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Films ou docs en rapport avec le féminisme et LGBTQ

Discussion dans 'Féminisme et luttes d'émancipations LGBTQ' créé par allpower, 9 Novembre 2016.

  1. ninaa
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  2. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    Comme Emma Goldman à l'époque, encore aujourd'hui les anarchaféministes tiennent à renier les suffragettes. Opposées par définition à toute forme de pouvoir elles ne se battront pas non plus pour que des femmes deviennent patronnes, fliquettes, militaires.

    [​IMG]

    Ungovernable a dit:
    [​IMG] Nous nous vantons, nous nous glorifions de l’avancement des sciences et du progrès. N’est-ce pas étrange alors que nous sommes encore dans l’adoration des fétiches ? Nos fétiches ont une substance et une forme différente, il est vrai ; leur pouvoir sur l’esprit humain est tout aussi désastreux que celui des dieux d’antan.

    Notre fétiche moderne est le suffrage universel. Ceux qui ne le possèdent pas encore combattent et font des révolutions sanglantes pour l’obtenir. Ceux qui jouissent de son règne font de lourds sacrifices à l’autel de sa divinité omnipotente. Malheur aux hérétiques qui osent douter de cette divinité !

    La femme, plus encore que l’homme, est adoratrice de ces fétiches, et quoique ses idoles puissent changer, elle est toujours à genoux, toujours élevant ses mains, toujours aveugle au fait que son Dieu a des pieds d’argile. Ainsi elle est le plus grand soutien de toutes les déités depuis un temps immémorial. Aussi elle a eu à payer le prix que seuls les dieux peuvent exiger : sa liberté, le sang de son cœur, sa vie même.

    La maxime mémorable de NIETZSCHE : « Quand vous allez à la femme, prenez le fouet », est considérée comme très brutale. Cependant, NIETZSCHE exprime dans cette phrase l’attitude de la femme envers les dieux. C’est elle qui cherche le fouet.

    La religion, spécialement la religion chrétienne, a condamné la femme à la vie inférieure de l’esclave. Elle a contrecarré sa nature et enchaîné son âme. Malgré cela, cette religion n’a pas de plus grand soutien, pas de plus dévoué partisan que la femme. En vérité, on peut dire avec certitude que la religion aurait depuis longtemps cessé d’être un facteur dans la vie des peuples sans l’appui qu’elle reçoit de la femme. Les plus ardents ouvriers de l’Eglise, les plus infatigables des missionnaires dans le monde entier, sont femmes, toujours sacrifiant sur l’autel des dieux qui ont enchaîné leur esprit et asservi leur corps.

    Ce monstre insatiable, la guerre, dépouille la femme de tout ce qui lui est cher et précieux. Elle lui prend ses frères, ses amants et ses fils, et en retour lui donne une vie de désespoir et de solitude. Pourtant, le plus grand défenseur et adorateur de la guerre est la femme. C’est elle qui inculque l’amour de la conquête et du pouvoir à ses enfants ; c’est elle qui murmure les gloires de la guerre aux oreilles de ses petits, et qui calme son bébé au son des trompettes et au bruit des fusils. C’est elle aussi qui couronne le vainqueur au retour du champ de bataille.

    Puis, il y a le foyer conjugal. Quel terrible fétiche ! Combien cette prison moderne avec des barreaux dorés sape l’énergie vitale de la femme ! Ses aspects brillants l’empêchent de voir le prix qu’elle a à payer comme épouse, mère et ménagère. Pourtant, elle se cramponne avec ténacité au foyer, au pouvoir marital qui la tient en asservissement.

    On peut dire que la femme désire le suffrage pour se libérer, parce qu’elle reconnaît le terrible péage qu’elle doit verser à l’Eglise, à l’Etat et au foyer. Ce peut être vrai pour quelques unités, mais la majorité des suffragettes répudient entièrement un tel blasphème. Au contraire, elles affirment toujours que c’est le suffrage des femmes qui fera d’elles de meilleures chrétiennes et femmes d’intérieur, de dévouées citoyennes de l’Etat. Ainsi, le suffrage est seulement un moyen de fortifier l’omnipotence des dieux mêmes que la femme a servis depuis un temps immémorial.

    Il ne fat pas s’étonner alors qu’elle soit aussi dévote, aussi zélée, aussi prosternée devant la nouvelle idole : le suffrage des femmes. Comme au bon vieux temps, elle endure persécutions, emprisonnements, tortures et toutes sortes de condamnations avec le sourire aux lèvres.

    Comme autrefois, même les plus éclairées, espèrent en un miracle de la divinité du vingtième siècle : le suffrage. Vie, bonheur, joie, liberté, indépendance, tout cela et davantage doit naître du suffrage. Dans la dévotion aveugle, la femme ne voit pas ce que les gens éclairés aperçurent il y a cinquante ans. Elle ne se rend pas compte que le suffrage est un mal, qu’il a seulement aidé à asservir les gens, qu’il leur a fermé les yeux, afin qu’ils ne voient pas le subterfuge grâce auquel on obtient leur soumission.

    Le désir de la femme pour le suffrage est basé sur le principe qu’elle doit avoir des droits égaux à ceux de l’homme dans toutes les affaires de la société. Personne ne pourrait réfuter cela si le suffrage était un droit. Hélas ! c’est à cause de l’ignorance de l’esprit humain que l’on peut voir un droit dans une imposture. Une partie de la population fait des lois, et l’autre partie est contrainte par la force à y obéir. N’est-ce pas là la plus brutale tromperie ? Cependant, la femme pousse des clameurs vers cette « possibilité dorée » qui a créé tant de misères dans le monde et dépouillé l’homme de son intégrité, de sa confiance en lui-même et en a fait une proie dans les mains de politiciens sans scrupules.

    Libre, le stupide citoyen de la libre Amérique ? Libre de mourir de faim, de rôder sur les grandes routes de ce grand pays. Il possède le suffrage universel. Grâce à ce droit, il a tout juste réussi à se forger des chaînes autour de ses membres. La récompense qu’il reçoit consiste en lois appelées sociales qui prohibent le droit de boycottage, de picketing (chasse aux jaunes, aux renards), tous les droits, en un mot, excepté le droit d’être volé des fruits de son labeur. Cependant tous ces résultats désastreux n’ont rien appris à la femme. Même alors, on nous assure que la femme purifiera la politique.

    Il est inutile de lire que je ne m’oppose pas au suffrage des femmes pour la raison qu’elles n’en sont pas dignes ? Je ne vois pas des raisons physiques, psychiques ou morales interdisant à la femme de voter comme l’homme. Mais cela ne peut pas me convaincre que la femme réussira là où l’homme a échoué. Si elle ne faisait pas les choses plus mal, elle ne pourrait certainement pas les faire mieux. Donc, c’est la doter de pouvoirs surnaturels que d’affirmer qu’elle réussirait à purifier ce qui n’est pas susceptible de purification. Puisque le plus grand malheur de la femme est d’être considérée comme un ange ou comme un diable, son véritable salut repose sur le fait d’être considérée comme un être humain, c’est-à-dire sujet à toutes les folies et erreurs des hommes ? Devons-nous alors croire que deux erreurs feront quelque chose de juste ? Pouvons-nous penser que le poison inhérent à la politique sera diminué, si les femmes entrent dans l’arène ? Les plus ardentes suffragettes soutiendraient difficilement telle folie.

    En fait, les partisans les plus convaincus du suffrage universel sont arrivés à conclure que tous les systèmes de pouvoir politique sont absurdes, et sont complètement inadéquats à faire face aux besoins pressants de la vie. […]

    Emma Goldman

    Publié en 1913 in L’Anarchie, n° 428 de juin 1913. Traduit par E. GREEN (Extrait).

    Texte réédité en juin 2004 par Acratos (Anarcho-Punk - Marseille)

    Acratos est un collectif anarkosituationnopunk de la région PACA. Ils peuvent être entendus sur Radio Galère (Grève de comptoir) le mercredi soir de 23h00 à 0h00. Ils présentent alternativement du punk et du ragga. Ils ont aussi réalisé une compilation “Faut pas prendre les enfants de Ravachol pour des anars sauvages”, avec 21 groupes anarkopunk du sud-est. Sinon organisation de concerts, production et diffusion de fanzines, de skeuds (la compil, ZBEB!, Koït élèctric nymphonik, Bimbo Killer), ...

    Acratos, c/o CEAA BP 26, 13243 Marseille Cedex 01 / CEAA 43 rue Benoît Malon - 13243 Marseille
    Tel : 06.22.43.32.11 (Julie)
    Mail : acratos@no-log.o
     
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    Le mémoire de Camille Robert; « "Toutes les femmes sont d'abord ménagères" : discours et mobilisations des féministes québécoises autour du travail ménager (1968-1985) »
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