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OSER : LIQUIDES !

Discussion dans 'Activisme, théories et révolution sociale' créé par emile.itant, 15 Octobre 2007.

  1. emile.itant
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    emile.itantNouveau membre

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    Juin 2007
    Liquidés !


    La justice a donc été rendue, et l’on ne commente pas une décision de justice.
    Encore que, au point ou nous en sommes, quelques observations ne sont pas superflues …
    A-t-on le droit de dire que Madame la Vice-présidente du Tribunal a débuté l’audience en accusant le Préfet d’avoir menti (tiens donc !) au moins sur un point ? Malgré plusieurs demandes, il a refusé obstinément de se rendre à l’audience pour exposer sa version de l’histoire et chercher une solution alternative à la liquidation judiciaire.
    Peut-on évoquer le malaise provoqué par l’étalement, devant le tribunal, des multiples irrégularités commises par les services de l’Etat pour parvenir à la disparition d’OSER ?
    Est-il permis de se demander, lorsqu’un magistrat vous annonce qu’il « n’est pas le juge de l’équité », quel est exactement son rôle dans cette affaire ?

    Ils sont tous bien tristes. Notre administrateur judiciaire, le liquidateur, et même le procureur qui n’en rajoute pas dans la plaidoirie.
    Mais que voulez-vous ? On n’a plus de sous. Et le Préfet, qui nous les a pris, ne veut pas nous les rendre. Et on ne peut pas le contraindre.
    Bien sur, plus tard, on pourra poursuivre et réclamer notre dû. Un jour, ailleurs, à titre posthume. On aura même droit à l’aide juridictionnelle …

    Liquidés.
    Dans notre belle langue française, dont Monsieur le Préfet se pique de connaître toutes les subtilités, il existe un grand nombre de synonymes.
    Le premier qui vient à l’esprit des 18 salariés du FAR, convoqués pour un entretien préalable en vue d’un licenciement, est le verbe « tuer ».
    Sans équivoque et sans appel, il correspond tout à fait au sentiment qu’ils éprouvent.
    D’autres vocables peuvent également correspondre : soldés, débarrassés, abandonnés, sacrifiés. Au choix.
    Mais la plus immédiate est, dans le dictionnaire, l’expression « vendu. »
    Vendus, sans doute, et depuis longtemps.
    Mais à qui ? Le Préfet affirme qu’il n’a pas de « plan B. » tout en faisant état d’un rendez-vous avec le Directeur Général de la Sauvegarde de l’Enfance, Alain BOUCHON, en vue d’une reprise.
    Cet ex-salarié du FAR, dont l’ascension sociale est due au partage des responsabilités, au partage des salaires, à l’autogestion, ne sera pas le bienvenu.
    En attendant, c’est le vide juridique.
    Le courrier reçu dès samedi par les salariés précise qu’ils ne sont plus tenus d’être présents sur leur lieu de travail. Le Préfet, joint par téléphone confirme qu’il « ne peut rien nous demander » !

    Et les quarante deux personnes hébergées au FAR, elles bouffent comment ?
    Si le Préfet peut se permettre une telle désinvolture c’est qu’il sait que notre engagement, notre morale, nous imposent de continuer à prendre en charge les personnes qui nécessitent notre aide.
    Il sait également que, dans toute cette affaire, l’enjeu principal n’était pas les postes de travail des dix huit salariés.

    Pendant plus d’un an nous avons défendu une certaine idée du travail social qui privilégie la solidarité active à l’égard des plus démunis plutôt que l’encadrement et la stigmatisation des pauvres.
    Nous avons échoué.
    Mais ils ne nous ont pas fait plier, ne nous ont pas fait taire.
    C’est une maigre consolation. Dans la période difficile que traversent ceux qui résistent, ce n’est pas rien.


    Association O.S.E.R.
    Site : www.oser-lefar.org
    mail : OSER-LeFar@wanadoo.fr
     
  2. emile.itant
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    Juin 2007
    OSER : Liquidés (suite)

    LIQUIDES (suite) :
    La procédure de licenciement économique à laquelle est soumis chacun des salariés d’OSER est prise à titre conservatoire. Ce qui signifie qu’en cas de reprise, elle pourrait être annulée pour certains d’entre nous, si toutefois le nouvel employeur a le désir d’acheter notre force de travail. Il ferait son marché en fonction des qualifications acquises par les salariés et des possibilités financières offertes par la Préfecture. Pour les autres (qui ? , Combien ?), ils seraient licenciés par le liquidateur qui se substitue à la défunte OSER. Le tout avant la date limite du 26 octobre. Dans un premier temps le coût des licenciements est supporté par les AGS, les caisses de la protection sociale. Maître DESPRAT pourra engager des poursuites pour que le Préfet assume ce coût en fonction de la convention qui nous lie à L’Etat depuis 1996. Mais plus tard. Et comme nous n’avons pas un rond pour payer notre baveux, le tribunal, bon prince, nous accordera l’Aide Juridictionnelle.
    D’ici là, notre Préfet compte bien s’exonérer du paiement de la casse qu’il a organisée avec ses compères CARESSE et CHARBIT. Une réunion s’est tenue lundi après midi entre le Préfet, la DDASS et les dirigeants de l’ADSEA. Cette réunion n’a pas abouti, puisque le transfert d’activité n’est toujours pas réalisé, au grand dam de Maître DESPRAT, qui commence à trouver que le Préfet en prend à son aise. D’autant que notre fanfaron de Raminagrobis avait juré qu’il lui suffisait d’une demi-heure pour régler le transfert de l’activité « CHRS ». Le préfet indiquait, en effet, vendredi 12 octobre, jour de la liquidation, à la section syndicale SUD de l’établissement, qu’il organisait la reprise de l’activité et le transfert de tous les contrats de travail en vertu de l’article L 622-12 du code du travail : « je convaincrais l’ADSEA, vous pouvez me faire confiance » annonçait-il en substance.
    Tout était faux ! Bouchon annonce sur les antennes locales que le préfet ne lui a jamais demandé de reprendre l’activité. Lui-même et son conseil d’administration ne sont prêts qu’à reloger les personnes pendant la période hivernale mais sans assurer le moindre suivi social.
    Ils aimeraient bien récupérer les locaux du FAR pour assurer cet hébergement au rabais, mais ils se soustraient, en laissant les personnes sans accompagnement social, au transfert obligatoire des contrats de travail des salariés d’OSER assassinée. Or le souci de Maître DESPRAT est d’assurer le sauvetage d’un maximum d’emplois occupés par les anciens collègues de BOUCHON qui préférerait les voir licenciés... plutôt que de devenir leur patron.
    Ce qui se profile donc est bien une liquidation sèche de l’association avec 18 licenciements et la suppression de 42 places de CHRS, le contraire total des annonces faites par le préfet de l’Ain aussi bien au liquidateur qu’au ministère du logement. Il faut en passer par là pour se débarrasser à la fois des fâcheux et de l’autogestion incarnée par le partage des salaires.
    Et les résidents ?
    La majorité des salariés ont assuré leur travail pendant tout le week-end et jusqu’au lundi 15 octobre au soir. Lors de l’assemblée générale tenue lundi après midi, la plupart, estimant que le risque personnel est trop grand ou que leur travail avait été suffisamment méprisé par le Préfet, a décidé de suivre les conseils de Maître DESPRAT et de rentrer à la maison. Les résidents sont donc livrés à eux-mêmes et les repas ne seront plus assurés. Ils sont inquiets mais très enclins à discuter de ce qu’ils sont en train de perdre : la présence des éducateurs à tout moment de la journée. Ils sont tristes et ont besoin de le dire... Interpellé de nouveau par Maître DESPRAT en début de soirée sur le devenir de ces personnes, Monsieur le Préfet les a renvoyés sur le 115 ! Le ministère contacté également dit que c’est bien pire à Paris. Alors... Le scandale est triple :
    ·le préfet abandonne les résidents,
    ·le préfet organise la disparition d’une mission d’accompagnement vieille de 31 ans, à l’heure où la journée mondiale de la misère dénonce l’aggravation de la pauvreté,
    ·le préfet s’exonère de ses obligations contractuelles vis-à-vis du passif de l’association qu’il fait payer par les caisses salariales.
    Pendant plus d’un an nous avons défendu une certaine idée du travail social qui privilégie la solidarité active à l’égard des plus démunis plutôt que l’encadrement et la stigmatisation des pauvres. Nous avons échoué. Mais ils ne nous ont pas fait plier, ne nous ont pas fait taire. C’est une maigre consolation. Dans la période difficile que traversent ceux qui résistent, ce n’est pas rien. Aujourd’hui, nous allons nous battre pour exiger la reprise de l’activité et la sauvegarde des emplois nécessaires pour mener à bien la mission d’hébergement et de réinsertion du F.A.R. Pour enfin, arrêter le massacre...
    OSER : 05 bis, rue des Crêts – 01000 Bourg en Bresse.
    Mail : OSER-LeFar@wanadoo.fr
    Site : http://www.oser-lefar.org
     
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