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Migrants & sans-papiers Violences, torture psychologique, enfermement, déportation : l’histoire de beaucoup de sans-papiers

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par mc², 16 Juin 2017.

  1. mc²
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    mc²Membre du forum Membre actif

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    Août 2014
    Violences policières, torture psychologique, enfermement, déportation illégale : l’histoire de M N et de beaucoup d’autres sans-papiers…

    Le mardi 6 juin 2017, un ressortissant du Sénégal nommé Médoune Ndiaye, membre de la Voix des Sans Papiers (VSP) de Bruxelles, a été expulsé par un vol Brussels Airlines vers Dakar. Il a été arrêté fin mars à Virton, puis enfermé au centre de rétention pour étrangers de Vottem (Liège). Des conditions d’enfermement carcérales, le manque d’informations lié à son incarcération, son arrestation pendant laquelle il a été molesté (doigt cassé), l’absence de soins médicaux (refus de donner des antalgiques), la rétention d’informations sur son dossier médical, les intimidations répétées du centre fermé et de la police… Les centres fermés pour étrangers sont des machines à expulser. Pour préparer ces expulsions, il faut casser la résistance des détenus par l’enfermement, par la torture psychologique; jusqu’à appliquer une mesure d’isolement, ce que Médoune a subi pendant plusieurs jours.

    L’Office des étrangers a très rapidement émis un ordre d’expulsion. L’ambassade du Sénégal a ensuite octroyé un laissez-passer sans aucune enquête ni même de contact avec l’intéressé. Après une première tentative d’expulsion, Médoune Ndiaye a été emmené le 6 juin à l’aéroport. Une douzaine de policiers l’attendaient. Il a demandé à parler à son avocat, dans le cadre d’une procédure de plainte qui été déposée contre la Police de Liège. Ce droit lui a été refusé, sous prétexte que la plainte aurait été annulée, ce qui est faux. S’en suivirent des menaces, des violences. Un policier l’a maintenu au sol, un autre s’est assis sur lui et plusieurs l’ont frappé, l’empêchant aussi de respirer, jusqu’à ce que Médoune perde connaissance. Pendant ce temps, il a été sanglé, menotté sans qu’il s’en rende compte. Contraint de monter dans l’avion avec deux policiers qui le menacent : « Même si tu meurs, tu vas rentrer chez toi » ; il les entend parler avec le commandant de bord en néerlandais. Médoune s’est alors débattu et a cassé des objets autour de lui. Les deux policiers l’ont alors battu à nouveau. Personne dans l’avion, ni le personnel de bord ni les passagers, n’est intervenu. Une hôtesse de l’air lui a demandé de se calmer, mentionnant que récemment un autre homme avait été battu, qu’il avait eu les dents cassées et que même en perdant du sang, ils l’avaient expulsé. Avant d’atterrir, les deux policiers ont parlé d’une éventuelle prise en charge médicale une fois à Dakar. Menotté, il a été mené aux autorités sénégalaises représentées par la gendarmerie. Mention a été faite d’un dossier mensonger le concernant, l’accablant de diverses accusations de vol dans les marchés, des cambriolages en Belgique. Ce document était écrit en néerlandais. Médoune a demandé une copie, ce qui lui a été refusé. Il a aussi questionné la gendarmerie, qui ne s’oppose pas à recevoir un document dans une langue étrangère, qui l’accepte sans question sur son état physique évident. Médoune s’est alors énervé contre les gendarmes, lesquels l’ont à leur tour menacé d’enfermement. Deux passagères sont intervenues pour le défendre afin qu’il puisse sortir sans autre charge. Les gendarmes ont refusé d’appeler une ambulance, lui demandant de déguerpir et de se débrouiller pour aller à l’hôpital.

    Deux côtes cassées, le corps molesté et meurtri, il a aussi subi le vol de la moitié de l’argent qu’il avait avec lui et de son portable, sans savoir à quel moment ça s’est passé.

    Voilà les résultats concrets de la politique mise en oeuvre par Théo Francken, qui consiste à fermer les frontières, et à expulser 1000 personnes supplémentaires chaque année en augmentant les détentions! Nombre de décisions qui touchent les sans papiers directement sont émises par des instances européennes et nationales dont le caractère peu transparent et peu démocratique n’est plus à démontrer.

    Les membres du collectif VSP, dont Thierno Malik (toujours détenu à Vottem) et Médoune Ndiaye, en paient les conséquences directes. Ces derniers temps, d’autres collectifs de sans-papiers ont également fait l’objet d’une répression réaffirmée. Quand les dirigeant.e.s européens se targuent de promouvoir la paix et les droits de l’homme à travers le monde, les sans-papiers d’Europe se terrent et longent les murs. Cette politique se moque en fait de la dignité humaine et de droits qui sont en théorie inaliénables.

    Nous interpellons les autorités sénégalaises, belges et les instances européennes sur ces faits graves, et nous appelons les citoyens à dénoncer à nos côtés ces rafles, ces conditions d’enfermement, ces rétentions « administratives » et ces expulsions. Nous soutenons Médoune Ndiaye ainsi que tou.te.s les détenu.e.s en centres fermés dans le combat pour la justice, la liberté et la dignité mené courageusement par ces hommes, ces femmes et ces enfants.

    Premiers signataires : Voix des sans-papiers Bruxelles, SOS Migrants

    Violences policières, torture psychologique, enfermement, déportation illégale : | Getting the Voice Out
     
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