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Informatique La chine censure l'Égypte sur internet, de peur que les chinois suivent l'exemple

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 31 Janvier 2011.

  1. Ungovernable
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    Pékin "suit de près" et censure les événements en Egypte

    La Chine a déclaré lundi suivre de près les événements en Egypte, tout en continuant de censurer les informations sur les manifestations antigouvernementales qui y ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés depuis près d'une semaine.

    "La Chine suit de près l'évolution de la situation en Egypte", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Hong Lei.

    "L'Egypte est un pays ami de la Chine et nous espérons que la stabilité sociale et l'ordre public vont être restaurés dès que possible en Egypte", a-t-il ajouté.

    Le mot "Egypte" restait lundi censuré sur plusieurs sites de micro-blogging en Chine, où le parti communiste au pouvoir, qui étouffe les appels aux réformes politiques et les revendications démocratiques et redoute les troubles à l'ordre public, peut craindre un effet de contagion.

    La censure est très active en Chine pour empêcher toute critique du gouvernement ou mention de la question des droits de l'homme.

    La Toile est expurgée de sites politiquement sensibles et Pékin contrôle étroitement la communauté des 450 millions d'internautes chinois pour éviter que la dissidence ne s'organise ou puise une inspiration à l'étranger.

    Les autorités chinoises du tourisme ont suspendu les voyages organisés au pays des Pharaons et Pékin déconseille officiellement aux Chinois de se rendre en Egypte.

    Selon le ministère des Affaires étrangères, plus de 300 touristes chinois attendaient dimanche de pouvoir quitter le pays à l'aéroport du Caire alors que des compagnies avaient annulé leur vols, et une centaine d'autres étaient bloqués dans les gares.

    Dimanche, des milliers d'Egyptiens ont de nouveau bravé le couvre-feu, alors que l'armée est déployée dans les rues. Le mouvement contre le régime du président Hosni Moubarak est inspiré par la révolte tunisienne qui a chassé du pouvoir le président Ben Ali.
     
  3. Ungovernable
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    La Chine contrôle les forums internet sur l'Égypte
    Inquiètes, les autorités usent de subterfuges pour éviter que les manifestations égyptiennes ne donnent des idées aux Chinois.


    Comme la plupart des gouvernements de la planète, les autorités chinoises observent avec nervosité l'évolution des événements en Égypte. À l'occasion de la soirée annuelle qu'organisait le 31 janvier le ministère des Affaires étrangères chinois pour la presse internationale, la situation au Proche-Orient était au coeur de toutes les conversations, mais prudemment absente des discours officiels. "La Chine suit de près l'évolution de la situation en Égypte", avait indiqué, la veille, le porte-parole du ministère Hong Lei. "L'Égypte est un pays ami de la Chine, et nous souhaitons le rétablissement de la stabilité sociale et le retour à la vie normale dans les meilleurs délais..."

    À l'incrédulité devant la montée de la colère de la rue et la chute de Ben Ali en Tunisie et à l'anxiété (partagée avec le monde occidental) de voir des gouvernements islamistes radicaux occuper la vacance du pouvoir s'ajoute, à Pékin, une prise de conscience inquiète sur la fragilité des régimes autoritaires du monde arabe qui paraissaient, récemment encore, insubmersibles. Déjà, en 1990 et en 1991, les responsables chinois avaient contemplé avec effroi l'éclatement de leur "grand frère rouge", l'Union soviétique, et la fin tragique du couple Ceausescu en Roumanie. Cet exemple à ne pas reproduire a certainement pesé dans la décision de l'homme fort de l'époque, Deng Xiaoping, de relancer les réformes économiques et de miser sur l'enrichissement de la société chinoise pour assurer sa stabilité. Il explique aussi le choix d'un régime politique au fonctionnement collégial qui permet d'éviter une personnification du pouvoir, et donc une concentration du ressentiment.

    Place Tahrir-Place Tian'anmen

    Mais Internet était encore balbutiant voilà vingt ans. Or, les autorités chinoises ont parfaitement compris que les nouveaux moyens de communication, particulièrement les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, expliquaient la propagation de l'onde de choc. En Chine, ces deux canaux sont censurés depuis les événements du Tibet en 2008. Mais ils ont été remplacés depuis lors par des équivalents chinois : Tacent et autres QQ. Très vite, les policiers de la Toile se sont inquiétés des parallèles que les internautes chinois pourraient tracer entre des motifs communs d'insatisfaction - comme l'inflation, les inégalités de revenus, la corruption, l'impunité de responsables locaux, le chômage des jeunes (ouvriers et diplômés)... - et la tournure des événements en Égypte, qui, par bien des aspects, rappelle la situation du printemps 1989 en Chine.

    "La place Tahrir, sur laquelle se déroulent les manifestations au Caire, ne s'écrit-elle pas en anglais (ou en français) avec la lettre T comme Tian'anmen", soulignait, voilà quelques heures, un message vite effacé de la Toile chinoise... Les autorités chinoises, échaudées par les événements du Xinjiang en juillet 2009 (manifestations et émeutes auraient alors été encouragées via Internet) ont donc répondu avec une triple tactique. D'abord, une censure "affinée" des micro-blogs. Les réseaux sociaux chinois ne sont pas fermés, mais les moteurs de recherche tournent dans le vide lorsque les mots-clés "Égypte, Tunisie ou Moubarak" sont entrés. Et les rares messages qui parviennent à s'inscrire sur les écrans lorsque leurs auteurs ont joué sur l'ordre des caractères ne restent guère longtemps visibles.

    L'Égypte, le deuxième partenaire commercial arabe

    Les responsables des grands sites ou journaux confirment en catimini qu'ils ont reçu, la semaine dernière, l'ordre de ne publier que les dépêches préparées par l'agence Chine Nouvelle, la voix officielle du gouvernement. Ce qui n'a pas empêché de grands sites, tel Baidu, de laisser des photos éloquentes - mais non légendées -, comme celle de cette douzaine d'Égyptiens se prosternant, dans un geste de prière, devant un tank. Cette image évoque immédiatement la photo du jeune Chinois debout devant un char, devenue l'icône de Tian'anmen. Mais tous les commentaires ont été "harmonisés", c'est-à-dire supprimés...

    S'ajoute une propagande de plus en plus sophistiquée. Les reportages sur l'Égypte se concentrent depuis trois jours sur les pillards, le chaos, le risque d'effondrement de cette économie égyptienne - qui repose essentiellement sur le tourisme - et l'organisation du rapatriement des touristes et expatriés chinois. L'Égypte est en effet le second partenaire commercial de la Chine en Afrique et dans le monde arabe, avec plus de 5 milliards d'euros d'échanges en 2010, et plus de deux mille touristes chinois sont encore en attente à l'aéroport du Caire. "Cette couverture permet de déplacer habilement le débat, explique un journaliste chinois loin d'être dupe, on ne parle pas des manifestations du peuple égyptien, mais du rapatriement des Chinois. Cela permet au passage au gouvernement de démontrer comment il protège les intérêts de son peuple à l'étranger..."

    Les Chinois, peuple optimiste

    Enfin, les autorités utilisent des dérivatifs. Les pages d'accueil des sites internet sont dominées par des photos de lapins joyeux, le sympathique animal du zodiaque chinois qui doit accompagner la prochaine année lunaire. Toutes les festivités entourant le nouvel an chinois qui aura lieu le 3 février sont recensées et détaillées, alternant avec quelques "bonnes nouvelles" de percées technologiques sur les TGV ou de passionnants scoops sur la vie privée des stars... Sur le fond, la situation chinoise reste différente de celle de l'Égypte. Les vingt années de croissance continue qu'a connues la Chine ont donné une nouvelle légitimité au pouvoir, et le peuple, malgré des difficultés quotidiennes, a retrouvé, dans sa grande majorité, une véritable fierté. Les jeunes ont des projets et sont globalement confiants dans l'avenir, en dépit d'inquiétudes pour acquérir un logement.

    Un sondage, réalisé l'été dernier par le Pew Research Center, révélait que les Chinois figuraient parmi les peuples les plus optimistes de la planète (à l'opposé des Français, parmi les plus pessimistes... et des Égyptiens !) Les problèmes d'emploi n'ont jamais créé, comme en Égypte, des flots d'inactifs traînant dans les rues, l'éducation est de nouveau privilégiée (même si elle reste très inégale entre villes et campagnes) et les contrôles de la police sont beaucoup plus discrets, même si le régime reste autoritaire. Du coup, certains intellectuels se prennent à rêver que l'exemple égyptien donne de nouveaux arguments aux réformistes chinois, qui, depuis l'an dernier, menés par le Premier ministre, prônent une progressive ouverture politique pour répondre aux attentes croissantes de la société. La réforme politique serait, selon eux, le meilleur moyen de désamorcer les risques croissants de troubles sociaux.
     
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