Chargement...

Serge Victor: Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression

Discussion dans 'Bibliothèque anarchiste' créé par Marc poïk, 5 Août 2017.

  1. Marc poïk
    Offline

    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

    1 469
    208
    529
    Déc 2016
    Belgium
    Serge Victor

    Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression

    [​IMG]


    Fichage, surveillance, filature, écoutes, infiltrations, manipulations et provocations ? autant de techniques policières que les régimes de tout poil ont toujours employées contre ceux qui entendaient contester l’ordre établi.
    Au lendemain de la révolution russe, les archives secrètes de la police politique tsariste ? la sinistre « Okhrana » ? sont tombées entre les mains des insurgés. Victor Serge les a dépouillées. De sa lecture de centaines de rapports et fiches de police, il a tiré une sorte de guide pratique des techniques de répression policière, publié pour la première fois en France en 1926. Si les technologies répressives se sont depuis considérablement modernisées, les grands principes de leur fonctionnement, dévoilés ici, demeurent toujours d’actualité à l’âge de la surveillance électronique.
    Après une analyse minutieuse du fonctionnement de la police politique et de la mentalité des « agents provocateurs », Serge pose la question du rapport à la légalité, et livre des conseils de base aux militants : comment repérer une filature, résister à un interrogatoire, déjouer des manœuvres de provocation… Loin de toute paranoïa, la leçon fondamentale de ce petit manuel reste éclairante : « Il n’est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et face auquel toutes les polices, quels que soient leur machiavélisme, leur science et leurs crimes, sont à peu près impuissantes. »
    Ce document est éclairé par un avant-propos d’Éric Hazan en lien avec l’« affaire Tarnac » et une actualisation de Francis Dupuis-Déri sur les techniques contemporaines de contrôle policier.

    « Pourquoi avoir décidé de rééditer ce texte que Victor Serge a écrit en 1925 ? Quel intérêt de connaître les procédés de la police secrète tsariste, l’Okhrana, qui pourchassait les révolutionnaires au début de xxe siècle ? Voilà quelques questions qui viennent légitimement à l’esprit en commençant ce livre. Mais après tout, il n’est jamais inutile de connaître les méthodes de nos ennemis. On apprend donc que la police tsariste agissait principalement de deux manières: la provocation et l’infiltration. Serge, qui était responsable après la révolution russe de 1917 des archives de l’Okhrana, dévoile comment des agents de cette police secrète infiltraient les différentes organisations et prenaient part aux actions. Ainsi, le pope Gapone, dont le rôle fût primordial lors de la révolution de 1905, en faisait partie. Le texte de Serge, qui revient également sur la question de la répression après la révolution, a parfois des accents très actuels. C’est bien d’ailleurs ce qu’explique Francis Dupuis-Déri dans sa longue postface. De Seattle en 1999 au sommet de l’Otan à Strasbourg en mars 2009, les méthodes de la police à l’encontre de ceux qui sont identifiés comme des ennemis du système ont peu changé. De Julien Coupat qui a croupi plusieurs mois en prison sans raison à la criminalisation du mouvement social (Conti, EDF, lycéens et professeurs désobéisseurs), en passant par les flics qui infiltrent les manifestations et attaquent les cortèges ou les CRS, décidément les ressemblances sont frappantes. Et cela se passe dans tous les pays. En prendre conscience ne signifie pas tomber dans une paranoïa paralysante, mais permet de connaître les risques pour les réduire au maximum. »

    Lecture en ligne:
     
    Dernière édition: 5 Août 2017
  2. kuhing
    Offline

    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

    1 328
    180
    2
    Juin 2017
    J'ai à peu près tout lu de Victor Serge.
    Sauf ça à moins que ce soit un extrait de "mémoire d'un révolutionnaire" ou que sais-je ?
    Si on veut comprendre la désillusion d'un anarchiste qui a cru à un moment ( au début )en la révolution bolchevique ( comme À. Berckman, E. Goldman ...) et en a payé très cher le prix, je crois qu'il y a rien de mieux que de lire Victor Serge.
    L'évocation qu'il fait de Trotsky est également très éclairante sur le personnage.
     
    Marc poïk apprécie ceci.
Chargement...