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Historique du 1er mai

Discussion dans 'Bibliothèque anarchiste' créé par Marc poïk, 30 Avril 2017.

  1. Marc poïk
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    Marc poïkSous l'arbre en feuille la vie est plus jolie Membre actif

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    Déc 2016
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    Historique du 1er mai

    [​IMG]Qu’elle soit interdite où fériée, cette journée de luttes internationale puise son origine dans l'histoire du mouvement anarchiste, ce qui, au-delà des simples revendications, lui confère une véritable quête d'émancipation et de liberté.

    Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste "The Alarm" afin d'organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendues pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA. Le mouvement se poursuit les jours suivants; le 3 mai, à Chicago, un meeting se tient près des usines Mc Cormick.

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    Des affrontements ont lieu avec les "jaunes" et la police tire sur la foule, provoquant la mort de plusieurs ouvriers. Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C'est à ce moment là qu'une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont 7 policiers. Cela déclenche l'hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête 8 anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l'explosion. Mais qu'importe leur innocence; un procès, commencé le 21 juin 1886, en condamne 5 à mort; malgré l'agitation internationale, ils seront pendus le 11 novembre, sauf Lingg qui se suicidera la veille, dans sa cellule.

    Trois ans plus tard, en 1889, le congrès de l'Internationale Socialiste réuni à Paris décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.

    Le "1er mai" sera d'abord récupéré par la révolution bolchevique, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy qui le transformera en "Fête du travail", sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

    Le 1er mai 1890, à Vienne (département de l'Isère), la population ouvrière répondant à l'appel des anarchistes Louise Michel, EugèneThennevin, et Pierre Martin descend dans les rues pour inciter ceux qui travaillent à se mettre en grève. Le cortège arborant drapeaux rouges et drapeaux noirs et chantant "la Carmagnole" ne tarde pas à se heurter aux "forces de l'ordre". Des barricades sont érigées, l'usine d'un patron du textile est pillée, mais les meneurs sont arrêtés. Des grèves spontanées se poursuivront durant une semaine.

    De nombreux 1er mai seront marqués par des événements tragiques, comme à Fourmie (France) en 1891, où l'armée tira sur la foule, faisant 10 morts parmi les manifestants.

    Le 1er mai 1907, à Paris, durant la manifestation, l'anarchiste russe Jacob LAW, né à Balta en 1887, tire 5 coups de revolver du haut de l'impériale d'un autobus sur les cuirassiers. Arrêté, il sera condamné à 15 ans de bagne en Guyane, d'où il sera libéré le 10 mai 1924. Toujours anarchiste, il publiera, en 1926, ses souvenirs : "Dix-huit ans de bagne".

    Le 1er mai 1936, Espagne, sortie du premier numéro de la revue culturelle et de documentation sociale : "Mujeres Libres", organe et porte-parole des militantes anarchistes féminines espagnoles et de leur mouvement d'émancipation M.M.LL.

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    La revue, née deux mois avant que n'éclate la révolution, s'imposera rapidement par la qualité de ses textes et l'esprit révolutionnaire qui l'animera jusqu'en octobre 1938, avant que la défaite ne contraigne les militantes à la mort ou à l'exil.

    Le 1er mai 1968, à Paris. Lors de la traditionnelle manifestation, des bagarres éclatent autour du drapeau noir lorsque des communistes tentent d'exclure les anarchistes du cortège.

    Le 1er mai 1990, à Paris, la station de métro "Stalingrad" est rebaptisée "Commune de Kronstadt" par le groupe libertaire Commune de Paris." S'il y a faillite des idéologies, ce n'est pas le cas de nos idéaux reposant sur la liberté de chacun, l'égalité pour tous, l'entr'aide et le fédéralisme autogestionnaire."

    Quelques jalons
    Les «trois huit»
    Ainsi s’appelle l’organe officiel d’organisation de la manifestation internationale du 1er Mai. Dans son édition de 1895, Jules Guesde explique ce qu’il faut entendre par ce qu’il appelle le jour social de huit heures: «Ce que nous revendiquons, c’est une loi qui interdise de faire travailler plus de huit heures par jour.» Autrement dit, huit heures de travail, huit heures de repos et huit heures pour s’instruire et cultiver son corps.

    Le décret du 2 mars 1848
    Parce qu’«un travail manuel trop prolongé non seulement ruine la santé mais en l’empêchant de cultiver son intelligence porte atteinte à la dignité de l’homme», la IIe République par voie de décret réduit d’une heure la journée de travail. Elle passe à dix heures à Paris et à onze heures en province.

    Sous la pression du patronat ce décret est abrogé quelques mois plus tard, soit le 9septembre 1848.

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    1868 : les huit heures aux États-Unis

    Le gouvernement américain accorde, en 1868, la journée de huit heures à tous les journaliers, ouvriers, artisans, employés par l’administration fédérale.

    1884 : congrès de l’American Federation of Labor
    A l’occasion du IVe congrès de l’American Federation of Labor qui se tient à Chicago en 1884, pour la première fois dans l’histoire du mouvement ouvrier est lancée l’idée d’organiser une manifestation un 1er mai afin d’aboutir à la journée de huit heures. Les congressistes de l’époque ambitionnent d’atteindre leur objectif le 1er mai 1886.

    1886 : la grève de Chicago
    Le 1er mai à Chicago éclate une grève. Elle sera suivie le 3 mai d’une manifestation des grévistes qui sera violemment réprimée par la police. Le bilan officiel des victimes sera de 6 morts et 50 blessés. Le lendemain au cours d’une grande manifestation de protestation une bombe est lancée contre les forces de police, lesquelles tirent sur la foule. Jamais le bilan exact des victimes ne sera communiqué. En revanche des militants seront par la suite arrêtés, condamnés sans preuve et exécutés.

    1889 : le congrès de la IIe Internationale
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    C’est à Paris l’année même du premier centenaire de la Révolution française que blanquistes et guesdistes tiennent au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, le deuxième congrès de l’Internationale socialiste. Ce congrès décide qu’il sera«organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d’appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu’une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l’Afl, dans son congrès de décembre1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation.»

    1891 : Fourmies
    Dans une petite ville du nord de la France, une manifestation pacifique se rend en cortège à la mairie. La troupe, équipée des tout nouveaux fusils Lebel et Chassepot d’une portée de tir supérieure à deux kilomètres, tire à bout portant sur la foule. Parmi les morts, huit victimes ont moins de vingt et un ans, dont la jeune ouvrière Marie Blondeau et un jeune conscrit du nom d’Edouard Giloteaux. Habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, Marie Blondeau restera longtemps dans l’imagerie populaire comme une sorte de Vierge profane.

    1919 : le traité de Versailles
    La fin de la Première Guerre mondiale va sonner en deux temps l’avènement de la journée de huit heures. D’abord la loi du 23avril sur les huit heures est publiée au Journal officiel de la République française le 25avril. Ensuite, le 22 juin est signé (pour la France par Georges Clemenceau, par le président Wilson pour les États-Unis et par Llyod George pour la Grande-Bretagne) le traité de Versailles qui fixe dans son article247 «l’adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n’a pas encore été obtenue». La fin de la guerre est aussi l’occasion de mettre en place la SDN (Société des nations) ainsi que l’Organisation internationale du travail (OIT). Si la SDN a été remplacée, depuis, par l’Onu, l’Oit, elle, a survécu au second conflit mondial.

    Dès lors les manifestations du 1er Mai porteront d’autres revendications que la journée de huit heures tout en poursuivant ce grand rêve prolétarien de l’époque: la société libérée du travail contraint.

    En attendant que le droit à la paresse revendiqué par le gendre de Karl Marx soit établi, le mouvement ouvrier va partir à la conquête des congés payés.

    1926 : la revendication des congés payés
    C’est sans aucun doute à l’occasion du congrès que tient la Cgt en 1926 (une partie de ses membres est allée fonder la Cgt-Unitaire) qu’apparaît pour la première fois la revendication des congés payés pour tous les salariés (certaines professions les ont déjà obtenus). C’est également en 1926 que la Cgt prend position en faveur des assurances sociales. Une question qui n’avait rien de consensuel puisqu’à l’époque des syndicalistes étaient contre toute cotisation payée par les salariés.

    1929 : la montée des périls en Allemagne
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    Dans l’histoire sociale et politique allemande ce 1er Mai 1929 restera marqué d’une pierre noire. Les manifestations sont interdites à Berlin par le préfet Zoot Giebel. Les manifestants passent outre l’interdiction. La répression sera sanglante. Elle fera trente-trois morts et deux cents blessés. La division entre les communistes et socialistes est à son comble.

    1936 : le 1er Mai du Front populaire
    Dans l’histoire du 1er Mai l’année 1936 est certainement une des plus importantes. Plusieurs événements vont la marquer. D’abord dès le mois de mars se tient du 2 au 6 mars le congrès au cours duquel la Cgt se réunifie. Ensuite la manifestation du 1er Mai tombe deux jours avant les élections législatives qui vont porter au pouvoir les forces politiques du Front populaire. Enfin après un mouvement de grève mémorable sont signés en juin les accords de Matignon qui légalisent la semaine de quarante heures, les congés payés ainsi que les conventions collectives. L’année suivante le 1er Mai 1937 aura lieu sans doute la plus grande manifestation jamais organisée en France.

    1941 : la fête du Travail
    Si la notion de fête du Travail n’est pas une invention de la génération des années quarante puisqu’on trouve cette formule sous la plume de Jules Guesde dès 1890, c’est bien le gouvernement de Vichy qui fait du 1er Mai 1941, par la loi Belin, un jour chômé et payé. Le 1er Mai devient «la fête du Travail et de la concorde nationale». L’idée de légaliser cette journée de manifestation internationale sera reprise à la Libération mais avec un tout autre but que la promotion de l’ordre corporatiste.

    1947 : journée chômée
    En avril 1947, sur proposition du député socialiste Daniel Mayer et avec l’accord du ministre du Travail, le communiste Ambroise Croizat, le 1er Mai devient dans toutes les entreprises publiques et privées un jour chômé et payé. Cependant le 1erMai ne sera pas assimilé à une fête légale.

    1954 : les manifestations sont interdites
    Alors que la guerre d’Indochine se termine pour les autorités françaises avec la partition du Vietnam, une autre guerre, une guerre sans nom commence en Algérie. Elle va durer huit ans.

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    Dès lors les manifestations seront interdites dans Paris. Celle du 1er Mai 1954 se transformera en un rassemblement sur la pelouse de Reuilly. Il faudra attendre quinze années c’est-à-dire 1968 pour qu’à l’initiative de la Cgt, à nouveau, le monde du travail se donne rendez-vous dans les rues de Paris pour défiler un 1er Mai. Le cortège partira de la République pour se rendre à la Bastille symbole des libertés recouvrées. Depuis, les cortèges du 1er Mai ont connu des fortunes diverses. La manifestation la plus importante de l’après-mai 1968 fut probablement celle de 1975, qui fut prétexte à fêter la fin de la guerre de Vietnam.

    Les illustrations proviennent de la bande dessinée de Phil Casoar et Stéphane Callens: Les aventures épatantes et véridiques de Benoît Broutchoux (ed. Humeurs Noires & Centre Culturel Libertaire de Lille)
    Texte de: Historique du 1er mai
     
  2. totxil
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    totxilNouveau membre

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    Mai 2019
    France
    Parut dans le libertaire du 30 avril 1926, un texte de Benoit Broutchoux

    LE PREMIER MAI

    Le Premier Mai est un jour révolutionnaire, un anniversaire qui évoque l'action,lui rappelle le sacrifice et qui donne l'espoir pour demain. Ces sentiments-là doivent
    être nôtres et nous devons les faire partager par la grande partie de la classe ouvrière
    et par les éléments qui entrevoient un mieux-être social.

    Le Premier Mai est une date glorieuse pour le prolétariat. Nous devons en continuer
    la tradition pour entretenir le feu sacré et préparer des jours meilleurs.

    LA GENESE
    L origine du Premier Mai est liée à la revendication des 8 heures.

    En 1829 et 1830, en Angleterre, dans les comtés du Sud. il eut des révoltes paysannes contre les grands fermiers, avec bris de machines, incendies de meules. La répression fut sévère. Une commission royale à Londres fut appelée à juger plus d'un millier de prisonniers.

    En 1832, à Chicago, grève pour obtenir la journée de 10 heures.

    En 1833. 20.000 tailleurs firent la grève à Londres pour obtenir la diminution des heures de travail.

    En 1834, les tisseurs anglais cessèrent le travail pour revendiquer les 8 heures. Le Bâtiment de Londres entra aussi en lutte. Dix-sept ouvriers tanneurs furent emprisonnés
    « pour crime d’avoir abandonné le travail sans l’achever ». Six ouvriers agricoles
    de Dorchester furent frappés de sept années de déportation pour adhésion à une
    " société illégale » (syndical).

    Le prolétariat anglais ne se laissa pas intimider. Il riposta par une grande démonstration (La première) dans les rues de Londres. Cent mille ouvriers manifestèrent.

    Le 12 octobre 1845, premier congrès ouvrier à New-York, réunissant tous les courants d’émancipation qui cherchaient leur

    En 1847, vote de la loi de 10 heure, en Angleterre, résultat d’une action continuelle des masses. La République des Etats-Unis réduisait, à la même époque, la journée de 14 heures à 11 heures.

    Le 20 août 1866, congrès de Baltimore. Les travailleurs abandonnent les partis bourgeois libéraux et fondent le parti ouvrier, à tendance socialiste et anarchiste.

    En 1869, les ouvriers de Chicago et d’autresEtats avaient imposé la journée de 8 heures à beaucoup d’établissements.

    En 1870-71. des ouvriers allemands émigrés aux Etats-Unis jetaient les bases de L'Association internationale des travailleurs.


    Le 13 janvier 1872. plus de 100.000 chômeurs manifestèrent dans les rues de NewYork.


    En 1880, fondation de la Fédération des Travailleurs des Etats-Unis et du Canada.

    En octobre 1884, cette Fédération préparait les masses à une première grève pour
    le Premirer mai 1886, afin de conquérir la journée de 8 heures.

    PREMIER MAI 1886

    Au début de 1886, à Chicago, ii y eut grève à l’usine Mac-Cormick et 1200 ouvriers
    furent congédiés. L 'Arbeiter Zeitung (journal des ouvriers) convoqua une réunion
    en faveur des renvoyés ; tous les soirs, des meetings avaient lieu. Le Gouvernement
    avait mobilisé 400 policiers armés et les patrons 300 également armés.

    Le dimanche précédant le 1er mai, une manifestation de 25.000 personnes conspua les policiers et les patrons.

    Le 3 mai, la police fusillait les ouvriers à bout portant devant l’usine mise à l'index.
    Les militants de VArbeiter Zeitung proclamaient l’insurrection et convoquaient la population ouvrière dans la nuit du 4 au 5. Un meeting de 15.000 personnes eut lieu
    sur une place et se dispersa après une intervention pacifique du maire de Chicago.
    Quand ce dernier fut parti et qu’il ne resta plus de 200 personnes sur la place,
    les gendarmes survinrent et tirèrent sur le peuple. Une bombe fut jetée sur les policiers.
    en tua sept et en blessa une soixantaine. Deux mille ouvriers furent arrêtés par la suite, parmi lesquels les militants Spicss, Fielden, Neebe, Schwab, Ling, Fischer, Engels ; Parsons, qui avait réussi à se soustraire, vint au tribunal, le 17 mai, réclamer
    sa part de responsabilité. Ils furent tous condamnés à être pendus ; Neebe, Schwab
    et Fielden virent leur peine commuée en prison perpétuelle.

    Spies, Fischer, Engels, Parsons furent exécutés le 11 novembre 1887. Ling s’était
    suicidé avec une cartouche de dynamite dans la bouche.

    Six ans après, le procès était révisé avec des conclusions de complète innocence en
    faveur des condamnés. Les trois survivants, Schwab, Neels et Fielden, furent libérés
    sans conditions le 26 juin 1893.

    Puis, les présidents de la République, Lincoln d’abord, Mac Kinley ensuite, furent
    exécutés par les anarchistes.

    Ce trop court résumé sur les martyrs de Chicago et sur l’origine du 1 er mai laisse toujours une impression vivante d’action, autrement réconfortante que la phraséologie décevante de notre époque. Le sacrifice d’outre-Atlantique suscite le réveil dans le monde entier.

    EN 1890, A VIENNE
    A Vienne (Isère), en avril 1890, les syndicats, les groupes socialistes et libertaires décidèrent de chômer, le 1 er mai, de manifester et de revendiquer les 8 heures.

    Des réunions furent faites un peu partout. Dans la semaine qui précéda le 1 er mai, Louise Michel et Tennevin firent vibrer 4.000 travailleurs à une réunion, salle du Théâtre.

    Le 1 er mai, les usines sont silencieuses. Il y a 8.000 chômeurs et chômeuses à la réunion où Pierre Martin fait le procès des exploiteurs de toute sorte. A la sortie, bataille avec les policiers; les ouvriers arborent les drapeaux rouges et noirs et s’emparent de l’usine Brocard. Les militants distribuent gratuitement 4G0 mètres de drap aux plus nécessiteux. Le tisseur pouvait enfin s’habiller avec le beau tissu qu’il avait fabriqué.

    Il y eut 20 arrestations, dont Pierre Martin. Tennevin. Buisson, qui furent condamnés
    aux Assises de Grenoble, à trois ans, deux ans. un an de prison. Bardin eut 10 ans par défaut. Tous les autres accusés furent acquittés, grâce à Pierre Martin, qui revendiqua pour lui seul la responsabilité des faits reprochés.

    EN 1891, A GLICHY
    Le 1 er mai 1891, à deux heures de l’après-midi, une centaine de compagnons libertaires
    se proposaient de se rendre en cortège, de Levallois à Clichy. où le matin, des drapeaux noirs avaient été accrochés aux fils des P.T.T. Il y eut bagarre avec les agents.

    Après ce premier incident, quinze camarades sont assaillis dans un débit de vins à Clichy, où ils chantaient la « Carmagnole ». Les policiers tirent des coups de feu et les assiégés se défendent. Trois militants : Decamps, Dardare, Léveillé, sont emmenés au poste et brutalisés toute la soirée. Quatre mois après, ils passaient aux assises. Decamps eut cinq ans, Darmare trois ans, Léveillé fut acquitté. L’avocat était Me Lagasse.

    La Bataille de Clichy, comme on l’appelait alors, souleva de colère les milieux libertaires. Les militants de l’époque assurent que Ravachol se présenta comme vengeur.
    Puis, il y eut Emile Henry, Vaillant, etc.

    ... ET A FOURMIES
    Les ouvriers de l’usine « Le Fourneau » se mettaient en grève à la fin d’avril pour une augmentation de salaires. Le 1 er mai, cinq à six cents grévistes essayaient de débaucher leurs camarades de l’usine similaire « La Sans-Pareille », et il y eut huit arrestations. C’était aussi le tirage au sort. Les conscrits et les jeunes filles avaient, suivant la coutume, été chercher du gui et des branches de chêne dans les prés et dans les bois. Un conscrit, Giloteaux, sort un drapeau et va réclamer les prisonniers.
    Les autres conscrits le suivent, ainsi que les jeunes filles. La population se mêle au
    cortège. Les femmes chantent avec des fleurs sur les bras : « C’est nos hommes qu’il nous faut ! »

    A cinq heures, sans sommation, les fusils Lebel couchent 80 personnes sur le pavé qui se rougit aussitôt. Le sous-préfet Isaac, le commandant Chopus, le ministre Constans avaient gagné une bataille contre la classe ouvrière, en faisant tuer neuf innocents, dont un enfant de onze ans, Emile Cornailles !

    Les funérailles eurent lieu le lundi matin 4 mai. La République était descendue plus bas que l’Empire.

    DE 1919 A 1922
    1 er mai 1919, la guerre est finie et des grèves éclatent pour réclamer cette insaisissable journée de 8 heures.

    1 er mai 1920. la classe ouvrière s’affirme. Les services publics sont en grève comme
    les autres corporations. Le Parlement vote la loi de 8 heures.

    1 er mai 1922. une manifestation ouvrière est chargée par la police. Un jeune ouvrier
    se défend et blesse deux flics. Ce camarade, Taullèle, est condamné à 10 ans de réclusion. Il est encore en prison.

    1 er MAI 1926
    1 er mai 1926. que seras-tu ? Tu ne seras peut-être pas aussi brillant que certains de
    tes devanciers. Mais ne désespérons pas. L’orage de la guerre maudite disparaît peu
    â peu. Les brouillards de la division sont, de moins en moins épais et ils devront
    bientôt céder la place à une atmosphère claire et harmonieuse, surtout si les bons
    bougres de tous les horizons aident un peu le Soleil de l’Unité dans sa marche réconfortante.


    Travaillons, camarades, pour que le 1 er mai 1926 soit un rapprochement sincère entre tous les travailleurs. Communions dans un même idéal de bonheur universel. Puisons dans le passé, pour nous inspirer des glorieuses vertus de nos martyrs; ne soyons pas fiers du présent ; améliorons-le pour préparer l’avenir.

    B. Broutchoux.
     
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