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Répression syndicale en Espagne

Discussion dans 'Luttes Internationales' créé par Alba, 20 Septembre 2022.

  1. Alba
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    Ofensiva de la ultraderecha policial y judicial contra la libertad sindical. Seis compañeras de la CNT en riesgo inminente de entrar en la cárcel por ejecer el sindicalismo. - CGT - Confederal

    https://www.onebigunion.ie/post/acquit-the-cnt-xixón-6

    https://extremadura.cnt.es/358-manifestacion-solidaria-con-companeras-de-gijon-y-plase

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    Offensive de la police et de la justice d'extrême droite contre la liberté syndicale. Six camarades de la CNT courent un risque imminent d'emprisonnement pour cause de syndicalisme.

    Communiqué syndical du 16/09/2022

    En 2017, une travailleuse d'une boulangerie de Gijón (Xixón en Asturien) s'est adressée à la CNT pour obtenir de l'aide dans un cas de possible harcèlement sexuel et d'exploitation du travail. La CNT a soutenu la travailleuse et a entamé une action syndicale comme tant d'autres, à la recherche d'une solution négociée qui respecte les droits de la travailleuse.

    Au lieu d'enquêter sur la plainte pour harcèlement sexuel, la brigade de renseignement de la police a décidé d'enquêter sur les syndicalistes de la CNT pour extorsion. Après des mois d'identifications, de suivis, d'analyses de comptes bancaires et d'autres actions, la police a dû reconnaître dans son rapport qu'il n'y avait pas du tout d'extorsion, mais a laissé entendre qu'il pourrait s'agir d'un crime de coercition. Cela signifie qu'une action syndicale normale et ordinaire, même plus pacifique que beaucoup d'autres que nous menons à la CGT et dans le reste des syndicats, peut être considérée comme un crime de coercition de la part d'un employeur. Pour la brigade de renseignement de la police, le fait d'exiger d'un employeur qu'il cesse de harceler et qu'il paie ce que la loi établit, peut constituer un délit de coercition.

    Le procureur chargé de l'affaire s'est rangé à l'interprétation de la police et le juge chargé de l'affaire, Lino Rubio Mayo (célèbre pour avoir mis en prison les syndicalistes de Naval Gijón Cándido et Morala après un coup monté de la police) a condamné l'ancienne travailleuse, qui avait dénoncé l'exploitation au travail et le harcèlement sexuel, et six syndicalistes de la CNT, à un total de 25 ans de prison et à verser à l'employeur une indemnité de 150 428 euros. Par la suite, l'Audience provinciale des Asturies a confirmé la condamnation à trois ans de prison des six syndicalistes de la CNT condamné.es et nous attendons maintenant que la Cour suprême se prononce sur l'appel.

    LA PLUS GRANDE MENACE POUR LA LIBERTÉ SYNDICALE DEPUIS LA FIN DE LA DICTATURE FASCISTE

    La répression policière, judiciaire et médiatique contre l'anarcho-syndicalisme et en général contre le syndicalisme de classe n'est pas quelque chose de nouveau mais bien au contraire, un processus constant depuis les années 80.

    Au cours des dernières décennies, plusieurs centaines de syndicalistes ont été poursuivis pour avoir participé à des manifestations, des rassemblements ou des piquets de grève, avec des demandes de plusieurs années d'emprisonnement, d'emprisonnement préventif et même de peines de prison, ce qui a particulièrement touché la CGT, l'un des syndicats les plus mobilisés.

    Nos camarades Laura et Eva, de la CGT de Barcelone, ont été accusées en 2012 d'avoir commis des actes violents sur le piquet de grève de la CGT lors de la grève générale du 29 mars 2012 et ont été jugées et condamnées à 30 ans de prison. En outre, Laura a été arrêtée par la police et emprisonnée pendant un mois en détention provisoire. Enfin, Laura et Eva ont été condamnées à un an et deux mois de prison, pour avoir participé à un piquet de grève lors d'une grève générale.

    Le camarade Ermengol, de la CGT de Catalunya, a un procès en cours avec une demande du procureur de 11 ans de prison avec un autre travailleur et 25 autres étudiants pour avoir occupé le rectorat de l'Université autonome de Barcelone en 2013 pour avoir protesté contre les coupes et la hausse des frais universitaires et pour défendre l'université publique.

    Cette répression a également touché les syndicalistes d'autres organisations telles que CCOO, UGT, ELA, CIG, LAB, CNT.

    La secrétaire générale de CCOO aux Baléares, Katiana Vicens, a été jugée pour avoir participé à un piquet de grève lors de la grève générale du 29 mai 2012, le procureur ayant requis quatre ans et demi de prison. Elle a finalement été condamnée à une amende pour contrainte, car, selon la sentence, elle a brisé une vitre de bus.

    Dans tous ces cas, la police et l'accusation ont accusé les syndicalistes d'un acte violent, souvent inventé et parfois exécuté par d'autres personnes. Les demandes des procureurs étaient disproportionnées, mais en aucun cas le droit à l'activité syndicale n'a été remis en question, et le fait d'exiger des salaires d'un employeur n'a pas été considéré comme un crime d'extorsion ou de coercition.

    POURQUOI CETTE AFFAIRE CONSTITUE UNE MENACE SÉRIEUSE POUR TOUT LE SYNDICALISME

    Les peines de 3 ans de prison prononcées à l'encontre de six camarades de la CNT de Xixón sont un cas de plus dans une longue chaîne de coups montés par la police et d'actions menées par des procureurs et des juges d'ultra-droite contre la liberté syndicale, et en même temps, elles représentent un saut qualitatif. Dans ce cas, les six camarades n'ont pas été condamnées pour avoir commis un seul acte "violent", mais pour avoir organisé des manifestations pacifiques afin d'exiger la fin des abus de l'employeur de la boulangerie La Suiza.

    Nous devons arrêter cette attaque sans précédent contre tout le syndicalisme et obtenir l'acquittement des six camarades, car sinon, n'importe quelle entreprise pourra profiter de cette sentence pour essayer d'emprisonner n'importe quel syndicaliste dans n'importe quel conflit du travail. Nous avons beaucoup d'enjeux.

    Cette agression nous oblige également à réfléchir à la nécessité de protéger l'action syndicale. Tant qu'il y aura des cellules d'extrême droite au sein de la police, du parquet et parmi les juges, le droit à la liberté d'association sera menacé. À moyen terme, nous devrions chercher des stratégies et un soutien pour démocratiser ces institutions, en purgeant l'ultra-droite ou du moins en réduisant son influence. Sinon, quelle que soit la protection des lois, il y aura toujours une brigade de renseignement de la police, un procureur ou un juge qui considère que faire du syndicalisme de classe doit être puni par des enquêtes, des amendes et de la prison.

    SIX CAMARADES SONT EN DANGER IMMINENT D'EMPRISONNEMENT

    Luara, Jara, Cristina, Olga, Beatriz et Hector ont été condamné.es à des peines de prison de plus de trois ans au total. On s'attend à ce que la Cour suprême décide en octobre ou novembre d'admettre ou non l'appel. Si la Cour suprême n'admet pas le recours, les camarades feront appel devant la Cour constitutionnelle (CT), mais à partir de ce moment-là, le juge de première instance, Lino Mayo, celui qui a emprisonné les syndicalistes Cándido et Morala, décidera si les camarades iront en prison pendant que la CT résoudra le recours. Connaissant le passé du juge, le risque que les camarades soient emprisonnés est élevé.

    Ce sont des camarades dont le seul crime a été de faire ce que nous faisons tous les jours à la CGT : soutenir les travailleurs qui ont des problèmes et se mobiliser pour mettre fin aux abus des entreprises et améliorer nos conditions de travail.

    Luara, Jara, Cristina, Olga, Beatriz et Héctor sont des syndicalistes solidaires et exemplaires, mais aussi des camarades précaires, certains avec de jeunes enfants, qui ne devraient pas avoir à payer un prix aussi élevé pour défendre les droits de toute la classe ouvrière.

    MAINTENIR LA SOLIDARITÉ ET LA MOBILISATION AUSSI LONGTEMPS QUE NÉCESSAIRE

    Le Secrétariat permanent du Comité confédéral de la CGT demande à toute l'organisation de prendre conscience de l'importance et de la gravité de cette affaire et que nous fassions tous l'effort de prendre du temps pour le consacrer à la solidarité avec ces six camarades dans les mois à venir :

    - Se rendre à la manifestation du 24 septembre à Madrid.

    Samedi 24 septembre, 12:30h Ministère de la Justice.

    Calle San Bernardo 19. Metro San Bernardo.


    - Soutenir la campagne de médias sociaux

    #DoingUnionismIsNoCrime

    #FacerSindicalismoNunYeDelito (Faire du syndicalisme pas et ce n'est pas un crime)

    #SolidarityCNTXixon

    - Faire connaître l'affaire dans nos médias

    - Préparation de mobilisations pour octobre ou novembre au cas où le juge Lino Mayo ordonne l'envoi en prison de Luara, Jara, Cristina, Olga, Beatriz et Hector.

    Plus d'informations sur l'affaire :

    Represión | “La rabia y la solidaridad pueden más que las condenas de un poder judicial que huele a naftalina” - El Salto - Edición General Secrétariat permanent du Comité confédéral
     
    Dernière édition par un modérateur: 25 Septembre 2022
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    Des milliers de personnes se rassemblent à Madrid en soutien aux syndicalistes de la boulangerie suisse condamnés à la prison

    La manifestation convoquée par le syndicat CNT a réuni environ 10 000 personnes dans la capitale dans le but de "dénoncer la criminalisation de l'action syndicale" et d'exiger "l'acquittement immédiat" des six syndicalistes condamnés à la prison dans la pâtisserie suisse de Xixón.

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    En juin 2021, six syndicalistes -cinq femmes et un homme- de la CNT ont été condamnés à trois ans et demi de prison pour délits de coercition et d'entrave à la justice, en plus du paiement de 150 000 euros, après avoir participé aux rassemblements convoqués par le syndicat devant la Pastelería Suiza à Gijón dans le but de signaler un conflit de travail. Les protagonistes ont déjà défini la sentence comme "injuste et disproportionnée" et basée "sur une histoire totalement fausse et orchestrée". Aujourd'hui, des milliers de Madrilènes leur ont fait savoir qu'ils ne sont pas les seuls à le penser.

    Sous le slogan "Le syndicalisme n'est pas un crime", la CNT a rassemblé environ 10 000 personnes, selon ses estimations, dont des citoyens, des membres de syndicats, d'associations et de collectifs pour "défendre les outils légitimes de la protestation sociale et de la défense des travailleurs", comme elle l'a communiqué dans le bilan de la mobilisation, qui a commencé ce matin devant le ministère de la Justice, dans la Calle de San Bernardo, pour se terminer devant la Glorieta de Carlos V, à Atocha.

    Juan Javier Herrera, secrétaire général de la CNT, a déclaré lors de la marche que le soutien manifesté par le public dans cette affaire "marque un tournant" dans la lutte syndicale. Jara, l'un des condamnés à la prison, est satisfait du travail accompli et qualifie d'"incroyable" le soutien qui a résulté de cet appel : "Voir tant de personnes nous soutenir signifie que lorsque nos forces faiblissent, nous reprenons notre élan et continuons un peu plus".

    C'est précisément l'idée que le syndicat CNT a soulignée au cours de la journée : "Ni l'État ni les employeurs ne comprennent que nous ne sommes pas seuls. La solidarité est ce qui soude la classe ouvrière", disent-ils, soulignant le rejet "d'une sentence qui, en fait, rend impossible l'exercice de l'action syndicale et limite sévèrement les droits civils tels que la liberté d'expression et de manifestation". La journée a été massivement soutenue par une multitude de collectifs comme la PAH ou le Bloque Combativo, des syndicats comme la CGT et même des partis politiques comme Unidas Podemos.

    La marche, soutenue par des personnes venues de toute l'Espagne pour protester contre la répression syndicale et exprimer leur soutien aux femmes condamnées, s'est déroulée sans incident. La marche s'est terminée par les discours des accusés, qui ont défendu que le "sens de la justice et de la solidarité" était la principale raison des manifestations et ont assuré catégoriquement que "nous le referons".

    17 photos en bas de l'article du "Salto"

    Represión | Miles de personas se concentran en Madrid en apoyo a las sindicalistas de la Pastelería Suiza condenadas a prisión - El Salto - Edición General
     
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  5. Alba
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    Soutien massif à Madrid pour les 6 femmes condamnées de Xixon

    26 septembre, 2022 Madrid Répression
    Secrétariat permanent du Comité confédéral CNT​


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    La manifestation appelée par le syndicat CNT a rassemblé 10 000 personnes à Madrid pour dénoncer la criminalisation de l'action syndicale et exiger l'acquittement immédiat des six syndicalistes condamnés à la prison de Xixon.

    Sous le slogan "Le syndicalisme n'est pas un crime", la CNT a rassemblé une multitude de personnes, de syndicats, d'associations et de groupes pour défendre les outils légitimes de la protestation sociale et de la défense des travailleurs.

    Le syndicat CNT a réuni 10 000 personnes à Madrid pour protester contre les six syndicalistes CNT de Gijón qui ont été condamnés à trois ans et demi de prison et à 150 000 euros pour avoir participé à la campagne de soutien à un travailleur de la boulangerie La Suiza à Gijón. Au cours de la manifestation, les expressions de soutien ont été répétées : "Il n'y a pas de droit parce qu'on nous accuse d'avoir défendu les droits des femmes au travail". "Merci infiniment à ceux qui ont rempli les rues de Madrid". "Quand la force fait défaut, la solidarité s'avère une fois de plus indispensable". Ce sont là quelques-uns des témoignages entendus en cette journée de lutte où la classe ouvrière a rempli les rues de la capitale. Avec une seule voix, un seul message : "Ni l'État ni les employeurs ne comprennent que nous ne sommes pas seuls. La solidarité est ce qui unit la classe ouvrière".

    Le parcours de la manifestation a commencé devant le ministère de la Justice, dans la Calle de San Bernardo, et s'est terminé devant la Glorieta de Carlos V, à Atocha. Le cortège a traversé les rues centrales de Callao, Preciados, Sol, Jacinto Benavente et Calle Atocha sans incident. La journée anarcho- syndicale a été dominée par une ambiance festive et contestataire.

    La marche s'est déroulée sous le slogan "Le syndicalisme n'est pas un crime", face à une condamnation qui, en fait, rend l'action syndicale impossible et limite sévèrement les droits civils tels que la liberté d'expression et de manifestation. La journée a été massivement soutenue par une multitude de groupes, de syndicats et même de partis politiques. La Plataforma de Afectados por la Hipoteca, le syndicat CGT et des partis comme Podemos et Izquierda Unida étaient présents à la manifestation.

    D'autres organisations ont participé aux discours de soutien. "Les juges et un gouvernement pas du tout progressiste laissent faire ça". Dit de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (Les victimes des crédits). Tandis que du côté du Bloque Combativo, elles ont affirmé avec force : "Nous, les femmes, n'avons pas besoin de fleurs, nous avons besoin d'essence. Nous sommes des militants incombustibles qui ne cèdent pas à la répression. C'était les camarades de Xixón, mais ça aurait pu être n'importe qui".

    Les discours ont été clôturés par les camarades accusés. Le moment le plus émouvant et le plus contestataire de la manifestation est venu avec leurs paroles pleines d'émotion et de colère : "Ils ont essayé d'isoler un petit groupe de personnes, des mobilisations comme celles-ci montrent que nous ne sommes pas seuls, cela affecte toutes les bonnes personnes de ce pays".

    Et qu'il n'y ait aucun doute, de la part de la CNT, nous disons haut et fort : "Nous agissons par sens de la justice et de la solidarité, parce que nous croyons au soutien mutuel. Que personne n'oublie que nous l'avons fait par engagement et que nous le ferons à nouveau".

    L'événement s'est terminé par la lecture de manifestes appelant à la solidarité et à la lutte contre la répression syndicale imposée par la loi bâillon. La manifestation s'est terminée par un spectacle du chanteur Miguel Grimaldo.

    Des photos à la fin de l'article :
    Apoyo masivo en Madrid a las 6 condenadas de Xixon - Confederación Nacional del Trabajo
     
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  6. allpower
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    Merci pour le suivi de cette lutte !

    Une p'tite vidéo expliquant cette répression et appelant à la manif du 24


    Et une autre sur la manif du 24
     
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  7. Alba
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    La première vidéo qui résume l'histoire avec des sous-titres en français.
     
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  8. allpower
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    Excellent !
    Toujours au top question traduction !
    Merci comrade de relayer ces luttes !
    (N'oublie pas de la mettre sur Kolektiva ! :))
     
  9. Alba
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    "La colère et la solidarité sont plus fortes que les sentences d'un système judiciaire qui sent la naphtaline".

    @GessamiForner 11 Sep 2022 06:o0

    Represión | “La rabia y la solidaridad pueden más que las condenas de un poder judicial que huele a naftalina” - El Salto - Edición General


    Jara et Cris sont deux des six syndicalistes de la CNT condamnés à trois ans et demi de prison pour les rassemblements organisés devant la Pastelería Suiza à Gijón pour soutenir un conflit du travail. En septembre, le syndicat a lancé une campagne d'information sur cette affaire, qui ressemble à un montage judiciaire.

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    Elles ont été jugées par Lino Rubio Mayo, un magistrat connu pour ses condamnations sévères à l'encontre de syndicalistes, comme dans le cas de Cándido et Morala, les syndicalistes de Naval Gijón qui ont inspiré le film Los lunes al sol (Les lundis au soleil). L'avocat de la partie adverse était Javier Gómez Bermúdez, ancien président de la chambre pénale de l'Audiencia Nacional qui a traité des affaires de terrorisme entre 2004 et 2012.

    Le 23 juin 2021, Rubio Mayo a condamné sept syndicalistes de la CNT à trois ans et demi de prison pour délits de coercition et d'entrave à la justice, et les a condamnés à verser 150 428 euros de dédommagement, déclarant le syndicat responsable civil en tant que tiers. Le juge a considéré que l'activité syndicale menée par la CNT a entraîné la fermeture de la Pastelería Suiza à Gijón, alors que l'établissement était déjà en vente depuis un an. L'activité syndicale a consisté à négocier un cas de harcèlement sexuel dénoncé par une ancienne ouvrière - classé sans suite faute de preuves - et à organiser des rassemblements sur le trottoir d'en face. La procédure judiciaire est maintenant et en route vers la Cour suprême, où son avocat espère arrêter une sentence trop longue pour si peu de faits avérés. La CNT a lancé une campagne d'information pour le mois de septembre. Jara et Cris sont deux des six personnes condamnées - cinq femmes, un homme.

    Le "me too" est arrivé sur un trottoir de Gijón, mais est passé par les tribunaux et les associations patronales de la ville.

    À quel stade en est le processus ?

    Nous attendons l'acceptation de l'appel interjeté auprès de la Cour suprême. Nous ne savons pas quand nous serons informées, peut-être à l'automne. S'il est accepté, nous suivrons la procédure à partir de là. En avril, l'affaire a été tranchée et ratifiée par le tribunal des Asturies, qui a acquitté deux personnes, un camarade lié à la CNT de La Felguera et le militant de Barcelone condamné à huit mois de prison. Les personnes qui sont toujours condamnées à trois ans et demi de prison sont les six personnes liées à la CNT de Gijón.

    Vous avez été condamnées par un juge peu favorable aux syndicalistes et à ceux qui ont refusé de faire leur service militaire. Est-il temps de faire campagne contre une justice et des juges peu sociaux et équitables ?

    C'est toujours le bon moment pour faire campagne, mais en ce moment, nous sommes dépassés par tout cela.

    J'ai lu le jugement de 125 pages qui vous a condamnées à trois ans et demi de prison pour avoir manifesté devant la Pastelería Suiza. Je trouve absurde de lier la vente du magasin aux rassemblements de la CNT, alors que l'entreprise était en vente depuis un an sur un portail immobilier bien connu, comme le reconnaît le jugement.

    Nous utilisons deux mots pour la décrire : injuste et disproportionnée. Elle est basée sur une histoire totalement fausse et orchestrée. Notre point de départ était de réclamer quelques indemnités et de demander la dignité pour la travailleuse qui a été violée et, à partir de là, ils utilisent les négociations syndicales pour inventer une fausse histoire, comme si nous étions un syndicat du crime demandant de l'argent et extorquant de l'argent à l'employeur. Ils ont mis en place un artifice totalement invraisemblable.

    [​IMG]
    Photo d'un des rassemblements convoqués par la CNT contre la Pastelería Suiza à Gijón.

    Ça ressemble à un coup monté.

    L'affaire est disproportionnée parce qu'ils l'ont déformée : ils prétendent que nous voulions extorquer de l'argent à l'employeur. Ils ont déformé le conflit du travail.

    Rappelez-nous vos crimes.

    Nous avons été condamnées pour obstruction à la justice à cause des négociations et pour coercition continue pour avoir manifesté, malgré le fait que tous les rassemblements ont été signalés à la Subdélégation du gouvernement, qu'il y avait toujours une présence policière, que nous avons toujours manifesté de l'autre côté de la route et qu'il n'y a eu aucune arrestation ou quoi que ce soit de notable.

    [​IMG]
    Cristina sourit à l'appareil photo pendant la séance de photos de l'interview. David Aguilar Sánchez

    Vous avez le sentiment que l'affaire va enfin aboutir, mais vos vies sont en quelque sorte en suspens depuis des années. Comment cela vous affecte-t-il ?

    Cela nous affecte beaucoup. Depuis que nous avons commencé, nous avons dû arrêter des activités que nous aimions parce que nous n'avions pas la force ou l'envie de les faire. Mais nous sommes convaincues que lorsque tout sera résolu, nous regarderons en arrière et verrons que nous avons pu le faire. En ce moment, on est parfois paralysée. S'il y a un rassemblement, on a peur d'y aller au cas où on serait identifiée. Les procédures judiciaires sont minées. Elles sont longues et vous épuisent. Elles vous remplissent d'incertitude et vous finissez par mettre vos projets en attente, car que se passera-t-il si demain je dois aller en prison ?

    Comment le syndicat le vit-il ?

    Cette incertitude inquiète tout le monde, mais nous constatons aussi le soutien et l'engagement absolu de nos collègues, qui sont là pour tout ce dont nous avons besoin. Ils font un travail énorme pour la manifestation de Madrid. La procédure judiciaire tente de nous paralyser, la peur au ventre, mais elle fait participer beaucoup de gens à la solidarité.

    Nous espérons que la manifestation du 24 septembre à Madrid sera aussi importante que possible, tout le monde doit parler de cette affaire.

    Quel est le thème de la campagne ?

    La campagne d'information a commencé mardi pour faire connaître l'affaire, une affaire qui viole les droits fondamentaux et qui doit être dans toutes les bouches, pour que l'opinion publique ait accès à des informations véridiques et pour que la manifestation du 24 septembre à Madrid soit la plus large possible, avec différents syndicats et collectifs en empathie avec cette injustice. Des collectifs féministes organisent également une conférence pour le 22, également à Madrid.

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    Jara participe activement au groupe de travail qui élabore la campagne de solidarité de la CNT. David Aguilar Sánchez

    À quelle heure se déroule la manifestation ?

    À 12.30 h devant le ministère de la Justice. Des bus gratuits sont organisés afin que tous ceux qui le souhaitent puissent venir de différentes régions d'Espagne.

    La condamnation dépasse les deux ans, voyez-vous une réelle possibilité d'aller en prison ?

    Nous l'envisageons au cas où, mais nous essayons de ne pas trop y penser.

    L'affaire semble être un moyen d'essayer de dissuader l'activisme de la CNT.

    Nous avons le sentiment qu'ils ont essayé de viser ce qu'ils considéraient comme le point le plus faible, en arrachant les camarades de leurs maisons lors des arrestations. Ils ont essayé de nous paralyser, mais après ces arrestations irrégulières, il y avait encore plus de monde aux rassemblements suivants. Le juge a ensuite classé l'affaire. Mais la société a maintenu les plaintes.

    Pour de l'argent, pour t'humilier ?

    Nous pensons que c'était un peu des deux. Peut-être pensaient-ils qu'ils allaient avoir des travailleuses soumises et quand cette personne qu'ils considéraient comme faible et manipulable leur a tenu tête, ainsi qu'aux personnes qui étaient prêtes à la soutenir, j'imagine que la colère a été grande.

    La quasi-totalité des personnes condamnées est des femmes.

    Ils nous condamnent parce que nous sommes des femmes qui prennent soin des femmes, parce que nous les soutenons, parce que nous ne nous taisons pas, ils nous condamnent parce que nous ne nous soumettons pas, parce que ni notre corps ni notre dignité ne sont à vendre, ils nous condamnent parce que même dans la peur, nous ne reculons pas.

    Tout semble être d'une autre époque.

    L'ensemble du montage est d'une autre époque afin qu'ils puissent continuer comme avant.

    Même si nous avons parfois peur, même si nous ne savons pas ce qui va se passer, même s'il y a des jours où nous souhaiterions que tout soit fini, pour le meilleur ou pour le pire, même si nous sommes épuisés et usées, ils n'arriveront pas à ce qu'ils veulent, c'est-à-dire précisément à nous maintenir dans la peur et le silence. La rage de l'injuste et la fierté de faire ce qui doit être fait, soutenues par tant de solidarité, sont plus puissantes que les condamnations d'une justice qui sent la naphtaline. Nous sommes plus que fières de nos actions et de la réponse solidaire de la classe ouvrière. Nous sommes en difficulté, pour le moment, mais pas dans la défaite.
     
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