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Actualité militante Luttes universitaires à Grenoble

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Marika, 22 Janvier 2009.

  1. Marika
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    MarikaPourquoi jsuis "senior" ? Membre actif

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    Juin 2007
  2. libertaire, anarchiste, féministe, internationaliste, auto-gestionnaire
    Depuis la LRU se réunit chaque semaine à Grenoble un Comité de mobilisation, dont je fais partie (appelé généralement Comob'). En décembre, l'idée d'une occupation de la fac de lettres Stendhal dès la rentrée du second semestre a été adoptée. Le but était d'occuper la fac jour et nuit, sans pour autant bloqué les cours, afin de pouvoir organiser notre mouvement et inonder le campus d'information et de propagande politique, tout en développant un lieu de vie alternatif. Stendhal a été choisi parce que la présidente Lise Dumasi est connue pour s'être opposer publiquement dans la presse notamment à la LRU, au plan Campus et aux autres réformes qui cassent aujourd'hui l'enseignement supérieur comme service publique (je vais pas réexpliquer ici les réformes, ça serait trop long).

    Lundi 19 janvier, nous sommes donc arrivé à Stendhal vers 16h avec tout notre matériel pour l'occup' (cuisine, matelas...) et nous avons commencé à nous installé dans le hall nord. Vint alors deux syndicalistes, qui ont commencé à nous gueuler dessus en nous disant que ce qu'on faisait là était contre-productif. Que ça allait faire fuir les profs qu'ils avaient tout juste réussi à convaincre qu'une réelle mobilisation est nécessaire. Or, comme vous avez pu le constater, depuis l'hiver dernier, dans les facs, il ne s'est strictement rien passé. Donc niveau productivité, les syndicats ne devraient pas trop se la ramener, à mon avis.

    Puis arrive le vice-président, suivi de la présidente de l'université. Ils s'opposent fermement devant tout le comob' à cette occupation de nuit, pour des questions de responsabilité, et en nous répétant la même chose que les deux syndicalistes. On leur demande si on doit envisager un débarquement de flics, ils nous répondent que ce n'est pas exclu, qu'ils en discutent et qu'ils viendront nous prévenir si c'est le cas. Ils nous proposent également un compromis : on n'occupe pas la nuit, et en échange on a à notre disposition un amphi de jour, jusqu'à la fermeture, soit 20h-20h30. On refuse, pour nous ce n'est pas suffisant.

    Vers 18h45, sans avoir été prévenu, la fac est encerclée de flics : CRS, Brigade d'intervention mobile, BAC. Au total 5 fourgons (au moins) et 5 voitures de la BAC... pour 60 étudiants.
    Vu comment ces derniers temps l'antiterrorisme est devenu un véritable mode de gouvernance, nous partons avant toute intervention de la police qui se serait sans doute soldé par quelques arrestations 'de prévention' (on s'est demandé qu'après pourquoi on était parti mais bon ...). C'est donc masqués et chantant La Semaine Sanglante que nous sortons tous groupés (on aurait dit un véritable déplacement de réfugiés)



    Le mardi 20/01, 12h30 : AG rassemblant enseignants-chercheurs, IATOS, et étudiants. Environ 400 personnes. Ont été votés :
    - la grève générale pour le 29
    - le blocage des facs le 29 si la banalisation n'est pas acceptée
    - la rétention des notes
    - le soutien et l'opposition de l'AG à toute intervention policière sur le campus
    Ont été évoquées :
    - l'occupation jour et nuit profs et étudiants après le 29 si nos revendications ne sont pas entendues
    - la grève générale illimitée après le 29 si nos revendications ne sont pas entendues
    Quelques clashs encore entre syndicats et comob'
    Nous prévoyons alors de retenter une occupation de Stendhal à partir de 16h.

    Vers 15h, Stendhal ferme ses portes. Fermeture administrative pour éviter toute tentative d'occupation de notre part.
    Effet papillon : l'Université Pierre Mendès France (sciences humaines) ferme également à 16h. Selon les rumeurs "des étudiants extrémistes bloquent Stendhal et risquent de venir bloquer également l'UPMF" (il y aurait aussi des "risques d'émeus"... oui oui des émeus en plein Grenoble ^^)

    Le Comob' se réunit à nouveau : l'idée d'une occupation nocturne est momentanément abandonnée, du moins jusqu'au 29/01, et on accepte le compromis proposé par la présidente. Néanmoins on rédige le soir même un tract sur les événements de la journée.


    Le mercredi 21/01, diffusion massive de tracts dès 9h. Une délégation du Comob' se rend à Stendhal rencontrer la présidente pour obtenir un amphi. Suite à une gaffe au secrétariat, on apprend ainsi qu'une réunion entre la présidence et les organisations syndicales se tient le jour même, réunion qu'on nous a bien caché. Visiblement, on tient à écarter le Comob' de la mobilisation, alors que la veille les syndicats appelaient à plus de coordination entre les organisations.
    On obtient un amphi.

    Jusqu'au 29 il va se dérouler dans cet amphi toutes sortes d'activités (projections, théâtre, conférences, débats...), voir sur indymedia grenoble.

    Le mouvement se construit, et la fermeture administrative nous a aidé malgré nous à provoquer de réels remous sur le campus.

    Affaire à suivre, je vous donnerais des nouvelles

    Voici le communiqué de la présidence de Stendhal, voyez comme le comob' y est traité...

     
  3. jeunevoleur
    Offline

    jeunevoleurMembre du forum Membre actif

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    Mar 2008
    je le reposte ici, ce message issus de la : :http://forums.resistance.tkshowthread.php?t=5753


    Vive la lutte ! Vive la Grève ! Nous ne paierons pas votre crise ! Dans l'après-midi du 19 janvier 2009, des étudiantEs et précaires ontpris possession d'une partie des locaux de l'université Stendhal(Grenoble 3).

    Cette occupation, appelée et organisée par le Comité de Mobilisation des EtudiantEs et Précaires des universités grenobloises,constitue la première étape dans la construction d'un mouvement degrève sur le Campus.
    Par cette action, il s'agit pour nous, de dénoncer et de faire front à la politique anti-sociale et sécuritaire mise en œuvre par le gouvernement Fillon et le Chef de l'Etat.

    Cette politique fait chaque jour des ravages au sein de la société française :
    destruction totale du système éducatif français de la Maternelle à
    l'Université, casse du système de Santé, démantèlement du Service
    Public et la politique raciste à base de rafles d'étrangers. La répression violente des mouvements sociaux est le préalable à la mise en place de cette société libérale.
    Nous ne sommes pas surpris par le niveau important de répression des
    luttes de l'année 2008 (étudiante, lycéenne…), la fin de la franchise
    universitaire et par l'exercice des lois antiterroristes qui sont de
    véritables lois scélérates à nos yeux. Ces mesures servent à garantir
    l'ordre sécuritaire, seul cadre aux yeux des puissants de l'épanouissement de la domination du Marché.
    Sur ce registre, Michèle Alliot Marie n'a rien a envié à Raymond
    Marcellin ou Michel Poniatowski. Une fois de plus, la même paranoïa
    sécuritaire est à l'œuvre.

    Nous ne plierons pas face à la répression qui nous attend. Elle ne fera
    que renforcer notre détermination et ne pourra en aucun cas remettre en cause notre combat. A cette société autoritaire et fascisante que l'on nous propose, nous ripostons par la réappropriation de notre lieu d'études. Cette base est celle sur laquelle nous projetons de propager la lutte.
    Nous nous battrons pour que l'Education change radicalement de nature.
    Qu'elle soit réellement émancipatrice, qu'elle soit intégralement gratuite et égalitaire, la reproduction sociale à travers les études n'ayant que trop durée. Que l'Education soit au service des individuset de la Société, non plus au Service des entreprises et des marchands.

    Pour réaliser ces objectifs, l'occupation de notre université est
    nécessaire. Elle a pour ambition de devenir un lieu d'échanges et de
    rencontres (par le biais des Assemblées Générales, de débats, de
    conférences, de projections…), de vie (cuisine, dortoirs…) et également
    de lutte.
    Enfin, nous appelons l'ensemble des travailleurs, des chômeurs, sans-papiers, étudiants et lycéens à s'organiser en vue d'une lutte massive et à reproduire notre exemple partout où cela est réalisable.
    Afin de réussir la journée de mobilisation du 29 janvier 2009 et de construire la grève générale qui fera enfin plier ce gouvernement.
    Et, ainsi, bâtir sur une base égalitaire, sociale et solidaire, la Société de demain.

    Vive la lutte !
    Vive la Grève !
    Nous ne paierons pas votre crise !

    Le Comité de Mobilisation des EtudiantEs et Précaires en lutte.
    Contact : presse.okupstendhal@laposte.net
     
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