Chargement...
  1. Pour consulter le Webzine : https://www.libertaire.net/articles

Procès des inculpés de Villiers-le-Bel : Vaste blague

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par rafi, 12 Juillet 2010.

  1. rafi
    Offline

    rafiMembre du forum Membre actif

    70
    0
    4
    Juin 2007
    Des peines de 3 à 15 ans de prison ferme pour les inculpés de Villiers le Bel, un procès à charge, des témoins sous "X" dont un indic de la police, un policier qui se souvient subitement reconnaître l'un des accusés deux ans et demie plus tard, alors qu'à l'époque il n'avait reconnu personne, le procès des inculpés de Villiers-le-Bel, accusés d'avoir tiré avec des armes à feu et divers projectiles sur la police (plusieurs policiers ont soit disant été blessé mais un seul a pu obtenir des ITT : 1 jour d'ITT - pour exemple je rappelle que le jeune qui s'est exprimé certes un peu durement, en insultant sarkozy, lors d'une visite de ce dernier à la Courneuve à peu près au même moment qu'avait lieu le procès, avait lui eu 9 jours d'ITT des suites des violences policières infligées sur sa personne pour son geste si grave, et pour la petite histoire, un journaliste d'une TV officielle France3 se faisait gifler car il filmait simplement la scène, se trouvant là par hasard et en pleine enquête sur le deal de crack dans cette ville de banlieue), n'est qu'une vaste blague. Pourtant 15 ans dans la vie d'un homme, sans plus de preuve que des ragots et la certitude et la parole de flics de banlieue, c'est pas vraiment drôle.

    Voici deux articles. Le 1er a été écrit par moi-même (on le voit bien : y a des fautes surtout de grammaire) lors du 8e jour du procès, et le second est directement pompé sur le zine Résistons Ensemble n°88, que vous pouvez télécharger en pdf ici.





    Procès des inculpés de Villiers-le-Bel : 8e jour

    Rappel de l'histoire :

    [​IMG]

    Le 25 novembre 2007, lakhami et moushin fuient les keufs qui jurent mordicus d'attraper feu ces jeunes gens de 15 et 17 ans. Ils les poursuivent et leur font tellement peur qu'ils vont risquer et perdre leurs vies, électrocutés dans un transformateur électrique dans lequel ils sont entrés, voulant certainement se planquer ou couper par là, pour échapper aux menaces des vrais terroristes, ceux qui sont constamment armés, parfois même cagoulés. Ils décèdent, toute la France est sous le choc, plus particulièrement l'Ile-de-France, et encore plus particulièrement la ville de Villiers-le-Bel, scène de cette tragédie. S'enchaînent deux jours d'émeutes pendant lesquelles beaucoup de choses ont échappées aux journalistes, aux keufs, même aux habitants. Mais des coups de feu ont été tirés sur la police, et la police est pas contente de récolter ce qu'elle a semé. Sarkozy prend les choses en main et décrète qu'il ira jusqu'au bout pour punir les coupables de ces coups de feu qui n'ont tué aucun de ses chiens d'ailleurs. Commence alors une immense mascarade ou cinq boucs émissaires, issus des quartiers "chauds" de Villiers-le-Bel, seront donné en pâture à la presse, et au tribunal. Des témoins sont cités, prêts à identifier les auteurs des coups de feu. Seulement, ces témoins veulent pas parler à visage découvert.

    Le 23 février 2008 la "justice" place Maka en détention provisoire en attente du procès et de sa condamnation tant désirée par la partie fasciste de la fRANCE, prison où il aura l'occasion de faire connaissance avec Benjamin, qui est aussi accusé de terrorisme pour l'affaire de Tarnac. Fallait pas les mettre dans la même prison... Fresnes, un de leurs centre fermé, où l'état stocke les gens qu'il ne veut pas voir.

    Et pourquoi fallait pas? Simplement parce que deux milieux se sont alors rencontré, ont sympathisé, et ont dés lors commencé à s'organiser avec tous les soutiens des deux côtés. A partir de là a commencé à fleurir dans les zines indépendants et sur internet, des appels à solidarité pour ces jeunes de Villiers-le-Bel, jeunes dont l'état et les clébards qui lui sert de service d'ordre, voudrait bien foutre en l'air la vie.

    Alors le 21 juin, qui n'était pas je jour de l'été ni celui de la fête de la musique, mais la journée de départ du procès des 4 inculpés, et du 5e qui est lui accusé d'avoir fourni une arme en l'espèce d'un fusil à pompe. Le 21 juin a commencé un procès où l'on pouvait voir des dizaines de keufs assis sur les bancs du public et des accusateurs.

    On apprend jeudi de la bouche même de la défense, qu'un des témoins sous X qui doit reconnaître un des auteurs des coups de feu sur les flics, n'est autre qu'un indic de ces même keufs. On comprend tout de suite le poids que devrait avoir ce témoignage bidon... Le dénommé (pour le procès) matricule PT02/08, qui a déclaré lundi 28 juin lors du 8e jour de la mascarade qui sert de procès :

    [​IMG]

    Et samedi, intervient un évènement qui va servir de justificatif pour le "x" de ce témoignage sous x : un meurtre à Villiers même. Pour la presse c'est tout de suite le résultat d'"un conflit entre deux clans" chose super facilement vérifiable puisque les tireurs sont "deux individus cagoulés" ayant selon des témoins - pas sous x - "rapidement pris la fuite au volant d'une renault clio". Le rapport avec l'affaire des émeutes émerge dans les cerveaux.

    L'idée c'est de dire en désignant les inculpés : « ils sont dangereux, les témoins risquent leurs vies, alors on va invoquer le droit de les faire témoigner sous X, via des écrans interposés, masqués et aux voix déformées. » Le témoignage sous X dans un procès est une chose toute neuve en justice, depuis 2002 et la loi Perben II, nous rappelle rue89, et qui n'a servi que très rarement, les témoins se devant d'être confrontés directement aux accusés, et ce pour qu'ils puissent assurer convenablement leur défense. Mais là c'est un cas exceptionnel puisque les accusés sont déjà condamnés pour l'état et cette "justice" qui n'est autre que l'outil vengeur d'une autorité toujours plus répressive et qui souhaite le rester, voire même l'augmenter. Rue89 rappelle également qu'un indic, généralement ça bosse pour du pognon...

    Le résultat ici est que plusieurs témoins qui devaient eux aussi faire ça sous x - mis à part un certain Christopher Bernard qui soit disant attend une protection policière en bonne et due forme (le nouvel observateur) - se seraient désistés.

    Alors, on peut d'ores et déjà se poser quelques questions, telles que : Ont ils réellement existé ces témoins? Etaient-ils fabriqués de toute pièce, et les flics ont-ils décidé au dernier moment de n'en faire parler qu'un seul : leur indicateur? Est-ce que ces dits témoins ont vraiment eu peur et se sont vraiment désistés, autrement dit, est-ce que tout ça ne faisait pas partie du scénario prévu depuis le début pour que l'opinion publique croient à cette pièce? Et pourquoi le meurtre de samedi aurait été perpétré par un "clan" et pas par cette défense qui fait ce qu'elle veut quand elle veut? C'est elle qui d'usage tient le flingue après tout... Tout ça laisse dubitatif.

    Anarzone, le 29 juin 2010




    Des "combattants illégaux" à Villiers-le-Bel ?

    La cour d’assise de Pontoise (95) juge quatre personnes inculpées de «tentative d’homicide volontaire en bande organisée sur fonctionnaire de police en exercice», et une cinquième pour complicité. L’acte d’accusation est vide. Des ragots (par exemple des discussions entre détenus), des «témoins sous X» appâtés par une promesse de prime et/ou par la jalousie ou la haine, des «géo-localisations» de portables. C’est tout. Même pas l’ombre d’une «preuve criminelle».

    Les accusés sont des jeunes gens connus de tous dans leur cité, souvent décrits comme des éléments modérateurs. Ils nient les accusations. Mais ces jours de novembre 2007, deux gamins sont morts écrasés par une voiture de police et des révoltes massives ont suivi. Il y a bien eu presqu’une centaine de policiers blessés par des projectiles d’armes à feu (mais seul l’un d’entre eux a pu bénéficier d’une ITT d’un jour). C’est une première.

    Personne ne sait qui a tiré, et quant au fond, l’État préfère ne pas le savoir. Le pouvoir a choisi cinq jeunes gens dans un but précis : camoufler le fait que les habitants de Villiers-le-Bel, comme ceux d’autres quartiers populaires, sont capables de se révolter massivement et de prendre les armes contre les garants de l’ordre qui détruit leurs vies. C’est pour nous faire oublier cela que le gouvernement cherche à nous endormir avec son histoire d’émeute manipulée par quelques soi-disant «caïds».

    Le «USA Patriot Act» permet au gouvernement des États-Unis d’enfermer indéfiniment dans ses prisons secrètes et camps, comme par exemple à Guantanamo ou Abou Ghraib, de torturer, d’assassiner ceux qu’il considère comme «terroristes» et nomme pour l’occasion des «combattants illégaux». Et tout ça sur la base d’une simple dénonciation, d’un soupçon … sans aucune preuve. Villiers-le-Bel n’est ni Bagdad, ni Kaboul. Pourtant l’État fait comme si. Il décide de déclarer la guerre, car c’est la seule manière de se débarrasser de tout cadre légal. Exiger la libération des «combattants illégaux» de Villiers-le-Bel n’est pas seulement une question de solidarité. C’est reconnaître aux opprimés un droit de se révolter et choisir son camp dans une situation de guerre.

    Le procès de Pontoise vu depuis les bancs du public

    Une énorme mise en scène où tout était joué par avance (comme lors des sinistres procès politiques staliniens commandités par le Bureau Politique du parti). Cérémonie en vue de bercer et droguer le public en semant le fol espoir comme quoi le «jury populaire» serait, malgré tout, obligé de rejeter la tricherie policière grossière et sans vergogne des «témoignages» à charge. Les peines allant de 3 à 15 ans prouvent qu’il n’en est rien. C’était une leçon politique cruelle, un condensé de la démocratie bourgeoise, où camouflée par le supposé «débat contradictoire» apparaît la logique froide et assassine de la raison d’État.

    De la volonté d’atomiser la révolte

    Saint-Dizier, le 4 octobre 2007, un homme accusé d’avoir giflé un policier est écroué, l’interpellé aurait subi des violences policières en garde-à-vue. Dans la nuit, le quartier du Vert-Bois est le théâtre d’affrontements avec la police, flics et pompiers caillassés, la MJC, l’Office Public HLM pris pour cibles. Le 16 octobre, quelques 120 policiers investissent le quartier, GIPN, PJ, CRS… 15 personnes sont interpellées en grande partie sur la base de témoignages sous X (même méthode que pour les inculpations de Villiers-le-Bel, deux rares exemples de l’utilisation de cette procédure mise en place en 2002 avec la loi dites «Perben 2»). Les faits d’abord classés comme «criminels» (assises) sont requalifiés, faute d’éléments, pour finir en correctionnelle. Le 15 juin 2010, 8 jeunes hommes, âgés de 20 à 27 ans, accusés de dégradations et de violences volontaires en réunion, sont condamnés à des peines allant de 1 an dont 6 mois ferme à 5 ans dont 4 ans ferme. Le parallèle avec Villiers-le-Bel est flagrant … même logique, même volonté de l’État d’atomiser la révolte.

    Sous «X» c’est facile !

    Prenez un store pour se cacher derrière, une caméra, une machine à déformer la voix, des indics et/ou des personnes que la police peut faire chanter, vos ennemis, des gens intéressés par la thune … et ça y est, vous avez un témoin à charge sous X parfait. Après il peut, sans aucune possibilité de contrôler ses accusations, raconter n’importe quoi. Le pouvoir ne lui cherchera pas de puces, il a fait son boulot, il a «légalisé» la décision, prise avant le procès, d’envoyer des gens en prison. Le verdict est tombé dans la nuit du samedi 3 juillet : 15 ans pour Adama et Abou Camara, 7 ans pour Ibrahima Sow, 3 ans pour Maka Kanté et Samuel Lamba Lamba.

    Résistons ensemble n°88, mois de juillet 2010



    Voir aussi : Mathieu Rigouste : "Villiers-le-Bel est une vitrine des méthodes françaises de maintien de l’ordre" (Article XI)
     
    Dernière édition par un modérateur: 28 Juillet 2010
  2. zarkax
    Offline

    zarkaxGANGNAM STYLE Membre actif

    1 516
    2
    139
    Oct 2009
    France
    zyed et bouna , c'est en 2005 , et on à pas parler de villiers le bel.
    VIlliers le bel c'est en 2007 lorsque 2 jeunes en moto se sont fait percuter par une fourgonette de la police
     
  3. rafi
    Offline

    rafiMembre du forum Membre actif

    70
    0
    4
    Juin 2007
    merci
     
Chargement...