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Gentrification d'un forum

Discussion dans 'Discussion générale' créé par Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes, 5 Juin 2017.

  1. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Août 2016
    Un forum peut-il se voir gentrifié ?

    Je me suis sincèrement posé la question en constatant l'autre jour qu'un homme "socialement intégré" c'est à dire diplomé, cadre, heureux époux d'un médecin etc etc ... pouvait unilatéralement se déclarer anarchiste.

    De ma fenêtre quelque chose clochait.

    Bon, il est maintenant de notoriété publique que je ne sais rien ou presque de l'anarchie et de ses grands textes fondateurs mais découvrir Oni21 se dire anarchiste avait un côté irréel. Un peu comme ces bobos prônant la décroissance et la permaculture alors que tout ce qu'ils connaissent de l'écologie c'est l'épicerie bio hors de prix.

    Peut-on se dire anarchiste et qu'est-ce en fait qu'être anarchiste ?
    Quelle sont les parts respectives de l'inné et de l'acquis en matière d'anarchie ?
    Devient-on anarchiste par la seule compilation d'une bibliothèque surranée ou ne peut-on le devenir q'en suivant différentes étapes initiatrices (graff, cortège de tête, vie en squat, etc ...) ?

    En un mot peut-on se contenter de déclaration ou doit-on vivre (selon les préceptes de) l'anarchie ?


    Je sais, je sais, je pousse le bouchon assez loin mais, sérieusement, quelle que soit la sincérité de notre camarade Oni21 (que je ne remets aucunement en cause), peut-on dire qu'un individu dans sa situation soit "anarchiste" ?
     
  2. Oni21
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    Oni21Membre du forum Membre actif

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  3. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Des diplômés anarchistes , pas des cadres, mais qui font leur vie oui j'en connais et ils ne sont pas sur un clavier on les retrouve sur le terrain à se battre. La différence avec les autres diplômés c'est qu'ils s’en foutent de leur diplômes ils l'ont car ils ont eu la possibilité de l'avoir. Ce qu'ils acquirent comme connaissances est parfois bien utile. Et tu les vois dans les réunions au côtés d'un chômeur pure prolétaire ou d'un voleur ça ne leur pose pas de problème et aux autres non plus.
    On juge les gens sur ce qu'ils sont pas sur ce que dit le bout de papier que on appel diplôme.
    Un(e) anarchiste a il/elle le droit d'être heureu(se)x? Bè oui quand même sinon les fêtes seraient mornes. Ça n'empêche pas de voir clair et de vouloir une autre société.
    Sur le problème de Oni21 ce qui se pose c'est qu'il est éducateur et ça choque visiblement pas mal des camarades. Ne mettons pas tout dans une boite s'il vous plaît. Un éducateur peut très bien être anarchiste, cela dépend de l'individu. Je vois l’éducateur, comme un infirmier qui soigne les plaies que ce que le capitalisme apporte. Mais je ne sais pas comment ils font pour ne pas faire le gendarme; donc être autoritaire.
    Sur l’inné je vais devoir vous parler de moi car il n'y a que mon expérience qui me permette d'aborder ce sujet; A l'age de8 ans je piquait sur les chantiers des cordes pour après me taper 20 km à pieds afin de monter sur des arbres pour y pique du gui et ensuite me taper les bois pour y prendre du houx. Ayant fait des bouquets je sonnais à toute les portes pour les revendre et ainsi j'avais de quoi acheter les jouets que mes parents ne savaient me payer ( mon père fauché comme le blé se tapait des mois et des mois dans la cave à nous fabriquer des jouets en bois avec des trucs de récupération car il n’avait pas d'argent pour nous en payer) . Ensuite je me rendais chez les bourgeois et les échangeais pour revenir avec mon trésor de guerre ;). Comme je piquais dans les jardins de quoi donner à ma mère pour faire des soupes. Ce ne sont pas mes parents qui m'ont appris cela c'était naturel. Ils l'auraient su peut être m'auraient ils engueulé. Je suis né aussi d'une famille antifasciste le grand père l'était déjà et s'est battu contre eux durant 5 ans. Comme à 14 ans je jouais au robin des bois car je trouvais anormal que mes camarades n'aient pas ce que les bourgeois avaient et donc je leur fournissait gratuitement ce que je reprenais au bourgeois. Ca passait de la chaîne stéréo à la moto et bien d’autre truc. Redistribution des richesses ;) Bon je me suis bien fais gauler donc je n'ai crainte d’en parler ;)

    Les squats font partie de l’expérience anarchiste comme plein d'autre chose comme la vie en communauté. Mais on n'est pas obligé de vivre toute sa vie comme cela et ce n'est pas un passage obligé., Encore heureux si l’anarchisme devient un truc d'obligation ce n'est plus de l'anarchisme. On fait les choses comme on le sent et comme elle se proposent. Mais c'est chouette l’expérience des squats ou de la vie en communauté ça fait grandir. Punk is no dead ;)

    Il y a autant d’anarchisme que d'anarchistes c'est ça aussi notre richesse. L'anarchisme ne se case pas dans une boite mais dans autant de boites qu'il y a d’anarchistes.

    Quand à la bibliothèque si elle est là pour garnir ca ne sert à rien c'est juste du matérialisme. Un(e) anarchiste à le devoir de se cultiver pour faire grandir son anarchisme et donc l’anarchisme en lui même. C'est une des particularités des anarchistes d'être très instruit. Cela ne nécessite pas de diplôme juste de la volonté.

    Comme actuellement la plupart des anarchistes parlent l'anglais et très souvent l'espagnol ceci afin de communiquer avec les autres anarchistes du monde et apprendre d'eux mais aussi de faire la lutte internationale. Comme prolo j'ai passé cela Je le regrette.

    En espérant avoir apporté une pierre à la réponse de tes questions.
     
    thomas38 apprécie ceci.
  4. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Août 2016
    L'important c'est le chemin :)
    Tous les points de vue ont leurs raisons d'être et j'attends les autres, merci.
     
  5. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Ne pas oublier que une des raisons de l'anarchisme est que on base nos vies sur la recherche commune du plaisir pas de la tristesse ,de l'exploitation.
     
  6. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  7. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Pour moi y a une tradition anarchiste prolétarienne et des idéologies anarchistes petite-bourgeoises.
    Proudhon et le mutualisme, Stirner et l'individualisme par exemple sont des courants qui, pour moi, sont petits-bourgeois. C'est vrai aussi pour le communisme et la plupart des idéologies révolutionnaires. Toutes les idéologies ont été réappropriées par des personnes "socialement intégrées" comme tu dis et ça ne se fait pas, à mes yeux, sans un déni de la lutte des classes. Parce que ça reviendrait à lutter contre sa propre classe pour ces personnes. Mais ces personnes veulent quand même prendre part à la contestation du coup elles épurent les idéologies de ce qui les met de côté.

    Après je pense qu'un petit-bourgeois peut adhérer aux idées véhiculées par la tradition prolétarienne (et à la lutte des classes) mais en pratique c'est plus compliqué. ça revient pour eux à admettre qu'ils ont des privilèges, que les façons de penser qui sont exigées d'eux par leur situation matérielle les empêchent de mener la lutte des classes. ça rend schyzo.

    Concrètement : un petit-bourge pourra se dire contre toute forme de hiérarchie formelle, pour l'horizontalité, pour que les choix soient pris en commun, etc... Il peut tolérer l'illégalisme. Sauf que ça se fait généralement avec des raisonnements idéalistes. Et ça amène parfois au fétichisme.
    Par exemple, les insurrectionnalistes pour moi c'est du fétichisme de la violence insurrectionnelle. ça part d'un raisonnement purement théorique : la violence est mal définie, il y a aussi une violence sociale / morale qui s'exerce sur les individus et qui n'est pas plus légitime que la violence physique qu'on peut user pour se défendre, la violence est parfois efficace. ça part à la base d'une contestation de la non-violence radicale mais ça débouche sur une glorification de l'émeute. Des comportements provocateurs et individualistes qui trouvent leurs justifications en accusant les détracteurs d'être des non-violents. Puis les gens vont en manif équipés pour le combat, ils tentent systématiquement de faire démarrer une manif sauvage même quand ça n'est pas pertinent, encouragent les affrontements avec les flics, etc... Et parfois je trouve ça contre-productif. Perso, quand la violence est spontanée, que c'est une réaction, je comprends. Mais trop souvent je trouve que c'est de la pose pour se prouver à soi-même et aux autres qu'on est vraiment radical. "ouais moi je me laisse pas faire par les syndicats qui appellent au calme" "ouais les flics nous oppriment tous les jours alors moi aussi j'ai le droit d'être violents" (dixit un mec qui ne s'est jamais fait emmerder par les flics)...

    L'inverse me semble tout aussi idéaliste et d'après moi porté par la petite-bourgeoisie. Notamment l'associationisme ou l'économie sociale et solidaire qui refusent l'affrontement frontal avec le capitalisme (y compris dans la rue) au profit de la promotion d'"alternatives" au capitalisme. Qui n'ont d'alternatives que le nom.

    Pour moi un cadre qui assume la lutte des classes devraient couvrir systématiquement les salariés sous sa responsabilité. S'il y a des retards ou des absences, il ne les comptabilisent pas. S'il y a une grève, il ne collabore pas avec la direction. Si on lui demande d'appliquer des mesures visant à augmenter le profit de l'entreprise il refuse (car c'est toujours au dépens du prolétariat même si ça peut être bénéfiques aux salariés de l'entreprise). Etc...
    ça pour moi c'est déjà plus une prise de position matérialiste. Tu reconnais que les comportements séditieux des salariés sont dus au fait que le travail est aliénant et que pour qu'il ne soit plus aliénant il faut qu'il ne soit plus dirigé vers le profit.
    Tu reconnais que le prolétariat est une classe et que ce qui est susceptible d'enrichir les salariés de ton entreprise particulière est aussi susceptible d'affaiblir le prolétariat dans le rapport de force. Comme de faire des pubs sexistes : peut-être ça vend, peut-être l'argent gagné va permettre d'améliorer les conditions de travail et le salaire des salariés de ton entreprise, cependant ça divise les gens en fonction de leur sexe. La concurrence avec d'autres entreprise c'est pareil, si t'es gagnant, les salariés de l'entreprise peuvent en profiter (selon la magnanimité des actionnaires / de leurs supérieurs). Mais ça se fera aux dépens des salariés des entreprises concurrentes et ça ne durera qu'un temps. Les salaires, les conditions de travail dans la société ont tendance à être nivelées par le bas.
     
  8. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Voilà une bonne question :p C'est quoi une vie d'anarchiste? O:) Je n'ai rien fais moi monsieur je vous le jure O:):bomb::bomb::bomb::bomb:
     
  9. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Août 2016
    Merci Anarchie 13, cela confirme l'impression tirée de mes trop peu nombreuses lectures.
    Il n'était en effet pas donné à tout le monde de traverser l'Europe et d'avoir le temps pour réfléchir et écrire.

    Oui, comme pour le communisme et autres textes, il y a bien une sorte de contradiction (il doit y avoir un terme plus approprié) entre théorie et mise en pratique ou du moins entre la théorie et la reconnaissance (parce celles et ceux en charge de la mise en pratique) du "droit" à théoriser.

    Un peu "fais ce que je dis même si je suis mal placé pour savoir ce que tu vis".

    @Marc poïk@Marc poïk : tiens, ta réponse va me servir de support à une question qui bourdonne dans ma caboche depuis un certain temps. J'y reviendrai dans un autre post :)
     
  10. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Bon sujet que celui-ci car très souvent que ces personnes récupèrent la cause et en fin de compte la détourne à leur façon et au final rendent la cause de départ inerte voir dissoute. J'ai vu ça avec des ONG syndicats ect. Mais çà peut aussi arriver avec d'autres choses. D’où le fait que les anarchistes se méfient des intellectuels mais aussi des personnes ayant un trop fort ego.
     
  11. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Août 2016
    Ce fut le cas de "Nuit debout" et de, peut être, tous les mouvements sociaux en France :|
     
  12. Oni21
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    Oni21Membre du forum Membre actif

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    Je peux participer à cette discussion ?
     
  13. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Août 2016
    ?????? :o

    Ben, évidemment :p
    Tu en es le sujet et l'inspirateur :D

    Vas-y affreux bobo de cadre éducateur 3:)
     
  14. André Volt
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    André VoltGuest

    Pour être anarchiste il suffit d'être un partisan de l'anarchie. Quelque soit la position sociale. Pourquoi y aurait-il une différence entre un anarchiste précaire, ouvrier, libéral ou fonctionnaire?
     
  15. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Tout à fait.
    Est-il nécessaire de rappeler que Kropotkine était prince, que Voline venait d'une famille de médecins et qu'il avait étudié le droit ?
    Qui penserait dire que ces deux là au moins n'avaient pas le "droit" d'être anarchiste ?
    En fait réclamer une origine sociale pour avoir ce droit d'être anarchiste est une forme d'aristocratie à l'envers mais une aristocratie tout de même.
    Rappelons par ailleurs que les ouvriers ne font forcément partie des organisations les plus progressistes si on en croit le nombre qui votent FN.
     
  16. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  17. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Il n'est pas question de droit mais de constat.

    La culture populaire / prolétaire est différente de la culture petite-bourgeoise. Selon la place qu'on occupe dans la société on n'a pas les mêmes valeurs, les mêmes gouts, mes mêmes centres d'intérêt et ça se répercute sur les façons de lutter.

    Or vu que le prolétariat est la classe qui gagne sa vie en n'exploitant personne, ses valeurs fondamentales ne sont pas capitalistes. Mais pour être d'accord avec ce que je dis faut avoir une approche matérialiste. C'est a dire que personne ne choisir ses valeurs. Les valeurs qu'on a l'impression de choisir servent toujours a justifier des choix qui nous sont dictés par la nécessité ou l'habitude.

    Et les nécessité dune personne qui touche son blé et paye son loyer en incitant d'autres personnes a se défoncer pour l'entreprise (un cadre donc) sont différentes des nécessités dune personne qui gagne son blé et se nourrit en fabriquant d marchandises pour qn d'autre.

    Ça, c la base de la théorie d classes sociales. et c parce que ces différences existent qu'il y a une lutte d classes entre des ouvriers et le capital. Et que les cadres sont d prolos a qui On a accordé d privilèges pour qu'ils fassent tampon entre la direction et les ouvriers de base. Leur rôle est de défendre la plus-value. C pour ça qu'ils sont recruté et sils refusent de le faire personne va les embaucher ou les garder.
    Après je dis pas que c impossible d'avoir un cadre avec un sens du sacrifice mais la plupart d gens ne sont pas masochistes et assurent leur emploi. Un cadre va donc faire généralement plus ou moins ce qui est attendu de lui. Un ouvrier aussi, sauf qu'en faisant ce qui est strictement attendu de lui un ouvrier ne participe pas a l'exploitation du prolétariat.

    Un cadre qui veut malgré tout prendre part a la lutte va essayer de faire croire que sécuriser la plus value n'est pas si grave que ça. Que l'anarchisme ne tourne pas autour de la lutte des classes. donc qu'il peut défendre les intérêts du capital sans être pour autant un ennemi de la lutte. D'autant que "moi aussi jai d trucs qui mebervebt dans cette société". Mais généralement c pas les mêmes trucs et pas pour les mêmes raisons que des ouvriers.

    Après peut être vous vous dites que le cadre a raison et que la lutte d classes est pas centrale. Mais perso jimagine pas un renversement du capitalisme sans penser les classes sociales. Par définition du capitalisme. et c la classe qui n'a pas d'intérêt a défendre le capital qui peut mener la dynamique révolutionnaire.

    Après je dis ça c très théorique mais pour moi ça s'exprime de manière très concrète au quotidien. Je suis dans une fac engagée dans les luttes et dun autre coté la plupart de mes potes travaillent en tant quouvrier ou galèrent. Et la ou je travaille je suis aussi que avec d galériens et on fait de la manutention, réparation de meuble... Et les diffèrences de valeurs, d'attitudes, entre les ouvriers issus de famille ouvrière, les ouvriers issus de famille petite bourgeoises, les petit bourges issus de familles ouvrière et les petits bourges issus DD famille petite bourgeoise me semblent confirmer ça après peut être que je ne vois que ce que je veux voir. On n'est jamais a l'abri de ça.
    Mais même les sociologues non marxistes notamment Bourdieu distinguent une culture populaire et une culture "dominante".
     
  18. Oni21
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    Oni21Membre du forum Membre actif

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    Je vous avoue que je n'avais jamais pas imaginé déclencher autant de polémique autour de ma personne en venant sur ce forum. J'en viens d'ailleurs à hésiter à mettre un post pour que vous décidiez si vous préfériez pas que je m'en aille, car je souhaite pas poser des problèmes.

    Si je reprend les catégories d'A13 je doit-être un petit bourge issus de famille ouvrière. Grands-parents et oncles et tantes en usine de bonneterie, papa chauffeur-livreur en surgelé, maman agent catégorie C de la fonction publique. J'ai eu la chance d'avoir deux parents qui travaillent et qui nous ont aidés avec mon frère et ma sœur a bénéficié de l’ascenseur social. On a manqué de rien, mais je me serai bien passé des coups de martinet de mon père...mais pas moyen d'accepter des règles à la con, j'en ai toujours fait qu'à ma tête. Gamin, j'ai été très tôt révolté par les inégalités et les absurdités de notre société. Il était très clair pour moi que les lois n'étaient pas légitime, et que je ne m'y soumettrais pas simplement parce qu'un groupe de mec qui se sont succédé ont écrit des conneries sur un bout de papier et que par la magie de la domination rationnelle-légale (au sens Weberien) ça devenait sacré. Il était évident que je ferai ce qu'il faut pour ne pas être dominé et que je ne comptais pas être non plus oppresseur. J'aspire comme tout le monde à avoir un vie agréable, et j'ai pu y arriver. Je ne pense pas avoir plus que le nécessaire et me gaver dans l'opulence, je pense surtout que la majorité n'a pas ce qu'elle devrait avoir si on se débarrassait des parasites qui s'approprie le fruit du travail des autres. Pour faire mes études universitaires j'ai bossé à temps plein à côté. Et je n'ai jamais marché sur quelqu'un pour y arriver.

    C'est vrai qu'en étant dans la classe moyenne, au sens où le définissait Marc, fait que je suis sûrement pas le mieux placé pour ressentir les inégalités, ni peut-être pour porter la révolte. Je pourrai très bien être ce que les adultes m'avaient prédit: "tu verras en grandissant tu changeras, tu ne seras plus anarchiste". Mais on choisit pas d'être révolté. C'est quelque chose qui te déborde, qui te remplit de rage qu'en t'entend ou que tu vois des propos ou des actes qui te sont insupportable.

    Je bosse dans une association qui ne fait pas d'argent, je ne vend rien, et bien faire mon travail ça veut dire aider des enfants et des familles à aller mieux. Je ne suis pas parfait loin de là, on peut sûrement trouver à redire. Par contre, je trouve que nombre d'entre vous juge très rapidement de ma manière d'être au travail sans forcément me demander ou savoir comment je travaille. On me juge sur l'intitulé de mon poste, de mon statut...et je trouve cela très discriminant et injuste. C'est un mécanisme malheureusement très courant de toujours vouloir mettre les gens dans des cases, des représentations, et de ne pas prendre le temps de parler avec eux pour savoir en quoi ils y sont conforme et en quoi ils en diffèrent.

    Je suis peut-être pas anarchiste au sens de certain, si cela peut vous faire plaisir je n'aurai aucun problème à retirer cette étiquette où à ne pas prétendre l'être ici si ça peut apaiser le débat et qu'on arrête de m'attaquer sur mon statut, et qu'on me remette en cause sur mes idées. Mais très honnêtement je suis plutôt déçu, et cela confirme ce pour quoi je suis toujours reparti des syndicats anars, squatte et autres que j'étais allé voir, car le rejet des différences restent la norme même chez ceux qui se baladent avec un A sur le t-shirt. Poser des questions qui vont à l'encontre de la pensée dominante du groupe, fait qu'on est vite cataloguer. Pour moi, on a pas besoin d'être noir pour parler d'esclavage, d'être un femme pour se battre contre le sexisme, ou d'être pauvre pour se dire anarchiste. J'essaye de ne jamais avoir de certitude, je ne suivrais aucun drapeau, même anarchiste.

    Et n'ayez crainte, le forum ne se gentrifiera pas avec ma seule personne. Et le nombre de cadre qui se croit anarchiste n'est sûrement pas très important...et c'est bien dommage.
     
    Gattinista apprécie ceci.
  19. André Volt
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    André VoltGuest

    Je ne pense pas qu'il faille voir la classe sociale comme unique facteur déterminant les choix d'un individu, quand bien même elle joue un rôle important. L'individu est le produit d'un déterminisme complexe qui comprend à la fois conditionnement socioculturel, structure biologique et expérience personnelle. En pensant qu'on ne peut être anarchiste qu'en ayant économiquement intérêt à l'anarchie (en étant un prolétaire) on met de côté à la fois la complexité de l'identité humaine et de son déterminisme, mais aussi le fait que l'anarchisme, contrairement au marxisme, ne fait pas de la libération économique et de la lutte des classes l'alpha et l'oméga de l'émancipation. Ce qui importe réellement c'est de savoir qui détient le pouvoir politique dont découle le pouvoir économique, car même dans les sociétés "socialistes" ayant substitué la propriété privée à la propriété d’État la structure même de la société n'a pas changé. On reste dans une société hiérarchisée et donc l'objectif et la stabilisation de la dominance de classes dominantes, telles la bureaucratie socialiste ou la bourgeoisie capitaliste.
     
  20. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Je ne crois pas ...encore (mais je n'ai jamais d'opinion arrếtée) que quiconque puisse se déclarer "anarchiste". Pas plus qu'on ne peut, de mon humble point de vue, se dire par exemple "chrétien".
    On l'est (se comporte en tant que tel), ou non.

    Je suis bien placé pour dire ces mots car, plus j'avance dans le temps et dans mes réflexions et plus j'éprouve de sympathie pour les thèses et l'état d'esprit anarchiste (pour ce que j'en sais, je me répète) et parce que, de culture catholique, j'ai pu rapidement faire le distinguo entre les textes, les pratiques formelles (messe, communion etc etc) et le fond humaniste, l'état d'esprit de la chose.

    J'ai vu, je connais, des catholiques se comporter comme des pourris dès qu'ils sortent de l'église.
    En fait, je crois que dans le fond, ce sont les titres et tout ce qui sert d'étiquette qui provoque presque irrepressiblement en moi une envie de remettre en question.

    En fait, il ne faut pas qu'il y ait de contradiction entre les idées, les déclarations, et les actes.


    Je n'ai JAMAIS pu dire "maître", "docteur", "mon père" etc etc ...

    Cette classification (je tente d'exprimer mon ressenti avec mes pauvres mots pardonnez-moi), cette distance entre le détenteur du titre et moi, cette domination sous-entendue, je l'ai toujours refusée.

    Je ne comprends pas que l'on puisse se dire ceci ou cela. Seules les compétences et leur reconnaissance par d'autres font de telle ou tel un avocat (qui connait le droit, sait s'exprimer, être psychologue etc) ou un chrétien (homme tentant d'aider son prochain, de ne pas lui faire ce qu'il n'aimerait pas qu'on lui fasse etc...)

    C'est dans ce sens, dans ce seul esprit et assuré qu'Oni21 n'y verrait aucune attaque personnelle (si je l'ai blessé qu'il accepte mes excuses), que j'ai souhaité recueillir vos avis.

    Vos réactions m'ont, comme toujours, été précieuses. Diverses, personnelles et variées, souvent le fruit d'une réflexion profonde et fondée sur une culture que je n'ai pas, merci.

    Je ne pense pas que l'on puisse se dire "anarchiste".
    Au plus constaterons-nous qu'untel aura lu davantage que tel autre, que celui-ci a vraiment du mal à accepter toute forme d'autorité (ça c'est moi), que celui-là a choisi de vivre selon des préceptes fondés sur le rejet du capitalisme etc etc

    Vous fûtes plusieurs à écrire qu'il y avait autant d'anarchismes que d'anarchistes, cela me semble fort juste.
    Un état d'esprit libertaire semble être notre plus petit dénominateur commun, peu importe que l'on soit cadre ou chômeur, trans ou hétéro, noire ou jaune.

    Je ne pourrai ni ne voudrai personnellement jamais me dire "anarchiste" mais j'apprécie la diversité des points de vue de ce forum ou chacun(e) me semble avoir sa place. :)
     
  21. Oni21
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    Oni21Membre du forum Membre actif

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    Sur le côté déclaratif tu as raison, on se colle des étiquettes et en même temps on les rejette...il y a un contre-sens. Après on manifeste une appartenance à un courant de pensée, on a besoin de sentir que l'on fait partie d'un ensemble, de se sentir moins seul.
     
  22. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Tandis que moi je sais que l'on est toujours seul.

    Sans illusions, pas de mauvaises surprises :X