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Migrants & sans-papiers Les exilé.e.s occupent Paris 8!

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par ninaa, 31 Janvier 2018.

  1. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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    Fev 2014
    France
  2. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Les exilé.e.s occupent Paris 8!
    Publié le 30 janvier 2018 | Maj le 31 janvier
    migrants
    Nous occupons depuis ce Mardi 30 janvier le bâtiment A de Paris 8 Université à Saint Denis. Nous, personnes exilées et leurs soutiens, avons pris possession de ce bâtiment pour prolonger le mouvement général contre les politiques migratoires racistes.

    Les exilé·e·s occupent Paris 8 à Saint Denis

    Le bâtiment A de l’université Paris 8 à Saint Denis est occupé depuis le mardi 30 janvier 2018 par des personnes exilé·e·s et leurs soutiens.

    Nous avons pris possession du bâtiment A. Notre occupation s’inscrit dans le mouvement général de protestation contre les politiques migratoires européennes indignes et dans la continuité des occupations d’universités à Grenoble, Lyon, Nantes et dans d’autres villes.

    Migrant·e·s, associations et particulier·ère·s s’élèvent et se mobilisent aujourd’hui plus que jamais, contre le traitement désastreux réservé aux personnes migrants vers l’Europe.

    De l’enfer de la Libye aux conditions «d’accueil» aux frontières de Schengen; des dizaines de milliers de noyé·e·s dans la Méditerrannée, au harcèlement policier à Porte de la Chapelle et à la Villette; de la répression bureaucratique menée par l’OFPRA et l’OFII au «délit de solidarité» dont on accuse les soutiens militants : la politique migratoire européenne continue de s’illustrer par son racisme et son inhumanité. Le règlement de Dublin est responsable de l’expulsion des exilé·e·s vers les périphéries de l’Europe et contraint ces mêmes personnes à dormir dans la rue et à subir le froid et le harcèlement des forces de l’ordre. Parmi eux·elles, beaucoup de mineur·e·s. Pour les dubliné·e·s comme pour beaucoup de demandeur.euses.s d’asile et de sans-papiers, l’incertitude administrative et matérielle est la source d’une profonde détresse psychologique alors qu’ielles sortent d’un voyage éprouvant.

    Dans les prochains mois, le gouvernement français va faire voter la loi «Asile et Immigration». Sous couvert d’améliorer l’accueil d’une faible proportion de personnes obtenant l’asile, cette loi condamne encore la majorité des exilé·e·s à la déportation, à l’enfermement ou à la clandestinité.

    Dans un même temps, le pouvoir exécutif organise la répression et les expulsions jusque dans les centres d’accueil et d’hébergement (circulaire Collomb et règlement de Dublin) poussant les exilé·e·s à dormir dans la rue plutôt que dans ces lieux.

    Les personnes exilé·e·s participant à l’occupation en ont fait l’expérience. Nous condamnons ces choix politiques. Nous voulons :

    • La fin immédiate du règlement de Dublin
    • La fin de la distinction entre «migrants économiques» et «réfugiés politiques», pour en finir avec une politique qui trie les «bon·ne·s» et les «mauvais.es» migrant·e·s
    • Des papiers pour tous.tes
    • La liberté de circulation et d’installation pour tous.tes
    • Le droit au logement, à l’éducation et à la formation
    • Et enfin, des excuses publiques pour les milliers de vies détruites.
    Nous vous appelons à nous rejoindre et à nous soutenir sur le lieu d’occupation (matériellement, financièrement et physiquement) et à participer avec nous à la marche des solidarités, le 17 mars, partout en France. Nous rejoignons l’appel de Lyon et de Nantes. L’Université doit être un lieu politique et ouvert à tous.tes. Contre l’Université élitiste et sélective que nous promet le projet de loi du gouvernement, nous défendons une Université libre et collective : un lieu de résistance en écho aux lieux occupés.

    Nous appelons à occuper les universités et tout autre lieu, partout où vous le pouvez.

    Les occupant·e·s du bâtiment A & le Comité de Soutien aux Occupant·e·s
    Mardi 30 Janvier 2018, Saint-Denis

    P.-S.
    Contact presse :
    @ : [email protected]

    Les exilé.e.s occupent Paris 8 !
     
  3. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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    Fev 2014
    France
  4. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Communiqué des migrant.e.s du bâtiment A de l’Université Paris 8
    Publié le 2 février 2018
    Saint-Denis | université | occupation
    Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile, nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers. Nous occupons l’Université Paris 8 depuis le 30 janvier 2018.

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    Photo de LaMeute
    Au peuple français, aux étudiant.e.s, à celles et ceux qui dorment dans la rue, aux personnes solidaires, aux personnes torturées par le règlement Dublin.
    A lire aussi : Les exilé.e.s occupent Paris 8!
    | 2 février

    Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile, nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers. Nous occupons l’Université Paris 8 depuis le 30 janvier 2018. Pourquoi avons-nous du faire cette action? Ces derniers mois, la France a déporté de nombreuses personnes. Nombre d’entre nous se sont suicidés. Il y a trois mois, un ami sous le coup du règlement de Dublin, déprimé, s’est allongé sur les rails d’un train qui l’a percuté. Il y a dix jours à Calais, la police a frappé et gazé des éxilé.e.s dormant dans la rue. Un jeune a eu la moitié du visage arrachée par un tir policier. Un ami qui avait rendez-vous à la préfecture y a été arrêté et mis en centre de rétention administrative (CRA), avant d’être déporté en Italie. La police française a ses gyrophares, ses sirènes et ses gaz, mais ni foi ni loi. Ce que le système d’immigration français attend de nous, ce sont nos empreintes, pas nous. L’arbitraire et l’aléatoire sont notre quotidien, à l’OFPRA, à la CNDA, à la préfecture. A l’issue des démarches, certain.e.s sont refusé.e.s, d’autres dubliné.e.s indéfiniment, assigné.e.s à résidence, déporté.e.s, et ce sans aucune logique.

    Nous revendiquons les choses suivantes :

    • Des papiers pour tou.te.s
    • Des logements décents et pérennes
    • Pouvoir apprendre le français et continuer nos études
    • La fin des refus au Dispositif d’Evaluation des Mineurs Isolés Etrangers (DEMIE)
    • L’arrêt immédiat des déportations vers tous les pays, en Europe comme ailleurs.
      [​IMG]
      Nous attendons de tou.te.s les exilé.e.s qu’ils et elles luttent partout en France contre l’oppression et l’injustice et contre les pratiques de la police dans la rue. A la population française : vous qui avez fait cette révolution que l’on étudie dans les livres d’histoires, reprenez-la! Nous remercions la population de son soutien, qui, contrairement à son gouvernement, nous montre sa solidarité. L’administration de la fac utilise la carotte et le bâton dans les négociations. Les un.e.s disent qu’ils vont nous donner un autre endroit dans la fac, les autres nous menacent à mots couverts de faire entrer la police. Nous demandons aux étudiant.e.s et aux professeur.e.s de l’Université Paris 8 de nous soutenir dans nos revendications. Nous les remercions et leur demandons de rester totalement avec nous, jusqu’au bout. Nous nous joignons à la lutte des étudiants sans-papiers de l’Université.
    A nos ami.e.s mort.e.s en traversant la mer,
    A nos ami.e.s suicidé.e.s,
    A nos ami.e.s mort.e.s à cause des frontières,
    A nos ami.e.s mort.e.s dans le désert,
    A nos amies violées en Libye,
    Nous ne vous oublions pas.

    Les migrant.e.s de Paris 8

    P.-S.
    Contact :
    mail : [email protected]
    facebook :https://www.facebook.com/Les-Exil%C...
    twitter : @ExileesOccupP8

    Communiqué des migrant.e.s du bâtiment A de l'Université Paris 8
     
  5. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  6. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Vendredi 9 février 2018 : 11è jour d’occupation. Nous avons toujours autant besoin de soutien.
    Aujourd’hui, la journée devrait être calme. Nous remercions tou.te.s ceux.lles qui sont venu.e.s au rassemblement d’hier!
    Nous avons besoin : sauce concentrée de tomates, d’oignons, piments doux et forts, de sucre et trucs sucrés. Nous manquons toujours d’ustensiles de cuisine pour de grosses quantités (casseroles, poeles, marmites, ...) mais aussi de couverts, verres, tasses.
    N’hésitez pas à venir nous voir!! A très vite.
    Suivi: 2 majs. La plus récente en premier | la plus ancienne en premier
    Communiqué des occupant.e.s de Paris 8
     
  7. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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  8. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Omar, exilé occupant de Paris 8, enfermé en Centre de Rétention
    Publié le 11 mars 2018
    Mesnil-Amelot | centre de rétention | expulsions
    Un des participants de l’occupation de Paris 8 est actuellement enfermé au CRA du Ménil Amelot. Il risque l’expulsion vers le Tchad le 15 mars.

    Ce texte est issu d’échanges avec et de textes écrits par Omar, exilé occupant de l’Université Paris 8, depuis sa cellule du Mesnil Amelot. Omar a été raflé à la préfecture de Créteil alors qu’il venait renouveler son récépissé de demande d’asile le 27 février dernier. Omar est dubliné. Cela faisait plusieurs semaines qu’il était assigné à résidence. C’est pour cela que certain.e.s d’entre nous étaient parti.e.s l’accompagner pointer au Commissariat de St-Maur-les-Fossés.

    A lire aussi : Face aux politiques migratoires racistes, occupons plus de lieux | 22 février
    L’assignation à résidence, mesure caractéristique de la loi sur l’État d’Urgence, est le commun de beaucoup d’éxilé.e.s. Elle prééxistait à sa mise en place, et a survécu à la fin de cet État d’exception légalisé.

    «Je m’appelle Omar Hussein, je suis de nationalité soudanaise.

    Je suis arrivé en Italie en juin 2017. À mon arrivée à Lampedusa, au sortir du bateau, j’étais très fatigué et on m’a pris mes empreintes de force.

    La police m’a menti sur le sens de ces empreintes. Je ne savais pas qu’on les garderait.

    Puis j’ai été à la rue. J’ai dormi dans le froid, comme si je n’étais pas un être humain et ce alors que je suis en Europe pour trouver une protection.

    Est ce qu’il y a de la sécurité dans la rue? Tout ce qu’on trouve dehors, ce sont des voleurs, des criminels et des alcooliques. Au milieu de ce chaos je ne me suis jamais senti en sécurité.

    C’est pour cela que j’ai décidé de venir en France. Là bas, j’ai demandé l’asile politique ou économique. J’ai recherché une protection et la sécurité.

    J’ai demandé l’asile en bonne et due forme et j’ai respecté tous mes rendez-vous administratifs.

    J’ai été assigné à résidence et j’ai dû signer tous les jours au commissariat du 11 janvier au 6 fevrier.

    Un jour, la Préfecture de Créteil m’a donné rendez-vous, j’ai demandé à la dame au guichet si je devais continuer à aller signer.

    Elle m’a répondu que non.

    Le 26 février dernier au matin 3 policiers m’ont attrapé.

    Ils m’ont mis dans une petite pièce sans fenêtres à côté du bureau et m’ont menotté après m’avoir fouillé de façon très violente et humiliante puisqu’on m’a déshabillé. On m’a ensuite emmené au commissariat et on m’a mis en cellule.»

    Omar a été emmené au LRA de Choisy-le-Roi. Il y est resté 27h avant d’être transféré au CRA du Mesnil Amelot.
    Le LRA (Local de Rétention Administratif) est un des chainons du mécanisme d’expulsion des étranger.e.s illégallisé.e.s. Plus discret et plus petit que le CRA il n’en est pas moins violent.
    Il y a dans ce lieu 12 places pour 23 policiers.
    En 2011, les responsables ont interdit les jeux de cartes, sous pretexte de prévenir les tentatives de suicide. Il n’y a pas de permanence médicale dans ce lieu, et depuis 6 mois il n’y a pas non plus d’association d’aide juridique qui permettrait à Omar et aux autres de faire valoir leurs droits.
    Le 27 février nous essayons de lui rendre visite. Nous arrivons au CRA à 17h30 après avoir appris à 14h30 qu’il avait été déplacé.

    La présence de nombreux.ses migrant.e.s hebergé.e.s avec lui parmi les visiteur.ses, gène manifestement les policier.e.s qui se livrent à une fouille minutieuse et longue de toutes les personnes. Devant les grilles de la taule puis 100 metres plus tard devant le sas pour le parloir où nous sommes fouillé.e.s une seconde fois.
    Le temps de faire appeler Omar et de négocier avec les flics pour faire entrer ses ami.e.s et des interprètes, on nous explique que le temps des visites est terminé.
    Les horaires des visites et les conditions dans lesquelles elles se déroulent varient d’un CRA à l’autre, signe de l’arbitraire qui y règne.

    «Le règlement du lieu c’est le policier que vous avez en face de vous», nous a dit un gardien ce jour-là. Le 28 fevrier, Omar est passé, comme l’exige la procédure, devant le Juge des Libertés et des Rétentions qui a confirmé son placement en CRA pour 28 jours et ce malgré les jurisprudences de la Cour de Cassation et celle de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui se sont clairement prononcées contre l’enfermement des migrant.e.s dubliné.e.s.

    Dans son jugement du samedi 30 mars la Cour d’Appel de Paris confirme la décision du juge du CRA. Motif principal : Risque de fuite. On ne reconnaît pas les radios et le certificat médical produits lors de l’audience.

    «Tout est clair dans les deux tribunaux. Ils sont tout le temps d’accord avec la préfecture. C’est joué d’avance. On ne me laisse pas parler ou quand on le fait on sent que ça ne change rien. Ils disent que je ne me suis pas présenté pour signer mais c’est faux, la seule fois où je ne suis pas venu signer, c’est pour aller à l’hôpital» (Omar au téléphone le 4 mars)

    Adam, son ami tchadien, qui a été logé dans le même centre d’hébergement confirme : «Tout le monde peut témoigner, c’est l’ambulance qui est venu le chercher au Centre d’Hébergement. On peut même vérifier à l’hopital de Lariboisière»

    Dimanche 4 mars : Omar nous appelle d’un petit téléphone que nous lui avons fait passer secrètement lors de son audience au tribunal à Paris (le sien qui comporte une caméra lui a été confisqué car c’est interdit là bas).

    «Mon nom est affiché sur le vol du 15 mars pour Milan à 8h du matin»

    P.-S.
    Texte publié sur : Omar, exilé occupant de Paris 8, enfermé en Centre de Rétention

    Contact :
    mail : [email protected]
    Twitter : @ExileesOccupP8
    Facebook : Les habitant.e.s de P8
     
  9. allpower
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    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

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    Nov 2012
    Un reportage de Taranis sur cette occupation



    Un reportage qui est le 3ème épisode d'une série sur les Migrants à Paris













     
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