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Répression & dérives sécuritaires L’UE crée un gigantesque fichier biométrique : un « point de non retour » ?

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par mc², 24 Mai 2019.

  1. mc²
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    mc²Membre du forum Membre actif

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    Août 2014
    Le Parlement européen a donné son feu vert à la création d’un gigantesque fichier qui centralisera des données incluant des informations biométriques - empreintes digitales et images faciales - des citoyens européens et non-européens. L’ONG Statewatch avait alerté en mai dernier sur la création d’une « Europe Big Brother ».

    Le 16 avril, le Parlement européen a voté à Strasbourg un ensemble de mesures permettant d’« améliorer l'échange de données entre les systèmes d'information de l'UE pour gérer les frontières, la sécurité et les migrations ».

    « Les systèmes couverts par les nouvelles règles comprendraient le système d'information Schengen, Eurodac (registre des demandeurs d’asile), le système d'information sur les visas (VIS) et trois nouveaux systèmes : le système européen de casiers judiciaires des ressortissants de pays tiers (ECRIS-TCN), le système d'entrée/sortie (EES) et le système européen d’information et d’autorisation des voyages (ETIAS) », lit-on sur le site du Parlement. Traduction : six registres, dont les trois derniers concernent des citoyens non membres de l’UE, sont unifiés en une seule base de données géante, comprenant en partie des données biométriques (empreintes digitales et images faciales). Ce projet porte le nom de Common Identity Repository ou CIR.

    « Cela facilitera les tâches des gardes-frontières, des agents des migrations, des policiers et des autorités judiciaires en leur fournissant un accès plus systématique et plus rapide à divers systèmes d'information de l'UE sur la sécurité et le contrôle des frontières », explique le Parlement. Ceux-ci pourront en effet rechercher des personnes par nom, mais également par empreinte digitale ou faciale, et croiser les informations de plusieurs bases de données sur une personne.

    Un « Big brother européen centralisé » ?

    Lors de la validation de ces nouvelles règles par les négociateurs du Parlement et du Conseil en février dernier, les défenseurs des libertés individuelles avaient fait part de leurs inquiétudes. Pour le contrôleur européen de la protection des données Giovanni Buttarelli, il s’agit d’un « point de non-retour » dans le système de base de données européen, relatait en février Médiapart, une base de données centralisée comportant à ses yeux « des risques graves de perte d'informations sensibles », et de cyber-attaques, pas seulement de la part de simples pirates mais par des « puissances étrangères très intéressées par la vulnérabilité de ces systèmes. »

    L'ONG Statewatch - composée d'avocats, universitaires, journalistes, chercheurs et militants associatifs surveillant la justice et les affaires intérieures, la sécurité et les libertés civiles dans l'Union européenne - avait publié en mai dernier une analyse point par point des nouvelles mesures prévues par cette interopérabilité des systèmes, qu’elle voyait elle aussi comme un « point de non-retour » dans la création d’un « Big brother européen centralisé ». Le raisonnement voulant justifier l'interopérabilité, développée dans le contexte de la crise migratoire et des attentats de 2015, par son utilité pour l’antiterrorisme, est à ses yeux trompeur.

    La Chine, l'Inde et l'Europe

    La base de données, qui a désormais deux ans pour être mise en place par les Etats membres, deviendra la troisième plus grande base de données de suivi au monde, derrière le fichier chinois et celui de l'Inde, nommé Aadhaar. Cet immense programme qui attribue depuis 2009 un numéro d’identité unique de 12 chiffres à la quasi-totalité de la population indienne, en y associant les données de leurs empreintes digitales ou de l’iris, et permettant d'avoir accès aux services publics mais aussi privés, est régulièrement critiqué pour son faible niveau de sécurité et sa potentialité de surveillance.

    Rappelons qu’en France le méga-fichier TES, débattu en 2016, a été validé par le conseil d’Etat le 18 octobre 2018, et regroupe nom, prénom, adresse mail, filiation, photo et empreintes digitales des citoyens. Il est considéré par les défenseurs de la liberté individuelle comme une boîte de Pandore. « Potentiellement, on facilite par ce biais à la mise en place d’un dispositif de surveillance, avec notamment des dispositifs de reconnaissance faciale à grande échelle en France, estimait auprès d'Usbek & Rica Asma Mhalla, spécialiste de l'économie numérique et maître de conférences à Sciences Po. Le TES allié au big data et à la smart city pourrait mener au pire des systèmes de contrôle ».

    L’UE crée un gigantesque fichier biométrique : un « point de non retour » ?
     
  2. pilou-ilou
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    pilou-ilou  Comité auto-gestion Membre actif

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    totalement révoltant. Ca les démangent tellement de contrôler chaque individus. Tiens comme en chine ou c'est un vrai enfer sur terre. La bas tu ne peux plus faire un geste sans qu'il soit décortiqué et que cela ai des conséquences.
     
  3. K0dama
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    K0damaNouveau membre

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    Fev 2019
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    Oui, flippant. En même temps, les GAFAM et les BATXH sont en train de se faire des bases de données beaucoup plus grosses et intrusives, avec en plus, des moyens de désinformation et de manipulation de masse...
     
  4. pilou-ilou
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    pilou-ilou  Comité auto-gestion Membre actif

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    d'ou l'utilité d'avoir un esprit critique par rapport aux informations vomies par les grand médias et trouver d'autres sources d'informations.
     
  5. gorekhaa
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    gorekhaaUN p13D cH3p3R Membre actif

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  6. libertaire, anarchiste, féministe, internationaliste, situationniste, auto-gestionnaire, individualiste, synthèsiste, progressite, révolutionnaire, autonome, anti-fasciste, anti-autoritaire
    Euh vous le dites vous-memes, c'est un faux débat...

    Le point de non-retour a ete allegrement franchi y a deja belle lurette, quand on a accepte d'avoir le "telecran" direct au fond d'la poche (au lieu d'un tout les 10m) et d'en plus trouver cela fashionissime! (tas d'cons que nous sommes!)

    Excusez si je cree une polemique mais, imaginons un REEL espace Schengen sans frontiere aucune, bref une Europe "uniforme" tel un seul pays, et que s'y appliquent les mêmes regles niveau delivrance de papiers d'identite, bah y'aura un fichier GLOBAL contenant les empreintes digitales, les tofs biometriques et bon nombre d'infos connexes de TOUS les ressortissants de l'UE, nan?

    Et tout le monde n'aurait rien a y redire, nan?

    Pour les gens arrivant de l'exterieur de l'espace UE bah c'est pareil puisque cette generalisation du fichage se fait a peu pres partout (a part quelques poches "obscurantistes" et ce de facon plus ou moins efficace certes) donc leurs donnees biometriques existeraient bien deja quelquepart, dans l'absolu, nan?

    Le sujet ne serait donc pas vraiment de savoir si c'est ou pas admissible ce genre de fichiers, ils se feront de toute facon (y a meme qu'a recouper ceux qui existent deja en les ameliorant), mais plutot de savoir si on accepte ou pas la systemisation du deploiement des moyens technologiques de controle de la population, qui pourraient etre relies a ces fichiers (cams, detecteurs, capteurs etc...), dans l'espace public, ce qui ferait d'une entite fichier/capteurs en resultant une machine de coercition implacable, nan?

    Les fichiers nous les creeons deja nous-memes en adherant a des codes, des modes, des fonctionnements stéréotypés, des comportements societaux et/ou sociaux, qui offrent sur un plateau des datas indiscretes, a foison, et a tous ceux qui ont les moyens de les gerer!

    Nan?

    Bref, un debat sur la creation de tel ou tel fichier dit "globalisé" ne sert pas a grand-chose vu que dorenavant on ne peut décemment rien y faire (et c'est pas faute d'avoir braille et gesticule partout avant IRL) par contre s'en premunir oui c'est possible, les outils existent, restent les comportements...

    Mais agir (ou pas), localement (ou pas), legalement (ou pas), seul (ou pas), anonymement (ou pas) contre les "organes" potentiels de ces fichiers et leur installation, ah ca oui alors, voila un debat constructif quant au mieux-vivre ensemble sur cette putain de planète ou l'humanité se bouffe la queue tel un Ouroboros enragé!

    Nan?

    EDIT = Ouroboros.jpg
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