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Quelques conseils pratiques

Discussion dans 'Activisme, théories et révolution sociale' créé par Anarchie 13, 9 Mars 2014.

  1. ninaa
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  2. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Brochure infokiosque, avec encore plein d'infos pratiques:


    Pour lire l'intégralité de la brochure (avec schémas à imprimer):

    [infokiosques.net] - Manuel pour un peu plus d'autonomie face aux premiers secours
     
  3. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    N'IMPORTE QUOI :thumbsdown2:

    Je ne reprendrai pas ton post point par point mais ça me fout en rogne de voir un gamin jouer les héros en écrivant des conneries dangereuses !

    Si tu veux en parler en privé je suis ton homme.
     
  4. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Bon, je viens de lire, rapidement et en diagonale, certaines interventions et il y a trop d'erreurs alors, s'il vous plait, plutôt que de réécrire ce que vous avez lu et/ou mal compris, inscrivez-vous auprès des pompiers, de la Croix Rouge ou d'une association de sauveteurs secouristes, à une formation minimale en secourisme.

    Formation aux premiers secours — Wikipédia
     
  5. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  6. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Quelques conseils pour bien bloquer son lycée
    Publié le 10 mars 2018 | Maj le 14 mars
    blocage | luttes lycéennes | lycées
    #Blocus #Blocage - Depuis maintenant plusieurs années, des lycéen-ne-s bloquent régulièrement leur établissement dans le cadre de mobilisations sociales. Si ce mode d’action s’est souvent révélé efficace pour propager le zbeul, il n’est pas toujours évident à mettre en place.

    La réussite d’un blocage de lycée dépend de différents paramètres :

    • Le nombre de personnes motivées pour tenir les barrages dès l’aube
    • La présence ou non de flics et leur attitude
    • L’attitude des autres élèves ne participant pas activement à la mobilisation
    • L’attitude de l’administration
    • L’attitude des profs et des autres personnels
    • Eventuellement l’attitude des parents d’élèves (mais c’est rare qu’on les voit dès le premier jour de blocage)
    Tous ces paramètres ne sont pas toujours entièrement maîtrisables, s’il n’existe pas de recette magique et que le contexte local compte pour beaucoup, l’application des conseils développés ci-dessous devrait néanmoins permettre de faire pencher la balance en faveurs des bloqueurs et des bloqueuses!

    Quelques jours avant :
    Si certains blocages peuvent se décider à l’arrache la veille pour le lendemain lors d’événements particuliers (par exemple une menace d’ expulsion d’élèves sans-papiers), mieux vaut toutefois, si la situation le permet, s’y prendre une semaine ou au moins quelques jours en avance pour bien préparer ce type d’action. Il faut donc dans un premier temps essayer de se tenir au courant des grandes dates de mobilisation, annoncées généralement suffisament en avance pour permettre à tout le monde de s’organiser localement.

    • Organiser une assemblée générale (AG)
    C’est une réunion ouverte à tou-te-s les lycée-ne-s qui veulent se mobiliser. Il s’agit d’une étape fondamentale : c’est le moment qui permet de rassembler toutes les personnes plus ou moins motivées pour se lancer dans une mobilisation et de s’organiser collectivement. De plus, il s’agit d’une pratique historique des mouvements sociaux, entièrement légale et reconnue par tous vos potentiels soutiens (profs syndiqués et parents d’élèves en particulier).
    Il est important de savoir qu’un proviseur se doit de fournir une salle à des lycéen-ne-s voulant se réunir, il s’agit d’un droit obtenu par les luttes lycéennes depuis les années 80 [1]. Cependant le proviseur peut exiger que la demande soit effectuée «officiellement» avec une ou plusieurs personnes signant de leur nom sur un petit bout de papier. En cas de menaces de répression sur ces personnes il est important de faire valoir qu’elles ne sont responsables officiellement que de l’organisation de la réunion, et non de ce qui s’y décide.

    Une fois l’autorisation obtenue, c’est le moment de faire connaître à un maximum de personnes l’heure et le lieu de l’AG : affiches, tracts, bouche-à-oreilles... l’info circule vite dans un lycée!

    L’assemblée générale permet non seulement de s’informer et de discuter des raisons de la mobilisation, mais surtout de décider collectivement des moyens d’actions. Le fait de voter formellement le blocage peut par exemple être par la suite un excellent argument à renvoyer à celles et ceux qui chercheraient des leaders sur lesquels faire pression («c’est sûrement pas machin ou truc qui a décidé tout seul qu’il fallait bloquer, c’est nous tou-te-s ensemble lors de l’AG»). C’est aussi l’occasion souvent de rencontrer de nouvelles personnes voulant s’impliquer dans la mobilisation mais qui n’étaient pas en contact à la base avec votre petite bande d’activistes!

    • Ecrire un texte issu de cette AG :
    À la fin de l’AG, une chose importante à faire est de rédiger un petit texte résumant les raisons de la mobilisation et ce qui a été décidé en AG. Ce texte pourra être diffusé par tous les moyens nécessaires. Si le blocage a été voté, c’est toujours mieux de l’annoncer officiellement : l’administration sera de toute façon au courant d’une manière ou d’une autre et cela permet d’afficher qu’il s’agit d’une décision collective prise dans le cadre de l’assemblée générale. C’est aussi un bon moyen pour informer les autres personnels de l’établissement (profs, surveillant-e-s...) et discuter avec elles/eux d’un éventuel soutien à votre mobilisation.

    Lors des quelques jours qui vous restent avant le blocage, c’est aussi le moment d’acquérir et de préparer le matériel certes folklorique mais aussi très utile pour visibiliser et renforcer votre action (banderoles, tracts, pancartes etc.)

    • La veille :
    La veille du blocage, cela peut-être pas mal de prévoir un petit point récapitulatif d’organisation. C’est le moment de rappeler l’heure du rendez-vous le matin, de se compter, de bien être sûr de qui ramène quoi comme matos etc. Il peut aussi être utile à ce moment là d’envoyer très largement des messages de rappel auprès de toutes les personnes potentiellement motivées pour se lever très tôt et venir bloquer!

    Tôt le matin (autour de 7h)
    À l’heure du rendez-vous , c’est bien de se compter et de faire un premier point un peu à l’écart du lycée pour régler les questions techniques, ces dernières sont propres à chaque établissement (nombre d’entrées à bloquer, endroits où aller chercher des poubelles et des barrières...).
    Quoi qu’il arrive, essayez de toujours rester groupés. Si jamais le proviseur et/ou des membre de l’administration sortent pour vous empêcher de bloquer essayez au maximum de rester calme et de discuter avec eux. S’ils se montrent virulent, mieux vaut d’abord faire des chaines humaines pour les pousser tranquillement (mais fermement) vers les portes que leur balancer une floppée de projectiles. L’attitude collective peut également jouer dans la décision des flics, s’ils sont présents, d’intervenir ou non pour casser le blocage. En cas d’intervention de leur part à moins d’être vraiment très nombreux il est généralement très compliqué de leur tenir tête sans risquer une féroce répression.

    De manière générale, en cas de violence de la part de l’administration et/ou d’intervention policière, essayez si possible de filmer! Attention cependant à ne pas filmer les visages de camarades qui seraient en train de commettre des actes répréhensibles.

    À l’heure officielle d’ouverture (autour de 8h)
    Si à l’heure d’ouverture officielle du bahut le blocage tient toujours, c’est que vous vous êtes déjà plutôt bien débrouillés, bravo! C’est le moment d’expliquer aux centaines de lycéen-ne-s qui débarquent que si c’est trop cool de ne pas avoir cours, c’est encore mieux de venir bloquer le matin, d’aller ensuite en manif, bref de participer activement à la mobilisation! C’est le moment de sortir les tracts que vous avez imprimés en masse, de discuter avec un max de monde, d’interpeller vos profs sur la situation! Et puis surtout ne pas oublier d’assurer l’ambiance : chants, slogans, de quoi balancer du son... mais aussi thé, café, petit dèj quoi!

    Un certain nombre de critiques reviennent cependant assez systématiquement lorsqu’on bloque un établissement, sans être exhaustif voici quelques exemples avec des arguments permettant d’y répondre :

    • «C’est illégal» : Alors oui bloquer un établissement scolaire est effectivement illégal, mais les lycéen-ne-s ne disposant pas de moyens d’actions légaux efficaces tels que le droit de grève, il n’existe pas vraiment d’autres solutions (on a rarement vu un gouvernement céder avec de simples manifestations le samedi après-midi).
      Et puis bon c’est peut-être illégal mais ce n’est pas non plus un crime, ne pas pouvoir aller en cours n’a jamais tué personne, se conformer à la légalité dans certains cas peut se révéler bien plus nuisible que de bloquer son lycée (comme rester passif face à la politique migratoire du gouvernement par exemple).
    • «C’est anti-démocratique» : celle-là c’est la meilleure! Depuis quand les décisions concernant tous les élèves sont prises démocratiquement dans un lycée? Est-ce qu’on demande aux lycéen-ne-s leur avis sur l’organisation des emplois du temps, la comptabilisation des absences et des retards, le prix des repas à la cantine...? Là au moins plusieurs dizaines voir plusieurs centaines de lycéen-ne-s se sont réuni-e-s et ont décidé ensemble d’une action collective, si vous voulez faire plaisir aux profs d’histoire il suffit d’expliquer que c’est même le B-A-BA de la citoyenneté (au sens historique du terme hein, pas la version Ve République d’aujourd’hui), qu’on est censé apprendre au lycée...
    • «Vous voulez juste ne pas aller en cours» : alors effectivement ça fait toujours plaiz’ de pas se taper une journée enfermé dans une salle de classe, mais bon franchement on peut difficilement dire que bloquer et participer à un mouvement social soit de tout repos! Si les bloqueurs et les bloqueuses ne voulaient «juste pas aller en cours» ils/elles sècheraient tout simplement, et vacqueraient à leurs occupations de leur côté sans avoir à se lever à l’aube ni se coltiner toute la préparation des journées de mobilisation!
    Voila pour ce qui concerne la réponse aux principales critiques, il existe bien sûr quantité d’autres arguments en faveur du blocage pour ce que ce mode d’action porte en tant que tel : rupture avec le quotidien, libération de temps, importante visibilité médiatique, efficacité en terme de rapport de force etc. Le plus important est de rester en nombre et déterminé afin que d’éventuels opposants au blocage soient découragés de tenter la moindre action!

    Après tout ça, si autour de 10h-11h le blocage tient toujours on peut dire que c’est une vraie réussite, c’est ensuite entre-vous de décider de la suite de l’organisation de la journée, en fonction des envies et du rapport de force (laisser quelques personnes tenir le blocage pendant que les autres vont en manif, le lâcher pour tou-te-s y aller, tou-te-s rester pour être sûr de bien bloquer toute la journée quitte à louper la manif...). En revanche si à un moment ou à un autre le blocage n’a pas tenu ce n’est que partie remise, pas de quoi se décourager!

    En cas d’échec
    On distingue généralement deux principaux facteurs d’échec à un blocage :

    • Vous n’étiez vraiment pas suffisament nombreux/ses : dans ce cas vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous même, il faudra tenter de convaincre plus de monde pour venir bloquer la prochaine fois!
    • Vous vous êtes fait réprimer salement : si c’est souvent une situation très difficile à vivre, avec des conséquences réelles et parfois graves sur les gens qui subissent cette répression (blessures, gav, poursuites administratives et/ou judiciaires), il y a aussi moyen de la retourner à votre avantage.
      Quels que soient les acteurs de cette répression, il faut impérativement chercher à leur faire subir le bad-buzz! Envoyer les flics sur des lycéen-ne-s est en soi quelque chose de scandaleux, tout comme menacer de conseil de discipline des jeunes qui ont commis l’unique faute de se préoccuper de leur avenir. C’est le moment où vous aurez le plus besoin d’allié-e-s : n’hésitez pas à solliciter les personnels syndiqués ou à contacter la FCPE (association de parents d’élèves de gauche plutôt réformiste mais qui ne tolère généralement pas les violences contre les lycéen-ne-s). S’il y a des images, il faut les diffuser au maximum (toujours en faisant attention à ce qu’elles ne mettent pas en danger des participant-e-s à la mobilisation), il faut que les responsables de la répression payent par une dégradation de leur image publique, c’est généralement la seule chose à laquelle ils/elles tiennent, c’est ce qui les fera réfléchir à deux fois avant de recommencer!
      S’il existe dans votre ville un collectif militant contre la répression, contactez-le vous devriez y trouver des camarades qui sauront vous aider pour la suite [2].
    Ces conseils, en espérant qu’ils vous soient utiles, ne constituent pas pour autant un mode d’emploi. Comme toutes les pratiques de lutte le blocage n’a pas vocation à s’enfermer dans une forme figée, au risque de perdre de son efficacité. Ne laissez surtout pas de côté votre créativité, en essayant toujours de vous adapter au contexte local de votre lycée. Bon blocage à toutes et tous!

    P.-S.
    Texte proposé par un ancien lycéen ayant beaucoup pratiqué les blocages, qui maintenant devenu prof se permet de donner des leçons de mobilisation... À diffuser quand même auprès de tou-te-s les lycéen-ne-s déters qui comptent un jour (re)bloquer leur lycée!

    Notes
    [1] Voir ici la marche à suivre

    [2] Pour Paris et l’Ile-de-France, la coordination contre la répression peut être contactée à l’adresse stoprepression [at] riseup.net

    Quelques conseils pour bien bloquer son lycée
     
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    La GAV : recettes théoriques et pratiques (par legal team Nantes/ZAD)

    La brochure est mis à jour décembre 2017.

    Pour télécharger la brochure: https://zad.nadir.org/IMG/pdf/garde...t_pratiques_-_legal_team_zad_dec._2017_a5.pdf

    Pas mal d'autres infos sur l'Anti Répression : Anti Répression - Zone A Défendre
     
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    Le droit de grève, comment ça marche ?
     
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    La folle volonté de tout contrôler
    (clique droit puis enregistrer la source du lien sous...)

    [Brochure] La folle volonté de tout contrôler : Sur 50 fichiers de police-justice et les moyens d'en sortir
     
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    A propos des convocations pour « audition libre » (enquêtes 1er mai)
     
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    Jamais éteindre son téléphone : une nouvelle approche a la culture de la sécurité
    Posted on 11 décembre 2018 by Attaque

    325 / dimanche 11 novembre 2018

    Dans les années 80, un/e anarchiste qui voulait, par exemple, mettre le feu à un bâtiment, élaborait son plan et en même temps elle/il regardait s’il n’y avait pas de dispositifs d’écoute chez lui/elle. A la fin des années 90, le/la même anarchiste éteignait le téléphone et utilisait des messages cryptés sur internet. Dans les années 2020, il nous est nécessaire de repenser notre stratégie : la collecte d’informations s’est améliorée et nous devons tenir compte aussi de cela.

    Pour commencer, regardons comment l’analyse des données est utilisée. Pour ce faire, nous devons parler de trois choses : les métadonnées, les modèles et les réseaux. Cela semble ennuyeux et difficile, mais je ne suis pas un technicien et je ne vais pas vous ennuyer avec un langage technique ; je ferai les choses les plus simples possibles.

    Métadonnées (metadata): dans le contexte de l’activité en ligne, « le contenu » signifie « le message qu’on envoie » tandis que « métadonnées » signifie « tout sauf le contenu ». Si par exemple vous envoyez à un ami un texte à propos d’un dîner, le contenu peut être : « Allons dîner » et les métadonnées peuvent être : « Message envoyé le 01/04/2018 à 11h32, depuis le numéro 0478239055 au numéro 079726823, en utilisant Signal ».

    Cette information est enregistrée par votre téléphone, même si l’application crypte votre vrai message. Vos métadonnées sont très peu protégées par la technologie et très peu protégés par la loi. Peu importe dans quel pays vous êtes, la plupart de vos métadonnées sont librement accessibles aux services spécialisés, indépendamment du fait que vous soyez suspectés de quelque chose ou pas.

    Modèles (templates) : que vous vous en rendiez compte ou pas, vos métadonnées ont un modèle. Si vous travaillez toute la journée, vous pouvez avoir une configuration (pattern) très uniforme ; s’il n’y a pas un travail, votre modèle peut être plus flexible, mais vous avez un modèle. Si quelqu’un veut connaître le rythme de votre journée, il peut le faire très facilement, parce que votre modèle est dans les métadonnées.

    Par exemple : peut-être que vous utilisez le Wi-Fi dans votre bar préféré la plupart des dimanches soirs, jusqu’à minuit, vous vous levez vers 10h du matin et contrôlez votre messagerie Signal, vous utilisez votre Navigo pour aller en cours le lundi aprèm, et vous passez environ 1 heure sur Timblr deux fois par jour. Tout cela fait partie de votre modèle.

    Réseau : Vous avez un réseau en ligne. Vos amis sur Facebook, les personnes dans l’agenda de votre portable, le Dropbox que vous partagez avec vos collègues, tou.te.s celles/ceux qui achètent en ligne les billets pour le même concert punk que vous, les personnes qui utilisent le même Wi-Fi que vous. Prenez vos réseaux, combinez-les avec les réseaux d’autres personnes et les agrégats (clusters) se montreront tous seuls. Votre entourage de travail, votre famille, votre milieu activiste, etc.

    Si vous participez au milieu anarchiste, cela est susceptible d’être tout à fait évident de par toutes vos petites connections au réseau, comme aller voir le même groupe de musique et connaître les mêmes personnes que les autres anarchistes. Même si vous n’avez jamais cliqué sur une page Facebook d’anarchistes, ou jamais cliqué sur le bouton « j’y vais » d’un événement anarchiste sur Facebook, c’est difficile de cacher votre réseau.

    Maintenant, disons que vous avez commis un crime, quelque chose qui porterait à des investigations sérieuses.

    Supposons que dimanche à 3 heures du matin, vous et vos amis alliez incendier la maison d’un nazi. (Bien sûr, je ne dirais jamais à aucun de vous de faire quelque chose comme ça) C’est évident que ce sont les anarchistes qui l’ont fait, mais il n’y a pas de pistes. Vous vous appuyez sur une culture de la sécurité traditionnelle : vous brûlez vos notes, vous essayez de ne pas parler de vos plans à côté d’appareils technologiques et vous ne laissez aucune trace physique.

    Mais puisque vous avez commis un crime cette nuit-là, vos métadonnées seront très diffèrentes de votre rythme habituel : vous restez dans votre bar habituel jusqu’à 2 heures du matin pour attendre vos amis, vous ne vous réveillerez pas à 10 heures pour contrôler votre messagerie Signal ou vous resterez sur Tumblr seulement pendant une heure de la journée. Vous n’irez pas en cours. Votre modèle de métadonnées est très diffèrent de votre modèle normal. Les modèles de métadonnées de vos amis sont différents aussi. Si l’un de vous est maladroit, ils peuvent générer un signal de métadonnées hautement suspect, par exemple le téléphone est éteint à 2h30 de la nuit et il est activé à 4 heures du matin. Vous ne seriez pas les premiers.

    Si je voulais résoudre ce crime en utilisant l’analyse des données, je procéderais de la sorte:
    – mettre un logiciel à analyser les configurations du milieu anarchiste local, afin d’identifier le 300 personnes les plus liées au milieu anarchiste ;
    – mettre un deuxième logiciel à analyser des extraits de métadonnées de ces 300 personnes des derniers mois, afin d’identifier les changements les plus importants dans ces métadonnées, ce dimanche soir, tout comme toute activité de métadonnée hautement suspecte ;
    – exclure les variations de configuration qui ont un motif évident ou un alibi évident (des personnes qui sont en vacances, celles qui sont à l’hôpital, celles qui ont perdu leur travail, etc.)
    – procéder à une étude plus approfondie de ceux/celles qui restent.

    C’est ça : de l’énorme nombre de personnes que je ne pourrais pas interroger en même temps, je peux rapidement en identifier un petit nombre, de façon à pouvoir les contrôler de près. Ainsi, je pourrais vous trouver et vous chopper.

    Et du coup ?

    Si une culture de la sécurité traditionnelle ne nous protège pas comme avant, comment nous adapter ? Eh bien, je n’ai pas de réponses, mais pour commencer je dirais : connaissez votre réseau et connaissez votre modèle.

    Dans le cas de l’exemple de toute à l’heure : quittez le bar à minuit, rentrez chez vous et mettez le téléphone sur votre table de chevet. Contrôlez les applications que vous contrôlez habituellement avant d’aller dormir et mettez votre réveil à 10h. Retournez au bar sans téléphone. Réveillez vous à 10h du matin et contrôlez votre messagerie Signal. Ramenez-vous en cours ou demandez à un amis de voyager avec votre Navigo et n’utilisez pas de technologie chez vous pendant qu’il le fait. Tenez-vous en à votre modèle. N’éteignez jamais le téléphone.

    Vous pouvez aussi manipuler votre réseau, mais cela est beaucoup plus difficile. Ne pas utiliser de smartphone de manière générale et abandonner toute activité sociale sur internet – cela demande une motivation sérieuse. Connaître votre modèle de données et s’assurer qu’il apparaisse ordinaire est plus facile.

    Certaines des anciennes règles s’appliqueront encore : ne pas parler du crime à côté d’appareil munis de microphones, ne pas se vanter après des actions qui ont eu du succès, etc. D’autres règles, comme « éteindre le téléphone quand on organise des actions illégales », doivent être changées, puisque leur métadonnée paraît trop inhabituel. Personne d’autre déconnecte son téléphone. Nous devenons suspects quand nous le faisons.

    Cela est seulement une idée de comment nous pouvons mettre à jour notre culture de la sécurité. Peur-être qu’il y a d’autres personnes avec d’autres idées, meilleures, sur comment le faire. Si une discussion commence, on peut arriver quelque part.

    Enfin : il faut continuer à s’adapter

    Comme la technologie change, de plus en plus d’informations émergent, y compris des données sur lesquelles nous avons très peu de contrôle. En sont des exemples les smart-TV et les panneaux publicitaires qui écoutent chaque mot que nous disons dans les lieux publiques, ainsi que le ton de notre voix quand nous parlons. A l’heure actuelle, les projets d’analyse de données utilisent des logiciels de lecture de plaques minéralogiques afin de comparer des configurations de circulation de véhicules. Cela en dit long sur le le fait qu’ils seront bientôt prêts à faire de même avec la reconnaissance faciale, après quoi la présence de notre visage dans l’espace public deviendra partie de nos métadonnées. Des informations supplémentaires signifient une analyse des données plus précise. Notre métadonnée pourrait bientôt être trop vaste, ce qui veut dire qu’il sera trop difficile pour nous d’en tenir compte et de le reconstituer complètement. Cela signifie qu’il nous faudra adapter nos contre-mesures si nous voulons cacher quelque chose.

    Comment garder tout cela secret ? Je ne sais pas. Mais essayons de comprendre toute cette merde. Ce sont mes premières réflexions sur ce à quoi devrait correspondre une culture de la sécurité dans une époque d’analyse moderne de grands panels de données, et je serais très contents de recevoir des compléments de la part de camarades qui ont des idées à ce propos.
    Aussi, sentez-vous libres de diffuser et modifier ce texte sans références.

    Jamais éteindre son téléphone : une nouvelle approche a la culture de la sécurité | Attaque
     
  15. ninaa
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  16. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Suite des actions collectives contre le fichage policier
    Publié le 30 septembre 2018 | Maj le 1er février
    11e arrondissement | fichage | criminalisation
    (Mise à jour 2019) Prochaine réunion du collectif, lundi 11 février 2019 au CICP — et toutes les deux semaines jusqu’en décembre. Mise à jour : des modèles de lettres à télécharger.

    NB : le collectif a créé une adresse mail pour faciliter les contacts : collectifantifichage(at)riseup.net
    Au mois de juillet, comme annoncé ici auparavant, notre collectif Anti-fichage a envoyé plusieurs dizaines de lettres recommandées au ministère de l’Intérieur afin d’exercer notre droit d’accès aux données contenues dans les deux fichiers de signalement, FAED (empreintes digitales et photos du visage) et FNAEG (empreintes génétiques). La plupart d’entre-nous ont déjà reçu des réponses, soit notifiant l’absence de signalement, soit au contraire signifiant à l’intéressé-e la présence d’un ou plusieurs signalements, la date de l’enregistrement et (parfois) les qualifications retenues pour le justifier.

    [Edit 7/10, 30/11]
    Nous partageons ici des modèles de lettres pour exercer ces droits (versions .odt modifiables) - voir aussi en PJ de cet article :

    Pour être absolument à jour sur les procédures (certaines ont changé depuis une loi et un décret de 2018), rendez-vous sur le site de la CNIL (fenêtre de recherche dès la page d’accueil) et consultez la page de chaque fichier pour lequel vous désirez engager des démarches. Nous vous renvoyons aussi vers l’excellente brochure publiée le 30 septembre par nos camarades de Rebellyon, qui propose aussi des lettres-types avec en référence les mentions des textes réglementaires de chaque fichier.

    Dans des réponses aux requêtes FAED, certain-e-s personnes ont eu la surprise de découvrir que les flics les «invitaient» à se rendre dans un commissariat pour que leurs empreintes soient «relevées», afin de les comparer avec celles présentes dans le fichier... Et ce pour que vérifier qu’il s’agit bien de la bonne personne et pas d’une homonymie... Empreintes qui seraient alors immédiatement effacées... Personne n’a répondu à cette «invitation». À partir du moment où les données correspondent aux faits connus par les intéressé-e-s, nul besoin de se soumettre à cette sournoise «invitation».

    Demander à accéder à ses données est la première étape pour en demander ensuite l’effacement auprès du procureur de la République. Quelque soit l’histoire de chacun-e, l’effacement peut être demandé, même si au final c’est le proc qui décide du sort qu’il en fera... Tous les membres du collectif sont d’accord pour engager une démarche collective pour réclamer la suppression de toutes traces dans ces fichiers.

    Désormais, nous nous réunissons tous les 15 jours afin de travailler sur cette stratégie – la prochaine réunion aura lieu le lundi 15 octobre à 19h30 au CICP [1]. Réunions ouvertes à celles et ceux souhaitant s’engager politiquement dans cette action commune, car tout est fait bien entendu pour individualiser les requêtes et isoler chacun-e dans son coin.

    D’autres personnes ont effectué les mêmes démarches de droit d’accès afin de savoir si les flics détiennent d’autres données les concernant dans des bases de données comme le TAJ (alimenté en garde à vue), le FPR (d’où sont issues les "fiches S"), le fichier européen Schengen (SIS II), voire ceux du renseignement territorial (les ex-RG) alimentés par les services préfectoraux de chaque département. Ce n’est qu’une infime partie de ce qui nous contrôle, comme le montre cette image d’une carte (non exhaustive) parue dans la Revue Z n°11.

    [​IMG]
    Concernant les fichiers policiers autres que FAED et FNAEG, la loi vient de changer. Jusqu’ici, il fallait passer par la CNIL pour faire cette demande de manière "indirecte", mais depuis le décret n°2018-687 du 1er août 2018 (motivé par un texte européen), il faut maintenant écrire directement au siège de la maison poulaga (Ministère de l’Intérieur, Place Beauvau 75800 PARIS – comme indiqué ici par la CNIL). Là aussi, les requêtes d’effacement devront se faire auprès du proc.

    Nous ne sommes pas dupes sur l’issue de ces procédures. Les procureurs et leurs chefs auront toujours le dernier mot pour décider qui aura l’insigne honneur d’être rayé des listes. Mais l’objectif est de leur tenir tête ensemble en agissant collectivement.

    Le collectif

    P.-S.
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    Notes
    [1] CICP, 21 ter rue Voltaire, Paris 11, L9 Rue des Boulets. Salle réservée un lundi sur 2 à 19h30 jusqu’à fin décembre.

    Suite des actions collectives contre le fichage policier
     
    raaph apprécie ceci.
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