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Film Insensibles: Réalisateurs : Juan Carlos Medina

Discussion dans 'Documentaires et films' créé par Marc poïk, 16 Juin 2017.

  1. Marc poïk
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    Marc poïkNo future... for you ! Membre actif

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    Déc 2016
    Netherlands
    "Insensibles"
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    [​IMG]
    • Année de production : 2012
    • Réalisateurs : Juan Carlos Medina
    • Scénaristes : Luis Berdejo, Juan Carlos Medina
    • Acteurs : Irene Montala, Richard Felix, Derek de Lint, Felix Gomez, Juan Diego, Tómas Lemarquis
    • Genre : Thriller
    • Pays d'origine : Espagne
    Pendant la guerre civile espagnole, un groupe d’enfants insensibles à la douleur est enfermé dans un sanatorium au coeur des Pyrénées. De nos jours, David Martel, un brillant neurochirurgien, découvre qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau et il se met à la recherche de ses parents pour obtenir une greffe de moelle osseuse nécessaire pour sa survie. Durant sa quête, David va exhumer les secrets terrifiants sur ses origines, réanimer les fantômes de son pays d’origine et est confronté à Bakano, seule survivante des exactions commises sur les enfants insensibles


    A la veille de la guerre civile espagnole, un groupe d’enfants, insensibles à la douleur physique, est interné dans un sanatorium. Séquestrés, incompris et maltraités, un seul d’entre eux, Benigno, atteindra l’âge adulte. De nos jours, le chirurgien David Martel part à la recherche de ses parents biologiques pour procéder à une greffe indispensable à sa survie. Il découvrira que ses propres origines sont étroitement liées au destin tragique de ces enfants, et d’un mystérieux et monstrueux tortionnaire du nom de Berkano.

    [​IMG]Pour son premier long-métrage, le réalisateur franco-espagnol Juan Carlos Medina nous propose une ambitieuse parabole, à la fois poignante et terrifiante, sur les années les plus sombres de l’Espagne du XXème siècle (guerre civile, seconde guerre mondiale, franquisme). Préférant la relecture poétique à la reconstitution historique, Medina se distingue de ses prédécesseurs ibériques (L’Echine du Diable, Le Labyrinthe de Pan, Balada Triste, L’Orphelinat) en adoptant un double angle d’attaque pour le moins original : celui du syndrome de l’insensibilité congénitale de ces enfants internés, isolés sensoriellement du monde extérieur, et en souffrance psychologique ; et celui du détachement émotif de David, souffrant d’une maladie physique létale. Insensibles s’articule donc autour de deux récits qui fonctionnent à rebours l’un de l’autre. Très vite, le montage alternatif ne laisse place à aucun doute quant au fait qu’ils sont voués à se recouper, et qu’ils constituent une seule et même histoire, dont le sanatorium est le lieu hyperbolique. Tant et si bien que le bâtiment acquière un statut de lieu maudit quasi lovecraftien. Il est à la fois un point culminant qui écrase tout horizon, et la porte des abîmes sans fond qui contaminent tout le récit et aimantent la quête identitaire de David.

    Foncièrement symbolique, ce film, qui tient autant du thriller fantastique que du film d’auteur engagé, s’interroge avant tout sur la torture intérieure de l’histoire de tout un pays. Medina, conscient de la force d’un sujet tel que le traumatisme historique, ne perd jamais de vue son propos, et a l’élégance d’éviter de verser dans le discours moralisateur, auquel il préfère la rigueur formelle. Le tissu narratif et visuel du métrage est beaucoup plus organique et métaphorique que discursif et réaliste. Ce qui importe, c’est la force émotionnelle transmise par le jeu des acteurs (que celle-ci traduise l’empathie, l’indifférence, ou la cruauté), et la [​IMG] puissance évocatrice des images. Le casting est très convaincant. Le traitement de l’espace et des lieux, ainsi que des ombres et des lumières, remarquablement lié à l’évolution psychologique des personnages. Le tout servi par la photographie d’Alejandro Martinez, tout bonnement éblouissante, jusqu’aux ténèbres. Medina s’autorise bien quelques digressions dispensables dont l’intérêt demeurent discutables (comme la scène de l’opération du chiot par exemple). Il n’est pas à exclure non plus, qu’à trop vouloir bien faire, il en ait un peu trop fait. Mais ce petit brûlot ibérique n’en demeure pas moins viscéral et émérite.

    Ce qui prime en définitive dans Insensibles, c’est un regard lucide qui commence par dévisager le mal à travers l’innocence des enfants. Puis qui singulièrement s’élève, à travers une horreur résolument humaine, au vertigineux promontoire à partir duquel une nation peut être observée à échelle historique, dans son ensemble, et être capturée dans l’isolement d’une ambiguïté monstrueuse : celle où elle apparaît comme sa propre victime, et son propre bourreau. C’est de ce point de vue que s’éclaire le final incendiaire (on songe à l’esthétique de Clive Barker) de la rencontre des deux récits, où le réal prend clairement position.

    Insensibles refuse les poisons de la culpabilité et du tabou, ainsi que les facilités de l’oubli, et exhorte au devoir de mémoire responsable. On ira pas jusqu’à vous dire que Medina transcende son sujet. Mais il a au moins su le sublimer. Et pour un premier film, c’est énorme.

    Lien de téléchargement

    https://uptobox.com/iznpykezy60x

     
  2. moniak
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    moniakMembre du forum Membre actif

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