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Actualité militante La police met fin à une manifestation étudiante (Montréal, Québec - 31 mars 2011)

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 4 Avril 2011.

  1. Ungovernable
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    Une manifestation de quelques milliers d'étudiants, jeudi après-midi, pour dénoncer la hausse des droits de scolarité a tourné au vinaigre alors que l'escouade anti-émeute est intervenue pour disperser la foule. « L'action d'aujourd'hui est la mise au jeu. Le match va se poursuivre jusqu'à l'année prochaine », a averti un porte-parole étudiant.


    L'événement était orchestré par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) et appuyé par des associations étudiantes membres de la FECQ et de la FEUQ. S'étant rassemblés au square Victoria vers 13h, les manifestants se sont rendus jusqu'aux bureaux du premier ministre Jean Charest, au coin de McGill College et Sherbrooke.

    Ils en ont contre l'annonce du ministre des Finances Raymond Bachand d'échelonner une hausse de 1650$ des frais de scolarité sur cinq ans. Entre 2007 et 2017, la facture des étudiants québécois aura doublé.

    « L'éducation, ce n'est pas un droit commercial, c'est un droit de tout le monde de pouvoir s'éduquer. Avec la hausse, on donne la possibilité à ceux qui ont plus d'argent d'avoir plus de droits que ceux qui ont moins de revenus. C'est un principe que je ne peux pas supporter », a affirmé Mathieu Paradis, étudiant en travail social à l'UQAM.

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    Rassemblés au square Victoria vers 13h, les manifestants se sont rendus jusqu'aux bureaux du premier ministre Jean Charest, au coin de McGill College et Sherbrooke. Photo Rogerio Barbosa

    La vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), Marie Blais, est aussi venue appuyer les manifestants en prenant le micro. « Tout comme vous, on dénonce le budget Bachand qui pose la hausse des frais de scolarité comme inévitable. Pour nous, la moyenne canadienne (des frais), ce n'est pas un bon comparatif. Pourquoi ne pas se comparer au Danemark ou l'Allemagne, où l'éducation est gratuite? » a-t-elle demandé sous les applaudissements.

    La manifestation tourne au vinaigre

    La manifestation s'est déroulée dans une ambiance festive jusqu'en milieu d'après-midi, alors qu'une vingtaine d'étudiants ont réussi à pénétrer dans les bureaux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ).

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    À leur deuxième tentative une vingtaine ont réussi à entrer dans les locaux de la CRÉPUQ. Photo Rue Frontenac

    Une soixantaine de manifestants se sont séparés de la marche principale, vers 15h, a pu constater Rue Frontenac. Ils se sont rendus discrètement, en plusieurs petits groupes, vers les locaux de la CRÉPUQ au 500, rue Sherbrooke Ouest, tout près des bureaux du premier ministre Jean Charest.

    Vers 15h20, le groupe, rassemblé derrière l'édifice, s'est engouffré sans prévenir dans l'édifice par une porte située sur le côté de l'immeuble où est aussi situé le siège social de Loto-Québec. Un agent de sécurité qui a tenté de les bloquer a rapidement été repoussé par le flot d'étudiants, dont certains étaient masqués, et qui fonçaient au pas de course.

    Ceux-ci ont ensuite emprunté une cage d'escalier de secours pour se rendre au premier étage, où sont situés les bureaux de la CRÉPUQ. Une solide porte métallique verrouillée les attendait. Munis d'une barre à clous, deux d'entre eux ont tenté en vain de la forcer, sous le regard médusé d'employés de la CRÉPUQ qui les regardaient faire par une petite fenêtre grillagée.

    Les étudiants ont ensuite décidé de monter à l'étage supérieur et ont réussi à s'introduire dans les locaux de Loto-Québec à la hâte. Après une échauffourée avec des employés de la société d'État qui ont tenté de leur bloquer le passage et qui ont verrouillé des portes, séparant le groupe d'étudiants en deux, une vingtaine ont réussi à prendre des ascenseurs pour retourner un étage plus bas, atteignant leur cible première.

    Une employée blessée

    Voyant le groupe de manifestants se ruer vers les portes des locaux de la CRÉPUQ, la réceptionniste de l'organisme s'est précipitée et a tenté de retenir les portes, s'infligeant une blessure à l'avant-bras. « Quand les manifestants sont entrés, il y aurait eu une bousculade et elle a un bras fracturé, a confirmé après coup la porte-parole du SPVM, Anie Lemieux. Elle a été transportée à l'hôpital. » Les manifestants se sont ensuite installés dans le hall d'entrée de l'organisme, scandant des slogans contre la hausse des frais de scolarité.

    L'incident a jeté un certain froid parmi les manifestants, qui étaient nombreux à ne pas comprendre pourquoi la frêle dame s'est jetée sur la porte pour tenter de leur bloquer le passage. Plusieurs ont expliqué à Rue Frontenac qu'ils prévoyaient une occupation pacifique des locaux et qu'ils s'attendaient à quelques bousculades avec des agents de sécurité, sans plus.

    Par la suite, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant l'édifice pour soutenir cette occupation, provoquant des cris de joie parmi la vingtaine de contestataires qui les voyaient arriver par les baies vitrées de l'immeuble. « Libérez nos camarades! » scandait la foule massée près des portes du 500, rue Sherbrooke Ouest.

    L'anti-émeute intervient

    L'escouade anti-émeute du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est arrivée sur les lieux et s'est positionnée près des portes de l'édifice en repoussant les manifestants. Après un peu de brasse-camarade, les policiers ont utilisé le poivre de Cayenne, réussissant ainsi à repousser les gens sur le trottoir. Les journalistes et photographes, dont ceux de Rue Frontenac, ont aussi été incommodés.

    N'ayant toujours pas reçu d'avis d'éviction officielle après environ cinquante minutes, ceux qui occupaient les locaux de la CRÉPUQ ont décidé de sortir pour rejoindre la manifestation principale. Les policiers les ont dirigés vers la cage d'escalier de secours et vers le sous-sol de l'édifice.

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    Lorsque les policiers ont chargé, certains ont choisi de s'asseoir par terre pour protester. Photo Rogerio Barbosa

    À sa sortie, le groupe a été chaudement applaudi par ses centaines de supporteurs qui attendaient à l'extérieur. Les festivités n'auront cependant pas duré longtemps : à peine deux minutes plus tard, l'escouade anti-émeute, appuyée par la cavalerie, a lancé des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes, chargeant les étudiants qui ont été repoussés en deux groupes, vers l'est sur Sherbrooke et vers le sud sur la rue City Councillors.

    Lorsque les policiers ont chargé, certains ont choisi de s'asseoir par terre pour protester. « C'était de la désobéissance civile passive et non agressive », a affirmé le porte-parole de l'ASSÉ lors de son bilan. Nous avons assisté à deux arrestations à ce moment.

    « Il y a eu des gestes criminels qui ont été commis, a affirmé l'agent Anie Lemieux du SPVM pour justifier l'intervention. Il y a eu deux avertissements qui ont été donnés pour mettre fin à la manifestation », indique-t-elle.

    Bilan : 5 arrestations et 3 blessés

    « C'est une manifestation qui s'est quand même bien déroulée dans l'ensemble », a indiqué Anie Lemieux. Bilan : cinq arrestations, entre autres pour voies de fait sur un policier, menaces contre des policiers et méfaits.

    En plus de la dame au bras cassé, Urgences-santé a indiqué avoir eu à soigner sur place un agent légèrement blessé à un bras. Un homme dans la mi-vingtaine aurait aussi reçu en plein visage une balle de caoutchouc, utilisée par les policiers pour repousser les manifestants. Il a été transporté à l'Hôpital Royal Victoria pour un traumatisme mineur », a indiqué Éric Berry d'Urgences-santé.


    La CRÉPUQ ciblée

    La CRÉPUQ s'est positionnée pour une hausse des frais de scolarité cet automne, justifiant cette position par un sous-financement des universités québécoises par rapport à celles du reste du Canada qu'elle chiffre à 620 M$. Un chiffre toutefois contesté.

    « On voulait leur signaler notre ferme opposition, a affirmé le porte-parole de l'ASSÉ pour explique le choix de la cible. On voulait leur rappeler qu'ils sont supposés nous représenter. À la place, ils dilapident l'argent des universités en se payant des condos, des bonis, des salaires ou en lançant des projets immobiliers mégalomanes qui finissent une fois sur deux par un échec », dit-il.

    L'occupation est une des méthodes utilisées par l'ASSÉ pour faire valoir sa voix. Elle l'a utilisée la semaine dernière en pénétrant dans les bureaux montréalais du ministère des Finances. « L'idée est de prendre possession symboliquement d'un lieu pour faire valoir un point de vue », a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois.

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