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Actualité militante (québec) Front commun syndical : appel au rejet de l’entente

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 24 Septembre 2010.

  1. Ungovernable
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  2. anarchiste, autonome
    Nous adressons ce texte à l’ensemble des travailleurs et travailleuses syndiqué-e-s de la fonction publique et parapublique, à qui on demandera bientôt, dans leurs assemblées générales, de sanctionner l’entente issue des négociations entre les centrales syndicales et le gouvernement du Québec. Nous appelons à voter contre cette entente, négociée sans aucun rapport de force avec le patronat, et comportant des mesures qui augmenteront l’exploitation des travailleurs et travailleuses. On propose cette entente à rabais au moment même où l’État québécois vient de déposer l’un des budgets les plus antisociaux de son histoire. La réponse en assemblée générale devra être à la hauteur de l’affront : il faut rejeter cette entente qui n’est rien d’autre qu’une capitulation déguisée en victoire.
    Une négociation sans rapport de force et sans confrontation

    Les temps ont changé depuis le Front commun de 1972 où les trois chefs de centrales syndicales avaient été condamnés à un an de prison pour avoir mené une grève illégale! Au sortir des négociations, les dirigeant-e-s des grandes centrales syndicales étaient plutôt content-e-s qu’il n’y ait eu aucune confrontation et louangeaient l’attitude du gouvernement: « Dans cette négociation, le gouvernement s’est comporté de façon exemplaire comparativement à la dernière fois où il avait décrété nos conditions »1.

    Quelques mois auparavant, une proposition patronale renfermant à peu près les mêmes offres avait été jugée insatisfaisante. Qu’est-ce qui avait changé entre-temps? Pas grand-chose, sauf l’attitude des centrales qui ont reviré leur veste et fait tout un spectacle médiatique, le jour de la Saint-Jean, pour annoncer en grande pompe ce qui n’était au final que l'obtention de quelques miettes. Reconnaissant l’étroitesse des avantages maintenus ou acquis, les trois têtes du cerbère syndical gazouillaient néanmoins leur bonheur : dans un contexte où, partout sur le globe, les conditions de travail reculent, il fallait se réjouir d’avoir réussi à faire du sur-place! Quant aux infirmiers et infirmières de la FIQ, on les a « solidairement »(!) oublié-e-s sur le bord du chemin.

    En tenant compte de l’inflation et des nouveaux frais imposés aux individus (électricité, santé, éducation, etc.), les conditions proposées reviennent à un quasi-gel de salaire. Pourtant, les têtes dirigeantes des trois centrales font tout en leur pouvoir pour maintenir la paix sociale et éviter l’établissement d’un réel rapport de force face à un gouvernement dont la majorité de la population est insatisfaite.

    Une opposition de taille aurait d’abord pu être organisée face au dernier budget, mais les gérant-e-s de syndicats ont préféré la collaboration à la confrontation, et on laissé la Coalition contre les tarifs et le mouvement populaire se battre seuls. C’est dans le même état d’esprit qu’ont été négociées les conditions de l’entente. Que ce soit en 1972 ou aujourd’hui, c’est toujours au prix de luttes acharnées que les travailleurs-euses peuvent obtenir de meilleures conditions de travail.
    La (més)entente

    L’entente prévoit des hausses de salaires si l’économie du Québec augmente au moins deux fois plus vite que d’habitude dans les quatre prochaines années, ce qui n’arrivera pas. En échange de ces hausses imaginaires, les syndicats se sont liés aux objectifs du patronat et du gouvernement: il faudra redoubler d’ardeur au travail pour augmenter la productivité et la croissance capitaliste. Jean Charest était très content : « La clause qui lie la rémunération à la croissance économique est un changement de perspective et de culture qui est fondamental pour tous les Québécois. Nous sommes réunis autour d'une même volonté pour développer notre économie ». Bref, le syndicat ne combat plus les patrons et les capitalistes : on recherche la même chose qu’eux, la croissance économique.

    Parlons-en de la croissance. Pour maintenir des taux de profits qui baissent sans cesse, il faut toujours surproduire et surconsommer davantage (le fameux « pouvoir d’achat »). Comme cela n’arrive même plus à maintenir la croissance, on transforme en marchandise des biens autrefois communs (services publics, rivières, connaissances, etc.), et on fabrique de l’argent faux avec la magie du crédit (et de l’endettement personnel), de la bourse et de la finance… jusqu’à ce que la bulle éclate, entraînant les crises répétitives et bien connues du capitalisme. Et pendant tout ce temps, on détruit l’environnement pour nourrir la machine à produire de la valeur.

    De plus, il ne faut pas oublier que les conditions de vie d’une certaine « aristocratie ouvrière » syndiquée dans les pays riches se sont bâties sur le dos du « tiers-monde ». Au cours des dernières décennies, les travailleurs et travailleuses de l’Occident ont relativement amélioré leur pouvoir d’achat non pas tant à cause d’une meilleure redistribution de l’argent entre riches et pauvres dans la société, mais au prix d’une exploitation toujours plus grande des ouvrier-e-s du Sud. C’est à eux et elles qu’est reléguée la tâche de produire des biens manufacturés pas chers « made in China », permettant ainsi de maintenir le régime de consommation de masse. Quand un ouvrier du Nord achète chez Wal-Mart, il y a à l’autre bout une ouvrière chinoise exploitée ; et à la fin, des montagnes de trucs jetables en plastique dans les dépotoirs. Pendant ce temps, les écarts de richesse ne cessent d’augmenter au Nord, et le travail se précarise. C’est ce modèle entier qui est arrivé à une impasse.

    M. Charest appelle les salarié-e-s à se lancer dans la course à la surproduction. Le réformisme syndical tape des mains, tant que le « pouvoir d’achat » se maintient. Business as usual, et basta l’environnement. Cette entente est une farce. Face à un gouvernement qui s’avérera sans aucun doute inflexible et autoritaire, il faudra prendre les moyens nécessaires contre les mesures antisociales du dernier budget, fût-ce la grève sociale.
    Pour un syndicalisme de combat

    À travers cette lutte se mène aussi une bataille pour rétablir un « syndicalisme de combat » au Québec. Il ne faut pas chercher de partenariat avec les patrons et la croissance économique, mais s’organiser pour renverser le capitalisme, néfaste aux classes travailleuses de tous les pays; refuser de travailler non seulement davantage, mais réduire le temps de travail et exiger l’autogestion; produire non plus en vue des chiffres de la croissance et du profit, mais en fonction des besoins des personnes humaines. Le capitalisme réduit les personnes à l’état de productrices et de consommatrices de marchandises et de cochonneries engraissant les riches et défigurant la nature. On va continuer combien de temps encore? Le gouvernement dit: allez hop, en avant, chauffons la fournaise de la croissance, travaillons encore plus, détruisons l’environnement! Les centrales syndicales tiendront-elles le même discours contre l’intérêt de leurs salarié-e-s? Il faut désormais lutter sans relâche afin de rejeter à la fois cette entente à rabais et le budget antisocial.

    1. 1. Louis Roy, premier vice-président de la CSN, sur les ondes de RDI


    http://www.causecommune.net/publications/journal/29/front-commun-syndical-appel-au-rejet-de-l%E2%80%99entente
     
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