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Répression & dérives sécuritaires Interdiction du site linksunten.indymedia.org

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par mc², 4 Septembre 2017.

  1. mc²
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    mc²Membre du forum Membre actif

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    Août 2014
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    Le principal site d'information alternatif et anti-autoritaire d’Allemagne, linksunten.indymedia.org, a été interdit le 25 août 2017 par le ministre de l'intérieur allemand Thomas de Maizière. L’exploitation du site et l’utilisation de son logo sont désormais considérées comme des infractions pénales. Au moins 5 lieux de vie et d’organisation de la scène activiste allemande ont été perquisitionnés, dont le centre social autogéré Kulturtreff in Selbstverwaltung (KTS) à Fribourg. Beaucoup de matériel militant et/ou informatique a été saisi et tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une possible arme (couteaux, bâtons, tuyaux…) est désormais présenté comme une preuve irréfutable de la dangerosité de l’extrême-gauche.

    Lancé en 2008 et permettant à celles et ceux qui le souhaitent de publier de façon anonyme, linksunten.indymedia.org est rapidement devenu le principal espace virtuel d’organisation et d’information pour toute la scène radicale de gauche en langue allemande. Ces derniers temps, le site comptait environ 500 000 visiteur-ses par mois et avait même atteint près de 3 millions de visiteur-ses le mois dernier, à l’occasion des protestations contre le G20 à Hambourg.
    Il s’agit vraisemblablement d’un coup de force destiné à combler les franges les plus conservatrices de l’électorat allemand, en prévision des élections fédérales qui se dérouleront dans un mois. Même certains comptes liés à la police allemande contestaient hier sur les réseaux sociaux la fermeture d’une plateforme « importante […] pour observer la scène gauchiste » (sic).

    Ce qui est plus inquiétant sur le plan juridique, c’est que le site n’est pas attaqué en tant que source d’informations mais bien comme un groupement solidaire (un « club »), ce qui permet de juger toutes les personnes en charge du site comme juridiquement responsables de tout ce qui y a été publié. Selon les informations qui nous sont parvenues, au moins une personne aurait déjà été arrêtée et les responsables du site seraient à présent considéré-e-s comme membres d’une association terroriste.

    Une nouvelle étape dans la répression de nos activités et nos idées en Europe vient d’être franchie. Les derniers faits similaires remontent à 1995, en Allemagne, quand le pouvoir central avait fait interdire le journal « Radikal », provoquant de nombreuses manifestations de soutien dans le pays, notamment à Hambourg. En France, si certains groupes de musique (La Rumeur, ZEP) ont pu être inquiétés pour certaines de leurs paroles ou si certains sites d’informations libertaires (Jura Libertaire, Indymedia Grenoble) ont été menacés pour les écrits qu’ils hébergeaient, il n’y a jamais eu de fermeture et de répression aussi brutale d’un site d’informations alternatif. Cette attaque en règle contre une plateforme d’informations radicale et anti-autoritaire nous rappelle à quel point nos outils de communication sont plus que jamais à défendre contre l'oppression de l'État.

    En Allemagne comme partout en Europe, la complaisance envers les partis et groupuscules d'extrême droite et la reprise d’une large part de leurs idées ne suffit plus aux gouvernements libéraux. Ils s'attaquent désormais aux moyens d'expression des personnes en luttes et répriment les militant-e-s anarchistes, anti-fascistes, anti-racistes, féministes, syndicaux-les et LGBTQI. Le parti conservateur CDU ne s'arrête d’ailleurs pas là dans sa vengeance contre les manifestations anti-G20 puisqu’il réclame la fermeture du centre culturel alternatif Rote Flora, à Hambourg.

    Contre la répression étatique et les atteintes à la liberté d’expression, il n'y a rien à attendre des gouvernements et des États ! Dans toute l'Europe et partout dans le monde, résistons, défendons nos outils d’informations et de luttes, exprimons-nous, organisons-nous et luttons tou-te-s ensemble pour abattre le capitalisme, le patriarcat, le système de domination raciste et l’État !

    Relations Internationales de la Coordination des Groupes Anarchistes, le 26 août 2017
    Ps. Le 26 août 2017, le site affichait, en allemand et en anglais, un message plein de défi aux « gouvernements du monde Industriel » basé sur des extraits de la « Déclaration d’Indépendance du CyberEspace ». « Nous reviendrons bientôt » et « nous allons nous répandre sur toute la planète, de façon à ce que personne ne puisse arrêter nos idées » : gouvernants, vous n’en aurez jamais fini avec nous !

    En Allemagne et ailleurs, la répression ne nous fera pas taire ! - Anarkismo
     
  2. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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    Fev 2014
    France
  3. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Deux ans après les perquisitions, où en est l’enquête sur l’interdiction d’Indymedia Linksunten?
    Publié le 6 novembre 2019
    En septembre 2017, Indymedia Linksunten était interdit par le ministère de l’Intérieur allemand, perquisitions et montage policier à l’appui. Retour sur l’histoire, le contexte, les dossiers d’enquête ainsi que sur la bataille juridique menée depuis le collectif de soutien et la legal team Freiburg EA.

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    Ce texte est la retranscription d’un exposé sur les poursuites judiciaires qui ont entrainé la fermeture du site d’information alternatif allemand Indymedia Linksunten. Cette présentation, organisée par la legal team Freiburg EA, avait lieu à Freiburg à l’occasion des «squatting days», 10 jours de culture autonome qui célébraient les 25 ans du centre autonome KTS.

    Naissance du réseau Indymedia
    Les années 1990 ont été marquées par les débuts d’Internet, qui est venu faciliter la communication dans les réseaux activistes. Le travail entre les mouvements radicaux et les médias «mainstream» avait toujours été difficile, l’arrivée d’Internet a donc facilité les choses pour les activistes. Dans les «médias mainstream», les infos sur les mouvements sont souvent peu détaillées, et peu objectives. Elles sont comme des produits dans des médias qui les gèrent en entrepreneurs. C’est une poignée de gens qui décident de ce qui va être communiqué, et les infos sont choisies par rapport à des buts commerciaux. On est loin de l’objectivité que ces médias prétendent nous vendre.

    Jusqu’alors, les mouvements radicaux avaient déjà leurs propres médias, radios pirates, brochures, échanges de vive voix… Dans les années 1990, Internet a commencé à se démocratiser et les mouvements s’en sont donc emparé, mais peu de gens y avaient accès et il y avait encore peu de sites. En juin 1999, lors du carnaval contre le capital pendant le G8 de Cologne [1] la mobilisation avait été organisée depuis des listes mails et il y avait eu des actions dans plus de 40 pays. Indymedia apparut sur Internet quelques mois plus tard, en novembre 1999. Le sommet contre la réunion de l’OMC à Seattle a été la première mobilisation appelée par ce réseau et ce fut un succès avec des manifestations de 40 000 personnes qui ont bien réussi à bloquer le sommet.

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    Indymedia fonctionne en «open posting» : tout le monde peut «poster», personne ne censure, et le réseau n’est pas construit hiérarchiquement. Bien sûr, il y a quand même des critères de modération. Il y a des personnes qui s’occupent de l’infrastructure technique et des gens qui gèrent la modération. C’est fait pour le mouvement et par le mouvement, donc par des gens qui sont eux aussi actifs. Une des forces de ce modèle c’est qu’il est décentralisé. Aux États-Unis, par exemple, il y avait des gens de plein de villes différentes, en France aussi, mais en Allemagne, pendant longtemps il n’y avait qu’un site pour tout le pays, jusqu’à la création de Linksunten en 2008.

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    Création de Linksunten
    Les sites des mouvements étaient souvent créés pour des occasions précises et pour Linksunten ça a été le sommet de l’OTAN de Strasbourg en 2009. Il y avait aussi plein d’autres raisons, dont le besoin d’un média pour les luttes locales «en bas à gauche» [2], un média local et décentralisé du reste de l’Allemagne.
    Il y a eu une scission avec Indymedia Allemagne, qui était très peu dynamique à cette époque et dont les critères de modération ne convenaient pas. Par exemple, sur Indy Allemagne, la modération ne voulait pas qu’il y ait d’outing [3] de nazis ou d’autres, et on pouvait faire des ajouts, mais pas de commentaires.

    Lire la suite sur Dijoncter.info
     
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  2. depassage
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