558
    313
    138
    Jan 2009
    France
  16. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Rap et émeutes un petit reportage arte intéressant suivi d'un débat entre Ekoué, Joey Star et Disiz la peste :





     
  17. allpower
    Offline

    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

    6 471
    630
    3,985
    Nov 2012
    Je l'avais vu à l'époque...
    C'est avec plaisir & intérêt que je le prends et le reverrai !
    Merci !
     
  18. Anarchie 13
    Offline

    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

    6 558
    313
    138
    Jan 2009
    France
  19. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Un livre excellent sur le sujet que j'ai découvert récemment :

    La flamme des banlieues par le site prolétaires internationalistes dispo ici en pdf : Prolétaires internationalistes
    ou ici :
    www.fr.proletariosinternacionalistas.org/wp-content/uploads/2017/09/La-flamme-des-banlieues-texte.pdf

    Il aborde d'abord la question des banlieues à l'internationale. Ils expliquent que ce qu'on appelle "banlieue" est grosso modo des lieux de relégation pour les prolétaires dont le capital ne sait pas quoi faire. Ils reprennent les différentes stratégies de contrôle de ces lieux et contrairement à la majorité de l'extrême-gauche ils sont impitoyables avec la social-démocratie et tout ce qui relève de "la main gauche de l'état" (éducateurs, assistance sociale, école...).
    Ensuite ils expliquent en quoi les révoltes des banlieues de 2005 particulièrement sont belles et bien un mouvement de classe. Ils parlent des cibles du mouvement, de la façon dont il s'est répandu et de son refus d'avancer des revendications ou d'avoir des porte-paroles.
    A la fin il diffuse certains tracts et interviews de participants à ces événements et notamment des femmes dont la participation a été un peu occultée.
     
  20. Anarchie 13
    Offline

    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

    6 558
    313
    138
    Jan 2009
    France
  21. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Je mets un extrait d'interview sur la participation des femmes que je suis en train de lire et que je trouve intéressant :

     
  22. allpower
    Offline

    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

    6 471
    630
    3,985
    Nov 2012
Chargement...