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Actualité militante Manif anti-poutine en russie, forces spéciales déployées, centaines d'arrestations

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 8 Décembre 2011.

  1. Ungovernable
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    La police russe a arrêté mardi soir des centaines de manifestants qui tentaient de se rassembler à Moscou et à Saint-Pétersbourg pour dénoncer la victoire du parti de Vladimir Poutine aux législatives de dimanche.

    La police a fait état d'environ 250 arrestations sur la place Trioumfalnaïa, au centre de Moscou, et de quelque 200 autres à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays. Parmi eux se trouvent plusieurs dirigeants de mouvements, dont l'ancien vice-premier ministre et dirigeant du parti Parnas, Boris Nemtsov, et le chef du parti Iabloko, Sergueï Mitrokhine.

    Les agences de presse russes rapportent en plus 25 arrestations à Rostov-sur-le-Don, dans le sud-ouest du pays.

    « Ils seront transférés vers des commissariats, où des procès-verbaux seront établis », a précisé un porte-parole de la police moscovite à l'Agence France-Presse. M. Nemtsov a cependant été relâché une heure plus tard.
    Autres nouvelles

    Il s'agissait de la deuxième soirée de manifestations d'opposants depuis les législatives de dimanche, remportées par le parti Russie unie de Vladimir Poutine sur fond d'accusations de fraude électorale.

    Les manifestants ont tenté de se rassembler en scandant des slogans comme « la Russie sans Poutine » et « honte ! », après des appels diffusés sur des réseaux sociaux. La police est vite intervenue, elle qui avait déjà mis en garde les opposants contre toute tentative de rassemblement non autorisée.

    Les militants favorables ont Kremlin ont toutefois pu se rassembler librement sur place Trioumfalnaïa, sans être ennuyés par les policiers.

    « Les militants de Nachi [NDLR Organisation proche du pouvoir] sont entourés de policiers et frappent sur leurs tambours » pour couvrir les slogans des opposants, a raconté Oleg Orlove, le directeur de l'ONG russe de défense des droits de la personne Memorial. Le blogue de Jean-François Bélanger : Le système Poutine est il soluble dans les médias sociaux?

    L'UE et la France « préoccupées »

    Plusieurs dirigeants étrangers n'ont pas tardé à dénoncer les arrestations d'opposants en Russie. La chef de la diplomatie de l'Union européenne, la britannique Catherine Ashton, a publié un communiqué dans lequel elle relève que le scrutin a été techniquement bien préparé et organisé.

    Cependant, poursuit Mme Ashton, « les informations faisant état de violations de procédure, comme le manque d'impartialité des médias, le manque de séparation entre le parti et l'État ainsi que le harcèlement des observateurs indépendants sont en revanche une source de grave de préoccupation. »

    Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Valero, abonde dans le même sens : « Les interpellations de manifestations par les forces de police depuis hier à Moscou sont préoccupantes. Nous attanchons la plus grande importance au respect du droit à manifester publiquement », a-t-il déclaré.

    Lundi, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avait fait état de « sérieuses inquiétudes » quant à la régularité des élections.

    Le Kremlin déploie des forces spéciales

    Mardi, des forces spéciales du ministère russe de l'Intérieur ont été dépêchées à Moscou, au lendemain d'une manifestation d'une rare ampleur tenue dans les rues de la ville pour dénoncer la victoire du parti de Vladimir Poutine lors des législatives de dimanche.

    Ces troupes spéciales « n'ont qu'un seul but : assurer la sécurité des citoyens » dans le cadre d'un niveau d'alerte « renforcé », a affirmé le lieutenant-colonel Vassili Pantchekov à l'agence Interfax. Un porte-parole de la police de Moscou a confirmé l'information.

    Au moins 2000 personnes, voire 10 000 selon les organisateurs, se sont rassemblées lundi soir dans la capitale russe grâce à des appels relayés par les réseaux sociaux. Il s'agit d'une des plus importantes manifestations politiques des dernières années.

    Quelque 300 personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre non loin de la place Loubianka, où se trouve le siège social du FSB (ex-KGB). Elles tentaient alors de marcher vers la commission électorale pour dénoncer des fraudes électorales massives.

    Des manifestants scandaient des slogans hostiles à Vladimir Poutine, comme « Russie sans Poutine » ou « Poutine doit aller en prison ». Premier ministre depuis 2008, Vladimir Poutine a récemment annoncé qu'il briguera à nouveau la présidence l'an prochain. Il a occupé le poste de 2000 à 2008.

    Environ 250 manifestants demeurent détenus mardi, selon Olga Chorina, porte-parole de Solidarnost, le mouvement à l'origine de la manifestation.

    Elles sont passibles de 15 jours de prison pour avoir résisté à la police, « pour s'être rebellées contre la police », selon un porte-parole de la police, Arkadi Bachirov.

    Le blogueur anticorruption Alexeï Navalny et l'un des leaders du mouvement d'opposition Solidarnost, Ilia Iachine, ont notamment été arrêtés mercredi. M. Iachine a effectivement été condamné à 15 jours de prison.

    Selon l'Agence France-Presse, les autorités avaient autorisé le rassemblement de Moscou, mais pas la marche vers la commission électorale.

    À Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays, environ 100 opposants ont aussi été interpellés lors d'une manifestation non autorisée sur la principale artère de la ville, Nevski Prospekt.

    Russie unie a été crédité de 238 des 450 sièges à la chambre basse du Parlement, la Douma, en baisse de près de 25 % par rapport aux 315 sièges que le parti détenait avant le scrutin.

    Le parti a obtenu 13 millions de votes de moins que lors du précédent scrutin.

    L'opposition soutient cependant que la chute aurait pu être encore plus importante, n'eût été de fraudes électorales. Sur le site internet YouTube, de nombreux Russes ont posté au cours des dernières heures des vidéos qui montreraient diverses irrégularités électorales.

    Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont affirmé lundi avoir constaté de « fréquentes violations », avec notamment « de sérieuses indications de bourrage des urnes ».

    L'OSCE a estimé que « la concurrence politique » durant la campagne électorale en Russie avait été « limitée et pas équitable » et souligné « le manque d'indépendance » des autorités électorales, des médias, et la trop grande proximité de l'État et du parti Russie unie.

    Poutine et Medvedev réagissent

    Le premier ministre, Vladimir Poutine, a estimé mardi que le recul de son parti aux élections législatives était prévisible compte tenu la crise économique mondiale.

    « Il était inévitable pour n'importe quelle force politique, surtout si elle assume la responsabilité de la situation dans le pays depuis plusieurs années », a-t-il déclaré, selon les agences russes, au cours d'une rencontre avec des responsables du parti.

    « Dans les conditions actuelles, c'est un bon résultat. Nous savons ce qui se passe dans des pays dont l'économie et le secteur social nous semblaient stables il y a encore peu de temps. Des millions de personnes y descendent dans la rue », a-t-il dit.

    M. Poutine s'est aussi engagé mardi à prendre en compte les aspirations à une modernisation émanant de la société russe et a promis « un renouvellement significatif des effectifs au sein du gouvernement » après l'élection présidentielle du 4 mars 2012.

    Le président, Dmitri Medvedev, a pour sa part déclaré mardi que le système politique russe n'était « pas l'affaire » des Occidentaux.

    Ce qui concerne les partis politiques « relève de la compétence des autorités russes et non pas de la compétence des organisations internationales », at-il déclaré, selon l'agence Ria Novosti.

    « Qu'elles surveillent les élections, les violations, c'est une chose, mais l'état du système politique, ce n'est pas leur affaire », a-t-il lancé.

    Une manifestation de centaines de partisans pro-Kremlin a aussi eu lieu mardi place Manezhnaya, au centre de Moscou.

    Radio-Canada.ca avec AFP, Reuters et AFP
     
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