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Créons un nouveau type de société humaine - Message 3 - Pour une société altruiste

Discussion dans 'Activisme, théories et révolution sociale' créé par Pilo, 10 Août 2017.

  1. Pilo
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    PiloMembre du forum

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    Août 2017
    Homme
    France
    Bonjour à tous,

    Une société se compose d’individu divers et variés. Il ne me semble pas possible pour un individu seul d’inventer une nouvelle société qui conviendrait à tous.

    J’ai cependant quelques idées suite à cette revue que j’expose dans les sections suivantes. Je ne prétends pas avoir trouvé ou avoir inventé une nouvelle société. Je n’en ai pas les compétences. J’espère par contre qu’elles stimuleront d’autres idées et qu’elles pourraient servir de points de départ à une réflexion commune à la création d’une nouvelle société au fonctionnement nouveau.

    POUR UNE SOCIETE ALTRUISTE
    Le principal problème des sociétés démocratiques modernes semble être la violence détournée et non-contrôlée due aux règles. Les règles sociétales applicables à tous viennent en réponse à la violence mais ont pour conséquence néfaste de créer de la contrainte et donc de la violence chez les individus qui les refusent (lois) ou qui les appliquent (transaction économique).

    Comment créer une nouvelle société qui éviterait une escalade de la violence ?

    La contrainte est subjective. Elle dépend de l’interprétation de chacun et peut varier dans le temps. Une contrainte comprise et surtout acceptée par un individu génèrera moins de stress que la même contrainte chez un autre individu qui ne la comprend pas et/ou surtout ne l’accepte pas (tout comme la loi).

    Pour créer cette nouvelle société, une réflexion autour de la contrainte sociétale parait nécessaire.

    POURQUOI L’ALTRUISME ?
    La contrainte est inévitable. L’environnement par exemple impose ses propres contraintes que la société ne peut maitriser ou même prédire précisément. Les individus de n’importe quelle société ont aussi des besoins à la fois différents et communs qui pourraient entrer en conflit et créer de la contrainte (la compétition des biens par exemple). La vie en commun créée de la contrainte. Cependant la vie en commun apporte beaucoup plus qu’elle ne créée de contrainte. Prenons un exemple.

    La médecine est un domaine très compliqué. Il serait impossible pour un seul individu d’à la fois effectuer la recherche médicale, la tester, la valider, la produire et la pratiquer sur des patients. Un individu lambda ne connait rien à la médicine et sans toute cette chaine d’autres individus, son espérance de vie pourrait être fortement réduite. C’est un exemple frappant de l’intérêt de la vie en société et du fait que chaque individu a besoin des autres.

    Gardons la médecine comme exemple et intéressons-nous à une situation que malheureusement presque tout le monde a vécue, un passage aux urgences d’un hôpital. Dans une telle situation, la priorité est de traiter la blessure qui dans certains cas peut mettre en danger la survie de l’individu. Aucun médecin ne demandera à son patient de le payer avant de le soigner, ni ne négociera un prix, il le soignera sans s’en préoccuper. Le serment d’Hippocrate dont un extrait suit et que tout médecin moderne applique sous une forme ou une autre l’illustre bien :

    « Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion […]. Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté.

    Dans quelque maison que j'entre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur[…].

    Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l'exercice de ma profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas. »

    Hippocrate, IVe siècle av. J.-C

    Seul le malade et son bienêtre comptent. Aucune mention n’est faite d’une quelconque rémunération par le malade du médecin dans ce serment. D’une certaine façon, le médecin sacrifie de son bien être personnel pour améliorer celui de son patient. C’est une forme de don et d’altruisme. On notera que la forme moderne de ce serment en France inclus cependant un bref passage à propos de la rémunération:

    « Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. »

    Il est d’ailleurs évident que le malade ou sa famille compenseront le médecin, mais cette compensation viendra après l’acte médical et sera sans commune mesure avec le service rendu par le médecin. Que représente la compensation du médecin face à la valeur d’une vie sauvée ? Elle tend à être nulle…

    L’altruisme se définit comme tout acte désintéressé ne procurant pas d'avantages apparents et immédiats à un individu qui l’exécute mais qui est bénéfique à d'autres individus.

    L’altruisme illustre la capacité unique à l’homme d’être complétement conscient de l’autre, de se mettre à sa place. Avec l’altruisme, on inverse l’individualisme des sociétés modernes du « tout pour moi ». L’individu démontre qu’il est conscient de l’autre, de son ressenti. En allant plus loin, il est conscient et comprend le rôle et l’importance des autres dans sa propre vie.

    L’altruisme, grâce à la compréhension et l’envie d’aider l’autre de manière désintéressée qu’il apporte, pourrait agir sur la perception, la compréhension et l’interprétation individuelle de la contrainte provoquée par les autres individus. Il favoriserait ainsi son acceptation et son évitement lorsqu’elle est inutile. Le stress et la violence générale seraient réduits fortement. L’altruisme pourrait devenir le mécanisme principal de prévention de la violence au sein de la société qui deviendrait une société altruiste.

    DES PRINCIPES FONDATEURS, SANS ETAT ET NI LOIS
    Tous les individus d’une société ont des besoins plus ou moins communs qui peuvent facilement créer des conflits et de la contrainte. Tous les individus ont aussi des besoins communs qui peuvent être satisfaits de manière plus efficace par le travail en groupe. Dans une société moderne actuelle, ces situations sont régulées par des lois qui contraignent les individus de la société moderne à les respecter et à adopter un comportement similaire. Les lois sont censées faciliter la vie en commun en imposants des règles.

    Or la contrainte peut générer du stress et de la violence si elle n’est pas acceptée par les individus qui la subissent. Cette nouvelle société altruiste ne devrait donc pas avoir de lois. Sinon, tout individu qui naitrait dans la société altruiste n’aurait pas la possibilité d’accepter la contrainte posée par ses lois. Il n’aurait pas non-plus la possibilité de changer d’opinion au cours de sa vie.

    Sans lois, l’Etat tel qu’il existe dans les sociétés démocratiques modernes n’a plus de sens ou d’utilité. Cependant, la Constitution d’un Etat, qui représente une forme de loi et qui permet de faire d’autres lois, n’est pas sans utilité. Elle créé une « idée unificatrice » autour de laquelle des individus se regroupent pour créer une société.

    Selon les Définitions du pseudo-Platon, le principe est la « cause première de ce qui est ». Plutôt que de créer un Etat grâce à une Constitution (une loi), pourquoi ne pas unir la société autour de principes ? Pourquoi ne pas définir l’altruisme comme cause première, fondatrice de cette nouvelle société altruiste ?

    UNE DEMOPUNTHANOMIE : « LE PEUPLE QUI CHERCHE A SAVOIR »
    Comment faciliter la vie en commun sans lois ? Quel sujet complexe ! J’ai bien peu de connaissances pour y répondre, mais j’ai peut-être une idée à creuser.

    Plutôt que d’utiliser des lois pour réguler des conflits existants et leurs conséquences, pourquoi ne pas chercher à les éviter avant qu’ils ne se produisent ? Pourquoi ne pas créer une demopunthanomie ? Des mots grec dêmos « peuple » et punthanomai « cherche à savoir, s’informer, apprendre».

    Quand un individu identifie un besoin qui pourrait l’impacter lui et/ou d’autre individus, il le soumet à la société. Par cette action, il cherche à savoir, à s’informer auprès de la société pour tenter de résoudre une situation potentiellement dangereuse avant qu’un conflit et de la contrainte inutile n’apparaissent. La société répond à travers ses individus qui pourraient par exemple proposer des recommandations recueillant les différentes opinions sur le sujet.

    Une fois les recommandations soumises, les individus de la société pourraient voter et permettre ainsi a ou aux individus qui ont le besoin commun d’obtenir l’intelligence du groupe, i.e. ce qu’il pense. Aucune recommandation n’est retenue sur une autre et les pourcentages de vote, relatifs et absolus, constituent un facteur additionnel d’information sur l’opinion du groupe, en plus des recommandations elles-mêmes. Les individus peuvent faire ce que bon leur semble de ces recommandations. Les individus et la société ne font qu’un et tout le monde peut s’exprimer.

    Si l’altruisme est au centre des interactions sociales de la société, cette opinion de groupe devrait être prise en compte par les individus dans leur prise de décision, ce qui pourrait éviter des conflits et de la contrainte inutile. Ce type de recommandation pourrait s’appliquer à tout : sécurité (construction, code de la route par exemple), urbanisation, route, éducation, etc.

    Les individus n’ont pas l’obligation d’utiliser ce système (suivant la taille du groupe impacté, ce n’est de toute façon pas forcément utile) mais la société devrait le proposer. Dans une petite communauté, ce type de système peut être géré par des individus « manuellement ». Dès que la communauté atteint une certaine taille, un système informatique sans intelligence artificielle pourrait permettre de simplifier et d’automatiser une grande partie du processus.

    Mais ce n’est qu’une idée et peut-être pas la seule solution ! Avez-vous d’autres idées ?

    LA POLITIQUE ET SES REPRESENTANTS
    S’il n’y a pas de lois mais uniquement des recommandations, les représentants politiques ont-ils toujours une raison d’exister ?

    La politique ne disparait pas avec la société altruiste. Plus une société est grande, plus les opinions sont variées et les intervenants nombreux. Plus les opinions sont variées et les intervenants nombreux, plus le dialogue est difficile. Le peuple peut décider de se rallier à des représentants par courants d’opinion, pour réduire le nombre d’intervenant dans le dialogue et ainsi le simplifier. Ce mécanisme est parfaitement compatible avec cette société altruiste mais relève totalement des individus.

    La politique pourrait alors s’organiser grâce à des structures de travail en commun dans le but de soumettre des recommandations communes pour lesquels le peuple pourra voter. Le peuple entier reste le corps politique et peut soumettre et voter des recommandations, mais certains individus peuvent décider de se regrouper sous une même structure pour proposer des recommandations communes.

    LES STRUCTURES DE TRAVAIL EN COMMUN
    L’altruisme ne signifie pas renoncement à la contrainte, au travail ou au progrès. La contrainte est inévitable. Tout élément de contrainte est une opportunité d’amélioration de la société altruiste en réduisant son stress. Le travail, tout comme le progrès, viennent en réponse à la contrainte pour la réduire.

    Les structures de travail en communs permettent à un groupe d’individus de se regrouper sous un même « toit » pour effectuer quelque chose efficacement. Elles permettent de tout faire : inventer, produire, distribuer, proposer, analyser, éduquer, construire, compétition sportive (directe et indirecte), etc. et reposent sur les individus et non pas la société, qui ne peut rien imposer. Elles peuvent se baser sur les recommandations de la société, voir même se créer à leur initiative.

    J’ai là aussi bien peu de connaissances, mais je pense que les structures de travail en commun ne devraient appartenir à personne. La notion de propriété est de toute façon à étudier plus en détail dans une société altruiste : propriété réelle ou simple possession ? Elles pourraient par contre être dirigées par un ou des individus qui les représentent face à la société. Elles pourraient aussi reposer sur un règlement qui définit leur structure interne, mode de fonctionnement, objectifs, etc.

    LE REGLEMENT DANS LES STRUCTURES DE TRAVAIL EN COMMUN
    La société altruiste n’a pas de lois pour éviter de créer de la contrainte non acceptée. A la place elle recommande. Dans le cas d’une structure de travail en commun, la situation est différente. Les individus ne sont pas « nés » dans cette structure. Ils ont choisi de la rejoindre et peuvent la quitter, ce qui n’est pas le cas de la société (dans une société « mondiale » par exemple). Ce choix de rentrer ou sortir de la structure de travail en commun constitue une différence fondamentale avec la société et permet à toute structure de travail en commun d’imposer un règlement, qui n’est plus alors une imposition contre son grès mais une forme de ralliement et d’acceptation. Le règlement ne peut s’appliquer qu’aux membres de la structure de travail en commun et personne d’autre pour me pas créer de contrainte non-acceptée au préalable.

    L’ECONOMIE
    Je ne suis pas un expert en économie, mais je pense avoir montré dans une section précédente que la transaction économique est génératrice de contrainte, de stress et de violence. Elle ne devrait alors pas exister dans une société altruiste qui cherche à éviter la violence.

    Quel autre mode d’échange pourrions-nous utiliser à la place ? Peut-être un modèle d’échange plus simple comme le don ?

    Une transaction est la combinaison de deux « dons » de valeur similaire qui sont contraints l’un par l’autre. Pour revenir à un modèle sans violence, on peut éliminer cette contrainte entre les deux dons. En d’autres termes, on élimine tout objet externe (contre-objet du troc, monnaies) pour n’avoir que des dons entre individus non liés les uns aux autres. Les échanges, i.e. la combinaison de deux dons, se font toujours mais n’impliquent pas forcément les mêmes individus, contrairement à une transaction. La valeur d’échange commune disparait pour être remplacée par une multitude de valeurs individuelles.

    Chaque don représente alors une vraie forme d’altruisme ou les individus reconnaissent les liens qu’ils ont les uns avec les autres au sein de la société, que ce soit un don de « travail » ou un don d’objet. L’économie ne serait plus un conflit permanent générateur de contrainte et de violente mais matérialiserait simplement une activité de répartition non violente des objets entre individus au sein de la société. Mais ce n’est peut-être pas la seule solution !

    LA JUSTICE
    Rien n’est parfait et c’est heureux. Sans l‘imperfection, la vie serait ennuyeuse à mourir. Cependant elle implique aussi que la violence pourra survenir dans n’importe quelle société, aussi bien pensée soit-elle. L’altruisme peut contribuer à la réduire. Je manque d’idées et j’ai encore une fois très peu de compétence en la matière. Cependant je pense que la société peut empêcher qu’un individu qui a provoqué de la violence en provoque à nouveau. C’est le rôle que je pourrais imaginer pour la justice dans une société altruiste. L’altruisme serait son mécanisme de prévention de la violence et la justice son mécanisme d’évitement de sa répétition quand elle éclate localement. Réhabiliter ou punir ? Comment ?

    LA PLACE DE LA SOCIETE ALTRUISTE DANS L’ECOSYSTEME
    L’homme est un organisme vivant qui dépend d’un écosystème rempli d’autres organismes vivants, tout comme dans une société ou les individus dépendent les uns des autres. Le stress et la violence ont les mêmes conséquences chez tous les organismes vivants qui peuvent les ressentir que chez l’homme.

    C’est organismes font partie de la chaine alimentaire qui comprend l’ensemble des organismes vivants de l’écosystème. Si un élément de la chaine est déréglé, de la contrainte et du stress sera causée quelque part.

    L’homme et sa société ne devraient pas provoquer de stress chez les autres organismes vivants qui habitent son écosystème, tout comme il le ferait pour lui. L’homme et la société éviteraient ainsi toute violence envers l’ensemble de l’écosystème et les organismes vivant qui l’habitent. Ils auraient alors une relation durable. Mais comment y arriver ? La technologie et le progrès pour l’énergie ? Une conception différente de la production, de la consommation ?

    UNE ILLUSION DE SIMPLICITE
    Les concepts décrits ci-dessus peuvent sembler un peu trop simples, même simplistes. Leur rapide description l’est peut-être, mais pas leur application. Sans lois ni monnaie, la contrainte générale non acceptée et donc la violence peuvent très facilement subvenir dès que des individus n’appliquent plus l’altruisme dans leurs actions et interactions au sein de la société. C’est pour moi un élément clef pour garantir à l’altruisme de perdurer dans la culture de cette société dans le temps.

    Dès qu’il disparait, la société ne peut que s’écrouler à très grande vitesse, n’aillant aucun autre mécanisme de gestion de la violence (lois) ou de mécanisme de comparaison commun pour que les individus puissent se juger et échanger les uns des autres (la monnaie). La justice est toujours là, mais quand toute la société est violente et que son rôle est de prévenir sa répétition tout en étant non violente…

    La taille de la société pourrait aussi représenter une difficulté. Il est plus facile de se préoccuper et de comprendre les individus qui nous entourent que ceux qui sont loin. Pourtant une société altruiste est amenée à se développer et à grandir. Il parait donc essentiel de renforcer l’idée d’un altruisme à portée globale où le lien altruiste direct entre individus proches localement n’est pas l’unique lien :

    « L’individu à l’autre bout de la rue, de la ville, de la région, du pays, de la planète peut bénéficier de ce que je fais et je peux bénéficier de ce qu’il fait, de manière directe ou indirecte. Nous ne sommes pas étrangers et nous dépendons tous les uns des autres, aussi éloignés soyons-nous. »

    Cette section n’a fait qu’aborder rapidement certains sujets essentiels à toute société. Ce ne sont pas les seuls et il en reste beaucoup d’autres à explorer !J'ai aussi des idées quant à un établissement non-violent d'une société altruiste que je posterai dans un prochain message si des personnes sont interessées.

    Merci de votre lecture ! J'attends tous vos commentaires, démontages, critiques, etc.
    Pilo
     
  2. kuhing
    Offline

    kuhingMembre du forum Membre actif

    704
    77
    1
    Juin 2017
    Homme
    Slt,

    Pas le temps de te répondre en détail mais j'ai lu te souhaite trois premiers messages.

    Je trouve très bien que tu te poses ces questions et que tu fasses l'effort de les exprimer pour les exposer aux autres.
    Ce que je peux en dire et en pense c'est que ta reflexion est naïve ( et j'espère que cet avis ne te vexera pas ).

    Mon avis la société n'est pas fondée sur les réflexes psychologiques et que les choses ne se régleront pas sur un terrain moral.
    Mon avis est que ce n'est pas l'altruisme qui aura raison des inégalités et des injustices mais un mieux pour chacun-e dans la façon de fonctionner socialement.
    Le moteur du changement s'il arriver ne sera pas idéologique ni moral au départ mais bien matériel.
    Bien que entre morale et matériel il existe une relation dialectique.

    J'y reviendrai quand j'aurais plus de temps au besoin.
     
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