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Trahison à Notre Dame des Landes

Discussion dans 'Discussion générale' créé par ninaa, 18 Février 2018.

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    Notre-Dame-des-Landes: Les tritons crêtés brûlent l’école des tritons – Pourquoi nous avons attaqué la Zad

    Août 4, 2021 – Par Squat.net
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    «Je n’avais tout simplement pas vu par où passerait l’inévitable réformisme, cette fois, discrètement mais sûrement, là où on parle pourtant d’insurrection et d’autonomie par milliers d’exemplaires.»
    Citation de la brochure Le mouvement est mort, vive… la réforme!, 2017.

    La Zad, c’était notre vaisseau pirate, la mère de toutes les Zads. Elle a émergé dans une époque sans issue et c’était comme si le monde devenait un peu plus supportable. Comme une brève lueur, une possibilité qui faisait irruption dans le brouillard épais et poisseux de notre avenir. Pour nous qui menons des vies mouvementées et hors normes, c’était la conscience qu’il y aurait toujours un endroit pour nous recueillir en cas de cavale. Un endroit où l’État ne viendrait jamais nous chercher. Un lieu où l’on trouverait toujours des allié.e.s pour nous nourrir, nous vêtir, nous dissimuler dans les plis de son bocage.

    Et cet État, justement, qui nous écrase, nous tue, nous pourchasse, il y a trois ans, la Zad lui a été donnée par une poignée d’opportunistes. De celles et ceux qui, hier encore, revendiquaient ce territoire comme étant en «sécession».

    Cette odieuse trahison, qui s’est faite dans le dos de celleux qui affrontaient les gendarmes sur les barricades, ne saurait être oubliée. Encore moins quand le komintern local nous pond un projet d’école des Tritons, pour fêter les trois ans de ce qui leur tient lieu de victoire.

    Reconstruire sur les Planchettes alors ? Comment ne pas [exploser] de rage face à cette énième provocation ? Comment ne pas hurler à la vengeance pour l’Est dévasté ?
    Et ce lent glissement qui s’est opéré sur zone pour atterrir dans les bras de l’ennemi ? Il nous faut encore une fois refaire le fil de cette horrible histoire, nous demander encore et encore ce qui aurait pu être fait pour éviter ce fiasco. Depuis, on ne trouve plus grand-chose dans les luttes que l’on croise, comme si on était devenu aveugle après ça.

    Voici l’histoire telle que nous l’avons vécue.

    Pendant longtemps nous avons cru au récit de l’unité et de la diversité des tactiques, comme on a pu le trouver dans les pamphlets sans âmes de Mauvaise Troupe. Les années filent, la vie à la Zad se ponctue entre les embrouilles qui nous fatiguent, et les rumeurs d’expulsions qui nous tracassent. Pour elle, on part dans les pays du sud s’entraîner, on teste des recettes de cocktails molotov, on enterre des coffres pleins de matériel dans la forêt de Rohanne.

    Oui les années ont filé depuis César, les histoires de prises de bec avec la ferme de Saint-Jean-du-Tertre se font de plus en plus persistantes. Peu à peu, le visionnaire sobriquet qui lui est attribué entre dans le langage commun, et vient clore les tirades rageuses. Les conflits qui ont débuté autour de clivages de classes [1] s’affirment. A la veille des expulsions, toute une frange des occupant.e.s les plus privilégié.e.s prend ses distances avec le «zadisme» [2], quitte l’AG des habitant.e.s pour créer l’AG des usages: cette nouvelle instance décisionnelle s’arroge le droit de déterminer l’avenir des terres et intègre au processus des orgas citoyennes et associatives, n’ayant rien à voir avec l’occupation.

    Début 2018, le pouvoir annonce l’abandon du projet d’aéroport. À la télé, on aperçoit quelques têtes d’occupant.e.s connues qui s’enjaillent à la Vacherie et posent devant les caméras. Ces mêmes têtes qu’on a vu dans tel journal avec une casquette CGT, dans telle émeute en k-way noir. Ces mêmes têtes qui s’engageront arbitrairement et au nom du mouvement à ré-ouvrir la D281 [3], nerf de la guerre d’usure qui a mené à la victoire contre l’opération César.

    Au lendemain de l’annonce gouvernementale, on assiste au simulacre d’AG où se joue le destin de la route des chicanes. Un des bureaucrates en chef récemment installé pose les bases du dialogue: les gens n’habitant pas sur zone n’auront pas voix au chapitre. Tou.te.s celleux qui accouraient depuis 10 ans au moindre sursaut, à la moindre fièvre sur ce territoire, voici que d’entrée de jeu, on leur refuse tout droit d’influer sur le destin et la sauvegarde du vaisseau mère.

    L’assemblée n’arrivant pas au consensus sur la question de la route des chicanes, c’est l’odieux Julien Durand qui tranchera pour le démantèlement de force, ce avec l’appui du CMDO [4] et de toute la frange plus privilégiée du mouvement [5]. Dans cette vidéo affligeante [6] tournée par le groupe G.R.O.I.X, on peut voir (5’29) le CMDO expulser une cabane à la place de la police. Dans les secondes qui précèdent, l’ignoble Julien Durand nous explique la stratégie en cours.

    Le 26 janvier, la sympathique Camille raconte aux caméras que le démantèlement de la D281 est une décision qui a été prise collectivement par l’ensemble du mouvement [7]. On la verra quelques mois plus tard trinquer avec la préfète Nicole Klein en visite de reconquête [8], accompagnée de ses amis de la Riotière et de Saint-Jean-Du-Traitre, donc.

    C’est tout un appareil de coercition et de normalisation que le gouvernement révèle alors au grand jour, sans même avoir aligné un seul pion sur la zone.

    Cette mainmise progressive qui s’est opérée sur la Zad nous laisse un sentiment de déjà-vu: la construction d’une mythologie fondatrice se réclamant de victoires passées (Plogoff, Larzac), l’incarnation d’un mouvement à travers un «Nous» qui oriente le récit a priori, puisqu’il n’engage que les franges les plus réformistes et fréquentables du mouvement, l’usage d’une novlangue qui ratisse large: les squats sont devenus des communs, le glacial «camarade» a remplacé les «copain.es». Toute une littérature se déploie où l’on parle d’usage plutôt que de propriété, de libération des terres plutôt que de foncier.

    Puis, ce visage froid et autoritaire, qui nous semble soudain familier, s’autorise quelques gestes grossiers, peut-être pour faire savoir que la coercition ne prendra pas que les détours de la politique et peut aussi se montrer plus menaçante: en octobre [2018], un occupant opposé au démantèlement de la D281 et ayant dégradé un morceau de la route est tabassé, mis dans un coffre et abandonné ligoté devant un hôpital psychiatrique [9]. Début novembre, le CMDO censure un texte qui expliquait le départ de radio Klaxon [10] de la Zad.

    Mais, tou.te.s celleux qui étaient loin de ces intrigues ont néanmoins accouru aux premiers crissements de bottes sur la zone. Quelle sensation étrange que se battre à nouveau sur la Zad, 6 ans après César, et de n’y trouver qu’une masse uniforme et guerrière apparentée au cortège de tête et stagnant impuissante devant les barricades. Où sont passés les clowns ? Où sont passé.e.s les désobeissant.e.s ? Et la vieille dame qui jetait des navets sur les tractopelles ? Esthétiquement, quelque chose s’est appauvri.

    Mais ce n’est pas tout, les «soutiens» sont cantonné.e.s dans certains secteurs et maintenu.e.s dans l’ignorance la plus totale des négociations en cours. Sur les barricades, le CMDO est aux abonnés absents et la Mauvaise Troupe semble si préoccupée à l’idée de «Défendre la Zad» qu’elle est en voyage touristique en pays Basque [11]. De l’ouest nous parvient la rumeur d’un groupe très important de copain.es venu.e.s en découdre qui s’est fait refouler par les habitant.e.s.

    Pas besoin d’être un.e bureaucrate de Sciences Po’ pour comprendre qu’il y a anguille sous roche. Le 20 avril 2018, alors que des centaines de personnes affluent de toute l’Europe pour défendre la Zad, croulent depuis deux semaines sous les gaz et les éclats de grenades, le CMDO trahit la lutte et cède à la préfecture les dossiers de normalisations réclamés par l’État, qui ne comprennent que les bâtiments en dur [12].

    Les membres du CMDO expliquent alors aux médias avoir fait un pas en avant vers l’État et attendent un pas de sa part en retour. A cela, voici ce que la préfète Nicole Klein répond: « Si vous voulez, je me suis dit qu’ils auraient pu faire ça bien avant. Ils ont fait un travail considérable, ils nous ont présenté des tableaux, des noms, des projets, donc ils ont fait le travail. Ça veut dire qu’ils étaient quand même presque prêts.» De là à imaginer que certains lieux auraient négocié leur sauvegarde en amont des expulsions relèverait du complot, n’est-ce pas ?

    Dans ce climat délétère, où les masques tombent peu à peu, la palme du retournement de veste revient à l’écrivain Alessi Dell’Umbria, qui au travers du média Lundi Matin nous expliquait le 19 avril [2018] «le scandale que seraient des zadistes se livrant pieds et poings liés aux services administratifs précisément chargés de piloter la liquidation du monde paysan. Se soumettre à leurs normes et leurs procédures ubuesques, faites pour ne laisser subsister qu’agro-industriels» [13]. Puis, le 1er mai [2018 toujours], cite sans rougir un paysan historique de la lutte: «En toute guerre, les ennemis négocient… C’est l’évidence» [14]. L’évidence ! On a là l’illustration parfaite de la réversibilité de l’autonomie française.

    Le 14 mai [2018], le gouvernement annonce que sur les 40 dossiers déposés en préfecture, 15 sont éligibles pour la signature d’un bail précaire. Le 14 septembre, l’État français officialise sa reconquête du territoire perdu de la république [15].

    Par la suite, le CMDO et consorts largueront les amarres avec l’héritage insurrectionnel sur lequel illes ont fait leur beurre. Mauvaise troupe déploiera un storytelling grossier sur la victoire à Notre-Dame-des-Landes, à l’intention d’un public composé d’écologistes de la dernière heure et de classes plus aisées. Public à même de lâcher l’obole qui «libérera la terre» en achetant du foncier [16]. Par hasard, on découvrira dans un magazine de Biocoop un reportage photo où des occupant.e.s posent, sans honte, cagoulé.e.s et jouant du violon devant une barricade [17]. Quelques semaines après les expulsions, la désormais grabataire «Maison de la Grève» aura même l’audace de qualifier la zone de «machine de guerre communiste» [18].

    Nous savons qu’historiquement, le mode d’organisation et de pensée à l’origine de la compromission avec l’État et l’économie prend racine dans le milieu «appeliste». Pour autant, nous pensons qu’il est absurde de circonscrire aujourd’hui ces pratiques à ce réseau historique. Si la pensée dominante, au sein de l’autonomie, est de près ou de loin profondément orientée par les imaginaires du Comité invisible, on l’a vu ces dernières années se teinter d’un vernis féministe et écologiste pour asseoir ses logiques de recrutement.

    Clou de cet authentique fiasco qu’est la défense de la Zad, le CMDO annonce, pour les 3 ans de sa victoire, la construction d’une Ecole des Tritons dans un des lieux historique détruit pendant les expulsions: les Planchettes.

    Dans la bataille qui s’est jouée là-bas et qui se joue ailleurs à chacun des instants de nos vies, nous essayons de tisser une réalité pour pouvoir vivre.
    Alors que le capitalisme et l’ensemble des systèmes de domination, de leurs côtés, façonnent et imposent une trame commune nous obligeant à agir depuis cette réalité, la Zad apparaissait comme un îlot accueillant.
    C’est vrai, pour se défaire de la tyrannie de cette bête qui mange les autres réalités, il faut sans doute façonner un univers qui nous soit propre et qui, à l’aide de notre ruse et de notre détermination, ne sera pas englouti.

    En premier lieu, ce que nous avons redécouvert à la Zad, sur les Zads, c’est la forêt. Là où certain.e.s ne percevaient qu’usages et sommes sonnantes et trébuchantes de ressources pour construire l’autonomie, nous avons de notre côté redécouvert la possibilité d’une vie radicalement autre. Cette vie a été pour nous un apprentissage de la liberté. La Zad est avant tout, pour nous, l’histoire d’une partie du monde occidental redécouvrant la possibilité d’une vie en dehors du principe de civilisation.
    Un peu plus loin de la ville, écarté.e.s des injonctions familiales, des obligations militantes, des logiques productivistes que l’on retrouve jusque dans nos soi-disant zones libérées, avec ses cortèges de fantasmes et ses figures messianiques, nous avons recommencé à vivre une vie plus pleine et complexe.

    Là, nous avons entrevu des possibilités pour nous réfugier et réapprendre, réinventer humblement nos petits mondes de cabanes, façonnant les prémices d’une magie nouvelle, nous cachant aux yeux de celleux qui imposent leurs lois, pour mieux resurgir et attaquer.

    D’autres, au contraire, y ont perçu, avant tout, la possibilité de nouveaux espaces à réaménager, de calories à extraire du sol. La lutte s’est bientôt traduite dans une logique comptable, de lieux à sauver et de terres à cultiver. Encore une fois, la planification militante et matérialiste a eu raison de la dimension poétique et sensible, qui fait qu’une révolte n’est pas qu’un amas technique à opposer au monde, mais bel et bien une manière de vivre.

    Celleux qui stratégisent et planifient froidement les luttes à notre place pourront toujours nous parler de sensible, de recomposition des mondes et d’alliances. Leur regard sur la nature n’est que ce qui se fait de mieux en matière d’écologie dominante: un décalage de point de vue réformiste qui résonne suffisamment dans l’air du temps pour occuper des places et s’imposer comme nouveau système de gouvernementalité.

    Il est vrai qu’à l’heure de l’altermondialisme, la domination n’a eu de cesse de progresser en se recomposant. Ce petit combat tranquille, sous couvert d’inclusivité, de reconnaissance mutuelle de médiation, de dialogue, apparaît comme la stratégie contemporaine pour se rapprocher de ce qui était, jusqu’alors, parfaitement différent pour mieux l’atteindre et l’assimiler. L’alliance profite à chacun, la recomposition absorbe et érode le plus fragile.

    Rapidement, la frange dominante de la Zad, incarnée par la politique du CMDO, fidèle à la logique partisane de ses membres les plus éminents, s’est érigée en rouleau compresseur politique.
    Cette réalité, à l’instar des différents systèmes de domination, n’a eu de cesse de vouloir absorber, dévorer, digérer et dissoudre ce qui ne lui était pas semblable.
    Quand un monde stratégise coûte que coûte son essor, optimise et oriente sa croissance sans prendre en compte l’éthique qui était pourtant le ferment de sa révolte, il rejoint le cortège des mondes de mort et d’anéantissement à combattre.

    Vous pourrez toujours nous parler de mésanges charbonnières et de renouée du Japon. Vous attendez des plantes et des oiseaux qu’ils réalisent vos propres plans, persuadé.e.s de la légitimité de votre entreprise. Ainsi, vous reconduisez l’aliénation matérialiste des luttes sociales et ouvrières jusque sur les terrains sauvages, prêtant des intentions communes avec ce qui ne vous est pas semblable pour mieux l’assimiler. Mais il est des choses que ni vous, ni les assoiffés de contrôle gouvernementaux ne contrôleront jamais. Tant mieux.

    Tout a été fait pour que, de la diversité incroyable des rapports au monde présents à la Zad, ne subsiste que la triomphante vitrine des vainqueurs.
    Celleux qui ont organisé le monopole de leur présence en négociant avec l’État, celleux qui regardaient de loin quand les cabanes se faisaient raser par les gendarmes, ont fait émerger dans leur mégalomanie un ensemble de signes, de pratiques et de croyances, pour continuer le travail de colonisation de nos imaginaires.

    Bientôt, à nos bivouacs dans la forêt s’est substituée la gestion forestière.
    Là où nous tentions de réapprendre des rapports directs aux conflits interindividuels et collectifs, illes parlaient de médiation communautaire.
    Les achats fonciers sont devenus dans leur bouche des prises de terre.
    Le non-utilitarisme du vivant a été remplacé par le fait de choisir dans les assemblées quel arbres illes couperaient.
    Les tribus de sans terres, sans droit de propriété, ont fini terrassées par les collectifs paysans.
    La soi-disant horizontalité communale a fait voler en éclat la libre association individuelle.

    Quoi qu’il en soit pour nous, mieux vaut le feu que leur fausse paix.

    Leur écologie de musée est un mensonge. Certaines des vies libérées ont plus appris parmi les haies et les futaies de la zone qu’il n’en sera jamais enseigné sur les bancs auto-construits de leur école.
    Les véritables espaces d’apprentissage, illes les ont condamnés. Votre école, comme le reste, n’est qu’un rouage de plus pour fabriquer un monde à votre image.

    De notre côté, nous avons appris que bien des écueils et des difficultés peuvent se cacher à travers les voies de l’émancipation, que ce qui nous fait face peut prendre bien des formes et qu’il n’est jamais trop tard pour rendre les coups. Les runes de protection sur les charpentes n’y changeront rien.

    Compas zapatistes, écoutez et regardez celleux qui vous accueillent.
    Vous saurez sans doute lire, au delà des masques hypocrites, la froideur et le calcul de celleux qui se disent être sorti.e.s de la terreur arbitraire de la domination pour mieux la reconduire selon leurs termes.

    A l’image des guerres indiennes, certaines tribus s’allient avec l’envahisseur. Même si la survie d’un peuple impose circonstanciellement un tel choix et qu’il serait compliqué ici d’en débattre, il n’était pourtant sur zone question que d’un peu de terre.

    Nul chemin n’est parfait. Certains ont un cœur. D’autres ne sont qu’un souffle d’arrogance et de calcul.

    Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de frapper au coeur de cette logique d’expansion qui domine désormais la Zad et celleux qui s’y associent. La construction d’une École de la terre en plein coeur de l’Est, dévasté par l’abandon du combat, méritait une réponse claire.

    Dans la nuit du 5 au 6 juillet [2021], nous nous sommes faufilés entre chien et loup aux Planchettes, où se trouve le chantier de la futur bâtisse. Alors que nous nous attendions à trouver un ouvrage sur le point d’être terminé, nous sommes tombés nez à nez avec une charpente nue scellée dans une dalle de béton. N’ayant pas la possibilité de brûler l’entièreté des lieux, nous avons attaqué les poutres principales en les sciant, avant d’amonceler à leur pieds des amas de bois de construction afin d’y mettre le feu. D’autre part, nous avons pris soin de lacérer la totalité des tentes et structures de chantier présentes sur place.
    Pendant notre opération, une personne se trouvait dans un habitat à quelques mètres. Cela ne nous a empêché, ni de chier dans leurs chiottes sèches, ni d’accomplir notre vengeance. Nous avons attendu patiemment que sa frontale s’éteigne et avons allumé nos différents incendies avant de nous évanouir dans la nuit.

    Nous dédions cette action à toutes les personnes qui ont subi la logique délétère et répressive imposée par le CMDO et son monde.

    Des esprits

    Notes:
    [1] «A propos de mépris de classe» (juillet 2013)
    [2] «Le mouvement est mort… Vive la réforme!» (novembre 2017)
    [3] Conférence de Presse sur la ZAD (17 janvier 2018)
    [4] Définition de Zadissidences 2: «Comité pour le Maintien De l’Occupation» est un regroupement d’occupant-es de divers lieux de la Zad, dont les initiatives sont principalement axées sur l’organisation avec les «composantes du mouvement» pour des évènements spectaculaires contre l’aéroport et pour imaginer un «avenir sans aéroport». Ce groupe au départ secret s’est peu à peu «autonomisé» du reste de l’occupation, n’acceptant pas les critiques qui pouvaient, une fois son existence connue, leur être faites sur leurs méthodes qui privatisaient avec les autres «composantes» les décisions du mouvement.
    [5] «Zadissidences 1», voir l’article «Contre l’aéroport – et pour son monde, ou quoi ?»
    [6] «Rien à déclarer, rien à négocier, tout à recommencer» (avril 2019)
    [7] «NDDL: l’ex-‘route des chicanes’ dégagée» (AFP, janvier 2018)
    [8] «Notre Dame des Landes : La reconquête» (France 3, 2019)
    [9] «ZAD de Notre-Dame-des-Landes : Perquisitions en cours» (janvier 2019)
    [10] «Notre-Dame-des-Landes: Silence Radio. Radio Klaxon est morte… vivent les radios pirates!» (novembre 2018)
    [11] «Découvrir Errekaleor. Un quartier intégralement squatté au Pays basque, nouvelle brochure de la Mauvaise troupe» (15 mai 2018)
    [12] «Notre-Dame-Des-landes: 40 projets nominatifs ont été déposés» (France 3, avril 2018)
    [13] «ZAD, pour l’autodéfense et la communalité» (Lundi-Matin, 20 avril 2018)
    [14] «Être sur zone…» (Lundi-Matin, 1er mai 2018)
    [15] Voir vidéo de France 3 en note 8.
    [16] Site La terre en commun.
    [17] Magazine Kaizen n°52.
    [18] «La Zad est morte, vive la Zad» (Lundi-Matin, 26 juillet 2018).

    [Reçu par mail le jeudi 29 juillet 2021 par Attaque.]

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  5. ninaa
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  6. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Ce texte est une réponse collective de la part de personnes ayant lutté à la Zad du Carnet, à la Zad de la dune et contre le Surf Park de Saint-Père-en-Retz suite à des tentatives de récupération politiques de la part d’habitant.es de la Zad de NDDL. Nous avons souhaité éclaircir en quoi les pratiques de certains groupes habitant actuellement la Zad de NDDL nous affaiblissent collectivement dans nos luttes horizontales et anti-autoritaires et pourquoi nous ne voulons pas d’elleux dans nos luttes.

    Le texte est aussi t[​IMG]éléchargeable en format brochure (et imprimable) :

    [​IMG]
    [​IMG]
    Image présentant la page HelloAsso de dons pour l’école des tritons

    2.3. Nous ne souhaitons pas réduire les luttes au spectacle de la communication
    [​IMG]
    Légalisation et privatisation marchande

    Signataires
    • Des zadien·nes en lutte contre le projet de Surf Park de Saint Père en Retz,
    • Des zadien·nes en lutte contre le projet de Port de Brétignolles sur mer et ayant vécu sur la ZAD de la Dune,
    • Des zadien·nes en lutte contre le projet de zone industrielle du Carnet et ayant habité sur la ZAD du Carnet.
    Co-signataires
    • Des zadien·nes en lutte contre le projet de Center Parks à Roybon et ayant vécu sur la Zad de Roybon,
    • Des zadien·nes en lutte contre le projet de Liaison Intercantonnale d’Evitement Nord de Montpellier (L.I.E.N.) et vivant sur la Zad du Lien,
    • Des zadien·nes en lutte contre le projet de Grand Contournement Ouest de Strasbourg (GCO) et ayant vécu sur la Zad du Moulin.
    Petite biblio choisie
    Pour plus d’infos vous pouvez nous écrire à l’adresse mail suivante : laissebeton[at]riseup.net

    [​IMG]
    Représentation d’une organisation décentralisée
    Description des images sur l’image de la pieuvre (de haut en bas et de gauche à droite)
    : livre l’insurrection qui vient, logo de l’association NDDL Poursuivre Ensemble, logo des soulèvements de la Terre, billets de banque, préfète Nicole Klein buvant du jus de pomme sur la Zad pour fêter la libération de la D281, dessin sur la Zad de NDDL d’Alessandro Pignocchi, logo anarchiste, logo de la Zad de la Dune, visuel contre l’implantation d’Amazon à Montbert, logo de Extinction Rebellion, logo de la Zad du Carnet, logo des Jardins À Défendre d’Aubervilliers.

    Notes de bas de page
    ¹ Voir le texte Quand Lama faché, lama cracher !

    ² Voir le texte Prise de position de la légal team sur les actions de milice à la ZAD

    ³ Réflexions à propos de la Zad : une autre histoire

    Voir les textes Les attaques contre les habitant.e.s du Rosier continuent, le squat du Rosier colonisé, détruit et rasé

    Voir la brochure Arguments contre le projet industriel du Carnet et le texte Au Carnet nous nous mobilisons aussi contre le mensonge de la transition écologique

    Voir le programme du rassemblement intergalactique 2021

    Pour aller plus loin sur l’histoire moins reluisante de la Zad de NDDL que voudrait bien cacher les autoritaires : [Cicatrice] / lecture : Reflexions à propos de la ZAD : karacole : Free Download, Borrow, and Streaming : Internet Archive

    Cf le célèbre passage télévisuel du thé pris entre la préfète Nicole Klein et certain·es “pontes” de la ZAD…

    FAQ | la terre en commun

    ¹⁰ Cette vieille comptine bourgeoise selon laquelle l’enrichissement privé profiterait au développement de tous.

    ¹¹ Voir la description de ces colonies sur le site de la bidouillerie

    ¹² La Société du Spectacle de Guy Debord (qu’on a compris comme on peut) est un bouquin qui parle en gros de l’évolution du capitalisme. On a évolué d’un capitalisme de la transformation du monde matériel en objets marchands, à un capitalisme de la transformation de la réalité vécue en valeur marchande par le biais d’images rendues monnayables. Dans la société libérale du capitalisme, tout est monnayable, aussi bien les produits venant d’elle que les contestations qui sont récupérées. L’appellisme puise ses influences dans le mouvement situationniste dont Debord est une référence. Et dire que les appellistes de NDDL se vautrent précisément dans ce que Debord dénonçait…!

    ¹³ C’est en un sens réjouissant que des éco-lieux fleurissent si ceux-ci n’ont pas l’historique de compromission et de casseurs de lutte de ceux qui se sont implantés à NDDL et qu’ils sont dans une démarche collectiviste.



    Source:Zadducarnet.org
     
  7. ninaa
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  8. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Un vol de victoire (en victoire) Lettre ouverte au comité de rédaction de la revue CQFD
     
  9. ninaa
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  10. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Apparemment le lien que j'ai mis plus haut pour télécharger cette brochure n'est pas valide, je ne peux plus éditer mon post, donc je reposte (en PDF):
    (l'article a été posté sur divers sites militants, mais je viens de me rendre compte que le lien vers la ZAD du carnet renvoie à un message d'erreur - temporaire, je l'espère!)

    Quand NDDL se prend pour le petit père des luttes - Entre récupération et autoritarisme

    [​IMG]
    PDF du texte (page par page)
    [​IMG]
    PDF du texte (version cahier)
     
  11. allpower
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    Vraiment pas besoin de te la jouer "lanceur d'alerte"... C'est assez pitoyable en fait !
    Tout ce que tu postes chaque jour depuis des années ne sont que de simples copier/coller d'infos disponibles en temps réel sur l'excellent Info Libertaire - Actualité militante et info anarchiste
    Directement visible ici !
    Suffit de lire les infos qui passent en continu tout en haut de ce forum ! :)

    J'en profite d'ailleurs pour remercier ceux et celles qui font le véritable boulot ! Big Up à vous !
    infoLibertaire.net - actualités et infos militantes en direct
     
  12. ninaa
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    L'intérêt de reposter sur le forum libertaire des infos depuis un site militant ou relayées depuis un site militant par info libertaire, c'est que ça reste longtemps et que ça rassemble les infos sur un même sujet, pour ceux et celles que ça intéresse spécifiquement.
    [​IMG]
    Ayant activement participé à Paris (avec le collectif NDDL IDF) et sur place (avec des camarades de la FA) à cette lutte du temps où c'était vraiment une lutte, voir compte rendu de militants du groupe libertaire d'Ivry (dans l'émission Lundi matin, sur Radio libertaire) d'une de ces actions à laquelle nous avons participé:

    Solidarité avec la Zad - Anarchistes Ivry

    je trouvais important de rassembler toutes les infos (même en copié collé) du temps où cette lutte était vraiment une lutte:

    Contre l'aéroport de Notre Dame Des Landes (44)

    L'un et l'autre topic seront d'une aide précieuse pour les historiens, comme à tous ceux qui souhaitent s'informer sur d'importantes expériences militantes!

    Ce qui bien sûr n'empêche pas de remercier ceux qui font le site info libertaire, qui répercute automatiquement les infos publiées sur de nombreux sites militants (et au passage, merci à tous ces sites militants et aux auteurs de ces articles!) :blackflag:

    A tous les membres du forum:
    bien entendu, il n'est pas du tout interdit ni "pitoyable" de relayer et partager sur le forum des infos qui passent sur info libertaire, plusieurs membres le font régulièrement..., c'est à ça que servent des infos!
     
  14. allpower
    Offline

    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

    11 280
    2 525
    5,141
    Nov 2012
    Non mais j'hallucine !!! :mdr:

    "Oyez, oyez, braves gens ! En vérité, je vous le dis !"
    Vraiment merci pour ton super message messianique ! :mdr:
    Franchement, (mal)heureusement que t'es là pour dire aux gens ce qu'il faut faire !
    Tu te la poses vraiment trop grave !

    Tu sais très bien que je ne critiquais que toi (et tes sempiternels copier/coller) !
    Tenter d'inclure d'autres personnes est vraiment "pitoyable"... Hélas, encore une fois ! :(
     
  15. ninaa
    En ligne

    ninaaMembre du forum Membre actif

    11 004
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    498
    Fev 2014
    France
  16. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Je me doutais bien que tu me visais moi, sinon tu aurais cité tous les autres membres qui copient/collent et tu aurais remarqué que je participe souvent à des débats.
    Maintenant si tu pouvais m'oublier cinq minutes et ne pas flooder ce topic?
     
  17. depassage
    Offline

    depassageMembre du forum Membre actif

    252
    97
    2
    Sept 2016
    Homme
    [QUÊTE UN allpower, post: 220639, member: 10165"]
    "Oyez, oyez, braves gens ! En vérité, je vous le dis !"
    Vraiment merci pour ton super message messianique ! :mdr:
    Franchement, (mal)heureusement que t'es là pour dire aux gens ce qu'il faut faire !
    Tu te la poses vraiment trop grave !

    Tu sais très bien que je ne critiquais que toi (et tes sempiternels copier/coller) !
    Tenter d'inclure d'autres personnes est vraiment "pitoyable"... Hélas, encore une fois ! :([/QUOTE]

    On est pas obligé de lire ou voir tous les articles videos qui sont poster ici !
    Alors un peu de calme serai bienvenu ! {taire}
     
    ninaa apprécie ceci.
  18. ninaa
    En ligne

    ninaaMembre du forum Membre actif

    11 004
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    Fev 2014
    France
  19. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Texte des invendu.e.s d'la ZAD:

    Déclaration lue le 8 novembre 2022 devant l’Assemblée dite Générale des
    Usages au sujet de l’agression du 19 octobre et de ses suites

    En mai 2018, le jour de la deuxième vague des expulsions qui ont eu lieu
    sur la zone, un jeune homme venu défendre la ZAD a une main arrachée par
    une grenade lancée par la gendarmerie. En 2022, c’est l’un d’entre nous,
    un habitant de la zone que tout le monde connaît ici, qui est mutilé à
    son tour par un engin explosif déposé dans sa caravane par autre
    zadiste. Cet acte criminel s’est passé à deux pas de cette salle, dans
    la haie qui délimite le terrain sur lequel il y a quelques jours encore,
    certains célébraient comme si de rien n’était le nouvel an celte si ce
    n’était pas Halloween…

    Dans un cas comme dans l’autre il ne s’agit pas d’un « accident », comme
    voudraient bien le laisser entendre les défenseurs de l’agresseur. Dans
    un cas comme dans l’autre il s’agit du résultat de l’usage de la force,
    de l’usage de la violence comme moyen d’imposer sa volonté aux autres,
    une violence qui soutient depuis longtemps sans dissimulation la
    politique dite « majoritaire » sur la ZAD, ses mensonges, ses trahisons
    et ses petits trafics d’intérêts. Face à des personnes comme la victime
    qui, non seulement ne sont pas dupes mais pour autant ne se résignent
    pas à s’en laisser imposer, qui ne plient pas, ne cèdent pas,
    l’intimidation restant sans effet, il n’y a pas à s’étonner que la
    violence débouche un jour sur de tels passages à l’acte. Il s’agit
    d’autant moins d’un accident que le conflit était ancien et que, ces
    derniers temps, certains proches de la victime s’inquiétaient de voir à
    nouveau la situation s’envenimer.

    Comment en est-on arrivé là ? Les faits sont têtus face à celleux qui
    voudraient dénier toute dimension politique à l’agression dont notre
    ami a été victime, en la réduisant à une simple querelle entre deux
    personnes. Car qui sont ces deux personnes ? D’un côté, l’agresseur
    appartient à ces anciens, ces notables de la zone dont tout le monde
    connaît le nom. Leur position fondée sur l’antériorité mais aussi
    acquise et maintenue pour beaucoup par la force et l’exclusion des
    opposants, s’est trouvé confortée lors des expulsions de 2018 par
    l’accord qu’ils ont alors passé avec l’État. Occupant déjà avec sa
    famille une des maisons rescapées des destructions de 2012, il a été
    choisi pour porter un des projets présentés à la préfecture et est, de
    ce fait, devenu locataire en titre des terres environnantes, sur
    lesquelles se trouvent notamment l’Ambazada où nous nous trouvons, mais
    aussi la caravane dans laquelle a été posé l’explosif. On a pu mesurer
    l’influence qu’un tel personnage exerce ici à l’ardeur mise par beaucoup
    à prendre sa défense lors des deux réunions au Gourbi en tentant de
    minimiser la gravité de son geste, certain-es finissant par s’avouer
    incapables d’imaginer la ZAD sans lui.

    En face la victime, elle, n’est arrivée qu’en 2018 après les fameux
    affrontements, ce qui ne fait tout juste qu’un peu plus de quatre ans,
    de quoi selon les mœurs locales pouvoir lui rappeler encore longtemps
    qu’il est tout juste un nouveau venu bon à la fermer. En tout cas s’il
    n’accepte pas le meilleur des mondes possibles tel qu’on le conçoit ici
    sur la ZAD notamment à travers vos groupes de travail et cette assemblée
    qui vous réunit aujourd’hui. Seulement voilà, la victime, elle n’est pas
    du genre à s’en laisser ainsi conter. Ce n’est pas non plus un petit
    jeunot que l’on peut facilement manipuler ou intimider. Très vite notre
    ami a bien vu que quelque chose ne tournait pas rond ici, qu’il y avait
    quelque chose de pourri au royaume de la ZAD. Quand on arrive dans vos
    collectifs avec derrière soi une vie de travail, que l’on a connu
    l’usine ou les champs... les petits chefs, les exploiteurs, on les
    repèrent de loin. Quand par conviction, engagement on a parfois tout
    risqué, comment supporter les postures et les imposteurs qui règnent ici
    ?

    Voilà comment celui venu ici comme tant d’autres pour participer à ce
    qui est vendu à l’extérieur comme une si belle expérience de lutte et de
    vie communes, a vite rejoint devant la triste réalité de la ZAD, les
    quelques opposants, restés réfractaires à la tentative d’hégémonie
    politique sur laquelle a débouché l’abandon du projet d’aéroport et la
    légalisation. Alors que découragés à force de vexations et de brimades,
    la plupart partait, lui restait. Pire comme il refusait de déplacer sa
    caravane, l’on avait fini par le reléguer dans une haie, et l’entourer
    de cochons et de poules. Car notre ami qui a perdu la main a tué une
    poule, c’est cela qui à défaut de la justifier, a déclenché la réaction,
    certes disproportionnée, du propriétaire de la dite poule. Une simple
    histoire de poule et de voisinage qui aurait mal tournée alors ? Ceux
    qui voudraient en rester là oublient le contexte. Depuis quelques
    semaines c’est toutes une portée de poulets issus des poules installées
    à proximité de sa caravane et des cabanes par son puissant voisin qui
    envahissaient quotidiennement son lieu de vie. Rendu fou d’exaspération,
    notre ami connu pourtant pour sa sensibilité envers les animaux a fini
    par tuer une poule. La riposte n’a pas tardé sous la forme d’une grenade
    déposée dans sa caravane, grenade ou explosif improvisé qui lui a
    arraché la moitié de la main et mutilé des éclats sur ses deux jambes!

    On sait comment ici les animaux participent des stratégies d’occupation
    du territoire et d’élimination des opposants, en vue de l’appropriation
    de ces terres gagnée par la lutte. Il y a eu le précédent du Rosier, il
    y a aujourd’hui les luttes d’influences autour des friches de l’est, qui
    ont été accompagnées des classiques coups de pressions et menaces
    proférées contre chiens et copain-es autour de la Gaité et de la
    Belliche... Alors que l’un de nous est encore à subir des opérations à
    la clinique de la main, il n’y a pas de trêves aux hostilités :
    dimanche, en l’absence des habitants, des arbres ont été tronçonnés à la
    Belliche dans les haies et jusque devant le lieu de vie !

    On se rappelle comment, lors du grand monopoly des fiches, la champ où
    était posée la caravane de la victime a été laissé au Moulin, l’équipe
    de la Wardine reculant devant la perspective de conflit avec les
    occupants des cabanes et autres habitats légers qui y étaient établis.
    Le voisin qui sait manier aussi bien la manière douce que la manière
    forte s’en chargerait... Si certains doivent aujourd’hui être soulagés
    d’avoir pris une telle décision, on voit où tous ces calculs nous ont
    menés. Pourtant d’autres ne semblent pas encore découragés d’user encore
    et toujours de la manière forte ! Jusqu’à quand ? Jusqu’à quel nouveau
    drame ?

    Il faut dire que l’habitude est ancienne et solidement inscrite dans les
    fameuses coutumes de la ZAD. Cela commence par les insultes, le mépris,
    le rejet systématique de tous les trop sensibles, des écorchés, de ceux
    que l’injustice et les inégalités révoltent, de ceux que l’on juge sur
    leur mode de vie, leurs chiens, leur dégaine, leurs cabanes de l’est, de
    tous ceux qui font tache dans le paysage tel qu’il a été redessiné par
    les accords entre les agriculteurs de la zone et la préfecture.

    Quand les insultes et l’exclusion ne suffisent plus, suivent les menaces
    et les intimidations physiques. L’agresseur ne s’est jamais caché de
    participer à de tels coups de pression.

    Déjà inquiété par la police pour des violences contre un autre zadiste,
    il en a été quitte pour quatre mois de préventive. A l’époque vous
    criiez à la manipulation politique, qu’allez-vous dire aujourd’hui ?

    Il se trouvait malheureusement détenu au moment d’officialiser son
    accord avec l’état ? Qu’à cela ne tienne : il a signé sa COP en prison.
    En d’autres circonstances, de tels faits lui auraient valu d’être
    entouré d’une certaine circonspection à son retour parmi les militants.
    Non ici l’enfant prodige est accueilli en héros. Mais quand on en arrive
    là comment peut-on encore prétendre poursuivre une quelconque politique
    si ce n’est faire celle de l’état. bien aise de voir l’esprit militant
    de la ZAD s’émousser au profit de l’esprit de propriété, quitte à
    fermer les yeux sur le reste...

    D’ailleurs la police ne s’y trompe pas : la commandante de la
    gendarmerie locale semble déjà sinon avoir pris son parti du moins
    chercher quelques circonstances atténuantes à l’agresseur. Croisée par
    quelques copaines lors de la perquisition effectuée au Moulin ne
    s’est-elle pas enquis auprès d’eux si la victime était bien un «
    emmerdeur » comme elle se l’était laissée entendre dire. Pourtant ce
    n’est certainement pas l’image que celle-ci a sur la zone, tout au
    contraire, mis à part ce conflit avec son voisin, nul ne lui connaît
    d’histoire.

    Alors que du côté des proches de la victime aucun communiqué n’a encore
    été publié, certains s’empressent de diffuser à Paris et ailleurs la
    thèse absurde de l’accident, quitte à devoir discréditer la victime pour
    se faire. Mais ils n’ont pas le choix, puisque, pour eux, il est
    essentiel de cacher les causes réelles du drame. Car quelles sont-elles
    ? Notre vieux compagnon de lutte, Paul, qui connaît la ZAD avant ses
    débuts, l’a fort bien rappelé lors de la deuxième réunion du Gourbi : la
    cause de toutes ces violences, c’est la propriété.

    Alors qu’il avait encore été promis lors du processus de légalisation
    que les projets agricoles individuels, les seuls acceptés sur les
    petites fiches fournies par la préfecture, continueraient à couvrir d’un
    « parapluie » légal des projets qui resteraient, eux, collectifs et
    ouverts, force est de constater, cinq ans bientôt après l’abandon du
    projet d’aéroport et donc le début du processus de légalisation, qu’il
    n’en est rien. Presque partout l’esprit de propriété triomphe. Combien
    parmi vous respectent encore cet engagement , ces fameuses propositions?
    Lesquels parmi vos vingt et quelques projets, jouent encore un jeu
    collectif et pratiquent l’ouverture ? Mise à part Sème ta Zad, et
    quelques autres ?

    Est-on condamné à en rester là ? On attend trente ans pour faire le
    bilan et remettre les terres au pot commun, c’est ça ? D’ici là vous me
    direz les gamins auront grandi, ils seront peut-être en mesure de
    reprendre la ferme, la petite exploitation familiale…

    Nous n’étions pourtant pas venus pour cela, si vous vous rappelez bien,
    pas seulement lutter contre un aéroport, mais aussi contre son monde.
    Comment alors en est-on arrivé là, comment en quelques années a-t-on pu
    laisser se reproduire tout ce que nous étions censé-es combattre ?

    Ce que nous auront appris aussi ces quelques années, si nous l’avions
    oublié, ce qu’elles auront confirmé d’un point de vue strictement
    pratique, c’est à quel point ce sont la propriété et les inégalités qui
    en découlent qui engendrent la violence !

    Nous résigner à voir revenir la propriété sur cette zone gagnée par une
    lutte commune c’est nous résigner en même temps à en subir les
    conséquences et en premier lieu la violence qui accompagne
    l’appropriation des terres et des moyens de production. Car il ne peut y
    avoir de propriété sans violence, d’autant plus quand elle est fondée
    sur la privatisation du bien commun.

    Voilà qui explique facilement pourquoi les pires violences se sont
    toujours exercées dans le même sens ici. On crie haro sur les schlags,
    on les accusent de tous les maux, mais au final ce sont les soi-disant
    bons élèves, ceux qui ont passé un accord avec l’état pour se partager
    la zone qui, pour protéger ce qu’ils considèrent comme leur appartenant
    s’en prennent à ceux qui n’ont rien.

    Si c’était l’inverse qui se passait, on sait très bien comment nous
    serions tous immédiatement tenus pour responsables, collectivement, de
    la bêtise du copain, nous les schlags ! A l’inverse que voit-on
    aujourd’hui ? Quel bel élan pour, à la fois, dénier tout caractère
    collectif au drame tout en volant au secours de l’agresseur !

    Que voit-on depuis que cette histoire malheureuse est arrivée ? De qui
    se soucie-t-on le plus au final ? A qui va la compassion ? A la victime
    ou à l’agresseur ? Lors des deux assemblées au Gourbi, il a été beaucoup
    question de « réparation ». Mais que comptez-vous réparer ? La main du
    copain amputée de deux doigts et dont les médecins tentent de sauver le
    reste ? C’est un peu tard. Ou plutôt de sauver la position ébranlée de
    votre camarade ?

    Quand vous avancez cette nécessité de réparation, cela ne vous sert
    encore qu’à plaider la cause de l’agresseur. C’est votre meilleur
    argument pour lui éviter de devoir quitter la zone comme il est juste.
    Non, au contraire, on devrait le laisser rester pour lui permettre de
    réparer ce qu’il a commis et prendre soin de la victime. Où avez-vous vu
    cela ? Est-ce ainsi que les autres ont été traités, tous ceux que vous
    avez éloignés de la zone ? Et encore celui-ci ne risque pas partir dans
    un coffre, bras et jambe brisés pour finir par être jeté à poil dans un
    fossé au petit matin. Vous voyez cela vous laisse encore quelques
    privilèges, quelque soit la gravité de l’acte en regard des motifs qui
    ont valu à certains de bien pires traitements. On vous les concèdent,
    ces derniers privilèges, mais le temps des deux poids des mesures est
    vraiment fini !

    La vraie raison de cette soudaine mansuétude a été donnée lors de la
    première réunion : l’agresseur a son nom sur sa fiche. Plus tolérant que
    d’autres, nous rappelle-t-on, lui accepte d’accueillir caravanes et
    autres mobile-homes sur ses terres. Pour qui n’aurait pas encore
    compris, voilà encore une jolie manière de nous confirmer comment vous
    prétendez gérer ce territoire, maintenant que vous êtes reconnus
    légalement : pour s’installer aujourd’hui sur la zone il faut avoir
    l’aval des gens en place ceux qui ont signé les fifiches de la
    préfecture… Même pour s’installer sur des terrains où, si ça se trouve,
    ils n’ont jamais mis les pieds, et même pour rester sur des lieux de vie
    occupés bien avant les signatures, il faut votre aval, comme le montre
    l’exemple du collectif du Rosier expulsé par vos soins au bénéfice des
    voisins éleveurs, les pressions actuelles sur les habitants de la
    Belliche.

    Ceci dit, cette hospitalité reconnue du maître du Moulin qui ne saurait
    lui valoir immunité, lui permet de compter aujourd’hui sur un comité de
    défense fourni et motivé à défaut d’être toujours bien habile. Il faut
    dire que la tâche n’est pas facile !

    Après avoir de fort mauvais gré fini par accepter l’éloignement de
    l’agresseur que tous nous demandions, voilà les mêmes qui se constituent
    à l’initiative de sa propre compagne en un « comité de suivi du conflit
    du quartier de la Saulce », composé donc essentiellement de leurs amis
    et qui pousse l’aplomb jusqu’à prétendre choisir parmi les proches de la
    victime qui serait invité à y participer. Un copain qui a eu ce
    privilège est allé leur dire ce que l’on en pensait.

    Il y a en outre appris qu’on y parle encore beaucoup de justice
    réparatrice et transformatrice, c’est-à-dire qu’on s’y préoccupe
    toujours plus du sort de l’agresseur que de celui de la victime. Il est
    même question de faire preuve d’humanité à son égard ! Il est temps de
    s’en préoccuper, d’humanité, quand c’est l’un de celleux qui viraient
    les autres qui doit répondre de ces actes après avoir enfreint toutes
    les limites que vous aviez fixées pour justifier les coffrages et autres
    expéditions punitives. Mais après tout ce n’étaient que des schlags !

    Ah oui, le comité prohibe aussi toute référence aux conflits politiques
    antérieurs !

    Malgré leur proposition, trop aimable, d’envoyer un délégué de plus
    laissé à notre libre choix, ce comité on le leur laisse. Ils n’ont qu’à
    le transformer ouvertement en comité de défense de l’agresseur, ce sera
    plus clair.

    Nous apprenons aussi que c’est maître Vallée, le principal avocat de la
    Legal Team de la zone qui serait chargé de la défense de l’agresseur
    dans cette affaire qui pourtant n’a rien à voir avec la lutte contre la
    répression. Certains bien naïvement proposaient que l’on fasse appel à
    lui pour s’occuper des droits de la victime, mais non encore une fois,
    c’est l’agresseur qui en bénéficiera. Il faut dire que cet avocat avait
    assuré sa défense lors de son incarcération précédente.

    Quant aux éventuelles réparations évoquées pour la victime de la part de
    son agresseur, ce n’est certainement pas ce que celle-ci attend. Tout
    simplement la victime, elle ne s’imagine pas revenir sur la zone pour le
    croiser, lui, son agresseur. Faut-il donc que ce soit elle qui cède la
    place ? Non ce n’est pas imaginable, donc l’agresseur doit partir et il
    est vraiment prématuré et déplacé de s’inquiétait des conditions d’un
    éventuel retour.

    Et pour conclure, qu'en est il de cet autre monde que nous prétendions
    vouloir construire collectivement, ici? Allons nous continuer dans la
    violence, les inégalités, les tensions, les séparations ?

    Il serait plus que temps que chacun réfléchisse à ce qu’il poursuit ici.

    Sommes nous capables de faire preuve de partage, d'entraide, de respect
    ? Ou allons-nous continuer à nous battre pour l'occupation des terres ?

    Peut-on mieux faire que de reproduire les schémas de la société
    capitaliste ?

    Tout le monde a le droit d'exister.

    Il est temps de cesser les querelles et de chercher collectivement un
    apaisement pour tous et toutes ici sur zone.
     
  20. ninaa
    En ligne

    ninaaMembre du forum Membre actif

    11 004
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    Fev 2014
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  21. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste

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