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Actualité militante Mouvement historique : 150 000 indignés israéliens manifestent pour la justice sociale !

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 31 Juillet 2011.

  1. Ungovernable
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    Mar 2005
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  2. anarchiste, autonome
    Tel-Aviv (Israël) – Le capitalisme “sauvage” est rejeté par les israéliens. Les manifestations à Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa, Beersheva, Ashdod et Nazareth contre le coût de la vie ont été bien plus importantes que celles de la semaine dernière. Le mouvement pour le logement, lancé il y a deux semaines sur Facebook avait été critiqué pour manquer d’un vrai message ou de demandes claires. Ce n’est plus le cas. Ce soir c’est l’apothéose. Plus de 150 000 manifestants ont défilé. Une impression assez inhabituelle. Indescriptible et unique. Une pré-révolution à caractère démocratique qui va aboutir au renversement du Gouvernement actuel ?

    Manifestation de masse à Tel Aviv. Photo RD

    Extraordinaire pour un pays dont les habitants ne descendent dans la rue que lors de graves crises politiques. Des milliers de manifestants défilent encore ce soir au moment où nous écrivons ses lignes. Une impression de grand malaise général. Les israéliens n’en peuvent plus, le disent, et descendent enfin dans la rue. Ce qui semble naturel en France, descendre dans la rue, est rarissime ici.

    Les “Tycoons” (un mot devenu très familier pour identifier les milliardaires qui accumulent à une vitesse folle des biens) du pays doivent être très inquiets ce soir car l’imprévisible est en train de se produire pour eux. Ils sont devenus selon les manifestants “les ennemis du Peuple” car “ils ont tout, et nous n’avons plus rien”. Leur richesse qui s’étale choque les israéliens qui n’ont pas les moyens d’acheter des appartements.

    Les “Tycoons” ont déserté le centre de Tel-Aviv depuis quelques jours et les restaurants de luxe du centre ville se sont vidés. Très souvent la “Tour YOO” est décrite dans les reportages pour identifier “les lieux de vie” de ses milliardaires.

    ISRAELVALLEY – EDITORIAL DE MATI BEN AVRAHAM.
    Dans un reportage diffusé par la 2ème chaîne de télévision, l’un des étudiants-campeur-protestataire du boulevard Rothschild à Tel-Aviv a résumé le sentiment général après la conférence de presse du chef du gouvernement, Binyamin Netanyahou, assisté par ses ministres des Finances et du Logement, Steinitz et Attias : « Il n’y a pas que le coût des appartements…Demain, nous feront partie de cette classe moyenne qui est pressurée comme un citron… C’est notre avenir qui est en jeu. » De fait, si les étudiants font la une, ils ne sont pas seuls dans cette protestation qui est représentative de la classe moyenne du pays : jeunes et anciens, laïcs et religieux (hors l’ultra-orthodoxie), droite, centre et gauche, à laquelle s’associeront aujourd’hui les mères de famille de l’Education nationale.

    C’est ce qu’a compris Ofer Ini, le président du Syndicat central, la Histadrout, qui a annoncé hier soir que son organisation rejoint la protestation, en usant de tous les moyens dont il dispose. Une annonce qui a provoqué la fureur des services de la présidence du Conseil et du ministère des Finances.

    Et c’est ce que n’a pas compris, ou n’a pas voulu comprendre Binyamin Netanyahou. C’est une exigence de justice sociale qui monte des places et des rues, tout comme de la grève des médecins hospitaliers du secteur public qui dure depuis plus de trois mois ; c’est la prise en compte de la dimension sociale dans l’établissement du budget de l’Etat.

    Au cours des cinq dernières années, l’inflation a grimpé de 16,8 % en indice cumulé, alors que l’indice de l’alimentation, y compris fruits et légumes, a été de 29%. Les 500 shekels dépensés hebdomadairement au supermarché il y a cinq ans sont passés à 645. Le salaire mensuel moyen de cette classe étant de 110263 shekels, c’est aujourd’hui 40% de ce salaire qui passe dans les supermarchés. La carte bancaire fonctionne à plein, avec paiements échelonnés…D’où une certaine perte de conscience de la valeur réelle des produits. A l’arrivée, un minus bancaire d’environ 1000 shekels par mois, soit 12000 par an. Aucun ménage ne peut faire face à une dépense imprévue et doit recourir à l’endettement. Ce n’est qu’à l’échelon 9 de cette catégorie que la tendance s’inverse : un surplus mensuel de 1000 shekels environ. Or, cette classe moyenne est celle qui supporte le plus de devoirs vis-à-vis de la société : service militaire obligatoire de trois ans pour les garçons, deux ans pour les filles ; puis études qui sont loin d’être gratuites ; et enfin, périodes militaires annuelles pour les hommes principalement d’un mois et plus même. Trop c’est trop, l’exaspération s’est transformée en ras-le-bol généralisé.

    Dans l’éditorial d’hier, Jacques Bendelac remarquait que ce qui frappait dans toutes les mesures annoncées, hors leur caractère d’improvisation hâtive, était l’absence de toute contribution financière sérieuse de l’Etat. Et c’est là le dénominateur commun à tous les mouvements de protestation de ces derniers mois.

    Celui des produits laitiers, dont le cottage a été le symbole. L’Etat a demandé aux producteurs de lait, aux grandes laiteries et à la grande distribution de se montrer moins gourmands. Mais quand il a été demandé au ministre des Finances de verser on écot à l’intérêt général par une baisse de la TVA, Yuval Steinitz a répondu : Pas question. Or, dans les pays de l’OCDE dont Israël fait parti, la moyenne de la TVA sur les produits laitiers est d’un peu plus de 8%…

    Il en est ainsi pour la crise de l’immobilier. Certes, le déséquilibre entre l’offre et la demande a provoqué un renchérissement anarchique et du prix des appartements et du loyer. Mais, dans le coût d’appartement, le prix du terrain entre pour 34% (Binyamin Netanyahou a parlé de 40%), la fiscalité ô combien complexe et ténébreuse pour 32%, les travaux de construction pour 23% et le gain du promoteur pour 11%. C’est-à-dire que 66% du coût d’un appartement alimentent les caisses du Trésor. A l’arrivée, et selon une étude du ministère des Finances, en 2007, un appartement standard équivalait à 87 salaires moyens, dans la région de Tel-Aviv, 143 en 2010, 150 aujourd’hui, la moyenne nationale s’établissant à 120. Soit 10 ans de travail. Or, là-aussi, il suffirait que l’Etat mette la main à la poche pour provoquer une basse sensible des coûts des appartements.

    Quant aux médecins hospitaliers du secteur public, leur grève qui perdure scandaleusement de l’avis même de la majorité de la classe politique – certains ministres compris – relève de l’obstination des Finances à ouvrir son porte-monnaie.

    Un dernier mot : l’on peut porter au crédit des protestataires, étudiants en tête, une première victoire. Ils ont en effet poussé le premier ministre à lancer une politique de logements à loyer modéré. Ce qu’il s’était refusé à faire voici deux ans, fidèle une idéologie faisant de l’accession à la propriété la base d’un capitalisme populaire.
     
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