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Mouvement contre l'impunité policière et le racisme

Discussion dans 'Politique et débats de société' créé par Anarchie 13, 12 Juin 2020.

  1. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  2. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    Apparemment l'executif aurait peur du mouvement en cours et de la colère de la jeunesse (avec un discours bien paternaliste comme quoi on aurait besoin de se rassurer suite au confinement avec un idéal commun : l'antiracisme).
    Il explique aussi que les universitaires ont leur part de responsabilité à cause des théories post-coloniales sur les "racisés" et l'"ethnicisztion dd la question sociale" qui diviserait la nation bien que je sois pas un adepte de ces théories et que je ne sois pas admiratif des travaux universitaires c'est du foutage de gueule de faire croire que la division de la nation viendrait de ces théories et pas des exactions de la police et des reacs comme Zemmour pour lequel il est "aux petits soins" comme le rappelle justement cet universitaire :

    https://twitter.com/Uneheuredepeine

    Après le déconfinement, l’Elysée craint un vent de révolte : « Il ne faut pas perdre la jeunesse »
     
  3. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  4. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    J'ai suivi de chez moi la manifestation de Paris. Les flics ont pas laissé la manif partir de la place. Des fachos qui ont posé une banderole sur un immeuble, la foule a crié "tout le monde déteste les fachos". Des habitants de l'immeuble ont déchiré la banderole. Des gens sont montés sur le toit échanger qqs coups avec les fachos et pendant qu'ils se faisaient face un mec est allé retiré la banderole dans le dos des fafs en mode ninja. Y a la vidéo postée par l'action antifa paris banlieue sur leur fb j'arrive pas a la mettre depuis mon tel.
    Sinon y a une vidéo qui circule d'un mec dans la manif qui insulte les fachos de "sales juifs" à plusieurs reprises. Vidéo postée par valeurs actuelles, ce que les fachos ont repris en choeur. Ceci dit c'est quand même abusé. En plus sur la vidéo on voit pas de manifestant réagir et paris-luttes.info sont juste sur la défensive en mode "les fachos nous traitent de racistes". Comment c possible que des antisémites se sentent à leur place dans une manif antiraciste ?
    Puis BFM rapporte aussi la présence de manifestants contre Israël alors que ça n'a pas réellement de rapport avec la manifestation. Je suis assez d'accord avec eux.
     
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  5. K0dama
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    K0damaMembre du forum

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    -_-
    ...sans doute comme tout mouvement assez large : il y a de tout ; donc, aussi, le pire.
    après, la question c'est : en quelle proportion ? sur ce point, je n'ai pas vu la vidéo mais l'absence de réaction que tu décris est assez dérangeante, en effet, venant de gens qui sont dans la rue contre le racisme...
     
  6. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  7. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    Un seul mec criait apparemment, et la vidéo ne dure qu'une minute mais à la fin on n'entend plus ces insultes. Après peut-être des gens ont-ils réagi sans qu'on ne les voit sur la vidéo. Je la poste pas car elle esy sur le twitter de valeurs actuelles et j'ai pas envie de leur faire de la pub.
     
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  8. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  9. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    Bon ben après avoir expliqué que les responsables des critiques adressées à la police sont les universitaires qui cultivent le communautarisme il sort un discours où il le répète à demi-mot. Il nous appelle à être patriote, la fameuse union nationale, pour nous relever du confinement et de ses conséquences et d'arrêter de critiquer les policiers qui prennent des risques pour assurer notre sécurité... Je pense que ça ne répond pas aux attentes du Comité Adama, sans trop de surprise, la lutte continue.
     
  10. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  11. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
  12. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  13. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    Pas d'accord avec tout surtout la fin mais ça remet à sa place quelques préjugés sur la violences des quartiers, les risques que prendraient les policiers et leurs pratiques discriminatoires et leur violence.

    Violences policières : la discrimination dans la police "est un fait qui est très bien établi", explique un chercheur du CNRS
     
  14. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  15. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    Street Press a sorti une interview d'un membre du feu Mouvement de l'Immigration et des Banlieues MIB. Ils expliquent qu'il y a une filiation entre le MIB et le Comité Justice pour Adama ainsi que d'autres comités contre les violences policières.

    Le Mouvement de l’immigration et des Banlieues, matrice politique du comité Adama

    D'autre part le MIB est une organisation qui s'est développée dans la sillage de la Marche pour la dignité et contre le racisme baptisée Marche des beurs. Il me paraît alors intéressant de relire ce texte sans concession très critique de cette Marche et de ses implications :

    Dans ce texte l'auteur s'attaque à la pacification des révoltes des prolétaires des quartiers de relégation notamment par le travail social et associatif. Mais ils parlent aussi un peu de la judiciarisation de la lutte. Or ce sujet est d'actualité avec tous ces comités de familles de victimes d'homicides policier. Vu l'engouement que reçoit désormais ce mouvement il peut être opportun pour les révolutionnaires de prendre position sur cette problématique dont les comités ont déjà conscience mais sans y apporter de réelle réponse.
    C'est a dire la contradiction entre militer pour obtenir un procès équitable dans le cas de la personne qui donne son nom au Comité et le fait que beaucoup de personnes sont aussi avant tout là contre les violences policières elles-mêmes.
    Il y a une dichotomie entre ce qu'on peut espérer obtenir (...du pouvoir) et ce qu'on veut idéalement.
    Puis d'un point de vue révolutionnaire la fin des violences policières est d'une part impossible à obtenir dans cette société et donc militer en ce sens sans militer dans le sens du renversement du capitalisme est vain, d'autre part, même si c'était possible, ce serait insuffisant.

    Ça pose des problèmes pratiques. Si on veut des reformes de la police ou un procès équitable on doit avoir un mouvement contrôlé, on doit faire bonne figure pour se mettre une partie de la classe politique de notre côté. Car dans les faits on attend quelque chose des institutions de la République. D'ailleurs Assa Traoré joue un peu dans ses discours sur ce terrain en demandant le respect des idéaux republicains (égalité devant la loi indépendamment de la couleur de peau notamment) par les institutions républicaines réelles. On ne peut donc pas avoir ce discours et en même temps souligner que les institutions républicaines sont intrinsèquement partiales et qu'elles sont en soi des cibles à abattre.
    À mon avis cette question doit être abordée de front car elle déterminera si le mouvement va verser dans le réformisme ou dans le révolutionnaire.
     
  16. allpower
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    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

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    Merci ! Je lirai calmement ça demain.

    Juste préciser que, même s'il y a continuité et que les problèmes restent, hélas, toujours d'actualité, entre la "marche des beurs" de 1983 et la création du MIB, il s'est passé 12 ans et surtout il y a eu l'émergence de la culture Hip-Hop !!!
    12 ans, c'est énorme au niveau générationnel et culturel !
    (Il en est d'ailleurs quasi de même entre les jeunes des années 90 et les jeunes ayant vécu les émeutes de 2005 !
    Ainsi qu'entre ceux et celles de 2005 et ceux et celles qui manifestent/émeutent actuellement pour Traoré et les trop nombreuses autres victimes de la violence policière)

    Il ne s'agit donc pas d'un simple "dans le sillage de", mais plutôt d'une très looongue séquence qui a duré plus d'une décennie où des jeunEs ont continué à subir et à lutter tout en devenant des adultes (et en ayant par la suite souvent des mômes qui sont maintenant dans la rue. Voire des petits-enfants !)

    Bref, ça mériterait d'être développé, mais là j'ai pas trop le temps...

    Par contre, je ne peux que conseiller ces quelques films datant du début des années 80 qui permettent à ceux et celles qui n'étaient pas encore néEs de se faire une idée de l'époque (et de voir que c'est toujours la même merde !)
    Documentaire - 3 films du Collectif Mohamed (1980)

    A écouter dans la même optique, l'excellente compil rap datant de 1997 : 11'30 contre les lois racistes


    Et à voir aussi , un classique du genre, un doc sur le MIB au début des années 2000...
    Mouvement.de.l.immigration.et.des.banlieues.chronique.2001-2002.avi | Vidéos | BBoyKonsian

    Pour finir, un tract du MIB datant de 2007, clairement incisif !
    .: Mouvement de l'Immigration et des Banlieues :.
     
  17. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  18. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    Merci ! Je regarderai ça ! J'avoue que si tu as plus d'infos ou d'analyses et si tu en tires des réflexions à propos du mouvement initié par le comité justice pour Adama ça m'intéresse !
     
  19. Anarchie 13
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  20. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    Là j'ai du mal à suivre... Je ne pense pas qu'alternatiba soit devenu davantage révolutionnaire, je pense plus que c'est le Comité Adama qui s'égare en cherchant de la visibilité et à maintenir la dynamique de la première manif post-confinement.

    À mon avis on paie le prix de ne pas avoir su passer de la dénonciation des violences policières, de leur impunité et du racisme à une analyse de leur sens et fonction dans la société en général.

    Enfin pour rappel sur ce qu'est alternatiba, cette asso bobo pacifique entre le citoyennisme et l'esoterisme :

    Ruffin et Lordon, une Nuit à dormir Debout | Les Enragés antifa

    https://luttennord.wordpress.com/2014/07/26/les-amities-fascistes-de-alternatiba-lille/

    Je pensais aussi à un article de confusionnisme.info mais le site est en maintenance depuis un moment.
     
  21. allpower
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    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

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  22. Nico37
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    Nico37Membre du forum Membre actif

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    Mécanique sécuritaire, surveillance et haine de l’autre, la stratégie du pire ?



    Le groupe « Un autre futur » de l’UCL de Montpellier propose un débat en invitant Vanessa Codaccioni à présenter ses travaux sur les questions de répression et de stratégie étatique, le vendredi 12 mars à 21 heures. Son dernier ouvrage, « La société de vigilance, auto-surveillance, délation et haines sécuritaires » est paru aux éditions Textuel, dans la collection « petite encyclopédie critique » le 6 janvier 2021.
    V. Codaccioni est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’université Paris VIII.
    Le sécuritaire est une thématique majeure pour l’UCL parce que l’escalade des dispositifs répressifs est la contrepartie au renoncement des politiques (gauche et droite confondus) à traiter les questions sociales.
    Nous rattachons cette stratégie de la peur de l’autre et des violences d’État, à la volonté des politiques de préserver coûte que coûte un système capitaliste qui produit des inégalités, des violences, des privilèges et de l’oppression.
    Face à la stratégie de l’État sécuritaire, qui tente de décrédibiliser toute contestation politique, nous opposons la construction d’un rapport de force partout où cela est encore possible pour construire un autre futur, basé sur les principes du communisme libertaire.
    Pour cela, nous pensons essentiel de déconstruire le discours sécuritaire pour mettre à jour ce qu’il produit en termes de peurs et de haine de l’autre, de racisme, de contrôle de nos vies et de répression accrue pour étouffer toute velléité de changement de système.
    Nous appelons à participer à toutes les actions en cours pour lutter contre les lois liberticides et racistes que le gouvernement tente de faire passer.
     
  23. Anarchie 13
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    Anarchie 13  Comité auto-gestion Membre actif

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  24. libertaire, anarchiste, marxiste, individualiste, révolutionnaire, anti-fasciste
    MISE AU POINT – Sur le Comité Adama : starification et culture du silence | Désarmons-les !

    Un article édifiant. Même si je trouve que le collectif desarmons-les dérive aussi dans la doxa postmoderne comme lorsqu'il critique le fait de s'associer à des orgas "blanches" ou des personnalités "blanches" comme si c'était disqualifiant et comme si une organisation pouvait être "blanche".
     
  25. ninaa
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    ninaaMembre du forum Membre actif

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    BILLET DE BLOG 2 AOÛT 2022

    Suite à l'enquête sur Samir du Comité Adama : aller au-delà des pleurs et de la colère

    Suite à l'enquête sur Samir du Comité Adama : aller au-delà des pleurs et de la colère
    Le 25 juillet 2022, Mediapart a publié une enquête de Estelle Ndjandjo et David Perrotin « Le comité pour Adama Traoré a couvert les violences sexistes de l’un de ses membres ». Femmes en lutte 93 est dissous depuis février 2022, mais en tant qu'ex-militantes racisées de ce collectif, nous souhaitions réagir et partager nos analyses.


    Le 25 juillet 2022, Mediapart publie une enquête de Estelle Ndjandjo et David Perrotin “Le comité pour Adama Traoré a couvert les violences sexistes de l’un de ses membres”. Des ex-militantes racisées de Femmes en lutte 93 présentent ici leurs positions et analyses.

    Aux femmes qui témoignent et leurs soutiens

    Nous réaffirmons notre solidarité encore et toujours avec Massica et Line. On espère enfin pour vous la paix, pour avancer dans vos vies individuelles et militantes. Nous vous souhaitons le meilleur, la reconstruction individuelle, qui va prendre du temps encore. Vous étiez militantes avant Samir et vous l’ êtes encore, malgré le poids de cette histoire.Prenez soin de vous.

    Force aussi à Sarah et Hanane, qui ont été personnellement victimes de menaces depuis des années. Car les soutiens deviennent aussi la cible des agresseurs et leurs défenseurs.

    Vous vous êtes battues pour nous toutes, sans compromis, malgré la peur. Car vous êtes des militantes avant tout.

    Nous sommes attristées et consternées par les réponses du comité

    Depuis notre alerte en 2018 avec le texte de Massica, leur ligne politique n'a pas évolué.

    Nous savons aussi que les positionnements du Comité renvoient à des conceptions politiques largement présentes dans l’ensemble de la société.Cela va au-delà du milieu militant. Mais il est de notre devoir politique de s’emparer de ce chantier, pour ne plus jamais revivre cette situation.

    • Assa Traoré renvoie les victimes à la plainte sans tenir compte de la violence systémique vécue par les femmes osant porter plainte, est insuffisant. 90 % des plaintes sont classées sans suite. La police est dangereuse pour les hommes qui subissent le racisme : elle l'est doublement pour les femmes qui vivent des violences sexistes et sexuelles jusque dans les commissariats.
    • La gestion des violences sexistes et/ou sexuelles des militants ne peut être renvoyée à l'action individuelle des militantes, en les poussant à la plainte ou à partir. C'est une responsabilité politique collective.Il est temps de comprendre que au-delà de l’agression, la réhabilitation de Samir ou de tout agresseur, est une violence supplémentaire pour les victimes. Les femmes sont abandonnées de toute part, les trahisons personnelles et politiques s’enchaînent. Le traumatisme de l’agression est multiplié par cette fabrique de l’impunité. Comme a écrit Massica en 2018 : “C’est en fait nous abandonner et tolérer l’agression. Cette impunité est pire que l’agression elle-même.”
    • Samir était un membre actif du Comité Adama et pas un “proche” ou un “ami”. Toutes ces années, il a été réhabilité, présent politiquement et médiatiquement en permanence. Les victimes et leurs soutiens devaient se cacher, fuir des espaces militants, faire des calculs pour ne pas le croiser en manif ou ailleurs. Ce n’est pas seulement un choix amical ou du coeur. Derrière, le message est clair : l’expérience de Samir vaudra toujours plus que ces femmes qu’il a violentées.
    • Contrairement à ce que dit Youcef Brakni dans ses réponses aux journalistes : non, ce n'est jamais "facile" pour des victimes et leurs soutiens de parler des violences vécues. En plus du traumatisme des violences, les femmes doivent prouver leur innocence et leurs bonnes intentions. Elles doivent répéter, prouver, éprouver encore…pendant que l’agresseur dort tranquille.
    • On ne réagit même pas au fait qu'il estime être lui-même “une victime de Samir”…
    • Ce n’est pas de la "concurrence militante" donc comme il ose le dire. Mais deux lignes politiques différentes sur les violences de genre qui se sont exprimées dans l'article. Une ligne qui assume que ce n'est pas une priorité face aux violences d' Etat. Et la nôtre qui a toujours combattu contre ces deux fléaux : le racisme et le patriarcat, qui détruit aussi nos familles.
    • Nous avons été sidérées par le texte de Assa Traoré, publié le soir même de la sortie de l’article. Les femmes qui témoignent dans l'article et leurs soutiens ne sont pas des “haineux”. Ces femmes ont tenté diverses médiations, avant de participer à cette enquête journalistique. Leur objectif est pourtant très clair et très bien exprimé dans l’article : témoigner, interpeller et faire bouger les lignes politiques et ce, de façon publique.
    Malgré cela, nous irons au-delà de la colère et de la sidération. Nous continuerons à soutenir leur combat légitime. Vérité et Justice pour toutes les familles de victimes de violences policières et pénitentiaires.

    Pour en finir avec les menaces et les diffamations du réseau de soutien de Samir

    Des proches de Samir mènent sur les réseaux sociaux une campagne diffamatoire sur notre ancien collectif.

    • On nous accuse notamment d'avoir une idéologie anti-Islam, d'avoir pourchassé des femmes voilées à Marseille pour leur dire de retirer leurs voiles. Nous les engageons à avoir la même rigueur d'enquête que Médiapart avant de lancer leurs calomnies. Nous avons publié un texte de dissolution en février 2022. Ce bilan autocritique parle pour lui-même.
    • On nous reproche de faire une fixation sur Samir, par esprit de vengeance ou de recherche de gloire politique. Là encore, notre groupe est dissous depuis février 2022 : qu’avons-nous personnellement ou politiquement à y gagner ?
    • Il faut en finir avec le cliché sexiste de la femme avide de gloire, utilisant le pouvoir des hommes. Nous ne sommes pas dans les Feux de l'amour. Nous ne sommes pas des influenceuses, mais des militantes humbles, honnêtes et de terrain, depuis des décennies pour certaines.
    • Nous n'avons pas attendu l'affaire avec Samir pour porter cette question des violences patriarcales dans les quartiers populaires. Au-delà des call outs militants, c'est un système patriarcal en place que nous défions. Nous l'avons toujours assumé devant Samir et son cercle militant depuis notre création. Là encore, nos archives parlent d'elles mêmes.
    • Nous comprenons la loyauté envers Samir. Aucunes des femmes qui témoignent ou FEL93 a remis en cause le meilleur de votre travail commun dans les luttes des quartiers populaires.
    Si le meilleur fait partie de votre héritage, la prise en charge politique des violences sexistes et sexuellescomme partie prenante des luttes des quartiers populaires, en est un angle mort.

    Notre soutien aux victimes n’a aucune date de prescription

    Notre groupe est dissous, mais nous veillerons dans nos réseaux respectifs à ce que plus aucunes militantes n' en subissent les conséquences, surtout celles qui ont fait le choix de s’ exposer dans l'article de Mediapart. Notre solidarité n'a pas commencé avec l'article. Notre solidarité n'a aucune date de prescription !

    Nous ne tolérerons plus aucune menace, aucune intimidations et aucune diffamations sur les ex-militantes de Femmes en lutte 93.

    En 2018, à la publication du texte de Massica, nous avons fait le dos rond alors que Femmes en lutte 93 essuyait les mêmes trahisons, des menaces répétées, un isolement important. Car contrairement à la répression d’Etat, quand la répression vient de son propre camp, il est difficile de construire un soutien large.Les quelques individu.e.s qui nous ont soutenus en ont aussi payé les frais. Le champ militant a été muet pendant des années. Ça nous a coûté des allié.e.s, des ruptures politiques et personnelles traumatisantes. Ça a eu un impact sur les raisons de la dissolution de notre collectif.

    Plus jamais ça !

    Il existe une solution pour éviter que ne se reproduise cette situation : mettez ce sujet en discussion dans vos organisations militantes dès maintenant.

    Suite à l’ article de Massica en avril 2018, heureusement nous avons su trouver auprès du champs féministes antiracistes des soutiens. Les langues se sont déliéeset nous avons pu construire des réponses politiques, qui peuvent servir toutes les organisations.

    Les violences physiques et psychologiques sont le haut de l'icebergdes questions de genre dans les organisations mixtes. Car avant d’arriver à des violences, à la silenciation des femmes victimes et de leurs soutiens, des questions sont à se poser pour créer un climat féministe dans chaque organisation :

    • Qui prend les décisions ? Qui prend la parole ?
    • Quel est le climat des réunions : tour de parole, double liste ?
    • La transmission se fait-elle entre les générations ? Et pas uniquement les ancien.ne.s envers les jeunes ?
    • Des temps en non mixité sont-ils prévus pour faire le point sur l’organisation ?
    • Le rythme militant est-il adapté aux contraintes des militantes : horaires de travail, charge de famille, soucis de santé ?
    • La formation sur les tâches existent-elles ou certains deviennent-ils des experts et se rendent donc indispensables pour le collectif ?
    • Si des militantes concernées par les violences ou des soutiens alertent sur des cas de violences : comment est reçu l’alerte ? Le débat a t’il été possible ou y a t’il eu silence et boycott des victimes et de leurs soutiens ? Tou.te.s les militant.e.s ont-iels été informé.e.s des alertes ou les infos restent-elles dans un vase clos ?
    • En cas de conflit, qui décide de partir de l’organisation et pourquoi ?
    • Des conflits interpersonnels peuvent survenir pendant des crises liées à ce sujet : est-ce que ce sont les femmes qui se retrouvent à faire médiation et à aller au conflit entre elles ?
    • Pour les organisations militantes et les individu.e.s qui ont fini par clairement soutenir les agresseurs ou qui ont violenté les victimes et ou leurs soutiens : quelle est leur place dans les manifestations communes, les tribunes, les événements ? Comment les victimes sont-elles informées de leur présence ? Les victimes sont-elles OK pour ce travail commun ? Des excuses publiques ont-elles été demandées au préalable et acceptées par les victimes ?
    • En cas de violences, un protocole est-il prévu ?
    Nous avons besoin de développer ces réflexions et ces pratiques. Pour que plus jamais les femmes et LGBTQI+ des quartiers populaires ne soient sacrifiées ou méprisées, car iels posent les questions qui fâchent. Pour que plus jamais les femmes et LGBTQI+ doivent réfléchir aux espaces militants où aller, se retrouver face à des agresseurs ou leurs soutiens dans des espaces physiques ou digitales, au nom de la cohérence d’une quelconque lutte ou campagne politique.

    Des ressource sur le sujet en ligne ici :

    Violences sexistes et sexuelles militantes - Femmes en Lutte 93

    Face aux violences, développons l’empathie et la solidarité

    Nous sommes surtout émues d'avoir lu tous les messages de solidarités à Line, Massica et aux femmes qui témoignent.

    Le débat est enfin public, porté par les premièr.e.s concerné.e.s : les femmes et Lgbtqi+ des quartiers populaires.

    Avec d’autres forces militantes, nous avons imposé ce débat dans l’opinion publique et les milieux militants antiracistes. Et c'était bien l'objectif de notre militantisme : convaincre et faire avancer la société.

    Un réseau important existe depuis des années maintenant en France sur ces questions. Suivez les pages, soutenez et renforcez les rangs des féministes et lgbtqi+ antiracistes qui imposent nos voix dans l'agenda militant.

    Merci pour cet article salutaire

    Nous remercions David Perrotin pour son travail et sa volonté de respecter les paroles des femmes. Ce journaliste montre avec ces enquêtes le spectre large des violences sexistes et sexuelles, LGBTQIphobes et racistes, de l’Etat aux collectifs militants.

    Nous souhaitons finir par le lien que nous faisons entre la journaliste Estelle Ndjandjo, son travail et la situation politique actuelle.

    Ensemble, nous avons brisé un tabou politique historique : ce tabou enfermait les femmes des quartiers populaires dans le silence. On nous a enfermé dans le silence, pour ne pas s'attaquer aux hommes des quartiers populaires, déjà malmenés par les violences d'État.

    Cette enquête rigoureuse a permis que cette parole s'exprime, ce qu' aucune organisation militante quelle qu'elle soit, n'avait osé faire jusque là.Et, c' est une jeune femme noire, afrofeministe, précaire issue des quartiers populaires, franco- camerounaise, qui a lancé ce travail. Elle s'est mise en danger par intégrité professionnelle et féministe .Ce n'est pas anodin, nous n'en sommes pas étonnées : comme nous, c'est une personne concernée par toutes les violences de classe, racistes et sexistes.

    Cet engagement d'Estelle, la détermination de Line et Massica sont le reflet de l'intelligence politique de la nouvelle génération militante des quartiers populaires. Celle qui n'a aucune difficulté à faire le lien entre lutte contre l’exploitation, les luttes antiracistes et anti-impérialistes, les luttes écologiques, les luttes féministes et lgbtqi+. Car c'est toute cette société qu'il faut transformer, dans son ensemble !

    Nos quartiers ne sont pas des déserts féministes !

    Des ex-militantes racisées de femmes en lutte 93
     
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  10. Anarchie 13
  11. ninaa
  12. Ungovernable
  13. Yosef