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RSA, causes et conséquences

Discussion dans 'Politique et débats de société' créé par Isli25, 2 Septembre 2017.

  1. Isli25
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    Isli25Membre du forum

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    Août 2017
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    Bon, je lance ce sujet qui me pose question en ce moment.

    Je me souviens d'un prof, par pure provoc' selon moi, qui nous a balancé qu'un bon révolutionnaire devait refuser le RSA car l'accepter ça serait déjà faire parti du système que l'on dénonce.

    Évidemment, dans le cas de ce type de refus vis-à-vis de ce système, comment faire pour vivre correctement ?
    Étant au chômage depuis un bon bout de temps, je me vois mal vivre sans le RSA à l'heure actuelle. Même si, dans le fond, ce prof n'a pas tout à fait tort selon moi puisque cela relève toutefois d'un système étatiste que l'on dénonce ici.

    Donc, j'aimerais bien avoir un joli débat sur ce sujet.
     
  2. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  3. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    La révolution n'est pas quelque chose d'idéaliste.
    Y a pas le système d'un côté et la société à laquelle on veut arriver de l'autre (dans nos têtes).
    Un révolutionnaire qui ne fait pas parti du système qu'il dénonce ça n'existe pas.
    (J'aimerais bien savoir où faut se planquer pour ne pas être en relation avec le capitalisme)

    dit autrement : je vois pas en quoi ce serait plus révolutionnaire de se couper de tout. On lutte pas seul et surtout on lutte pas à partir de rien, on lutte à partir de ce qui est là comme le RSA. Puis le RSA si on le perçoit c'est généralement qu'on en a besoin, je ne comprends pas en quoi ce serait une honte. si tu refuses de manière sacrificielle ce qu'on t'offre pour te nourrir par pureté idéologique j'appelle pas ça faire la révolution mais se donner bonne conscience. Parce que je vois pas ce que ça change à la face de monde.
     
    Far et pilou-ilou aiment ça.
  4. Isli25
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    Isli25Membre du forum

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    Août 2017
    Homme
    France
    Oui, certes. Mais ma question était mal posée.

    Mais je pense qu'un système dit de "Revenu Universel", si on en reste dans un système lié à la monnaie, serait une bonne idée à instaurer. Même si j'irais plus loin en admettant l'idée de la suppression totale de la monnaie.

    Après, je ne sais pas si l'acceptation du RSA en soi soit la meilleure des solutions dans ce domaine. Est-il préférable de vivre de celui-ci en attendant de se trouver quelque chose plus en correspondance avec nos idéaux ? Ou faut-il, plutôt, intégrer une ferme auto-gérée pour vivre de sa production, par exemple ?
    Je pense que ma question tourne plutôt autour de ce débat là plutôt que sur l'idée de sortir totalement de la société-système actuelle (chose qui est totalement impossible comme tu viens de le dire).
     
  5. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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    Jan 2009
    France
  6. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Ben du coup je reprends un peu ce que j'ai dit plus haut. Pour moi la révolution c'est pas un acte individuel. Et la finalité c'est pas que toi, personnellement, tu te sentes mieux par rapport à ta conscience.
    A partir de là, est-ce-que tu remets plus en cause les fondements de la société dans une ferme autogérée qu'en percevant du RSA. D'après moi ça dépend de ce que tu fais de ta ferme ou de ton RSA, y a pas de réponse définitive.
    Si avec ton RSA tu te contentes de jouer à la play h24 c sûr que t'es pas à l'avant-garde de la révolution.

    et le revenu universel je pense que c'est une arnaque libérale. Le but est de nous faire poireauter un peu plus avec une réforme.
    Je pense qu'il faut considérer le fait que :
    - l'état confie de plus en plus la gestion de l'intérêt général à des entreprises privées et au domaine associatif. Le revenu universel risque d'amplifier cette direction. Or au final, même si ça se présente de façon détournée, le résultat c'est qu'on échange des emplois publics avec sécurité de l'emploi en du bénévolat, des emplois associatifs souvent plus précaires que dans le privé lucratif et qu'on le traitement de questions sociales à la concurrence.
    Si des gens perçoivent un revenu garanti, l'état espère les voir s'investir dans l'associatif notamment et il va faire des économies par des suppressions de poste. Reagan était à ce titre un fervent promoteur du volontariat.
    - ça va aussi excuser les emplois précaires dans le privé et le statut d'autoentrepreneur. vu que les gens auront un revenu régulier, les entreprises vont pouvoir baisser les salaires, virer plus facilement, recruter à temps partiel plus facilement, donner des cdd plutôt que des cdi plus facilement...
    - ça va entretenir une mentalité de petit-entrepreneur. La plupart des théories du revenu universel le justifient parce qu'il permettra à n'importe qui de fonder sa petite entreprise, c'est un bon en avant dans l'individualisme. Chacun s'occupe de SON projet, et on laisse les multinationales choisir la direction de la société dans son ensemble.
    - généralement les théories du revenu universel le substitue à des aides sociales (notamment le RSA) qui, elles, sont destinées aux personnes dans le besoin. Là, tout le monde va recevoir la même allocation unique (en tout cas ça vas s'homogénéiser). Un bourge qui a des diplômes, qui a du réseau, qui sait comment s'en sortir, va percevoir pareil qu'un mec qui a pas de diplôme, pas de réseau, des difficultés dans la sphère familiale, pas d'emploi, etc, etc... Et le tout sous le prétexte de l'égalité et du mérite. Soi-disant que si l'état donne pareil à tous, tout le monde a les mêmes chances. Comme si l'état était la seule chose qui ait une influence sur les inégalités.

    Mais le sujet du revenu universel a déjà été abondamment abordé par ici si ça t'intéresse :

    salaire de base

    (je sais pas si je cautionne ce que j'ai écrit à l'époque, déjà j'iame bien provoquer alors des fois je dis des trucs juste pour ça et puis des fois je suis juste con)
     
  7. Isli25
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    Isli25Membre du forum

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    Août 2017
    Homme
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    Là-dessus je suis entièrement d'accord avec toi. Je pense que ce type d'action ne peut qu'être collective et porté vers l'intérêt collectif. Mais point de collectif sans individualités prêtent à s'investir entièrement pour lui. Il faut réussir la synthèse de chacun pour qu'un plus un ne soit pas seulement deux mais une société globale. De ce point de vue, j'ai assez en horreur la division des luttes ou le communautarisme que nous vendent médias et politiques actuels.

    Pareil, entièrement d'accord. Mais j'avoue que je suis assez novice dans cette démarche de vouloir, maladroitement sûrement, changer mes propres habitudes dans le but de trouver une société plus juste, égalitaire et non-capitaliste. Mes propos sont certes maladroits mais j'essaye de trouver des réponses aux questions que je me pose actuellement tout en essayant d'agir autrement.

    Après, pour tout dire, je pense qu'une société sans argent est préférable, à termes du moins. Donc, sur ce point j'assume mon erreur et effectivement le RSA peut sembler être une meilleure alternative de ce point de vue car plus "équitable" pour l'instant.


    Pour moi, la provocation n'est pas un mal, au contraire. Elle peut être un bon recours à la passivité de certains (la mienne y compris car je suis loin d'être dans une action digne de ce nom vers une société dite "libertaire").
     
  8. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  9. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Evidemment toucher le RSA n'est pas révolutionnaire, c'est de la pure autodéfense, un réflexe de survie dans un système que l'on combat par ailleurs. La lutte des précaires pour la défense d'un minimum de droits n'est ni plus ni moins révolutionnaire que les luttes de travailleurs pour ne pas se faire totalement écraser par leurs exploiteurs. Mais comme toutes les luttes elles peuvent être une occasion de réflexion, d'expérimentation de l'unité, de la solidarité, de l'organisation libertaire.
    Outre l'autodéfense la lutte unitaire des précaires était l'objectif des CAFards de Montreuil. Le groupe libertaire d'Ivry s'est inspiré de leur exemple pour organiser plusieurs réunions au squat Le Dilengo d'Ivry.

    [​IMG]

    Apparemment les CAFards ont arrêté leurs permanences au local du Rémouleur, mais pour ceux qu ça intéresse il est peut-être possible de les joindre par email?

    N’AVOUE JAMAIS, un document sonore pour faire face aux contrôles domiciliaires de la CAF

    Organisons-nous face aux contrôles domiciliaires CAF !
    Autodéfense des précaires !


    [​IMG]

    Avec ce guide pratique, nous donnons quelques billes à chacun pour se débrouiller là où il se trouve, mais nous faisons surtout un appel à se rencontrer, à partager des informations, des pratiques, des idées. Là où ils voudraient nous enfermer dans la peur et l’isolement, il nous faut inventer de nouvelles formes de lutte et de solidarité.

    Guide Quelques conseils pour faire face aux contrôles domiciliaires de la CAF :
    PDF version livret (28 pages A5)
    PDF version page par page (28 pages A4)
    Lire le guide en ligne sur le site de la CIP.

    Je me débrouille, tu te débrouilles, ils nous contrôlent…
    Embrouillons-les !


    CAFards – Collectif de chômeurs et précaires
    Contact : cafardsdemontreuil@riseup.net
     
  10. pilou-ilou
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    pilou-ilou  Comité auto-gestion Membre actif

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  11. libertaire, anarchiste, féministe, anarcho-syndicaliste, syndicaliste, auto-gestionnaire, synthèsiste, anarcho-fédéraliste, anti-fasciste, anti-autoritaire
    a moins de vivre de façon complètement autonome comme certaines tribus qui ne dépendent en rien de notre système et qui se prennent en charges de a jusqu'à Z, il est difficile de vivre ici en europe de tels façons. Comme tu vis au milieu d'un système tu es malgré selon un certaine mesure en relation avec lui. Et donc tu as besoin d'un minimum d'argent pour satisfaire tes besoins vitaux.
    De plus le RSA est donné en signe de solidarité avec les plus démunis, certes c'est très maigre pour vivre avec le RSA, mais c'est un geste de solidarité. Qui est pas satisfaisant car avec celui ci tu ne couvre pas tes besoins vitaux ( logement, chauffage, nourriture )
    De plus c'est le système qui crée la pauvreté; il manquerai plus qu'on refuse les aides et ce serai le pompon.
    Pour moi il y a aucune contradiction dans le fait d'accepter une aide sociale ou le RSA, c'est juste du pragmatisme. Il faut bien vivre.
     
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  12. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Tu n'es pas responsable du fait que tu ne trouves pas de boulot. C'est le système qui l'est. Le minimum qu'il fait tant qu'il le peut est de ne pas laisser les gens crever.
    Donc pour moi il n'y a aucun scrupule à prendre le RSA même si c'est une soupape de sécurité pour que le système puisse continuer.
    Et là où il n'existe pas , le système continue tout de même.
    Donc...
    Quant au revenu universel, qui va le payer ?
    Ceux et celles qui vont se faire encore plus exploiter pour payer ça et, en plus, ceux qui ont déjà de la thune en exploitant les autres vont le toucher aussi.
    Excellent.
    Que n'y avais-je pas pensé !
    Ça c'est bien "socialiste"( faut dire que je ne le suis pas ).
    Pourquoi Benoît Hamon n'avait-il pas donné cette précision lors de sa campagne electorale ?
    Heureusement qu'on arrive à penser sans l'aide de Benoît Hamon.
    Donc prendre le RU comme on le ferait pour le RSA, s'il existait , ok si on ne peut pas trouver mieux. Mais défendre le principe, pour moi c'est non.
     
  13. Isli25
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    Isli25Membre du forum

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    Août 2017
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    Après, j'avoue ne pas avoir assez approfondi la question du Revenu Universel. C'est vrai que la mise en œuvre de ce système peut amener à des biais sur lesquels je n'avais guère réfléchi.

    Dans mon idéal, c'est de pouvoir en finir avec ce système monétaire. Revenir à quelque chose comme un système de troc ou d'échanges de "bons procédés". Cela permettrait, selon moi, d'en finir avec l'exploitation venant de l'étranglement économique des crédits à la conso' ou autre.

    Bon, cela reste encore très abstrait pour moi. J'essaye de me documenter sur ce sujet et sur d'autres car je pense qu'il faut une vision globale de la situation pour en arriver à des luttes plus efficaces. Je m'y prends maladroitement, je débute ma réflexion en lien avec les pensées libertaires malgré les affinités que j'éprouve pour cette philosophie et j’admets qu'il me manque ce militantisme de terrain.

    Donc, désolé si mes propos peuvent être mal interprétés ou dis maladroitement mais c'est surtout dans l'objectif de me faire une vision plus claire des choses.
     
  14. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Ne t'excuse pas, on discute.
    Pour moi c'est pas de troc ni d'échanges.
    Suppression pure et simple de la quantification de la valeur marchande du travail.
    Produire et mettre à disposition sans échange monétaire.
     
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  15. Isli25
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    Isli25Membre du forum

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    Août 2017
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    Bon, j'avoue que je m'apprêtais à te répondre pour défendre mon point de vue sur le troc et l'échange mais je viens de me rendre compte que je n'avais aucun argument constructif à avancer contre ton propre avis.

    Hormis le fait qu'il faudrait bien produire certaines choses collectivement qui pourrait induire un système d'échanges d'heures de travail. Mais, même de ce point de vue cela engendre le biais d'une quantification marchande du travail effectué.

    Se pose, donc, la question d'un travail pouvant être "utile" au plus grand nombre même sans échange monétaire ou autre en contrepartie. Il me semble que c'est Fourier qui parlait un peu de ce genre de choses en mettant en avant le "plaisir" à réaliser certaines choses ce qui annihile totalement la valeur du concept même de travail qui serait contraint.

    M'enfin bref, je pars peut-être trop loin dans ma réflexion par-rapport au sujet initial.Mais je pense que les Fab-Lab peuvent être une bonne alternative à ce genre de questions autour du partage, de la débrouille, de la précarité de certaines personnes et d'un changement de société.

    Après, c'est sûr que cela dépend de la manière dont ils sont utilisés et interprétés politiquement. De mon point de vue, ils ont la capacité pour développer l'idée d'auto-gestion et d'intelligence collective pour le bien du plus grand nombre.
     
  16. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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    Fev 2014
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  17. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Pour résumer mon point de vue, on n'en finira pas avec les inégalités (ni avec le capitalisme) en faisant l'économie d'une révolution.

    A propos du RU et du RSA: bien sûr qu'on n'a pas à culpabiliser. Ce système, on le subit à notre corps défendant. Si les travailleurs sont exploités ce n'est pas par des "parasites" (qu'ils cherchent ou non du travail) mais par l'Etat et les patrons. En société libertaire il ne serait plus question de récompenser les "travailleurs" et de sanctionner les "feignants"!

    J'avoue que je n'ai pas bien étudié la question du RU. Pour moi la question qui se pose n'est pas tant celle de son financement que des conditions qui y seraient liées: encore plus de contrôle, par exemple?

    [​IMG]

    Avant de parler de RU même si ça n'a rien de révolutionnaire je serais favorable à étendre le RSA aux jeunes de moins de 25 ans par exemple.


    On en avait un peu discuté sur ce topic:
    Des espaces temporaires d'anarchie?
    Extrait de la brochure "La Servitude écologique" sur Infokiosque:
    [​IMG] La grande escroquerie du troc
    Des émeutes du printemps 1989 qui ont touché la plupart des grandes villes, à la généralisation des barrages de routes (menés par les “piqueteros”), grèves et pillages en décembre 2001,... toutes ces années de lutte ont fortement secoué l’Argentine. La retombée de la lutte a aussi charrié son lot de tendances à confondre ce qui était attaque de la propriété bourgeoise avec projets de gestion de la misère quotidienne. Du blocage de la production à la reprise en main de la gestion de certaines entreprises,... certains en ont conclu que l’Argentine était devenue une sorte de laboratoire d’expériences d’ “économie alternative”, fondée sur le “développement durable”, soucieuse des “ressources énergétiques”,…. Ce baratin “altermondialiste” a rencontré une large audience et a donné lieu à toute une série de conférences, forums (à l’instar de celui de Porto Alegre qui s’est tenu en 2001), films, livres, journaux… En règle générale, tous présentent comme un formidable aboutissement ce qui n’est rien d’autre que la liquidation de ce qui avait fait la force des luttes. C’est dans ce contexte aussi qu’il faut replacer le développement qu’a pu prendre “la grande escroquerie du troc”. [​IMG]
    [​IMG] Un peu d’histoire… argentine

    En 1995, dans le village de Bernal, situé à 30 km au sud de Buenos Aires, une vingtaine de voisins se retrouvent tous les samedis et forment un club de troc (club de trueque). Le principe en est simple : chaque membre doit être producteur et consommateur à la fois ; un nouveau terme naît : el “prosumidore” (le “prosommateur”). S’y échangent des biens (aliments, vêtements,…) et des services (dentisterie, carrosserie, réparations en tout genre,…) sans passer par la monnaie officielle (le peso). Un pacte de réciprocité engage les “prosommateurs”. A la petite échelle de Bernal, tout le monde se connaît, la confiance règne et un cahier où sont notés les échanges suffit. Mais ceux-ci deviennent de plus en plus nombreux et, s’élargissant à d’autres localités, de plus en plus impersonnels. S’impose alors la nécessité de faire les transactions à l’aide de “creditos”. Au départ, chaque membre reçoit des éditions PAR (Programme d’Autosuffisance Régional), 50 “creditos”, qui lui serviront à échanger des produits ou services. Ce “credito” est imprimé avec de l’encre verte sur du papier infalsifiable, avec filigrane et logo… comme le bon vieux peso ! Sous la pression de madame la misère dans ce pays où le revenu minimum, les assurances chômage, les allocations familiales n’existent pas, les réseaux vont se développer très rapidement, à un point tel qu’à un moment donné le PAR qui ne récupère aucun “credito” n’a plus les moyens d’en imprimer. D’où l’initiative de vendre une lettre d’information sur le réseau de troc (remise avec des “creditos”) contre des pesos, qui permette d’acheter le fameux papier infalsifiable. Cette lettre, médiatisée, va encore démultiplier des clubs de troc qui, désormais, s’appellent “nodos” (nœuds).

    En 1997, il y a 600 “prosommateurs” engagés dans ces réseaux. En 1998, il y a 120 clubs et 60.000 membres dans tout le pays. Cette année-là, le gouvernement de la ville de Buenos Aires soutient officiellement le réseau de troc, par l’établissement d’un “programme d’appui au troc multiréciproque”. Depuis, la ville de Buenos-Aires a appuyé la rencontre annuelle du réseau qui, en 1998 [15], a accueilli 10.000 personnes. Au fil des ans, les réseaux s’étendent à toute l’Argentine. En 1999, il y a 200 “nodos” et l’on apprend que trente habitants de cinq quartiers de la ville de Plottier (Neuquen, dans le sud du pays) qui n’arrivaient pas à payer leurs impôts municipaux, les paient désormais en briques, en produits de boulangerie, en réparations de voitures ; du moment que les impôts sont payés ! En 2000, il existe 400 nœuds et 400.000 membres. Fin 2001, le secrétariat des petites et moyennes entreprises apporte un soutien logistique pour organiser de grandes foires et pour aider à la formation de nouveaux réseaux de troc. Des entreprises au bord de la faillite écoulent leurs stocks de pain, de chaussettes,… qui sont échangées contre des services (plomberie, mécanique,…) ou contre des “creditos” pour payer les salariés. Le Réseau global accorde des crédits en “creditos” à des PME (petites et moyennes entreprises) en difficulté. En 2001, en quelques mois le nombre de troqueurs passe à 2,5 millions et début 2002, il y a 5.000 nœuds et selon certaines estimations le nombre de troqueurs est allé jusqu’à 6 millions. Le mouvement continue et des “megaferias”, foires géantes du troc, réunissent plusieurs dizaines de milliers de personnes.

    Le “credito” devient une monnaie reconnue : “dans certaines villes, on peut désormais payer ses impôts en ‘creditos’. Des médecins, des dentistes acceptent, dans leur cabinet privé, d’être payés en ‘creditos’, d’autres consultent directement dans les ‘nodos’. Des propriétés foncières et même des voitures se vendent en ‘creditos’. Les représentants du Réseau global signent aussi des accords avec des entreprises de transport et des hôtels qui acceptent des paiements en ‘creditos’. Des agences de voyage proposent désormais des vacances réglables en bons de troc”.

    Mais le “credito” devenant une monnaie reconnue au même titre que le peso, il commence à connaître les mêmes soucis qu’a connus le peso : inflation, déflation, perte de confiance, fausse monnaie (environ 40 % des circulants, un demi-milliard de “creditos”),… et aussi l’enrichissement de quelques spéculateurs. En novembre 2002, 40 % des nœuds sont fermés et à la fin 2002, 90 % des membres ont quitté le réseau. En 2003, quatre nœuds sur cinq ont disparu.
    [​IMG]
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    [​IMG] Le mythe et la réalité

    La “déclaration de principes du Réseau global du troc” publiée en 1998 parle de “construire des pratiques économiques […] à contre-courant du système capitaliste […] de forger de nouveaux liens sociaux […] pour créer un ordre social plus juste, démocratique et équitable”,…

    D’autres extraits pris ci et là, nous disent : “pour nous réaliser comme êtres humains nous n’avons pas besoin d’être conditionnés par l’argent […]. Nous ne cherchons pas à faire la promotion d’articles ou de services mais à nous aider mutuellement pour améliorer notre vie, grâce au travail, la compréhension et l’échange juste […]. Nous soutenons qu’il est possible de remplacer la concurrence stérile, le profit et la spéculation par des relations de réciprocité entre les personnes […]. Nous croyons que nos actes, produits et services peuvent répondre à des normes éthiques et écologiques avant de répondre aux lois du marché, à la surconsommation et à la recherche de bénéfices à court terme…”.

    Qu’en est-il en réalité ?

    Il y a une formulation dans laquelle nous pouvons plus ou moins nous reconnaître, c’est la suivante : “pour nous réaliser comme êtres humains nous n’avons pas besoin d’être conditionnés par l’argent”. Mais si nous voulons un monde qui ne soit pas conditionné par l’argent, il nous faut aussi reconsidérer les autres catégories qui font partie de ce monde : les relations marchandes, l’économie, le travail, la concurrence,... De ce souhait de se défaire de l’omnipotence de l’argent, les conclusions ne sont pas tirées. Comment remettre en question l’argent sans remettre en question ce qui l’a fait surgir : l’échange donnant lui-même lieu à la généralisation de l’échange, lui-même ayant fait surgir le besoin de moyens d’échange, de marchandises dans lesquelles toutes les autres pouvaient être reconnues et comparées,... et en dernière instance la monnaie. De l’échange occasionnel à la carte de crédit, le processus a pris des dizaines de milliers d’années, mais il domine aujourd’hui la planète entière et a transformé toute relation en relation marchande, toute activité en travail, toute chose en marchandise,... Les êtres humains n’existent plus qu’en tant qu’unités de production concurrentes qui n’entrent en relation que par le biais du marché. Tout est régi par la nécessité de produire pour vendre. C’est le développement de l’économie marchande qui créé la division du travail, les classes sociales, l’État. C’est la nécessité de réaliser la valeur incluse dans toute marchandise qui fait des rapports de production, des rapports d’exploitation d’une classe par une autre.
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    [​IMG] Le système capitaliste est un tout cohérent et il est complètement illusoire de penser qu’il pourrait abandonner son intrinsèque voracité et œuvrer au bien-être humain à l’aide de quelques réformes, de chartes éthiques,... bref, de bonnes intentions. C’est à nouveau mettre la responsabilité du développement de la misère sur le dos de quelques spéculateurs, personnes mal intentionnées, individus avides de profit, gouvernements “corrompus”. C’est à nouveau en rester à la surface des choses et ne pas toucher aux fondements, aux réelles causes.

    L’expérience argentine brièvement décrite ci-dessus montre clairement que le troc ne révolutionne rien du tout ; il ne sert finalement qu’à redynamiser des secteurs de la production et de la distribution qui étaient abandonnés parce qu’insuffisamment rentables. L’illusion de construire quelque chose de nouveau, dégage pour un temps de nouvelles énergies largement basées sur le bénévolat. Il est important de remarquer que cette force de travail non payée rencontre tout à fait les besoins du capital de faire toujours plus l’économie de salaires. Il dispose ici en plus de l’adhésion volontaire des prolétaires bien décidés à relever les manches pour un projet qu’ils considèrent leur. Mais la confrontation à la dure réalité de l’économie fait tomber les masques et que reste-t-il de cet élan qui se voulait radical ? [​IMG]
    [​IMG] Certains promoteurs des réseaux de troc se font plus explicitement défenseurs de la prosaïque réalité du capital : ils veulent faire reconnaître le troc comme mécanisme “valable et légitime” pour réactiver l’économie et faire baisser le taux de chômage. Ils “conçoivent eux-mêmes cette expérience comme un vaste réseau qui fonctionne pour favoriser l’initiative patronale ou comme une couveuse d’entreprises” [16]. Ils disent aussi que la caractéristique fondamentale du troc c’est le “libre jeu du marché”, ce qui n’est pas faux mais étonnant, si l’on s’en tient à leurs fumeux discours contre le soi-disant “néo-libéralisme”. Comme nous l’avons vu dans l’exposé de quelques faits, des liens ont été noués avec des petites entreprises pour que celles-ci alimentent les réseaux de troc de leurs stocks d’invendus. Dans certains cas, ces réseaux ont permis l’apparition de micro entreprises.

    En clair, et tel que ce fut revendiqué, les activités nées du troc ont été invitées à gagner en productivité et en efficacité pour pouvoir se mesurer au marché officiel et même s’y intégrer. Les promoteurs du troc ont ainsi écrit : “grâce au partenariat avec différents organismes gouvernementaux […], des ponts commencent à être jetés pour faciliter la transition vers le marché formel”. Ce qui fut justement analysé comme : “Les ‘prosommateurs’ et, parmi eux, les fondateurs du réseau, considéreraient le club de troc comme une plate-forme pour se transformer en petits producteurs qui, après être devenus compétitifs grâce à la coopération à l’intérieur du réseau, pourraient entrer dans un secteur du marché capitaliste. Cela engendrerait un système de ‘penny capitalism’ [17] qui, d’une certaine façon, donnerait un visage plus humain au système”. Cette claire volonté de s’intégrer dans le système et d’y être reconnu comme partenaire, n’empêche pas les supporters du troc d’affirmer que de cette façon, ils œuvrent au bonheur de l’humanité !

    L’important est de mesurer l’impact des réseaux de troc : créent-ils le sentiment d’appartenir à une communauté de gens égaux, solidaires, tissent-ils des liens dans le sens d’unir nos forces contre ce monde ? Ou, au contraire, ces réseaux ne font-ils que développer le commerce, avec ses inévitables “dommages collatéraux” que sont la concurrence, l’élimination des plus faibles, les luttes de pouvoir entre réseaux qui éditent leur propre monnaie,... En bref : la guerre de chacun contre tous.
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    18] Temporairement le troc a pu soulager une situation de perte d’emploi, menace d’expulsion,... par la réactivation d’une micro activité productive et, dans ce sens, retarder la chute brutale dans le dénuement complet. Mais il faut faire la différence entre trouver un “petit boulot” (précaire et/ou marginal) pour continuer à ramener quelques sous à la maison, vendre des bricoles, rénover d’anciens meubles, retaper de vieilles bagnoles, trier les déchets,... qui ne restent que de misérables moyens de survie déterminés par le fait que tout est “conditionné par l’argent” [19], et développer la lutte contre la propriété privée/expropriation des moyens de vie et contre l’ensemble du système capitaliste. Développer le marché ou détruire la marchandise ? Voilà la question ! [​IMG]
    [​IMG] En leurs débuts, des réseaux de troc ont pu constituer des moyens de ne pas payer de taxes (impôts en tout genre) et peuvent dans ce sens être considérés comme des formes de résistance à l’exploitation. Mais comme l’expérience argentine nous le montre, le développement des réseaux de troc a aussi fait en sorte que ceux qui ne payaient plus leurs impôts, les ont à nouveau payés. Ainsi, parce qu’au départ, le troc ne remet pas suffisamment en question les bases de ce système qui nous condamne à un appauvrissement toujours plus meurtrier, il peut facilement devenir un rouage de désintégration de pratiques de solidarité et de relance de l’activité économique.
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    [​IMG] Quant à prétendre qu’il est possible de renforcer la lutte contre le monde de la marchandise tout en contribuant à développer le marché... Non ! Polir et graisser une pièce clé de la machine capitaliste ne peut en rien aller dans le sens de la lutte contre cette machine. Pire encore, ce projet soi-disant “alternatif”, d’ “économie parallèle” est un piège pour le prolétariat. Le discours politique appuyant le développement des réseaux de troc pointe du doigt le libéralisme (ou “néo-libéralisme”), ce serait ce “travers” du capitalisme le responsable de toutes les misères dans le monde. C’est aussi ce discours qu’invoquent les promoteurs du troc pour expliquer la brusque désertion des réseaux qui intervint fin 2002, début 2003. Explication courante qui repose toujours sur la dénonciation d’une force extérieure qui aurait dénaturé un contenu qui par lui-même serait viable et juste.

    Les supporters du troc prétendent que les relations qui se nouent sur le marché pourraient être dominées par le respect, l’honnêteté et autres bavardages humanistes. Or le marché a une histoire, celle du capital marchand, du capitalisme. Des siècles de guerres de rapines, de développement de la propriété privée, de concurrence exacerbée, d’accumulation de richesses aux mains de quelques uns tandis que les autres sont dépossédés des moyens de vie et réduits à l’esclavage. C’est cela l’histoire du développement du marché. L’économie marchande a marqué toute chose et nous-mêmes de son fer rouge. Des êtres humains qui ne se rencontrent plus qu’en tant que vendeurs et acheteurs de marchandises et, parmi elles, la marchandise force de travail qui cherche à se vendre contre un salaire, c’est-à-dire nous-mêmes réduits à l’état de marchandise, voilà de quoi est fait le marché.

    La tromperie de ces supporters est de nous faire croire que le marché est une donnée naturelle, que les hommes ont toujours échangé des marchandises, que l’argent a toujours existé. Ces apôtres du libre échange parlent avec beaucoup de “si” dans la bouche : “si les hommes voulaient bien échanger sans chercher à se duper mutuellement, si les capitalistes étaient plus honnêtes,... les banquiers compréhensifs,…”. Ils pensent qu’avec un peu de bonne volonté le monde pourrait changer. Ils rêvent d’un “vrai” marché où les gens échangeraient selon leurs seuls besoins à l’aide d’une monnaie devenue “sociale”, où le commerce serait porteur de solidarité, d’entraide, de partage. Comme si la direction que prend le système capitaliste était une question de morale, de conscience et de volonté -de gouvernance- qu’il suffirait de réajuster pour le détourner de sa logique de profit.

    Le marché c’est l’espace où aboutissent les marchandises, l’endroit où, en fin de processus de production, elles arrivent pour être vendues. Ces marchandises proviennent d’unités privées de production (usines, sociétés, entreprises, coopératives, ateliers,... ) où tout est calculé pour que la marchandise puisse affronter la concurrence et en sortir gagnante. Vendre, vendre, vendre ! Il faut que la marchandise soit compétitive. Pour cela le capitaliste va faire trimer les prolétaires toujours plus intensément. Chaque marchandise c’est du temps de travail, du travail humain mesuré en heures, minutes, secondes. Et nous voilà au cœur du rapport d’exploitation. Des machines plus performantes, capables d’organiser la chasse aux temps morts, l’économie des matières premières et des salaires,... mieux un capital se porte, plus augmente le taux d’exploitation.

    Chaque marchandise contient ce rapport d’exploitation, chaque échange reproduit cette course à la productivité. Il est illusoire de penser que le marché pourrait être autre chose que l’endroit de réalisation du profit. Dans cette perspective, l’objectif que chaque unité de production poursuit sera toujours : produire plus, plus vite et à moindre coût. [​IMG]
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    [​IMG] Comment peut-on supposer modifier une catégorie du capital sans remettre en question le tout ? Comment peut-on supposer modifier les lois du marché sans remettre en question la marchandise elle-même et son mode de production ? A partir du moment où il n’y a pas rupture totale avec le marché et sa réalité profonde, il y a reproduction de l’ensemble du système. [​IMG]
    [​IMG] Les réseaux de troc ont connu un certain succès parce qu’ils ont occupé un espace laissé vacant par un capital à l’affût de profits plus attrayants dans d’autres secteurs. Ce type de réseau a fonctionné et tissé sa toile dans des secteurs délaissés parce qu’insuffisamment rentables et a, de ce fait, participé à une certaine relance économique, tout à fait éphémère. La loi de la concurrence est la plus forte. Avec sa rhétorique “anti-libérale” mais sa pratique marchande, le développement du troc n’a fait, en dernière instance, que réintégrer des prolétaires dans le circuit de production. Ne rompant nullement avec l’échange, la marchandise, le travail,... le troc sert les intérêts du capital. Le développement de ce type de réseau avec toutes les illusions qu’il véhicule se met aussi en travers d’autres initiatives tendant à réellement installer des pratiques de solidarité, non pas basées sur l’échange mais sur l’entraide, le renforcement des liens face aux difficultés de survie, l’organisation de pratiques de résistance face aux menaces d’expulsion, d’emprisonnement, l’autonomie vis-à-vis des structures de l’État (dont tout ce qui est assistanat social), la prise en charge collective des besoins de la lutte.

    Nous ne pourrions nous reconnaître dans une quelconque “déclaration de principes du Réseau global du troc” que si celle-ci reconnaît la nécessité d’extirper toute trace de capital sur la terre. La perspective : une société qui réponde aux besoins humains, par et pour la communauté humaine. Pour ne pas retomber dans les ornières du capitalisme, il est indispensable de laisser tomber toute idée de repartir d’une production se réalisant sur base de producteurs privés et indépendants les uns des autres, n’entrant en relation que par le marché et générant nécessairement l’échange. Ni échange, ni marchandise, ni argent ! [​IMG]
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  18. pschrsrgnc
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    pschrsrgncGuest

    RMI,ensuite RSA;des 'miettes' aux laissé.e.s pour contre ne leur assurant qu'une maigre subsistance !
    La cause:c'est le chômage. Les conséquences:la paupérisation, les précaires!
    Être indigent.e.s résorberait le problème sans le résoudre.
    A l'heure du retrait de 5€ concernant les APL, que devraient compenser les propriétaires bailleurs ,qu'un plafonnement lié aux revenus accorde cet acquis et que ce sont toujours les plus démuni.e.s qui en font les frais...la remise en question du principe utopiste ; n'être nullement 'redevable' du système devient difficile.
    Isli25 ,tu 'taxeras' de façon directe où indirecte du moment où ,tu participes à une action consumériste,capitaliste.
    (Ce qu'Anarchy13 comme ; marché d'opinion ,nous à vendu plus haut =Gratis,quelle aubaine !)^^.
    L'autonomie, l'autarcie ;sont alternatives et non références des acquis sociaux, je l'ourdis mais,representativement, le sujet et son amplitude ne mérite pas dissociation.Ce,de mon simple avis.Trop important sur les territoires occupés:\!.
     
  19. mc²
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    mc²Membre du forum Membre actif

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    L'idée du RU c'est que justement il serait inconditionnel.
     
  20. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  21. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Alors c'est où l'arnaque?
     
  22. mc²
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    mc²Membre du forum Membre actif

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    Août 2014
    ça dépend sûrement de quoi on parle, puisque sous des noms différents il y a des versions différentes défendues par diverses personnes sans doute pour des motifs différents.
    ça déplait souvent évidemment à ceux qui valorisent le travail.
    bien des gens au contraire revendiquent leur refus de travailler.
     
  23. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Je ne connais des gens qui essayent de ramasser de quoi vivre ou survivre et quelques uns ( très peu ) qui refusent consciemment de se faire exploiter et, ceux là n'acceptent rien de l'administration du système.
    J'en connais aucun dont l'objectif final est d'être assis puis couché sans rien faire H24.

    (Je connais peut-être pas assez de monde )
     
  24. AAKUAN
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    AAKUANNihiliste, Anticosmique, Antinataliste Membre actif

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  25. chaos/Nihiliste
    Et bien c'est mon cas. Jsuis un no life. Jverai pas sa comme un objectif mais un truc
    en attendant de creuvés, pour tuer le temps et parce que je supporte pas le monde jreste
    enfermés le plus possible. Et puis j'en ai ma claque qu'on vendent le validisme et le fait
    de sortir comme des positives attitude...comme si on était tous pareil.
     
  26. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  27. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    ben regarde, tu dis que tu sors pas et tu déprimes donc faut croire que tu fais pas exception ^^"
     
  28. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  29. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Faut pas confondre activité et activité rémunérée. En général je suis plutôt active mais ça fait un bail que j'ai rien branlé moyennant finances. Et pour être honnête je passe plus de temps à rien foutre et j'adore buller (regarder des films avec un sandwich, jouer à des jeux vidéos, bouquiner, me balader sans but, discuter avec des amis, mon copain, mes gosses...).

    Complètement d'accord! Et sûrement que si tu bossais tu déprimerais cent fois plus!
    Et surtout c'est sans doute de la maladresse, mais "Tu n'es pas responsable du fait que tu ne trouves pas de boulot." ça peut être pris à l'envers ("tu serais responsable si tu ne cherchais pas un boulot" - c'est vrai que si on n'en cherche pas on ne risque pas d'en trouver!).
    Et parler de "responsabilité" en cas de non recherche de boulot, ça rappelle douloureusement les contrôles administratifs (pour avoir à peine de quoi vivre, faut montrer qu'on n'est pas feignant, preuves de recherche d'emploi à l'appui...)

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    RSA : 2000 bénéficiaires du Nord sanctionnés pour non-recherche d’emploi


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