Chargement...
  1. Pour consulter le Webzine : https://www.libertaire.net/articles

Actualité militante Yémen: des manifestants attaqués à coups de bâtons par partisans de Saleh

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 14 Février 2011.

  1. Ungovernable
    Offline

    UngovernableAutonome Comité auto-gestion Équipe technique Membre actif

    9 247
    163
    2,125
    Mar 2005
    Homme , 32 ans
    Canada
  2. anarchiste, autonome
    SANAA - Des heurts ont opposé lundi à Sanaa des milliers de manifestants réclamant la démission du président Ali Abdallah Saleh à des partisans du chef de l'Etat, armés de bâtons et de pierres.

    Des étudiants, auxquels se sont joints une délégation de l'Ordre des avocats et des militants, ont tenté de marcher sur la place Tahrir (Libération), où se trouve le siège du gouvernement.

    Mais les forces de sécurité ont installé des barbelés pour les empêcher d'accéder à cette place où des partisans du Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir) sont présents depuis la semaine dernière sous des tentes.

    Des centaines de partisans du CPG brandissant des portraits du président Saleh ont alors attaqué les protestataires à coup de bâtons et de pierres, avant que la police intervienne pour les séparer, selon le correspondant de l'AFP, qui a fait état de quelques blessés légers parmi les manifestants.

    Le correspondant de la BBC en arabe, Abdallah Ghorab, le visage en sang, a affirmé à l'AFP avoir été battu "par des hommes du parti au pouvoir".

    La BBC a "condamné" cette "attaque délibérée" contre M. Ghorab et son caméraman et indiqué qu'elle allait protester auprès des autorités yéménites.

    "Après Moubarak, Ali", ont scandé les manifestants, comparant le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, à son homologue égyptien Hosni Moubarak, chassé du pouvoir par la rue vendredi, après 29 ans à la tête de l'Egypte.

    "Le peuple veut la chute du régime", répétaient-ils, reprenant le principal slogan du soulèvement en Egypte.

    A Taëz, au sud de la capitale, plusieurs milliers de personnes ont également réclamé un changement de régime, et huit personnes ont été blessées lorsque la police a dispersé cette manifestation, selon des témoins.

    En soirée, plusieurs dizaines de protestataires ont défilé dans le calme à Aden, principale ville du Sud, aux cris de "Dégage Ali !" et "Pas de dialogue avant la chute du régime", a rapporté un journaliste de l'AFP.

    Les manifestations étaient organisées à l'initiative d'étudiants et de composantes de la société civile. L'opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime, ne s'y est pas associée.

    Dimanche, une femme avait été blessée à Sanaa lorsque les forces de sécurité avaient dispersé une manifestation organisée par des étudiants, selon des témoins.

    L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International s'est dite "horrifiée par les rapports évoquant des attaques brutales des forces de l'ordre contre les protestataires".

    "Le Yémen doit freiner immédiatement ses forces de sécurité et arrêter l'usage excessif de la violence", a-t-elle ajouté.

    Human Rights Watch (HRW) a demandé de son côté aux autorités de ne pas employer les pistolets à impulsion électrique Taser pour disperser les manifestants, alors que la veille, selon elle, "des centaines de membres des forces de sécurité" avaient dispersé la "manifestation pacifique" de Sanaa "à l'aide de matraques et attaqué deux manifestants au moyen de pistolets Taser".

    L'opposition parlementaire n'a plus organisé de manifestation depuis une marche qui avait rassemblé des dizaines de milliers de ses partisans le 3 février à Sanaa.

    Elle a annoncé dimanche qu'elle acceptait de reprendre le dialogue avec le pouvoir, suspendu fin 2010, après les promesses de réformes annoncées par le chef de l'Etat.

    M. Saleh avait décidé le 2 février le gel des amendements constitutionnels lui permettant de briguer un nouveau mandat en 2013, et affirmé qu'il ne chercherait pas à ce que son fils lui succède.

    Son parti a appelé dans un communiqué lundi à une réunion "avant la fin de la semaine" d'un comité de dialogue avec l'ambition "de former un gouvernement d'union nationale qui superviserait le processus de réformes constitutionnelles et la tenue d'élections législatives".
    Par AFP
     
Chargement...