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Fidel Castro : «Rien en dehors de l’État!! Rien contre l’État!! Tout pour l’État!!»

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 17 Juin 2011.

  1. Ungovernable
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    UngovernableAutonome Comité auto-gestion Membre actif Équipe technique

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  2. anarchiste, autonome
    Le militant et écrivain anarchiste cubain, Abelardo Iglesias, a porté à plusieurs occasions ses convictions pour la liberté et le changement social au risque de sa vie sous des régimes totalitaires. Né à Cuba, il participa à partir d’un jeune âge au mouvement ouvrier. Plus tard, il partit pour l’Espagne pour combattre le fascisme franquiste et défendre la Révolution Sociale et y resta du début de la Guerre civile jusqu’à la défaite finale catastrophique. Après la débâcle, Iglesias retourna à Cuba où il participa à l’Association Libertaire de Cuba (ALC), qui combattait le régime Batista, mais aussi les amis et collaborateurs du régime – dont bon nombre conserveront de hauts postes sous la dictature castriste. Luttant inlassablement pour défendre les conquêtes des travailleuses et travailleurs et l’indépendance des syndicats, les militant-e-s anarchosyndicalistes et anarchistes furent la cible d’une très brutale répression à l’arrivée de la dictature castriste au pouvoir en 1959. De même, les acquis de longues et dures luttes dans lesquelles les anarcho-syndicalistes ont joué un rôle clé à partir même des dernières décennies du 19ième siècle, ont été perdus sous ce nouveau régime, de façade dit « communiste » en raison de ses liens avec l’URSS. Durant les premiers jours du mois de janvier 1959, quelques jours après que Batista fut renversé par le spectacle de Castro, de nombreux et nombreuses leaders syndicaux et syndicales anarchistes furent expulsé-e-s de leurs syndicats. Plusieurs durent partir en exil ou aller en prison. Abelardo Iglesias était de leur nombre et évita la prison de justesse grâce aux militant-e-s ouvriers et ouvrières de la base qui sont venu-e-s à sa défense. Il a beaucoup écrit sur la situation d’alors à Cuba et est parti en exil quelques années plus tard. L’article suivant est un extrait traduit d’un texte de lui, publié dans le journal anarchiste argentin Reconstruir à Buenos Aires en 1963. Il y avertit les anarchistes que sous ses apparences révolutionnaires et ses slogans libertaires, le régime castriste est un régime liberticide et militarisé, où la dignité et les droits des individus sont supprimés. Même si Iglesias écrit ces lignes au début des années 1960, celles-ci se verront à nouveau confirmées dans les années subséquentes.

    « À première vue, l’expropriation des propriétés des grands propriétaires terriens semble logique et correcte pour un mouvement qui ne croit pas en la propriété privée, ou qui ne reconnait pas la validité de droits injustement accordés à des minorités privilégiés. Mais nous devons réaliser que la conversion de la terre expropriée en propriété étatique crée un esclavage infiniment pire que le capitalisme privé. Les libertaires devraient savoir que les privilèges de classe sont assujetties à l’État, en tant que régulateur suprême des rapports sociaux. Et nous devrions aussi savoir que la conversion de la propriété privée en propriété de l’État concentre automatiquement un énorme pouvoir politique dans les mains d’un nombre réduit de personnes, créant ainsi une oligarchie totalitaire détenant un pouvoir illimité.

    Fidel Castro a établi une oligarchie totalitaire typique. Au nom de la liberté, il a sans gêne trahi un peuple politiquement naïf, qui a permis de se laisser prendre par le légendaire « héro de la Sierra Maestra ». Ce n’est pas une simple supposition. Il s’agit de faits crus, brutaux et monstrueux auxquels les libertaires vont devoir faire face dans toute leur magnitude, s’ils et elles veulent vraiment comprendre l’immense tragédie ayant présentement lieu à Cuba.

    En dehors, des querelles byzantines, il y a ces faits objectifs que personne ne peut nier. Nous en listons brièvement les points principaux:

    Le soi-disant régime révolutionnaire est essentiellement une oligarchie dominée par une poignée d’hommes qui n’ont de compte à rendre à personne pour leurs actions.
    En lien avec leur sectarisme, ils ont aboli tous les droits individuels.
    Un pouvoir politique et économique centralisé à un point jamais atteint auparavant.
    Ils ont construit un appareil de terreur immensément plus efficace que les agences répressives de Batista.
    La terre n’a pas été distribuée aux paysans, aux individus, aux familles, aux collectives, ou aux coopératives d’agriculture, mais est devenue ‘de facto’ la propriété de l’agence d’État, l’Institut National pour la Réforme Agraire (INRA).
    La nationalisation des entreprises privées n’a pas bénéficié aux travailleurs et travailleuses. Les industries ne sont pas administrées par les syndicats ouvriers. L’État en a pris le contrôle pour renforcer son pouvoir, transformant les travailleurs et travailleuses salarié-e-s en esclaves de la machine étatique.
    L’Éducation publique est devenue un monopole de l’État. L’État s’arroge le droit d’imposer sa propre éducation aux jeunes, sans égard à l’opinion des parents.
    La nécessité légitime de se préparer contre des agressions contre-révolutionnaires a été le prétexte pour la militarisation non-nécessaire des enfants et des adolescents comme en Russie et dans les autres États totalitaires.
    Le droit de grève a été abolit et les travailleurs et travailleuses doivent, sans se plaindre, obéir aux décrets qui leurs sont imposés sur leurs lieux de travail. Les syndicats ont perdu leur indépendance et sont maintenant des agences étatiques, dont la seule fonction est d’amadouer ou de forcer les travailleuses et travailleurs à obéir aux commandes des fonctionnaires de l’État sans protester.
    Il n’y a pas de véritables tribunaux judiciaires. Les dissident-e-s sont puni-e-s non pas pour des offenses alléguées, mais pour leurs convictions et idées révolutionnaires.

    Le gouvernement de Fidel Castro se conduit en conformité avec le dicton célèbre de Mussolini :
    « Rien en dehors de l’État!! Rien contre l’État!! Tout pour l’État!! »
     
  3. ninaa
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    ninaa  Comité auto-gestion Membre actif

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    Fev 2014
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  4. anarchiste, anarcho-féministe, communiste libertaire, individualiste
    ... Et il se trouve encore des intellectuels pour défendre le régime cubain, en mode "les ennemis de nos ennemis sont nos amis":

    L’hémiplégie éthique : le triste cas d’Ignacio Ramonet
    Posted in 02. Derniers articles parus, 04. Autres écrits on 8 février 2018| Leave a Comment »

    L’article ci-dessous a paru sur le blog cubain d’opposition au régime castriste « 14yMedio », créé à l’origine par l’opposante Yoani Sánchez. Elle est d’ailleurs l’auteur de ce texte qui, au travers du cas précis de l’ex-directeur du « Monde diplomatique », nous rappelle que la servilité et l’indécence de nombre d’intellectuels occidentaux, qui connurent leur apogée au temps du stalinisme triomphant, n’ont toujours pas pris fin.

    Lorsqu’en 2006 fut publié l’entretien* entre Ignacio Ramonet et Fidel Castro, de nombreux citoyens ne manquèrent pas l’occasion de se moquer du titre. « Pourquoi lirions-nous Cent heures avec Fidel alors que nous avons passé toute notre vie avec lui ? », pouvait-on entendre dans la rue. Mais le journaliste, lui, n’entendait rien.
    Cet ouvrage, d’une telle mansuétude journalistique qu’on en vint à le qualifier d’autobiographie du Líder Máximo, ne provoqua pas seulement des moqueries. De nombreuses accusations sur une utilisation importante du « copié-collé » pour faire passer le contenu de vieux discours comme des réponses furent avancées.
    Sans avoir fourni d’explications convaincantes sur ces questions, Ramonet est revenu à la charge avec un nouveau livre** dont il assure la promotion cette semaine dans plusieurs universités cubaines. Cet ouvrage porte lui aussi un de ces titres qui provoquent les sourires moqueurs : L’empire de la surveillance.
    Mardi dernier, le diplômé en théorie de la communication s’exprimait à l’université centrale Marta-Abreu de Las Villas pour la présentation de son livre publié aux éditions José Martí. Il s’y est livré à une violente diatribe contre le réseau de surveillance globale que les Etats-Unis ont tissé afin de rassembler des informations sur les citoyens, les groupements et les gouvernements.
    Le livre souligne en particulier la complicité des entreprises qui gèrent les données des usagers pour les intégrer à cette toile d’araignée d’espionnage, d’intérêts commerciaux, de contrôle et de subordination, dont la société moderne est prisonnière et dont il est urgent de se libérer, selon l’analyste.
    Jusque-là, rien ne diffère de ce que tant de cyber-activistes dénoncent à travers la planète, mais Ramonet souffre d’hémiplégie éthique quand il s’agit d’en répartir les responsabilités et de désigner ces pays qui envahissent chaque jour davantage l’espace privé de leurs citoyens.
    Le fait d’être venu dans un pays aussi orwellien que Cuba pour pointer Washington du doigt met en évidence sa position délicate dès lors qu’il s’agit d’analyser des sujets tels que le Big Data, la légalisation de la surveillance d’internet et l’accumulation de données personnelles des usagers afin de prévenir certains comportements ou vendre des produits.
    L’île où la Sécurité d’Etat (Big Brother, en l’occurrence) surveille chaque détail de la vie des individus n’est pas le meilleur endroit pour évoquer les yeux indiscrets qui lisent les courriels des autres, les policiers qui supervisent chaque information circulant sur la Toile, et les données interceptées par des pouvoirs qui en usent pour soumettre des êtres humains.
    Cette nation, où la « Place de la Révolution » maintient un contrôle absolu sur l’information et n’autorise que la seule diffusion publique des discours conformes, devrait faire partie des régimes que Ramonet dénonce dans son livre, mais, chose curieuse, il y a pour ce journaliste de « mauvaises » et de « bonnes » surveillances, et il apparaît qu’il inclut parmi ces dernières celles auxquelles se livre le gouvernement cubain.
    Dans cette université où Ramonet a présenté son livre ce mardi, une étudiante en journalisme a été expulsée il y a quelques mois en raison de ses liens avec un groupe d’opposants indépendant. L’« empire de la surveillance » n’a pas fait les choses à moitié et l’a virée avec la complicité de quelques étudiants soumis et de dirigeants estudiantins. Quelques jours plus tard, les cyberpoliciers qui composent cette armée du contrôle lancèrent une campagne de diffamation envers cette étudiante sur les réseaux sociaux. Afin de la dénigrer, ils se servirent d’informations recueillies dans ses courriels, ses appels téléphoniques et jusqu’à des conversations privées. Notre Big Brother agit là sans ménagements.
    Il y a quelques années, la télévision nationale diffusa le contenu de courriels privés dérobés sur le compte personnel d’une opposante. Et tout cela sans qu’un juge l’ait ordonné, sans que cette femme ait fait l’objet d’une poursuite judiciaire pour un quelconque délit ni, bien sûr, sans qu’une demande ait été adressée à Google pour que cet organisme transmette le contenu desdits courriels à fin de publication.

    [​IMG]
    Ignacio Ramonet ou la Voix de son maître

    Ramonet ne peut ignorer que l’Entreprise de télécommunications de Cuba (Etecsa) exerce un strict filtrage des messages qu’envoient ses clients. Le monopole étatique censure des mots tels que « dictature » ainsi que les noms des leaders de l’opposition. Bien que ces messages soient payants, ils ne parviennent jamais à destination.
    L’ex-directeur du Monde diplomatique ne s’est jamais rendu non plus dans l’une de ces zones d’accès à internet par la wi-fi, l’une de celles que le gouvernement a créées après des années de pression citoyenne. S’il s’était rendu dans l’une d’elles, il saurait que sur cette île le modèle de « coupe-feu » chinois a été reproduit pour censurer d’innombrables pages du web.
    Ramonet sait-il qu’une grande partie des internautes cubains utilisent des proxys anonymes non seulement pour entrer dans ces pages filtrées et censurées mais aussi pour protéger leur information privée du regard indiscret de l’Etat ? A-t-il remarqué que les gens baissent la voix pour parler politique, cachent la couverture des livres interdits ou masquent l’écran de leur ordinateur quand il navigue sur un site bloqué comme par exemple « 14yMedio » ?
    S’est-il posé des questions sur l’accord entre La Havane et Moscou pour l’ouverture à Cuba d’un centre, du nom de InvGuard, destiné à mettre en place un système de protection contre les attaques informatiques ? Et cela au moment où le Kremlin est accusé d’être intervenu, à travers la Toile, dans le Brexit et jusqu’à la crise catalane en passant par les élections aux Etats-Unis.
    Le lecteur ne trouvera aucune réponse à ces questions dans le nouveau livre d’Ignacio Ramonet. Comme pour cette autobiographie qu’il tenta de faire passer pour un entretien, une seule question se pose pour les Cubains à partir de son titre : « Pourquoi lire L’empire de la surveillance alors que nous passons toute notre vie sous sa domination ? »

    Yoani Sánchez (23 novembre 2017)
    Traduction : Floréal Melgar

    __________
    * Fidel Castro. Biographie à deux voix ou Cent heures avec Fidel, d’Ignacio Ramonet, Ed. Fayard, 2007.
    ** L’empire de la surveillance, d’Ignacio Ramonet, Galilée, 2015.

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  5. Fanya
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  6. social-démocrate
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