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Violences conjugales : Un exemple avec Bertrand Cantat

Discussion dans 'Féminisme et luttes d'émancipations LGBTQ' créé par kuhing, 8 Octobre 2017.

  1. allpower
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    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

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    Je ne tenais pas vraiment à blablater à nouveau, mais bon...

    Tu ne proposes surtout comme solution que de l'aide aux victimes et non pas de gérer le cas précis de l'agresseur... si ce n'est de l'insulter ou de le boycotter !

    Un violeur, s'il reste impuni, peut s'en prendre à d'autres femmes. c'est pourquoi, il me semble très important de penser à ce qu'on pourrait faire pour éviter qu'il fasse d'autres victimes.

    Je ne dis pas que la violence contre une crevure est la meilleure solution, néanmoins pour éviter qu'un violeur récidive, il n'y a pas trop de solution :
    - L'insulter ou le boycotter, comme tu le proposes, me semble dérisoire, suffit qu'il aille ailleurs et il est tranquille. Sans parler que "ta punition" me semble plus que minime !
    - La Prison (= Mort lente) ne change rien au problème du viol.
    - Bannir à vie ces crevures dans une vallée où ils pourraient s'auto-suffire, pourquoi pas.
    - La castration chimique est aussi une solution, mais même volontaire, ça ne résoudra jamais le cas des violences physiques...
    - Reste ensuite la vengeance. c'est pas beau, mais c'est ciblé et efficace.

    Quant à la croyance que le passage à l'acte n'est que fantasme, l'Histoire montre justement, que pour certain combat ou pour se venger, beaucoup ont été prêtEs à transgresser toutes leurs valeurs, même si 2 mois avant, ils/elles n'y auraient jamais pensé et auraient juré ne jamais pouvoir faire ça.
    S'il n'y a pas autant de passages à l'acte déclarés, c'est que peut-être certainEs ne se font pas chopéEs... Et puis aussi, c'est pas évident de trouver, avec certitude et avant les keufs, l'auteur du crime.
    Il y a aussi toute une éducation, des codes moraux et le risque de la punition qui font flipper les gens. Sans parler de la peur et de la lâcheté !

    Sinon :
    Dire "la meilleure solution d'un point de vue anti-autoritaire " me semble présomptueux et pas vraiment anar !
    Dire "tuer en réponse à une agression [...] on serait carrément en pleine barbarie !" me semble déplacer, car on est en train de causer de violences physiques envers une femme, ce qui est pour moi vraiment la véritable "barbarie" !
    Quant à ta référence aux végans...

    Sans vouloir convaincre, je tenais néanmoins à contre-argumenter...

     
  2. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  3. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Oui, c'est exactement ça, contente de m'être bien fait comprendre!

    Evidemment si on tue quelqu'un il ne risque pas de récidiver. C'est en ce sens que le meurtre et la peine de mort sont "efficaces".
    En revanche le tabassage n'a jamais fait la preuve de son "efficacité" pour empêcher la récidive.
    Reprenons l'exemple de Paco.
    A quoi ressemble une société anarchiste
    Il s'est fait plusieurs fois casser la gueule par plusieurs de ses victimes (qui avaient grandi et forci avec les années...). Loin de moi l'idée de réprouver ces réactions, je les comprends tout à fait à titre individuel. Ce que je conteste c'est de préconiser le lynchage comme solution "légale", officielle et collective.
    Ces brutalités bien méritées ne l'ont absolument pas empêché de recommencer.
    Les hommes qui battent leur femme sont souvent profondément déséquilibrés: nombre de femmes qui veulent fuir ces violences se retrouvent tuées, souvent avec leurs enfants (voir la rubrique des faits divers). Et l'homme en question ne risque pas d'être dissuadé par des menaces de violence puisque la plupart du temps il se suicide dans la foulée.

    Donc il est absolument indispensable que ces femmes puissent fuir, s'installer ailleurs. Trop de femmes n'ont même pas les moyens financiers de se trouver leur propre appartement. Les foyers d'accueil sont saturés et ne sont pas une solution à long terme.
    Encore moins de femmes ont la possibilité matérielle de se cacher loin d'un conjoint dangereux. Je ne jetterais sûrement pas la pierre à Jacqueline Sauvage mais les femmes devraient avoir un autre choix que le meurtre pour sauver leur peau.

    La meilleure preuve que peu d'agresseurs se font tuer par la famille de leurs victimes, même quand on est sûr de leur culpabilité, même quand ils sont sortis de prison... c'est tout simplement que sauf exceptions ils sont toujours en vie!

    Tous les partisans de la loi du Talion (peine de mort ou autre) mettent en avant les victimes. En général les opposants répondent que si les criminels sont indéniablement des barbares nous sommes censés valoir mieux qu'eux.
     
    Dernière édition: 2 Janvier 2018
    Fanya apprécie ceci.
  4. henri belhache
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    henri belhacheGuest

    Bonjour,
    Juste une remarque,
    Bien sûr que ces hommes sont profondément déséquilibrés.
    Comment en pourrait il être autrement? De même que les violeurs ou les tueurs d'enfants.
    Mais, dans beaucoup de cas ces gens savent très bien ce qu'ils font en toute froide conscience, et font tout pour que leurs crimes
    ne soient pas découverts. Ils sont souvent même très bien intégrés à leur milieu social et professionnel.
    La preuve, les réactions souvent étonnées du voisinage apprenant l'arrestation du criminel:
    " Comment, un monsieur si bien, si gentil si aimable avec tous, si bien sous tous rapports".
    "On aurait jamais pensé qu'il puisse faire une chose pareille".
    Qu'ils puissent si bien cacher leurs agissements démontre que pour moi, avant d'être de grands déséquilibrés,
    ceux sont avant tout de grands pervers et dissimulateurs. Et qui cachent leur soif de pouvoir sadique sur les autres sous des dehors aimables et avenants avec le voisinage.
    Ils ont intégré tous les codes sociaux pour que leurs crimes ne soient pas découverts et restent impunis.
    Dans ce sens, ils ne sont pas aussi asociaux et irresponsables que certains voudraient le croire.
    Puisqu'ils savent parfaitement jouer de tous ces codes sociaux pour passer pour des personnes parfaitement respectables et honorables.
    Comme, par exemple, pour la plupart des viols " en famille". Qui représentent, je crois, la grande majorité des viols commis en France.
    ( sauf erreur de ma part ). Et dont, malheureusement, trop peu sont dénoncés, du fait de la chape de honte qui pèse là dessus dans les familles, quand cela se sait.).
    Amitié
     
  5. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  6. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Je n'évoquais pas leur profond déséquilibre pour les excuser mais pour souligner le fait que les dénoncer, pour leurs victimes, signifie souvent se mettre (et souvent leurs enfants avec) en danger de mort.
    Donc se venger OK ça soulage, ça défoule... mais oui, pour moi la priorité c'est la sécurité des victimes. Et cette sécurité devrait passer avant tout par la possibilité de trouver un logement, si possible hors de portée du conjoint violent. Ce qui à l'heure actuelle n'est pas possible pour beaucoup de femmes, en période de crise de logement et de chômage.
    Je me joindrais volontiers à une lutte dans ce sens mais je n'ai pas trouvé de collectif qui se donne cet objectif, qui à défaut de résoudre le problème de fond (le sexisme, la misère, les violences conjugales) permettrait de sauver des vies. Comme les foyers d'accueil en ont déjà sauvé beaucoup. Mais je l'ai déjà mentionné, ça ne constitue pas une solution à long terme.
     
  7. Denis
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    DenisMembre du forum Membre actif

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  8. libertaire, anarcho-syndicaliste, auto-gestionnaire, révolutionnaire, anti-fasciste, anti-autoritaire
    et si ce forum s'appelait autrement ?
     
  9. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  10. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Je suis pas sûre d'avoir bien compris?
     
  11. Fanya
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    FanyaMembre du forum Compte fermé Membre actif

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  12. social-démocrate
    " Le viol comme arme de guerre est une tactique militaire utilisée dans le but de déstabiliser et de terroriser une population. "

    Le viol comme arme de guerre
     
  13. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Déc 2016
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    Peut être à lire.
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    Dans ce nouveau numéro de la revue Réfractions, intitulé La justice hors la loi, les auteur.es se posent la question de la justice en anarchie. À partir de réflexions théoriques et d’exemples concrets de règlement de conflit, ils et elles étudient les conceptions anarchistes du droit et de la justice en s’interrogeant, à la fois sur les principes libertaires qui la sous tendent, sur l’acte de juger et sur la manière dont une règle anarchiste peut être abordée. Dès lors est-ce qu’une société humaine peut se passer d’institutions répressives, coercitives ou punitives ? Et si l’on accepte qu’il faille des règles de vie commune, comment mettre en œuvre des moyens alternatifs pour décourager ou juger les transgressions dans une société anarchiste ?

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    Pour Emmanuel Dockès, le droit et l’anarchie ne s’affrontent pas forcément et peuvent même se compléter. Le recours à certains outils comme les accords individuels, le tirage au sort, la rotation de tâches et des fonctions, le vote, les règles de répartition des efforts et des profits, et l’affirmation de zone de liberté incontrôlée, permet l’élaboration d’un système juridique libertaire plus égalitaire.

    C’est à partir de la pensée de William Godwin qu’Alain Thévenet mène sa réflexion sur les rapports qu’entretiennent la loi et la justice. Godwin affirme l’inutilité de tout châtiment quelle que soit la raison invoquée, préventive ou dissuasive. Il réfléchit cependant au sort de ceux et celles qui ont nuit à la communauté et, d’emblée, élimine les châtiments corporels et la prison. Il propose une direction favorisant la justice, tout en constatant que la plupart des délits sont la conséquence de la misère. Pour lui, la loi, figée dans le temps, et la justice sont fondamentalement antithétiques. C’est pourquoi il s’oppose à toute institution, qui va à l’encontre de l’échange libre entre les individus, au flux de la vie, d’où naît la sympathie et donc la justice.

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    Annick Stevens remarque que la recherche d’une sociabilité anarchiste non coercitive rencontrera des difficultés diverses, selon qu’elle sera fondée sur le fait que les comportements humains se réduisent ultimement aux influences sociales ; ou si l’on considère que le déterminisme social n’est pas total et qu’il existe une forme de décision individuelle susceptible de rompre des enchaînements mécaniques. Si les actes sont déterminés par les influences extérieures, naturelles et sociales, il n’y a pas de responsabilités individuelles au sens juridique ou moral. La conclusion logique serait donc de réaliser la révolution économique et sociale avant d’imaginer un changement des individus. Ce constat n’implique pas une absence de toute amélioration sociale, des règles explicites de vie en commun sont nécessaires pour influencer les décisions parce que les désirs instinctuels ne réalisent pas la concorde sociétale. Ces règles ne sont néanmoins acceptables que si elles sont décidées collectivement, et toute transgression indique la nécessité de rediscuter la règle avec l’individu qui la met en question.

    Avec Otis Tarda, la règle est appréhendée au prisme du jeu. Dans le sport de plage et de l’ultime passe, les joueurs s’auto arbitrent. Dans cette autogestion de la règle, il y a un apprentissage contre le tyran qui souhaite figer la règle. Cependant la résolution du conflit passe parfois par un tiers, dont la fonction nécessite une grande empathie avec les protagonistes et le contexte du conflit. C’est la non professionnalisation des juges qui est posée ici. La résolution des conflits se développe en diverses modalités de justice. La médiation consiste à remettre les parties antagonistes dans une discussion possible, afin qu’elles trouvent elles-mêmes une solution à leur différend. La conciliation consiste à faire se reparler les protagonistes et à proposer une solution qui semble juste ou équitable. Enfin l’arbitrage suppose que les protagonistes confient leur autonomie à un tiers, soit que ce tiers ait un pouvoir de les y contraindre. Cependant, la règle doit toujours pouvoir être modifiée lorsqu’elle s’incarne dans un conflit spécifique.

    Pour Édouard Jourdain, une société anarchiste ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion sur les règles, les conflits et les transgressions. Se pose alors la question de la figure du juge comme tiers, ainsi que son rapport au droit et aux principes directeurs de la société dans laquelle il agit. Après une étude de la généalogie de l’acte de juger, l’auteur rend compte de la possibilité d’un droit social libertaire. Tout l’enjeu du socialisme libertaire consiste alors à limiter l’arbitraire des juges, des législateurs et de l’opinion publique, ainsi qu’à conjurer le conservatisme propre au droit, ce qui passe par l’instauration de contre-pouvoirs, de contrôles et de continuels ajustements entre normes et jurisprudences.

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    C’est à partir des réflexions de l’anarchiste individualiste Novatore qu’Erwan Sommerer questionne l’idée qu’aucun mode d’organisation de la société, même anarchiste, ne saurait satisfaire ceux et celles qui adhèrent à une version de l’anarchisme incompatible avec l’obéissance à la loi et le respect des règles, d’où qu’elles proviennent et quel que soit leur contenu. C’est la question de la pertinence de l’illégalisme et de sa gestion au sein d’une organisation, voire d’une société anarchiste qui est posée. Du point de vue de l’individu autonome, l’obéissance implique toujours une part de reniement, c’est pourquoi la société anarchiste, selon l’auteur, ne peut être qu’un ordre socio-politique désordonné, inachevé, défaillant et éphémère. Elle a besoin d’interstices afin de pouvoir accueillir Novatore.

    Avec son article sur le système judiciaire au Rojava (traduit par Jean-Jacques Gandini), Janeth Biehl examine un exemple concret de règlement de conflit. Après avoir adopté le confédéralisme démocratique inspiré par le municipalisme libertaire et l’écologie sociale de Murray Bookchin, les différentes communautés kurdes se mirent d’accord pour développer leur propre système judicaire. Au Kurdistan nord, des comités de paix sont créés afin de résoudre les litiges en utilisant les techniques et les principes de résolution des conflits et de justice réparatrice. Depuis 2011, les comités de paix sont devenus le seul système judiciaire pertinent, confrontés à la répression étatique. En juillet 2012, la révolution de Rojava démarre et des commissions de justice sont instituées. Le but des comités de paix n’est pas de condamner, mais d’arriver à un consensus entre les parties en conflit afin d’aboutir à un règlement de litige durable. Au lieu de châtier, la société s’engage dans la recherche de la justice communautaire ou de la « paix sociale ».

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    La traduction, par Annick Stevens, de documents par des observateurs internationaux sur la justice dans les communautés indigènes du Mexique, interroge sur les pratiques de réconciliation et de médiation qu’implique la justice restauratrice, différente de la justice d’État par la façon de considérer l’acte, de penser la sanction et de l’appliquer. Le délit n’est pas seulement perçu comme infraction à la loi, mais comme dommage à une personne. Les dimensions interpersonnelles sont centrales, le but étant de restaurer l’harmonie du tissu social. Dans les communautés du Chiapas, la base traditionnelle de la culture sociale est le « bon accord ». Après le soulèvement de l’armée zapatiste de libération nationale, les territoires autonomisés ont confié au Conseil de bon gouvernement leur système autonome de santé, d’enseignement et de justice. Le développement de « l’autre justice » consiste à retrouver les traditions indigènes, en cas de conflit le but étant de réconcilier, réparer et trouver un accord collectif. Le criminel doit reconnaître sa faute et la réparer.

    Bernard Hennequin s’interroge, quant à lui, sur l’évolution de la justice en Espagne de 1936 à 1939. Dès juillet 1936, la volonté d’accompagner les actes de violence commis en réaction au coup d’État fasciste débouche sur la mise en place d’une justice populaire de nature révolutionnaire marquée par un caractère expéditif et sommaire. De 1936 à 1937, la volonté de normaliser est manifeste, pour preuve l’adoption de formes judicaires en adéquation avec les nouveaux équilibres au sein du camp antifasciste. La justice républicaine s’organise dans un État qui se restructure. À partir de mai 1937, c’est une justice aux ordres qui réprime de manière idéologique 90 % des inculpé.es appartenant à la CNT. On passe d’une justice populaire et révolutionnaire, soutenue par le front populaire et les syndicats, à une justice arbitraire et politique.

    Dans « Drôles de méthodes pour résoudre des conflits », Marianne Enckell analyse le droit de la médiation institutionnelle qui neutralise les collectifs de résistance, tandis que Jacques Van Helden souligne l’ambiguïté de la génétique comme preuve et critique « le mythe du criminel-né à l’ère du génome ».

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    Dans l’extrait du chapitre 13 de l’Éthique reproduit dans la revue, Pierre de Kropotkine résume ainsi la philosophie de Jean Marie Guyau : tromper, mentir ou intriguer revient à s’avilir, à se reconnaître faible et ne mérite rien d’autre que la compassion. Enfin son article, « La justice ou l’organisation de la vindicte », paru en 1901, propose de réinventer des formes de justice compensatrice en restaurant les habitudes d’entraide. La figure de l’arbitre, qui délibère sur la base d’une connaissance empirique des êtres humains, s’oppose à celle du juge, qui prend ses décisions à partir d’un code formel au service de la domination étatique.

    P.S. :
    SOMMAIRE
    DOSSIER
    Droit et anarchie, Emmanuel Dockès
    William Godwin, justice versus esprit des lois, Alain Thévenet
    L’institution des règles, Annick Stevens
    Sous les pavés la plage, Otis Tarda
    L’acte de juger et l’idée de droit social libertaire, Édouard Jourdain
    Accueillir Novatore ? Erwan Sommerer
    Le système judiciaire au Rojava, Janet Biehl
    D’autres pratiques de justice dans les communautés indigènes au Mexique
    Espagne 1936-1939, Bernard Hennequin
    TRANSVERSALE
    Drôles de méthodes pour résoudre des conflits, Marianne Enckell
    Du délit de sale gueule, Jacques van Helden
    ANARCHIVES
    Extrait de L’Éthique, Pierre Kropotkine
    L’Organisation de la Vindicte appelée Justice, Pierre Kropotkine
     
  14. Denis
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    DenisMembre du forum Membre actif

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  15. libertaire, anarcho-syndicaliste, auto-gestionnaire, révolutionnaire, anti-fasciste, anti-autoritaire
    Rien à comprendre Ninaa !

    ce forum compte maintenant 6 pages dont le titre est "Cantat"!
    C'est comme une tête de gondole en grande surface : à chaque fois cela nous
    ramène à cet individu, à ce produit !
    Trintignant la pétillante et la sémillante je ne la connaissais pas ! Rien à dire !
    Mais jamais vue en tête de lutte pour les défenses de droit des Hommes et Femmes !
    Je me souviens bien de Noir Désir avec ces titres qui embarrassaient
    les médias car jugés trop engagés mais revendiqués et donc diffusés.
    Je ne les connaissais pas non plus.
    Noir désir n'était pas Cantat et Cantat Noir désir !
    Cela a quand même bien fait les affaires des médias de s'emparer à l'époque d'un chanteur leader anarchiste
    ("je cite") : auteur d'un crime crapuleux !

    Le titre et le contenu de ce forum a pour honneur de mettre en exergue pas mal de points de vue différents et
    qui méritent débats.Les sujets abordés sont divers, variés, des fois surprenants, ....... construisons notre idéal à
    partir de nos idées.


    Au delà de celà, quel est l'intérêt de continuer sur le thème "Cantat" !!!
    pas que je réhabilite les actes odieux commis, mais l'individu Cantat mérite
    de retourner à son anonymat !
    j'exprime le souhait de ne plus voir le nom de "Cantat" s'afficher en tête de
    forum .... mais ce n'est que mon point de vue !

    Je me souviens avoir réévoqué les "brigandes" : rien de tel que de les ignorer m'a-t-on dit!
    (kuhing je crois de mémoire) ! soit mais avec justesse et un minimum de vigilance sur le poison distillé
    néanmoins !


    salutations libertaires.
     
  16. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  17. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Cette affaire n'est que le prétexte à évoquer le cas plus général des violences sexistes. Si tu parcours les pages en question sans t'arrêter au titre tu pourras constater que justement on s'est tous plus ou moins efforcés de dépasser le cas particulier de Marie Trintignant (de l'individu Cantat il a été très peu question), en soulignant par exemple que ce cas n'était pas totalement représentatif de la question plus générale des violences contre les femmes.
    Il l'est en partie car même si Marie Trintignant contrairement aux femmes de milieux plus défavorisés aurait eu les moyens matériels de se mettre à l'abri, elle est bel et bien morte sous les coups d'un macho, comme tant d'autres femmes de tous pays et de tous milieux sociaux.

    Femmes et hommes face à la violence - Insee Première - 1473

    D'autre part la question de la déviance en société libertaire n'est pas une question secondaire et des affaires comme celle là permettent de sortir de l'abstraction: que faire pour éviter ce genre de drame? Comment protéger les victimes? Faut-il "punir" les coupables?

    Là où je suis d'accord avec toi c'est que les médias ne s'intéressent pas autant au problème des violences conjugales quand la victime est une femme pauvre et inconnue.

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    On n'est pas soulés par des documentaires, livres et articles sur les foyers d'accueil et on ne s'interroge pas beaucoup non plus sur ce qui fait que les victimes de violences conjugales sont une majorité écrasante de femmes.

    Tout comme il a fallu l'affaire DSK pour que les femmes de ménage des hôtels se décident à briser l'omerta sur le harcèlement sexuel et le "troussage de domestiques" et pour que des médias relaient (un peu) leurs témoignages. Et là aussi il a fallu se cogner la solidarité masculine, l'empathie pour le prédateur et non pour la victime, trainée dans la boue comme d'habitude!

    Femmes et hommes face à la violence - Insee Première - 1473

    Plutôt que de conseiller (encore plus de) silence il faut au contraire conseiller aux femmes
    d'arrêter de taire
    les violences dont elles sont victimes.

    Et même pour ceux et celles qui ne sont pas directement concerné-e-s,
    il faut au contraire,
    en parler
    et en parler
    et en parler encore et encore,
    dire et répéter que les victimes n'ont pas mérité d'être battues, violées... qu'elles n'ont pas à avoir honte.
    Contrer sans relâche les médias qui répètent que si un homme tue sa femme à coups de poing en plein visage c'est lui qu'il faudrait comprendre et plaindre, car "vous n'avez aucun défaut, vous?" "vous n'avez jamais eu aucune pulsion violente"? "qui est-on pour le juger?" (lu récemment sur Médiapart...).

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  18. allpower
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    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

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    J'ai proposé un changement du titre de ce topic...
     
  19. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  20. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Pourquoi pas en effet? D'autant que le titre ne correspond guère au contenu. Ceux qui s'intéressent surtout à l'actualité people risqueraient d'être déçus...
     
  21. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  22. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Comme l'affaire DSK et de façon plus générale les faits divers très médiatisés on peut voir l'affaire Cantat comme une sorte de test projectif. Les réactions dans les médias, sur Internet, autour de nous... sont révélateurs des préoccupations, a priori, idéologies des uns et des autres. Je préfèrerais lire des articles au sujet de la mort de Ginette tuée par Raymond dans son HLM pourri mais vu que tout le monde s'en fout le sujet n'est pas traité, on peut donc s'illusionner sur le fait que la plupart des gens sont révoltés par les violences subies par femmes.

    Globalement j'ai pas trop aimé le recueil d'articles "Un Troussage de domestique" (dirigé par la pénible Christine Delphy): ça m'a permis de constater que vraiment, les ennemis de nos ennemis ne sont pas toujours nos alliés!
    Pourtant le bouquin a l'avantage de fournir une compilation consternante de propos ignoblement sexistes à propos de Diallo et du viol en général dans divers médias "respectables".
    Je viens justement de lire un article d'époque à propos de Cantat dans le Nouvel Observateur: un psychanaliste y expose très sérieusement que Marie Trintignant n'a pas cherché ce qui lui est arrivé, n'est-ce pas mais quand même... d'une façon générale si les hommes en viennent à battre leur femme c'est qu'elle les a poussés à bout ce que les femmes savent très bien faire... et puis ces féministes qui dévirilisent ("châtrent" - SIC) les hommes, après il faut pas qu'elles s'étonnent... et puis les hommes face aux femmes, manipulatrices par nature, se sentent comme (je cite) "des enfants face à une ogresse, une sorcière" alors "bien sûr ils se défendent"...
    Et puis (je cite encore) "pour s'affronter il faut être deux" (= rien n'est tout blanc rien n'est tout noir, personne n'est vraiment innocent ni coupable, quand une femme est battue - ou violée - les torts sont partagés)...
    wé wé les torts sont partagés, sauf que contrairement à ce qu'il prétend les femmes battues cherchent très rarement la bagarre, elles ne cherchent pas à mourir ni à se faire envoyer à l'hôpital et des hommes qui tabassent des femmes sans avoir été "provoqués" ça existe et pas qu'un peu!

    Si je fais le parallèle avec DSK c'est que dans ce cas aussi on a eu droit à la provocation supposée de la victime, le refus de reconnaître que dans un viol il peut tout à fait y avoir une victime (qui n'a pas absolument pas cherché ce qui lui est arrivé, donc "toute blanche") et un gros salopard (qui a juste voulu satisfaire ses pulsions égoïstes, donc "tout noir").
     
  23. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Le viol comme la guerre ont pour moi la même cause, la même racine : le caractère primitif de notre espèce. Celui qui fait que le pouvoir qui devrait être exercer par chacun-e sur soi-même pour progresser vers mieux et plus fort, est dirigé de façon pervertie contre les autres et se transmute en agression, domination, contrainte imposée.
    Aucune répression, aucune vengeance personnelle ne réglera ce problème de fond, au contraire.
    Seule une évolution de la conscience individuelle et donc collective le fera.
    Est-elle possible ? Je n’en sais rien.
     
  24. AAKUAN
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    AAKUANNihiliste, Anticosmique, Antinataliste Membre actif

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  25. chaos/Nihiliste
    Moi j'irai plus loin en disant que l'apologie de la force c'est deja une aberration même exercés sur soi-même.
    Tout comme exigés mieux de soi même. Dans cette société on arrête pas de se fixés sur la performance et sur le
    duelisme de la force et de la faiblesse. Ce sont des conceptes qu'il faudrait détruire.
     
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  26. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Dans la mesure où pour moi l’espece humaine est mal finie et qu’il serait bien pour elle qu’elle s’ameliore, je suis favorable à ce que chacun-e excerce sur lui-elle même son propre pouvoir pour progresser dans le bon sens et assouvir cette « volonté d’en puissance » dont parle Nietzsche (je pense qu’elle existe) .
     
  27. AAKUAN
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    AAKUANNihiliste, Anticosmique, Antinataliste Membre actif

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  28. chaos/Nihiliste
    Moi étant contre tout pouvoir je le suis aussi contre moi-même. De plus je pense que sa favorise aussi la guerre
    et la compétition que de trop demandés a soi-même. On se dresse soi même dans la logique du capitalisme.
    De la performance dans ce système. C'est donc plutôt du zele que de la déconstruction.
    Parce que cette pression favorise encore plus la souffrance et n'améliore rien finalement.
    J'appelle sa une agressivités que d'exigés de soi.
    Et de ce qui est de ce pouvoir en soi se reflète aussi dans l'extérieur.
    Sa montre plutôt bien notre culte de la performance a tout instant.
    Sa n'as rien d'une solution.
    La tendance dominante d'exigés de soi c'est plutôt la frustration qui s'impose souvent... On voit bien dans notre société que
    l'idéologie de la loose et de la win est omniprésente. De s'en vouloir d'être nul... Au final il n'est pas rare que des gens soi en colère contre eux même.
    Et cela ne change rien a leur comportement extérieur et même beaucoup ont tendance a appliqués cette même pression sur les autres du coup.
     
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  29. AAKUAN
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    AAKUANNihiliste, Anticosmique, Antinataliste Membre actif

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    Fev 2012
  30. chaos/Nihiliste
    Et pour Nietzsche on voit bien ce que sa a donnés.
    C'est la rudesse de sa soeur qui s'est imposés dans l'analyse majoritaire de ces lecteurs.
    Une récupération aberrante mais logique finalement.
    Le résultat que donne ce genre de pensées dans la pratique.
    Le libéralisme, la compétition et même le fascisme.
    Tout comme l'individualisme mène souvent aux narcissisme et a l'égocentrisme...
    Tout comme le collectivisme mène souvent a l'autoritarisme, a la pression du groupe et a l'absence total de libertés.
    La philosophie de Nietzsche vraiment appliqués n'existe pas.
    Elle est trop inaccessible et mène souvent a la folie. A la recherche sempiternel de volontés pour de la volontés.
    Sa en devient une obsession qui brise plus que autre chose. Et sans que rien n'avance finalement...
     
  31. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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    Fev 2014
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  32. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    "LE" Pouvoir, "l'espèce humaine", "chacun-e devrait exercer sur soi même"... En parlant de l'effet "test projectif" de l'affaire Cantat, je ne crois pas que ce soit anodin que les hommes aient globalement eu tendance à ramener les histoires de violences conjugales à un problème "humain" "en général" (donc incluant à parts égales les femmes...): le psy du Nouvel Obs aussi philisophait sur la "nature humaine".
    Car si c'est de "nature humaine" qu'il s'agit comment expliquer d'une part que les humains responsables des violences conjugales soient dans une écrasante majorité, de tous temps, en tous lieux, des hommes?
    Pour le psy du Nouvel Obs la réponse est simple: les femmes sont majoritairement victimes (difficile de nier les chiffres...) mais en fait "elles l'ont bien cherché", "ce sont des ogresses, des sorcières, qui dominent les hommes à leur manière".
    Si c'est dans les gènes, comment expliquer que tous les individus (y compris les hommes) n'aient pas envie d'exercer de pouvoir sur autrui? Comment expliquer qu'il existe des anti-autoritaires (y compris des hommes)? Des non violents (y compris des hommes) qui spontanément n'aspirent qu'à vivre des relations positives?
    Je ne sais pas pour vous mais moi je n'ai jamais ressenti la nécessité de lutter contre moi même pour m'empêcher de cogner des gens en pleine figure! Même très très vénère et en colère!

    Quant à "exercer un pouvoir sur soi même" c'est aussi une pure vue de l'esprit. D'où l'utilité de sortir des grandes généralités abstraites pour voir dans quelle mesure elles s'appliquent à la réalité
    Concernant la "volonté de pouvoir" en général, Hitler, Staline, Pinochet auraient-ils jamais manifesté le désir de "lutter contre eux mêmes" afin de devenir moins autoritaires?
    Est-il possible de lutter contre son patron simplement en lui conseillant d'exercer du pouvoir sur lui même pour changer "sa nature humaine"? Contre des flics? Des militaires de carrière?

    Concernant plus spécifiquement la "volonté de pouvoir", y compris par le recours au viol et à la violence, des hommes sur les femmes: Bertrand Cantat aurait-il pu "exercer un pouvoir sur lui même" pour ne pas tabasser sa copine à mort? En aurait-il eu seulement envie?
    Mêmes questions à propos du mari de Jacqueline Sauvage? De tous les hommes qui battent leur femme?

    Alors je ne sais pas non plus ce qu'il faut faire pour résoudre le machisme ambiant et celui de certains poussé à l'extrême? Réfléchir sur la question des rapports hommes femmes, de ce qui dans la société a toujours poussé les hommes à écraser socialement et individuellement les femmes (même si heureusement tous n'en arrivent pas aux mêmes extrémités!) Bien sûr l'idéal serait d'y réfléchir ensemble, hommes et femmes.
    En attendant de "soigner" les auteurs de violence (ou qu'ils aient envie de se soigner eux mêmes...) on ne va pas attendre une révolution pour essayer d'améliorer la situation des victimes. Si vraiment certains hommes violents expriment le désir de changer, il faudrait qu'ils puissent trouver également des structures d'écoute. Donc déjà plus de structures d'accueil (y compris pour les hommes battus, même s'il s'agit "d'exceptions qui confirment la règle", leur cas ne devrait pas non plus être négligé...), possibilité de refaire sa vie loin du partenaire violent.

    Discuter, réagir sans relâche face aux actes et propos sexistes:

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  33. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Je pense l’inverse.
    Il ne s’agit pas de pouvoir contre soi-même mais sur et pour soi-même.
    Celui où la conscience prend le dessus sur les bas instincts primitifs.
    Et c’est justement la voie pour éviter guerres, agressions, viols et capitalisme dont la racine est la même.
     
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