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Cuba

Discussion dans 'Luttes Internationales' créé par ninaa, 4 Janvier 2019.

  1. ninaa
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  2. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Cuba et internet

    Parmi tous les gouvernements des pays d’Amérique latine, seul celui de Cuba a coupé le réseau internet à toute la population, à quatre reprises au moins, durant l’année 2021, dans le but d’éviter la propagation d’informations échappant à son contrôle, selon le rapport établi par l’ONG Access Now qui se consacre à la défense de la liberté sur le Net.

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    Raúl Castro surveillant la population du haut de son décret-loi.
    Les coupures sélectives du réseau internet constituent une pratique courante du régime castriste, visant régulièrement les opposants, notamment les journalistes indépendants. Mais elle s’est généralisée à la suite des importantes manifestations ayant eu lieu dans tout le pays, le 11 juillet dernier.
    Le rapport d’Access Now signale qu’en juillet, « alors que les Cubains envahissaient les rues pour exiger l’accès à l’alimentation, à l’eau, aux médicaments, le gouvernement a imposé une fermeture totale du réseau. Après avoir rétabli son accès, les autorités ont bloqué WhatsApp, Telegram et Signal ».
    L’ONG a précisé également que les termes « VPN » (Virtual Private Network) et « liberté » étaient bannis des SMS.
    Il convient de rappeler que Cuba n’est pas le seul pays d’Amérique latine ayant connu d’importantes manifestations de mécontentement de sa population. Ce fut le cas au Chili, en Colombie, au Pérou, au Salvador, au Brésil et en Argentine, mais aucun de ces pays n’a coupé son service internet.
    Cette censure informatique imposée à une population entière n’est pas, par ailleurs, le seul outil utilisé par la dictature cubaine. La loi s’en mêle également, notamment à travers le décret-loi n°370 qui pénalise la libre expression sur les réseaux sociaux. Ces deux dernières années, plus d’une trentaine de journalistes indépendants en ont été victimes, par des arrestations répétées, des amendes ou l’obligation de quitter le pays.
    On estime que 68% du pays a accès à internet à Cuba. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile, quant à lui, est le plus bas d’Amérique latine avec 53% seulement.
    En matière d’accès à l’information et de droit à l’expression, Cuba demeure à ce jour l’un des pays les plus restrictifs au monde.

    Cuba et internet
     
  3. ninaa
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  4. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Cuba : répression (105)
    24 juin 2022 par Floréal

    Aujourd’hui : Maykel Castillo Pérez et Luis Manuel Otero Alcántara.

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    Le régime cubain vient de faire savoir, ce vendredi 24 juin, que les deux artistes opposants Maykel Castillo Pérez (connu sous le nom d’Osorbo) et Luis Manuel Otero Alcántara ont été condamnés respectivement à neuf ans et à cinq ans de prison.
    Maykel Osorbo est l’un des interprètes de la chanson Patria y vida (« La patrie et la vie »), dont le titre est un pied de nez au régime castriste et à son slogan « La patrie ou la mort »), chanson devenue véritable hymne des opposants à la dictature.
    Luis Manuel Otero Alcántara, dont il a été question ici à de nombreuses reprises, est quant à lui l’un des représentants en vue du Mouvement San Isidro (MSI), qui regroupe des artistes que le régime cubain ne cesse de persécuter pour leur opposition déclarée à la politique culturelle du régime, entre autres, au cœur de laquelle trône une censure permanente.

    Cuba : répression (105)
     
  5. ninaa
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  6. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Cuba brûle
    9 août 2022 par Floréal

    Ce qui se passe actuellement à Cuba ne semble guère passionner et encore moins inquiéter les médias français. Vendredi 5 août au soir, un gigantesque incendie s’est déclaré dans un dépôt pétrolier de Matanzas, à une centaine de kilomètres à l’est de La Havane.

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    L’explication officielle veut que l’incendie se soit déclaré après qu’un éclair a touché l’un des huit immenses réservoirs que compte ce dépôt. Le lendemain, samedi 6 août, un deuxième réservoir brûlait. Puis lundi 8 août l’incendie gagnait un troisième réservoir, et ce mardi on apprenait qu’un quatrième était atteint à son tour. La ville de Matanzas est entièrement recouverte depuis quatre jours d’une épaisse fumée noire, dont on peut supposer qu’elle aura des effets néfastes, à court ou moyen terme, sur la santé des habitants. On peut le voir grâce aux nombreuses photos prises par des Cubains et diffusées sur les réseaux sociaux.
    De toute évidence, les moyens nécessaires pour lutter contre ce type de catastrophe manquent cruellement à Cuba. Les fanatiques du régime castriste, aidés en cela par les imbéciles et autres naïfs, vous diront encore une fois que la faute en revient sans doute à l’embargo imposé par les Etats-Unis. C’est là la sempiternelle excuse pour expliquer tout ce qui va mal à Cuba, et le moins qu’on puisse dire c’est que tout va mal là-bas. Les thuriféraires du régime ne nous expliquent toutefois jamais pourquoi cet embargo n’empêche nullement que les hôtels de luxe 5-étoiles destinés au tourisme continuent de se multiplier sur l’île, alors que l’habitat et les conditions de vie de la population, entre autres, demeurent dans un état désastreux. Mais comme me le disait un ami de La Havane : « Tu n’entendras rien à l’économie cubaine jusqu’à ce que tu comprennes que la pauvreté n’est pas un échec mais un succès du gouvernement. »

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    Revenons à notre incendie. Impuissants dès les premiers instants, les dirigeants cubains ont fait appel aux « pays amis » pour leur venir en aide. Plusieurs ont répondu, même « l’ennemi », les Etats-Unis, sans toutefois que ce dernier soit jusque-là autorisé à se rendre sur place. Un épisode ubuesque, survenu le samedi 6 août, illustre on ne peut mieux le délire et l’incompétence dans lesquels se vautrent ces dirigeants cubains. Alors que l’urgence de faire intervenir des spécialistes se faisait particulièrement sentir, le régime organisait sur le tarmac de l’aéroport de La Havane une espèce de manifestation politico-militaire, pour accueillir une délégation de pompiers mexicains, avec hymnes, discours et parade militaire. Quelques heures plus tard, un deuxième réservoir explosait…

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    Cette catastrophe occupe bien sûr nombre de Cubains sur les réseaux sociaux, où les témoignages de solidarité avec les habitants de Matanzas et avec les victimes du désastre se multiplient. Si nombreux sont les messages dénonçant l’imprévoyance et l’incompétence des dirigeants cubains, tandis que d’autres y vont de leurs agaçantes et récurrentes bondieuseries, voyant là une sorte de châtiment divin (envers qui ?), certains versent dans un moralisme cucul, affirmant que l’heure n’est pas à la politisation de l’événement.
    Outre que le gouvernement cubain ne s’est guère gêné pour organiser ce grotesque épisode patriotico-idéologique à l’aéroport de La Havane, il est permis de souligner qu’il est un domaine, un seul, où le régime mendiant castriste n’a nul besoin de faire appel à un quelconque pays ami : la répression.

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    Si, en effet, un soulèvement populaire se produisait à Matanzas, il ne manquerait ni un flic, ni un militaire, ni une matraque, ni une cellule où enfermer les émeutiers. Aucun embargo n’a jamais empêché, depuis soixante-trois ans, que les moyens matériels et humains au service de la répression soient, comme dans tous les pays dictatoriaux de ce type, considérables. Comme tous les gouvernements, celui de Cuba fait des choix. Entre la sécurité de ses citoyens et les moyens répressifs, on sait où vont ses priorités. Les lourdes condamnations ayant frappé les manifestants du 11 juillet 2021 (voir ici même les articles sur le sujet) sont là pour en montrer l’évidence.
     
  7. ninaa
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  8. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Le criminel Etat cubain
    10 août 2022 par Floréal

    Pour lutter contre l’incendie qui s’est déclaré le 5 août dans un dépôt pétrolier de Matanzas, à Cuba, le régime a envoyé des jeunes gens effectuant leur service militaire, sans expérience dans ce domaine. On apprend aujourd’hui, grâce aux informations diffusées sur les réseaux sociaux par leurs familles et amis, que quatre d’entre eux y ont perdu la vie.

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    Adriano Rodríguez et Fabián Naranjo
    Leo Alejandro Doval (19 ans), Adriano Rodríguez (19 ans),Michel Rodríguez Román (20 ans)et Fabián Naranjo, dont l’âge n’est pas précisé, sont morts, criminellement exposés en première ligne alors qu’ils n’avaient aucune formation de pompier professionnel spécialisé dans ce type de catastrophe.
    Jusque-là, le régime cubain n’avait fait part que d’une seule victime, un pompier âgé de 60 ans (60 ans !), et de quatorze « disparus ». C’est par les messages de condoléances diffusés sur les réseaux sociaux que cette tragédie a pu être portée à la connaissance du public. Officiellement, un seul des quatre jeunes gens, Michel Rodríguez Román, est mort, selon le gouvernement cubain et les médias du régime (il n’en existe pas d’autres). Cette mort, déjà scandaleuse, n’a pas empêché, encore une fois, le gouvernement cubain de verser dans l’ignominie par l’utilisation qu’il en a faite à des fins de propagande politico-idéologique, transformant la victime, dans le langage immonde de la dictature, en « héros et martyr », comme si l’on pouvait qualifier de héros quelqu’un qu’on a obligé à se trouver dans l’endroit où il a perdu la vie.

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    Michel Rodríguez Román
    « A seulement 20 ans, il se transforme en héros, faisant grandir la liste de nos glorieux martyrs. Un autre ange vient de gagner le ciel », écrit au sujet de Michel Rodríguez Román, par exemple, José Luis Guzmán Cuza, l’un des journalistes-larbins du régime castriste. Les familles des trois autres victimes semblent toutefois ne pas manger de ce pain-là et ont pris les devants avant que leurs fils, neveux ou amis ne fassent l’objet d’une même obscène récupération politique.
    Ainsi la grand-mère de Leo Alejandro Doval écrit-elle : « C’était un garçon qui était sur le point d’entrer dans sa phase de jeune homme, malheureusement écourtée. Ses rêves et ses projets de vie ont été brisés. Il rêvait de devenir neurochirurgien et nous en parlait avec enthousiasme. Mon garçon n’est pas un martyr, il est une victime du service militaire obligatoire. Pardonnez-moi, la douleur ne me permet pas de continuer. Il n’avait pas à être là. »

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    Leo Alejandro Doval
    Auparavant, sa tante, Yunia Doval, dans une sorte de lettre ouverte particulièrement émouvante adressée à son neveu défunt, écrit : « A toi, mon Leo. Je ne te veux pas en héros, mon garçon, je t’aurais préféré lâche ! Pourquoi ça ne m’a jamais traversé l’esprit de te le dire ? J’ai toujours admiré tes valeurs et nous savions dans notre famille que tu n’es pas du genre à fuir, sans imaginer qu’aujourd’hui j’aurais préféré que tu t’enfuies. Je serais tout aussi fière si tu arrivais maintenant en disant que tu es soudainement devenu lâche, rebelle, et que tu es descendu du camion de pompiers, parce qu’en fin de compte tu n’es pas l’un d’entre eux. »
    De leur côté, des membres de la famille de Fabián Naranjo font peser sur l’Etat cubain la responsabilité d’avoir mis la vie de ces jeunes gens en danger. « Nous aimons notre enfant. Nous n’avons pas besoin d’un héros. Qui va assumer la responsabilité d’avoir amené ces enfants inexpérimentés sur une scène aussi dangereuse ? Qui leur a ordonné de se tenir dans la zone rouge, où ils risquaient d’être atteints par les flammes si la force du feu augmentait, comme cela a été le cas ? Qui n’a pas songé qu’il mettait en danger la vie d’enfants, que leurs parents ont toujours maintenus sains et saufs ? Qui va en assumer la responsabilité ? », écrit Yanelys Naranjo dans une saine colère.
     
  9. ninaa
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    Mort d’un prisonnier à l’issue d’une grève de la faim
    30 septembre 2022 par Floréal

    Andy Reyes Cruz, un jeune homme âgé de 29 ans, est mort mercredi 28 septembre à l’hôpital Camilo-Cienfuegos de la ville de Sanctí Spiritus, dans le centre du pays, après une grève de la faim de 53 jours.
    Arrêté pour vol il y a deux ans, il avait été condamné à 28 ans de prison et s’était lancé dans cette grève pour réclamer la révision de son procès.

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    Andy Reyes Cruz.
    Andy Reyes Cruz avait été transféré dans une unité spéciale de l’hôpital il y a deux semaines, et son décès a donné lieu à une véritable militarisation des lieux pour empêcher toute protestation.
    Il est très rare que le gouvernement cubain informe de la mort de prisonniers de droit commun pour des causes non naturelles. On savait déjà qu’il refuse régulièrement les demandes de visite de ses prisons formulées par des organisations humanitaires internationales, demandes justifiées par les innombrables témoignages de torture et de mauvais traitements recueillis auprès de victimes du système carcéral de l’île à diverses époques.
    Andy Reyes Cruz est le quinzième citoyen cubain qui meurt à l’issue d’une grève de la faim depuis 1966, ce qui constitue sans doute un triste et scandaleux record international dans ce domaine. Les quatorze autres étaient des opposants au régime castriste, donc des prisonniers politiques. Le dernier en date fut Yosvani Aróstegui Armenteros, le 7 août 2020, après 40 jours de grève.
    Voici leurs noms, car il convient de ne pas les oublier : Roberto López Chávez (Ile de la Jeunesse, 13 novembre 1966), Luis Alvarez Ríos (La Havane, 9 août 1967), Francisco Aguirre Vidaurreta (La Havane, 10 octobre 1967), Carmelo Cuadra Hernández (La Havane, 21 avril 1969), Pedro Luis Boitel (La Havane, 25 mai 1972), Olegario Charlot Espileta (Santiago de Cuba, 15 janvier 1973), Reinaldo Cordero Izquierdo (Pinard el Rio, 21 mars 1973), Enrique García Cuevas (Santa Clara, 24 juillet 1973), Pedro José Barrios Pedré (Sancti Spiritus, 9 août 1977), Santiago Roche Valle (Camagüey, 8 septembre 1985), Eusebio Hernández Consuegra (La Havane, date exacte inconnue), Orlando Zapata Tamayo (La Havane, 23 février 2010), Wilmar Villar Mendoza (Santiago de Cuba, 20 janvier 2012), Yosvani Aróstegui Armenteros (Camagüey, 7 août 2020).
     
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