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Kery James et ses initiatives réformistes

Discussion dans 'Musique et contre-cultures' créé par Anarchie 13, 22 Avril 2017.

  1. Anarchie 13
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    Kery James a fait parler de lui récemment pour une dernière initiative, un média "indépendant" censé être la voix des banlieues françaises. L'argument étant qu'il faut "agir plutôt que se contenter de critiquer".

    Présentation | Le banlieusard

    Il a envisagé d'interviewer des candidats à l'élection présidentielle. Evidemment Poutou a sauté sur l'occasion, rien de tel pour se faire passer pour le représentant des milieux populaires. Hamon aussi.
    A chaque fois 4 intervenants posaient des questions aux invités. Au final on trouvait parmi ces intervenants uniquement des militants associatifs, universitaires et même un chef d'entreprise. Sachant que Kery James est le rédacteur en chef et "supervise tous les sujets et les équipes." (Kery James s'invite dans la campagne ) ça pose des questions.

    En réalité pas tant que ça quand on connait les positions idéologiques de Kery James. Il est en effet aussi à l'origine d'une bourse pour aider des jeunes de milieu populaire à poursuivre leurs études. Cependant les bénéficiaires de cette bourse sont triés sur le volet, seuls les plus déterminés et méritants y ont droit et si l'investissement ne suit pas ils peuvent se la voir retirer.

    Kery James crée une bourse d'études : «A un moment, il faut redistribuer»

    Kery James est aussi l'auteur d'une pièce de théâtre où s'opposent deux étudiants à l'école du barreau. Un, issu de milieu aisé, défend la banlieue en accusant l'état d'être à l'origine de tous les maux qui s'y trouvent, l'autre, joué par Kery James, dénonce cet argumentaire comme victimisant et misérabiliste (ce qu'il est effectivement) mais pour rejeter aussi en partie la faute sur les banlieusards qui se sortiraient pas les doigts du cul.

    POURQUOI ON L'AIME : "À vif", la pièce de théâtre de Kery James

    On est toujours dans la moralisation et la méritocratie de la part de celui qui a rappé "je veux pas brûler des voitures, je veux en construire et puis en vendre". L'exploitation salariale est donc la fin qu'il dédie aux banlieusards. Kery James a une posture réformiste qui d'après moi gangrène les énergies des quartiers populaires qui devraient se tourner vers des démarches révolutionnaires.
    Y compris dans ses prises de position, Kery James a avant tout comme crédo d'expliquer que "nos banlieues ont du talent". Il faudrait que celui-ci soit reconnu par les institutions. Au niveau du rap il me semble qu'il réagit au courant "gangsta" qui valorise l'individualisme et le consumérisme, la réussite financière y compris par le trafic. Là-dessus il a raison, c'est aussi déplorable. Sauf que y a d'autres réponses à y apporter que d'encourager les jeunes à rentrer dans le monde du travail, faire des études et au final chercher aussi à faire des thunes et réussir individuellement.

    Voilà j'ai peu de temps vu que je dois aller au taf du coup j'ai mis les premiers liens que j'ai trouvé.
    Kery James n'est pas le seul à avoir cette vision, je trouve que Médine l'a aussi dans une certaine mesure même s'il semble plus tiraillé que Kery james. Et je pense que c'est une mauvaise position pour qui aspire à une révolution qui améliorerait vraiment le quotidien des galériens des quartiers populaires (qui ne viennent d'ailleurs pas tous de banlieues).
     
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