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Actualité militante G20 - quand la paix n'a aucune chance

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 28 Juin 2010.

  1. Ungovernable
    Offline

    UngovernableAutonome Comité auto-gestion Équipe technique Membre actif

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    Mar 2005
    Homme , 33 ans
    Canada
  2. anarchiste, autonome
    TORONTO – Non, la paix n’aura vraiment eu aucune chance samedi soir. La police a refusé de l’écouter. Et le spectacle était triste à pleurer. Littéralement.

    Samedi, 22 h. La journée a été longue pour tout le monde. Les manifestations vont toujours bon train dans le centre-ville de Toronto. Les contestataires marchent pacifiquement dans les rues, escortés par l’anti-émeute qui les suit de près en matraquant violemment leurs boucliers.
    Le mot d’ordre : «une manifestation pacifique». Les gens qui sont là sont les vrais contestataires anti-G20, pas les petits casseurs qui profitent de l’occasion pour faire éclater des vitrines au centre-ville et danser sur des voitures de police en feu (Voir autre texte).
    Ils sont une centaine. Ils ont en moyenne 20 ans. Ils semblent pleins d’espoirs ou d’illusions, c’est selon.
    Ils se retrouvent devant le Novotel, rue de l’Esplanade. Les lumières des chambres du chic hôtel s’allument une à une. Quelques clients de l’hôtel se présentent aux fenêtres; certains encouragent les jeunes qui s’assoient dans la rue encore trempée par la pluie. Ils répètent qu’ils veulent la paix. Ils lèvent les bras au ciel et placent leurs doigts en forme de peace. «Le monde entier vous regarde», scandent-ils aux policiers qui commencent à les encercler.


    [​IMG]
    Une jeune fille incrédule et apeurée tente de se protéger de la police par un pauvre signe de paix. Photo Annik MH de Carufel
    Les policiers sont stoïques. Ils sont prêts à charger.
    Les manifestants entonnent Give Peace a Chance.
    L’anti-émeute arrive des deux côtés, prend les manifestants en sandwich. Ils sont deux fois, sinon trois fois plus nombreux que les manifestants. Ils hurlent aux contestataires de quitter l’endroit. Ces derniers disent qu’ils veulent bien, ils demandent aux policiers par où ils peuvent quitter puisqu’ils sont encerclés. Pas de réponse.
    Ils sont toujours assis. Pacifiquement. Les rangs policiers se resserrent encore. Dans la foule, les manifestants tentent de comprendre ce qui se passe. Ils demandent à négocier avec un représentant de la police. Ils disent qu’ils sont prêts à partir, qu’ils vont rentrer chez eux. Mais la police a d’autres plans en tête.


    [​IMG]
    Tous en chœur, les manifestants entonnent Give Peace a Chance en signe de protestation. Photo Annik MH de Carufel Les policiers chargent par petits groupes de quatre ou cinq. Ils fendent la foule pour chercher les manifestants un à un. Avec exactitude et précision. Si rapidement que les manifestants ont à peine le temps de s’apercevoir que leur voisin a disparu derrière la ligne policière. Les policiers identifient la prochaine victime et foncent. Comme un loup sur sa proie.
    Parmi les manifestants, on ose à peine respirer. Certains murmurent le mot paix, d’autres osent encore un petit signe de paix. Tous se regardent avec désespoir. Mais qu’est-il en train de se passer? Des filles pleurent. La violence semble gratuite.
    Les manifestants commencent à comprendre qu’ils vont tous y passer. Le groupe diminue rapidement.
    Les manifestants se sont rendus depuis longtemps. Ils lèvent les bras en signe de reddition. Ils font la file pour se faire arrêter, espérant ne pas être rudoyés. C’est peine perdue. On les bouscule, on les rudoie.

    Les quelques médias présents se regardent médusés : sommes-nous toujours au Canada?

    Les médias dûment accrédités réussissent, après forces négociations, à sortir du peloton sous escorte policière. «On va prendre votre nom et la prochaine fois que vous vous faites prendre, on vous arrête pour de bon.»


    [​IMG]
    Le centre-ville de Toronto semblait en état de siège samedi soir. Photo Annik MH de Carufel
    À quoi bon essayer de lui faire comprendre que nous faisons notre travail? Que nous risquons fort de nous retrouver encore dans ce genre de situation puisque c’est notre travail d’être là? Que c’est notre travail de dénoncer les abus?
    De l’autre côté du rang policier, des agents prennent les manifestants en photo avec leur nom et numéro d’identification. Ils sont accusés d’avoir «dérangé la paix». C’est le comble de l’ironie.


    d'autres photos ici:
    http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/international/24708-g20-police
     
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