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Pourquoi sommes-nous anarchistes ? Élisée Reclus

Discussion dans 'Bibliothèque anarchiste' créé par Marc poïk, 2 Mai 2017.

  1. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Pourquoi sommes-nous anarchistes ?

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    Texte d’Élisée Reclus paru dans la
    Société nouvelle, le 31 août 1889,
    repris par la revue Itinéraire.


    " Les quelques lignes qui suivent ne constituent pas un programme. Elles n'ont d'autre but que de justifier l'utilité qu'il y aurait d'élaborer un projet de programme qui serait soumis à l'étude, aux observations, aux critiques de tous les révolutionnaires communistes.

    Peut-être cependant renferment-elles une ou deux considérations qui pourraient trouver leur place dans le projet que je demande.

    Nous sommes révolutionnaires parce que nous voulons la justice et que partout nous voyons l'injustice régner autour de nous. C'est en sens inverse du travail que sont distribués les produits du travail. L'oisif a tous les droits, même celui d'affamer son semblable, tandis que le travailleur n'a pas toujours le droit de mourir de faim en silence : on l'emprisonne quand il est coupable de grève. Des gens qui s'appellent prêtres essaient de faire croire au miracle pour que les intelligences leur soient asservies ; des gens appelés rois se disent issus d'un maître universel pour être maître à leur tour; des gens armés par eux taillent, sabrent et fusillent à leur aise ; des personnes en robe noire qui se disent la justice par excellence condamnent le pauvre, absolvent le riche, vendent souvent les condamnations et les acquittements; des marchands distribuent du poison au lieu de nourriture, ils tuent en détail au lieu de tuer en gros et deviennent ainsi des capitalistes honorés. Le sac d'écus, voilà le maître, et celui qui le possède tient en son pouvoir la destinée des autres hommes. Tout cela nous paraît infâme et nous voulons le changer. Contre l'injustice nous faisons appel à la révolution.

    Mais "la justice n'est qu'un mot, une convention pure", nous dit-on. "Ce qui existe, c'est le droit de la force !" Eh bien, S'il en est ainsi, nous n'en sommes pas moins révolutionnaires. De deux choses furie: ou bien la justice est l'idéal humain et, dans ce cas, nous la revendiquons pour tous ; ou bien la force seule gouverne les sociétés et, dans ce cas, nous userons de la force contre nos ennemis. Ou la liberté des égaux ou la loi du talion.

    Mais pourquoi se presser, nous disent tous ceux qui, pour se dispenser d'agir eux-mêmes, attendent tout du temps. La lente évolution des choses leur suffit, la révolution leur fait peur. Entre eux et nous l'histoire a prononcé. Jamais aucun progrès soit partiel, soit général ne s'est accompli par simple évolution pacifique, il s'est toujours fait par la révolution soudaine. Si le travail de préparation s'opère avec lenteur dans les esprits, la réalisation des idées a lieu brusquement: l'évolution se fait dans le cerveau, et ce sont les bras qui font la révolution.

    Et comment procéder à cette révolution que nous voyons se préparer lentement dans la société et dont nous aidons l'avènement par tous nos efforts ?

    Est-ce en nous groupant par corps subordonnés les uns aux autres ? Est-ce en nous constituant comme le monde bourgeois que nous combattons en un ensemble hiérarchique, ayant ses maîtres responsables et ses inférieurs irresponsables, tenus comme des instruments dans la main d'un chef ?

    Commencerons-nous par abdiquer pour devenir libres ? Non, car nous sommes des anarchistes, c'est-à-dire des hommes qui veulent garder la pleine responsabilité de leurs actes, qui agissent en vertu de leurs droits et de leurs devoirs personnels, qui donnent à un être son développement naturel, qui n'ont personne pour maître et ne sont les maîtres de personne.

    Nous voulons nous dégager de l'étreinte de l’État, n'avoir plus au-dessus de nous de supérieurs qui puissent nous commander, mettre leur volonté à la place de la nôtre.

    Nous voulons déchirer toute loi extérieure, en nous tenant au développement conscient des lois intérieures de toute notre nature. En supprimant l’État, nous supprimons aussi toute morale officielle, sachant d'avance qu'il ne peut y avoir de la moralité dans l'obéissance à des lois incomprises, dans l'obéissance de pratique dont on ne cherche pas même à se rendre compte. Il n'y a de morale que dans la liberté. C'est aussi par la liberté seule que le renouvellement reste possible. Nous voulons garder notre esprit ouvert, se prêtant d'avance à tout progrès, à toute idée nouvelle, à toute généreuse initiative.

    Mais, si nous sommes anarchistes, les ennemis de tout maître, nous sommes aussi communistes internationaux, car nous comprenons que la vie est impossible sans groupement social.

    Isolés, nous ne pouvons rien, tandis que par l'union intime nous pouvons transformer le monde.

    Nous nous associons les uns aux autres en hommes libres et égaux, travaillant à une œuvre commune et réglant nos rapports mutuels par la justice et la bienveillance réciproque. Les haines religieuses et nationales ne peuvent nous séparer, puisque l'étude de la nature est notre seule religion et que nous avons le monde pour patrie. Quant à la grande cause des férocités et des bassesses, elle cessera d'exister entre nous. La terre deviendra propriété collective, les barrières seront enlevées et désormais le sol appartenant à tous pourra être aménagé pour l'agrément et le bien-être de tous. Les produits demandés seront précisément ceux que la terre peut le mieux fournir, et la production répondra exactement aux besoins, sans que jamais rien ne se perde comme dans le travail désordonné qui se fait aujourd'hui. De même la distribution de toutes ces richesses entre les hommes sera enlevée à l'exploiteur privé et se fera par le fonctionnement normal de la société tout entière.

    Nous n'avons point à tracer d'avance le tableau de la société future : c'est à l'action spontanée de tous les hommes libres qu'il appartient de la créer et de lui donner sa forme, d'ailleurs incessamment changeante comme tous les phénomènes de la vie.



    Mais ce que nous savons, c'est que toute injustice, tout crime de lèse- majesté humaine, nous trouveront toujours debout pour les combattre.

    Tant que l'iniquité durera, nous, anarchistes-communistes- internationaux, nous resterons en état de révolution permanente. "



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    Elisée Reclus (1830 - 1905)
    Publié le 1 Décembre 2014 par Socialisme libertaire
     
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  2. Oni21
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    Et là c'est la merde, car aussi bien au niveau de la prise de conscience que du rapport de force, on l'a profond en version grand format.

    Tu vois, pour moi, il faut déjà gagner les cœurs avant de tenter le rapport de force. Car j'ai beau y réfléchir, les actions de résistance ou de révolte que je trouves admirable par leur abnégation, n'arrive pas à me convaincre de leur efficacité. L'arsenal répressif s'est nettement améliorer et sauf idée lumineuse que je n'ai pas, je ne vois pas d'autres solutions qu'un bloc majoritaire de la population qui se lève et refuse enfin d'obéir.

    Un terrain de lutte qui n'est pas du tout investi est pour moi la guerre qui est mené sur le terrain des idées. Vous avez du suivre, mais le concept de "fait alternatif" en est une preuve flagrante, et très insidieusement les journalistes reprennent ces mots qui n'ont qu'une signification: mensonge. Mais la novlangue fait petit à petit son chemin. Et la pensée s'appauvri, est perverti.

    Moi là seule lutte que je suis arrivé à mener, et pas toujours avec succès, c'est celle de ma liberté de pensée. Putain que c'est dur, nous sommes attaqués de toutes parts, et la majorité du peuple ne s'en rend même pas compte.

    Nous parlions sur une autre fil de discussion des raisons qui expliquent le peu de prise des idées anarchistes dans la population. Mais putain, quand on regarde un peu l'histoire du mouvement, pour moi les plus grandes défaites ne se situent pas sur le terrain et dans les répressions sanglantes subies. Elles l'ont été sur le terrain des idées. On aurait une étude réalisé sur la définition de l'anarchie auprès de la population on pleurerait. Sur la masse de gouverner et d'exploiter, combien remette cause l'exploitation de l'homme par l'homme ? et il y en a encore moins du gouvernement de l'homme sur l'homme.

    Dans les idées à la con qui me viennent en ce moment, j'ai envie de participer à un black bloc pacifique pour créer une vidéo virale pour rétablir la vérité et reprendre du terrain.
     
  3. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    C'est tout le principe anarchiste que trop ont oublié. Ce qui est fantastique c'est ça c'est que les anarchistes d’aujourd’hui ont oublié que leur premier devoir est d'apprendre aux gens. Mais ils ne le font pas pire quand on le fait ils en rigolent même; hè regarde le con qui tente de faire passer des idées anarchistes (vécu et plus d'une fois et par des anarchistes). Aujourd’hui l'anarchiste n'est plus révolutionnaire il s'inscrit plus dans une manière de vivre individualiste ou la recherche du plaisir ne se concentre que sur lui même ou au mieux sur un entourage très restreint. De véritables anarchistes j'en connais mais ils sont rare. Par contre je rencontre souvent des bâtardisés marxo-anars. Donc des gens qui ne croient plus au bolcheviques , aux socialistes et cherchent ailleurs en s'inventant un anarchisme qu'ils ne connaissent même pas. Ce sont des marxistes ou socialistes qui revendiquent de la liberté.
     
  4. Oni21
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    Tu vois ce que tu dis ça me rassure un peu. Car quand je vous lis j'en arrive à me poser des questions sur le fait que je me sois toujours défini comme anarchiste alors que je n'ai quasiment jamais fait partie de mouvement ou d'action. Mais je me suis toujours battu sur le terrain des idées, et je ne peux pas arrêter car c'est viscérale, quand j'entend une connerie, je ne peux m'empêcher d'essayer de convaincre la personne que son propos est inepte, et surtout je refuse de laisser des ignorants véhiculer des idées néfastes sans leur opposer mais réponse armée (d'une plume ou d'un verbe).
     
  5. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Je ne pense pas qu'il faut participer à des action ou mouvement pour être anarchiste. Je vais dire même mieux les véritables anarchistes que je connais ne participent pas à cela. Par contre ils enseignent , changent la pensée des gens , leur montre le monde tel qu'il est, leur ouvrent les yeux, agissent comme des virus pour faire grandir les gens et qu'ils ne soient plus des soumis ou des adeptes d'une religion politique ou politicienne.
    Si ils ne se battent plus ou rarement en rue c'est parce-qu’ils ont comprit que cela ne servait à rien. Ils ne renient pas qu'il faut continuer à occuper la rue mais sont persuadé que changer les gens en eux même est bien plus important. Quand on change une personne on change tout et il faut des générations pour démolir cela. Çà prend beaucoup plus de temps mais sur la longueur c'est bien plus efficace. Imagine que demain plus personne ne croient aux politiques, aux religion voient les flics comme des ennemis, soient contre les guerre, soient as raciste, ect. Mais ceux qui gouvernent ne sauront plus rien faire car si ils vivent ceux qui nous oppriment c'est parce qu'un très grand nombre cautionnent et participent.
    Je préfère changer les consciences, les gens que de faire des manif ou action. Mème si j'en fais mais c'est plus pour rencontrer des potes et discuter que pour la revendication elle même car je sais que de toute manière par une manifestation on ne nous écoute pas.
    Par contre change les gens , là ça les emmerde car tu changes la donne. Et dans la pratique il y a aussi un tas de chose à faire pour améliorer les choses ou pour pirater leur système.
    Un jour j'expliquais que pour faire tomber un arbre quand on a pas de tronçonneuse on ronge les racines, ça prend du temps mais une fois chose faire l'arbre tombe et meurt à coup sur. Donc quand on a pas la force de combat mangeons les racines de l'arbre que l'on veut faire tomber et tant pis pour le temps que çà prendra.
     
  6. Oni21
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    Je te rejoins à 99%

    "Voir les flics comme les ennemis" que je changerai en l'institution policière, j'ai toujours eu du mal avec le fait de tous les mettre dans le même sac. Pour moi, il en a pas mal qui font ce boulot pour nourrir leur famille et qui ne cautionne pas les dérives de leurs collègues et de leur hiérarchie.
     
  7. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Tout à fait sauf que si leur chef leur dit de te tire rune belle dans la tête ils le feront. J'apparente cela à de la prostitution ( ne pas confondre avec ces pauvres femmes qui le font pour survivre ou obligées et contraintes). Ils vendent leur âme pour quelques deniers. Le jour ou je verrait les flics dire merde à leur chef et donc feront ce qui est bien pour les gens là j'y croirais peut être un peu plus.
    On rentre à la police gentillement en croyant changer le monde parfois mais après un an on a le cerveau lavé et on obéit aux ordres sans restriction. Un homme , pour moi, un vrai, ne se vend pas, ne fais pas des choses qui sont contraire à sa conscience pore si c'est pour de l'argent. Il y a d'autres métier que policier. Moi même j'ai , il y a longtemps, signé à l'armée, en croyant que j'allais révolutionner le monde , apporter du bien , enfin des conneries quoi. Mais très vite j'ai vu que ce n'était pas ça et je suis parti dès que j'ai pu. Pourtant je n'avais rien après, je me mettais dans la merde financière, mais je respectais ma conscience. Comme un autre jour j'ai eu l'opportunité de rentrer dans une fabrique d'arme, j'ai refusé avec comme argument que jamais je ne fabriquerais une balle ou une arme qui tuerait une personne car la fabriquer c'est participer au meurtre de la personne tuée par cette arme. Ça fait partie du refus de parvenir des anarchistes, on ne se vend pas pour du pognon même si on est dans la merde. Notre âme n'est pas à vendre.
     
  8. Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptes
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    Barbe_Noire ou l'un de ses multi-comptesPirate & corsaire Expulsé par vote

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    Décidément, ça vaut pour vous deux mais aussi pour l'ensemble des membres de ce forum ,j'aime bien vos échanges. Que je sois ou non d'accord, d'autres points de vue sont toujours enrichissants et empêchent de s'encroûter dans ses propres idées préconçues . {thumbsup}

    Concernant les flics et autres gendarmes, comme Oni21 je n'aime pas les généralisations trop rapides et ai pris le temps de m'en expliquer ici et par exemple.

    La responsabilité institutionnelle est bien supérieure à celles des individus mais c'est parce que les individus acceptent d'obéir que telle ou telle institution est un outil d'oppression !


    Il ne faut pas oublier - JAMAIS - que ce sont nos gentils pandores qui ont fomenté la raffle du Vél d'hiv et que si tel ou tel baqueux frappe lâchement un lycéen c'est sous le couvert de l'institution.

    Il y a TOUJOURS une responsabilité individuelle et collective - institutionnelle - c'est pourquoi je ne pourrais pas être flic ou maton, je dirais même que nous sommes toutes et tous responsables (par nos votes, nos regards détournés ou non, les vidéos publiées sur le net etc etc).





    Tiens, je repense à ce chauffeur de car qui a refusé la réquisition des flics pour rameuner des réfugiés à la frontière italienne ou cet agriculteur que le procureur - représentant de l'état - a osé poursuivre en justice.

    Il y a encore des un types bien et qui méritent le respect.
     
  9. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Je partage avec vous un texte sur le sujet qui nous intéresse ici:
    Blasphegme
    Main de fer ou gant de velours ?
    Texte version PDF: https://fr.theanarchistlibrary.org/library/blasphegme-main-de-fer-ou-gant-de-velours.pdf
    « La tyrannie la plus redoutable n’est pas celle qui prend figure d’arbitraire, c’est celle qui vient couverte du masque de la légalité. » (Albert Libertad)


    La police, le bras armé de l’État, viole, mutile et tue. Des tragédies s’enchaînent les unes après les autres, et pour y répondre des demandes sont faites à « l’État de droit » contre ces mauvais éléments qui seraient présents dans les rangs de la police (désarmer la police, que la justice juge et punisse les policiers assassins, que la police des polices punisse ses mauvais éléments, qu’il n’y ait plus de bavures, qu’il n’y ait plus de « morts pour rien » … ). Comme si c’était un problème individuel, une poignée de personnes qui agiraient mal et empoisonneraient cette institution de l’État.



    Le policier quand il tabasse, viole, tue quelqu’un dans le cadre de son travail, il ne fait que son boulot. Ce ne sont pas des gens nés sadiques, mais bien évidemment que le pouvoir qu’ils ont et qui leur monte à la tête contribue à un certain sadisme. C’est la fonction même de policier qui peut, dans certaines situations, nécessiter qu’ils soient violents, sadiques. Si les gens ne se laissent pas humilier quotidiennement (contrôles d’identités, insultes, etc.) il faut bien que ces fonctionnaires mènent à bien leur sale boulot. Et sans aucun doute qu’ils ont envie de se venger quand ils se sentent humiliés à leur tour, parce que c’était pas forcément leur rêve d’enfance de devenir larbin de l’État, mais pour pouvoir se regarder dans la glace il faut bien qu’ils s’imaginent qu’ils sont tout puissants.



    La justice et la police sont de simples gardes-fous, qui veillent à ce que personne ne mette de sable dans les rouages de la machine étatique, et lorsque malgré tout cela arrive, la police est là pour rétablir les choses, pour protéger l’État à tout prix, empêcher que le contrôle sur la société ne soit perdu, même momentanément. Car le plus grand danger pour l’État c’est que les petits gestes de rébellion se diffusent socialement, alors il faut les couper à la racine, de façon radicale parfois, quitte à inventer des histoires pour se justifier lorsque la méthode répressive a dépassé les limites des lois qu’ils créent.



    Une police gentille, non-violente, ce n’est pas une utopie, c’est tout à fait réalisable. Mais une telle situation ne pourrait se passer que dans une société totalement pacifiée, où le moindre petit éclat de colère n’existerait pas, où les passions seraient éteintes, la stabilité de la société devenant la valeur suprême, la communauté devenant tout, et l’individu rien.



    Pour avoir une police gentille il faudra sacrifier nos individualités à un bien commun et un monde de valeurs qui ne laissent pas de place aux passions; une société basée sur la médiation, la pacification, le sacrifice, l’accommodation et le compromis. Dans ce meilleur des mondes la plus grande punition serait le bannissement, et chaque citoyen revêtirait la responsabilité de défendre l’ordre existant. Et quel rôle aurait alors la police ? Elle aurait toujours le même rôle, celui de veiller à ce que la société fonctionne bien, de débusquer les réfractaires et les empêcher d’inciter les autres à ne pas respecter les règles du jeu. Bien sûr que pour remplir son rôle elle aurait toujours tout un panel de méthodes, mais parfois il y a bien plus efficace que la violence physique.



    Nous ne voulons pas de cette société qui engendrerait une police non violente, ni de celle qui produit des flics violents, nous ne voulons pas d’une société qui produit des flics tout court, y compris celui dans notre tête. S’il y a des flics c’est pour protéger ce système capitaliste, ce monde d’exploitation et de misère, et nous empêcher de nous réaliser pleinement en tant qu’individus.



    Peu importe que la clôture qui nous entoure ait des barbelés, qu’elle soit électrifiée ou plus ou moins haute. Le problème c’est que nous soyons enfermés, et pas comment nous sommes enfermés. Des flics gentils, des maîtres gentils, cela restera une autorité au dessus de nos têtes, des normes sociales qui dictent nos vies, qui les atrophient; cela restera un État qui contrôlera chaque parcelle de notre existant. Alors que nos rêves sont bien trop grands pour les limites étroites de n’importe quel État, et que la résignation n’est pas une option.



    Nous ne voulons ni de la main de fer ni du gant de velours. Nous préférons couper cette main étatique, quelle qu’elle soit, qui ne peut servir qu’à nous étrangler.



    CAR NOUS VOULONS DÉTRUIRE LE POUVOIR, CEUX QUI LE DÉTIENNENT, ET CEUX QUI LE DÉFENDENT !


     
  10. Oni21
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    Putains, je sais que je suis chiant et que je viens toujours chipoter, mais ne m'en voulez pas, je partage d'ailleurs vos points de vue, mais je ne peux m'empêcher de nuancer. Dans le cas de n'importe lequel de nos ennemis institutionnels et des hommes et des femmes qui en sont les acteurs, je ne peux m'empêcher de croire que nous pouvons les convaincre de sortir du rang. Car si un jour nous nous levons il faudra qu'ils rejoignent nos rangs...sinon ce sera de nouveau un bain de sang.

    Je penses que nombre d'entre vous en ont déjà entendu parler, mais cela complète ce que disais Marc sur la soumission à l'autorité et les mécanismes psychologiques qui ont cours pour que nous nous soumettons.

    L'obéissance (soumission à l'autorité) - Cours de psycho sociale
     
  11. mc²
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    Bizarre croyance puisque toi-même, chef de service éducatif de la DDASS et se disant anarchiste, tu nous as dit que, loin de sortir du rang, tu veux monter dans la hiérarchie.
     
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  12. Oni21
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    Oui pour pouvoir avoir les moyens d'agir et de modifier le système car je crois en mes idées.

    PS: Pour info on ne dit plus DDASS mais ASE, mais c'est la même chose.
     
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