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Répression & dérives sécuritaires de la case prison à la case urgence

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par kevinb, 23 Novembre 2010.

  1. kevinb
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    kevinbMembre du forum Membre actif

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    Oct 2008
    Belgium
  2. anarchiste, internationaliste
    Il y a presque deux ans, un rassemblement a lieu devant le centre fermé de Steenokkerzeel. Un policier blesse une compagnonne, elle est envoyée à l'hôpital avec trois fractures au dos, et c'est elle qui doit payer les frais. Maintenant, l'hôpital envoie le huissier pour lui voler ses affaires. Cela nous a donné envie de réagir. Écrivez-nous à impatientes@mail.com

    BREVE HISTOIRE D’UN ENGAGEMENT



    Il y a presque deux ans, en janvier 2009, un rassemblement a lieu devant le centre fermé de Steenokkerzeel, où sont enfermées des personnes jugées illégales, indésirables, expulsables. Cris dedans, cris dehors, les gens ont la rage au coeur. Un de ces moments où nous arrivons à briser une petite partie des frontières qui nous séparent, à briser le silence autour d'une révolte, autour d'une oppression, tant recherchée par l'Etat et ceux qui y gagnent.

    Sur le chemin du retour, vers la gare, quelques combis de flics arrivent. Ils essaient d'arrêter des personnes, ce qui est empêché. Un flic soulève alors une compagnonne au-dessus de ses épaules et la projette à terre. Elle est conduite à l'hôpital, avec trois vertèbres fêlées.

    Deux ans plus tard alors que cette lutte est encore en cours, l’administration hospitalière exige le paiement des frais engagés dans les soins et, bien évidemment, ce n’est pas au porc responsable de cet « accident » qu’elle demande de payer. Quant à la personne intentionnellement blessée, elle refuse de payer en espèce les conséquences de la violence dont elle a déjà fait les frais dans sa chair. Face à ce refus, l’administration de l’hôpital engage une procédure et ce sont désormais les huissiers et la justice qui se chargent de réclamer la somme.



    CE QUE CETTE HISTOIRE MET EN QUESTION



    Le véritable scandale de cette histoire réside malheureusement dans sa banalité. Celle-ci renvoie la réalité hospitalière à trois aspects qui animent une bonne partie de son quotidien.



    DE LA CASE PRISON A LA CASE URGENCE. NE TOUCHEZ PAS 20 000 EUROS.



    Il suffit en effet d’avoir passé ne serait ce qu’une nuit dans un service d’urgence pour constater que les violences policières ne surviennent pas comme un « accident regrettable », mais constituent bien l’un des outils de gestion systématiquement employé à l’encontre de ceux qui ne trouvent pas de raisons, ou tout simplement de moyens, de se satisfaire de la réalité qu’on leur impose… Qu’ils s’agissent de sans abris, de sans papiers, de précaires, d’individus en luttes, de révoltés, de personnes qui combinent pour survivre etc. Toutes ces situations se trouvant parfois réunies en 1… A ceux-là, on ne laisse pas d’autres choix que de se tourner vers la sphère du droit… ce qui revient à se noyer dans un océan de tracasseries administratives et juridiques que les avocats, aussi humanistes soient-ils, facturent et… que la police ne rembourse pas… On ajoute donc un frais à un autre… Ne touchez pas 20 000 euros…

    Quant au personnel soignant, il se trouve, dans ce cas, contraint de se faire étrangement complice en « ramassant les pots cassés » et la mission thérapeutique et sociale de leurs métiers se subordonne alors au travail de gestion et de répression de la misère.



    PATIENTS… OU CLIENTS ? HIPPOCRATE AU SECOURS ! ILS SONT DEVENUS FOUS !



    Une même nuit dans le même service permet de constater à quel point les inégalités sociales que produit l’économie marchande se poursuivent jusque dans l’accès aux soins et différentes couvertures sociales. C’est un aspect des choses que les médecins et le personnel soignant n’affrontent pas dans leur pratique. Il existe pourtant bel et bien. Même s’il ne poursuit pas un objectif de rentabilité et de profit, 1’ Hôpital doit tout de même satisfaire à une logique économique qui tend à transformer les patients en chiffres et finalement en clients… Et comme à n’importe quel « mauvais payeur », il finit par envoyer factures, mises en demeure, menaces d’huissier et bientôt l’huissier lui-même, accompagné de flics et de déménageurs saisonniers pour procéder à un vol légal… Cette écoeurante logique ne cesse pas là où sont en jeux les conditions même de la survie c’est-à-dire la santé.



    DOCTEUR KAFKA & MISTER HIDE



    C’est une froide organisation bureaucratique de l’existence et du travail qui administre tout cela. Par la division (en spécialités, en fonctions, en hiérarchies…), elle tend à isoler chacun dans une pratique exclusive qui ne lui permet plus d’avoir un autre rapport au tout que un peu plus ou un peu moins d’ assentiment… Par ce qu’il est très difficile d’être en conflit lorsqu’on est isolé. Les médecins et les infirmièr-e-s le savent bien : leurs pratiques sont limitées par des conditions de travail de plus en plus inhumaines et par d’incessants conflits interdisciplinaires dont les patients font aussi les frais. Pour une grande majorité de gens, il en résulte une déresponsabilisation que tout le monde regrette, mais que chacun subit voir choisi… Par lassitude souvent, par sentiment d’impuissance aussi, par conviction peut-être… On ne peut décemment appeler « neutre » la décision que certains prennent de signaler à la police la présence d’un individu sans-papier dans leur service…

    En l’occurrence, il ne s’est trouvé personne pour trouver normal que les frais d’hospitalisation incombent à la personne agressée. Mais il ne s’est trouvé non plus personne dans la chaîne pour prendre l’initiative de rompre ce processus kafkaïen. Et tout poursuit silencieusement son cours paisible, laissant chacun, patients et soignants, à l’impuissance de sa solitude.



    DE QUELQUES MOYENS MODESTES



    Il ne nous intéresse pas cependant de créer un conflit entre le personnel de l’hôpital et les patients. Au contraire, cette situation nous semble d’autant plus insupportable qu’il n’y a objectivement aucun intérêt pour les uns et les autres à s’en accommoder.

    Face à cela, il existe ainsi une quantité de gestes plus ou moins audacieux qui permettent à la solidarité de prendre le pas sur l’isolement. Certains praticiens en usent déjà avec générosité… Ne pas signaler ou noter certains soins… Ne pas demander la carte d’identité du patient et lui laisser ainsi la possibilité de se déclarer sous un faux nom... Prêt de carte sis…Ne pas rentrer dans l’ordinateur des données qui enclenchent la procédure… Une stratégie de la passivité qui prouve, en acte, la possibilité de ne pas subir totalement cet état de fait.

    Il existe aussi des solidarités plus offensives. Elles ne sont pas contradictoires ou exclusives des premières. Elles ajoutent la réplique à l’esquive. Mais elles ne sont possibles qu’à la condition que ceux et celles qui sont concerné-e-s s’organisent entre eux sans hiérarchie, sans structures syndicales ou corporatistes, et se donnent ainsi les moyens d’exææercer une pression et une résistance… Beaucoup restent à inventer, mais tout ceci formule déjà une base et un projet sur lesquels faire fond : L’IMPATIENCE DE VIVRE LIBRE MAINTENANT. Et la première condition à cela, c’est de briser le silence.



    Quelques personnes im-patientes…









    Voici une lettre adressée à l'hôpital en question, celle de St Luc à Woluwé, ainsi que les autres responsables. Merci de leur faire parvenir ce courrier par fax ou par mail.



    Liste de numéros de fax:

    Hôpital St Luc: Fax central 02 764 37 03 ; Fax pour affaires financières 02 764 37 76
    Avocats de l'hôpital: Fax 02 772 52 98
    Huissier de justice en charge: Fax: 03 347 51 17
    Justice de paix ayant prononcé la condamnation: Fax: 02 762 40 75





    Madame, Monsieur,


    Je voudrais emprunter quelques minutes de votre temps précieux. Je voudrais porter à votre connaissance une histoire qui m'est arrivé aux oreilles. Une histoire qui parle d'une réalité qui touche beaucoup de personnes (peut être vous aussi, en tous cas moi) et qui ne regarde pas seulement la personne concernée.

    Une réalité dans laquelle des personnes sont toujours plus poussées dans un coin, pour des affaires d'argent (c'est à dire, par faute d'argent). Les factures s'entassent, les salaires ou les allocations peinent à arriver. Des situations où une hospitalisation (pas vraiment un choix volontaire) n'est plus une évidence. Et là paraissent les huissiers et les flics pour gratter les poches jusqu'au fond.

    Une réalité contre laquelle des personnes s'opposent. Quand des personnes, dans leur recherche d'argent, franchissent les limites imposées entre légal et illégal et entrent en conflit avec les défenseurs de l'ordre. Les prisons sont remplies pour que les riches restent riches, les pauvres peuvent crever dans leur misère et les règles et les lois sont respectées. Des centres fermés sont remplis par des gens qui franchissent les frontières physiques et tombent, de ce fait, dans une“illégalité” dont beaucoup tirent profits. Et la résistance rencontra la matraque.

    Revenons au début de ma démonstration. Il y a presque deux ans, en janvier 2009, un rassemblement a lieu devant le centre fermé de Steenokkerzeel, où sont enfermées des personnes jugées illégales, indésirables, expulsables. Cris dedans, cris dehors, les gens ont la rage au coeur. Un de ces moments où nous arrivons à briser une petite partie des frontières qui nous séparent, à briser le silence autour d'une révolte, autour d'une oppression, tant recherchée par l'Etat et ceux qui y gagnent.

    Sur le chemin du retour, vers la gare, quelques combis de flics arrivent. Ils essaient d'arrêter des personnes, ce qui est empêché. Un flic soulève alors une compagnonne au-dessus de ses épaules et la projette à terre. Elle est conduite à l'hôpital, avec trois vertèbres fêlées. 30 autres sont arrêtés et emmenés au comico, avec la violence et les humiliations récurrentes.

    Deux ans plus tard alors que cette lutte est encore en cours, l’administration hospitalière exige le paiement des frais engagés dans les soins et, bien évidemment, ce n’est pas au porc responsable de cet « accident » qu’elle demande de payer. Quant à la personne intentionnellement blessée, elle refuse de payer en espèce les conséquences de la violence dont elle a déjà fait les frais dans sa chair. La sympathie du personnel de l'hôpital au moment même n'a pas pu empêcher que la personne et son histoire sont devenus un simple numéro de dossier (parmi d’autres. Et comme pour tous ces autres numéros qui doivent cacher les individus et leurs histoires, l'administration a sa propre logique. Notamment celle des comptes qui doivent être en ordre.

    Je refuse la logique de “à la fin de la journée, les chiffres doivent cadrer.” Je pense que la vie traite d'autre chose. Pas d’'argent, d’ huissiers, de flics, de prisons... Je lutte contre, et je ne suis pas seul.


    Des salutations solidaires.




    Cliniques universitaires Saint-Luc

    Avenue Hippocrate, 10
    1200 Bruxelles
    Belgique
    Tel: 02 764 11 11

    Fax central 02 764 37 03
    Fax pour affaires financières 02 764 37 76

    Mail: recouvrement-saintluc@uclouvain.be ; rappel-prevention-saintluc@uclouvain.be

    gestionnaire financier: Tel: 02 764 11 82 ; william.struyven@uclouvain.be





    Cabinet d'avocats de l'hôpital

    Dominique Harmel et partenaires

    Avenue de Broqueville 116/b 15

    1200 Woluwe-Saint-Lambert

    Fax 02 772 52 98
    Mail lc.ucl@harmelpartners.be



    Huissiers de justice Christian Van Mieghem et Dorothea Hendrickx

    Avenue Leo Erreralaan 40

    1180 Uccle – Ukkel

    Tel: 02 347 55 08
    Fax: 03 347 51 17

    Justice de paix du canton Woluwe-Saint-Pierre

    Avenue Grand Champ 147 / Grootveldlaan 147

    1150, WOLUWE-SAINT-PIERRE

    Tel: 02 762 00 16
    Fax: 02 762 40 75
    Source: http://bxl.indymedia.org/articles/612
     
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