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Ivry-sur-Seine (94): occupation du 2 rue Baudin

Discussion dans 'Activisme, théories et révolution sociale' créé par ninaa, 15 Avril 2015.

  1. ninaa
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    France
  2. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Ivry-sur-Seine (94): occupation du 2 rue Baudin

    Le « Moulin », un nouvel espace de vie occupé à Ivry sur Seine : récit
    d’un emménagement folklorique.

    [​IMG]

    L’OPHLM d’Ivry sur Seine est propriétaire de l’immeuble de trois étages
    situé 2 rue Baudin à Ivry sur Seine, dont le dernier appartement a été
    libéré autour du 10 mars dernier. L’immeuble est promis à la démolition
    : il faut bien donner du travail aux rénovateurs urbains, à leurs armées
    d’architectes et d’aménageurs, qui rêvent de couler du béton là où des
    arbres et des vieilles pierres ont survécu à leurs attaques.

    Comme on était sans logement et que cet espace sera offert à des
    bulldozers, nous avons choisi de nous y installer. Des immeubles comme
    celui-ci, il y en a beaucoup. La spéculation immobilière fait des
    ravages, les loyers ne cessent d’augmenter et les assureurs incitent les
    propriétaires à demander des garanties toujours plus exigeantes envers
    leurs futur-e-s locataires.

    On n’accepte pas que nos salaires ne servent qu’à remplir les poches des
    propriétaires. On n’accepte pas non plus que des immeubles entiers
    soient vides alors que des milliers de gens vivent à la rue ou dans des
    conditions inacceptables.

    Ils nous diront sûrement que l’immeuble est insalubre. Ils ajouteront
    que notre sécurité n’est pas assurée. Et pour finir, tenteront de nous
    faire culpabiliser en affirmant que la démolition à venir servira à la
    construction de nouveaux logements sociaux, avant de procéder à notre
    expulsion comme il se doit dans ce monde de brutes.

    Le logement social, on connaît la chanson : des listes à n’en plus
    finir, des critères de sélection absurdes, des années d’attente,
    l’obligation d’accepter la première proposition au risque de ne plus en
    avoir d’autre, etc. On n’accepte pas que l’OPHLM fasse le tri entre les
    bon-ne-s et les mauvais-es pauvres pour l’attribution de logement. Nous
    sommes pour la réquisition pure et simple des logements vacants, pour
    tous ceux et celles qui n’en ont pas.

    Pour ce qui est de l’immeuble, qu’ils ne s’inquiètent pas, tout va très
    bien. Il est tout a fait sain et salubre, les murs sont solides, on a
    l’eau et l’électricité à tous les étages. Ne manquent que la fibre
    optique et le conteneur à poubelles. Et au fait, si quelqu’un s’y
    connaît en chaudières à gaz, merci de nous envoyer un télégramme (œufs
    de Pâques en récompense)…

    Le 30 mars, les flics sont venus à deux reprises nous rendre visite,
    appelés par les services du propriétaire. Constatant notre occupation
    sans droit ni titre, grâce à une facture EDF, ils ont dit au
    propriétaire d’aller se faire voir en justice pour nous faire expulser.

    Ils sont ensuite revenus, prétextant une « rixe », pour fouiller
    l’ensemble de l’immeuble à la recherche de Karim (précision : on ne sait
    toujours pas qui c’est !) et de ses potes bagarreurs, avant de repartir
    à nouveau. Si quelqu’un connaît Karim, merci de se manifester pour qu’on
    le poukave (on se détend, c’est une blague, on n’est pas comme ça). Les
    molosses de la BAC 94 ont bien défoncé quelques portes et glissé leurs
    lampes-torches derrière nos canapés pour trouver un os à ronger, mais
    ont fini par s’en retourner bredouilles, non sans renverser le cendrier
    d’un camarade (relous les chtars : pas sur le tapis !) et confisquer un
    nunchaku trouvé dans la cave de l’immeuble (il leur servira à la maison
    poulaga).

    La rixe n’était donc qu’une excuse pour procéder à une vérification plus
    approfondie de nos conditions d’installation (ils ont cru qu’ils
    pouvaient faire l’état des lieux à la place du proprio). Nous ne sommes
    pas dupes. Nous pensons même que les services du propriétaire ont
    inventé cette histoire pour faire revenir les flics, pensant sans doute
    que ça aiderait à ce qu’ils nous foutent dehors.

    Le lendemain, les flics sont revenus une dernière fois gratter la porte
    du petit doigt pour s’assurer que le hall de l’immeuble était bien
    barricadé. Résultat : une demi-heure d’ITT pour ongle élimé. Dur dur
    d’être policier !

    Enfin, le surlendemain, l’agent de sécurité est revenu dès neuf heures
    pour récupérer le courrier de la bonne vieille Ginette qui n’habite plus
    là depuis 1994. La bonne excuse ! On lui a dit d’arrêter de faire chier
    notre copropriété. La prochaine fois, c’est le seau d’eau froide.

    Depuis, c’est la paix sociale. Nous sommes donc officiellement les
    nouvelles/eaux habitant-e-s du 2 rue Baudin, pour une durée indéterminée
    et en attendant que la justice décide de notre sort.

    * * *

    - Le Val-de-Marne sur Squat!net
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