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Actualité militante equateur : révolte de la police

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par zarkax, 3 Octobre 2010.

  1. zarkax
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    Oct 2009
    France
    Le gouvernement équatorien a décrété jeudi l'"état d'exception" alors que des centaines de policiers protestant contre une nouvelle loi qui devrait les priver de primes ont plongé le petit Etat d'Amérique du Sud dans le chaos en contraignant des aéroports à fermer et en bloquant des routes lors d'un mouvement de grève.

    Des policiers en proie à la colère ont bombardé le chef d'Etat de gaz lacrymogènes et d'eau alors qu'il tentait de parler dans une caserne des forces de l'ordre à Quito, la capitale. Le président âgé de 47 ans a été hospitalisé, en raison des effets des gaz lacrymogènes. Face aux protestataires, Correa a employé un langage de fermeté. "Si vous voulez tuer le président, le voici! Tuez-moi!", a-t-il lancé avant de partir en boitant à l'aide d'une canne alors qu'un conseiller posait un masque à gaz sur son visage. Le chef d'Etat a été opéré du genou droit la semaine passée.

    Aucune information faisant état de graves violences contre le gouvernement n'a été rapportée mais Correa a qualifié l'agitation de "tentative de coup d'Etat de l'opposition", dans une déclaration par téléphone depuis une chambre d'hôpital. L'"état d'exception" permet à l'armée de prendre en charge l'ordre public, de suspendre les libertés civiques et d'autoriser les soldats à mener des perquisitions sans disposer de mandat.

    Des écoles ont fermé à Quito et nombre de commerces ont baissé leurs rideaux en raison de l'absence de protection des forces de police. Des pillages ont été signalés dans la capitale, où au moins deux banques ont été mises à sac, ainsi que dans la ville côtière de Guayaquil. Le quotidien "El Universo" a fait état d'attaques de supermarchés et de vols du fait de l'absence de policiers.

    Soutien de l'Elysée

    Des centaines de policiers se sont déployés dans l'aéroport principal de la capitale équatorienne Quito. L'ambassade des Etats-Unis a déclaré que l'aéroport de Guayaquil était également fermé. Selon des images diffusées par les chaînes de télévision, les policiers ont également bloqué les routes d'accès à la capitale, incendiant des pneus et tirant des grenades lacrymogènes. Ils ont investi plusieurs casernes de l'armée et de la police, à Quito mais aussi à Guayaquil et dans d'autres villes du pays.

    D'après le ministre chargé de la coordination de la sécurité intérieure et extérieure Miguel Carvajal, "cette situation est générée par la désinformation". Le ministre a affirmé que les policiers ne seraient pas concernés par la nouvelle loi sur les services publics, et a dit s'attendre à ce que la situation revienne à la normale d'ici quelques heures.

    Le président vénézuélien Hugo Chavez, allié du chef d'Etat équatorien, a fait état dans un message sur Twitter d'une tentative de renversement de Rafael Correa. D'autres dirigeants dans la région ont exprimé leur ferme soutien au président équatorien tandis l'Organisation des Etats américains s'est réunie lors d'une séance spéciale à Washington pour discuter de la crise. Le président du Pérou Alan Garcia a annoncé la fermeture de la frontière entre son pays et l'Equateur jusqu'au rétablissement de "l'autorité démocratique" de Correa.

    Dans un communiqué diffusé jeudi soir par l'Elysée, Nicolas Sarkozy a exprimé "son plein soutien au président Correa et à son gouvernement démocratiquement élus". Le président français, qui "suit avec la plus grande attention et une très vive préoccupation la situation en Equateur", "condamne les violences et les tentatives de remise en cause de l'ordre constitutionnel", a précisé le communiqué.





    Rafael Correa, qui dénonce une «tentative de coup d'État», était retenu depuis jeudi à la mi-journée par des policiers mécontents. D'après la Croix-Rouge, au moins deux personnes ont été tuées et 37 blessées durant son sauvetage.

    Retour au palais présidentiel pour le président équatorien. L'armée équatorienne est intervenue jeudi soir pour libérer Rafael Correa, réfugié depuis la mi-journée dans l'hôpital de Quito après avoir été encerclé et agressé par des policiers, qui manifestaient contre les mesures d'austérité prises par le gouvernement. Si peu de détails ont été donnés sur cette opération de sauvetage du chef de l'Etat, la Croix-Rouge a déclaré avoir rencensé deux morts et 37 blessés. Rafael Correa a pour sa part annoncé la mort d'une seule personne, avant d'évoquer «cinq blessés, mais pas de décès parmi les nôtres».

    Des dizaines de membres rebelles des forces de l'ordre avaient pris d'assaut jeudi matin la principale caserne de la capitale équatorienne, ainsi que le Congrès et plusieurs commissariats. Parallèlement, près de 150 militaires avaient bloqué l'aéroport international de Quito pour protester contre une loi réduisant certaines primes à l'ancienneté pour les forces de l'ordre. Rafael Correa, venu s'adresser aux policiers occupant la caserne, avait dû se réfugier dans un hôpital après avoir essuyé des gaz lacrymogènes. Il avait ensuite été empêché de quitter les lieux par les policiers mutinés.

    Une fois arrivé au palais présidentiel jeudi soir après une opération militaire de grande envergure, le président socialiste s'est adressé depuis le balcon à la foule de partisans massés devant la résidence. Il les a notamment remerciés de leur «immense appui» face à la rébellion de policiers et de militaires. Une révolte qu'il a qualifiée de «tentative coup d'Etat orchestrée par l'opposition» avec certains secteurs des forces de l'ordre.


    Correa : «L'un des jours les plus tristes de ma vie»

    Face à lui, ses partisans scandaient «Lucio asesino» (Lucio, assassin), en référence à Lucio Gutierrez, ancien putschiste élu président, puis renversé en 2005. L'actuel chef de l'Etat l'avait désigné comme l'un des responsables de cette «tentative de coup d'Etat». Une accusation qualifiée de «lâche, fausse et téméraire» par Gutierrez lui-même, interrogé sur la chaîne internationale CNN en espagnol.

    Ce fut «l'un des jours les plus tristes de ma vie», a également affirmé jeudi soir Rafael Correa. L'histoire jugera (les auteurs de ces incidents, ndlr). Mais désormais, nous allons nous tourner vers l'avenir avec encore plus d'enthousiasme, d'espoir et de conviction». Le chef de l'Etat a par ailleurs expliqué que les policiers rebelles avaient cherché à l'assassiner pendant les douze heures de sa séquestration. Sans l'efficacité du travail des forces légitimistes, «cette horde de sauvages qui voulaient tuer, qui voulaient du sang, seraient entrés à l'hôpital pour chercher le président et je ne serais probablement pas là en train de vous raconter cela car je serais déjà passé dans un autre monde», a raconté le président équatorien. Avant d'ajouter : «Le GOE (Groupe d'opérations spéciales de la police, ndlr) a surveillé les installations de l'hôpital et a empêché d'entrer cette foule qui se trouvait dehors. Beaucoup étaient en civil, avec le visage recouvert de T-shirts, des mitraillettes, et réprimaient lâchement le peuple équatorien». Vendredi, le chef de la police équatorienne, le général Freddy Martinez, qui avait tenté en vain jeudi matin de dissuader les mutins, a remis sa démission.

    Le président socialiste, allié du président vénézuélien Hugo Chavez et réélu en avril 2009 après avoir multiplié les programmes sociaux, a vu sa popularité s'effriter ses derniers mois. Alors qu'il affronte depuis quelques semaines la fronde des enseignants ou des chauffeurs, il doit également faire face à une opposition féroce. Cette dernière cherche en effet à promouvoir un référendum en vue de sa révocation.

    Au cours de cette journée très agitée, la Colombie et le Pérou ont fermé leurs frontières avec l'Equateur et tous les pays sud-américains se sont réunis en urgence jeudi soir à Buenos Aires, en Argentine, pour appuyer Rafael Correa. Les chefs d'Etat ont tous exprimé «la nécessité de voir les responsables de la tentative de coup d'Etat jugés et condamnés», dans une déclaration commune à l'issue d'un sommet. Les Etats-Unis ont de leur côté exprimé leur «soutien total» au président équatorien, tandis que l'Union européenne apporte son appui aux «institutions démocratiquement élues».


    http://www.lefigaro.fr/international/2010/10/01/01003-20101001ARTFIG00353-equateur-le-president-correa-libere-par-l-armee.php

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/09/30/97001-20100930FILWWW00699-equateur-l-etat-d-urgence-decrete.php
     
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