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COMMEMORATION DE L’ASSASSINAT DE LAMINE DIENG

Discussion dans 'Politique et débats de société' créé par mc², 18 Mai 2017.

  1. mc²
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    « Malheureusement aucune marche ne fera revivre les morts. En revanche en continuant la mobilisation avec le collectif des familles de ceux dont la vie a été volée par la police, on peut aider à rétablir la vérité et l’honneur. »

    Rendez-vous Samedi 17 Juin 2017 Pour les 10 Ans de l’assassinat de Lamine Dieng par la Police Nationale.

    Page Facebook : Collectif Vies Volees
    Twitter : @ViesVolees

    POT COMMUN POUR PARTICIPER FINANCIÈREMENT : https://www.lepotcommun.fr/pot/9kvomigr
     
  2. ninaa
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    A propos de la marche de l'an dernier (+ quelques liens utiles):
    Face à la police
     
  4. ninaa
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  5. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
  6. mc²
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    Août 2014

    Depuis l’assassinat de Lamine Dieng par des policiers du XXe à Paris en 2007, sa famille réclame la mise en examen des auteurs de ce qu’elle appelle «un homicide barbare commis en bande organisée».

    Pendant 30 minutes, Lamine a été maintenu face contre terre par 300 kg, le poids total des policiers agenouillés sur son dos après lui avoir sanglé les chevilles et menotté les mains, un bras passé par dessus l’épaule et l’autre replié dans le dos. Les conclusions définitives des expertises médicales sont accablantes : «Asphyxie mécanique par suffocation, suffocation due à l’appui facial contre le sol avec pression du sommet de la tête». Mais les auteurs du crime, identifiés, ont bénéficié de dix ans d’impunité, qui sont dix ans de déni de justice pour Lamine.

    Les irrégularités des procédures sont pourtant tout à fait criantes : pas de mise sous scellés du fourgon dans lequel Lamine Dieng est mort, ni des chemises tachées de sang des policiers, disparition de la sienne, pas de photos des indices relevés ni même de la scène de crime; le CD-Rom remis par la DOSTL (direction opérationnelle des services techniques et logistiques) est illisible par les enquêteurs, le juge d’instruction refuse la reconstitution de la scène de crime, les meurtriers sont entendus sous le statut de témoins assistés, l’instruction est sans fin… et suivie d’un non-lieu. L’appareil judiciaire n’a jamais voulu admettre la responsabilité de ces policiers.

    Le magistrat, Patrick Gachon, a refusé d’ouvrir un procès contre ceux qui ont étranglé Lamine et ceux qui comprimaient son thorax et sa tête, sous prétexte que la technique du plaquage ventral n’est pas interdite en France.

    Les tortionnaires meurtriers récompensés
    Sauf que la formation des policiers exige que la technique barbare (et interdite dans d’autres pays) de la clé d’étranglement, qu’ils ont utilisée, ne dure pas plus de quelques minutes, car sinon elle entraîne la mort. Les tortionnaires meurtriers ont depuis été récompensés par des avancements de carrière.

    Les plus hautes instances du pays font tout pour éviter des retombées judiciaires aux policiers qui commettent de tels crimes. Depuis février 2017, une loi facilite encore aux policiers l’usage d’armes à feu contre des personnes non armées. Même s’il reste l’étape de la Cour de cassation, ces dix ans montrent que lorsqu’on recherche la vérité et la justice, s’en remettre à l’appareil judiciaire et aux autres institutions ne sert à rien. Que faire donc? C’est la question que pose Vies volées, le collectif de soutien et d’entraide créé par la famille de Lamine avec d’autres familles de victimes. Ensemble, mettons un terme aux dénis de justice lorsque la police torture et tue!

    Cette année, après un tournoi de basket organisé en la mémoire de Lamine le 16 avril au stade Louis Lumière, le prochain rendez-vous sera le 17 juin devant le 58, rue des Amandiers (Paris XXe). Au programme : 10h30, projection vidéo, 12h conférence de presse, 14h marche, 18h concert de soutien.

    Collectif Vies volées
     
  7. ninaa
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  8. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Des centaines de personnes derrière une banderole "Pas de justice pas de paix" "pour Lamine Dieng" en tête de cortège les familles de Lamine Dieng mais aussi d'autres victimes de violences policières dont celle d'Adama Traoré, Ali Ziri, Wissam El Yamni...
     
  9. ninaa
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  10. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
     
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  12. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    2 Projections du documentaire Dire à Lamine
    Publié le 5 mars 2019
    Le Comité Vérité & Justice 31, en co-organisation avec Collectif Cases Rebelles proposent deux dates de diffusion du film Dire à Lamine.

    MERCREDI 6 MARS 19H
    Centresocialautogéré Crea

    34 bis rue Valade M° Compans Caffarelli
    Entrée libre
    JEUDI 7 mars 11h30
    Repas Débat à Toulouse Ouverture

    4 bis Chemin Robert Cambert, 31100 Toulouse M°Reynerie
    Entrée libre pour la projection/ débat
    Inscription + payant pour le repas au 05 61 44 27 74
    Venez nombreux et nombreuses et faites tourner !
     
  13. ninaa
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  14. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Marche de commémoration et concert « Hommage à Lamine Dieng » le 15 juin 2019

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  15. ninaa
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  16. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Repas Vérité et justice pour Lamine Dieng

    Repas de soutien Vérité et justice pour Lamine Dieng tué par la police, à la cantine des pyrénées.

    Pour rappel cela fait 12 ans que la famille organise des actions pour la vérité et la justice pour Lamine Dieng tué par la police dans le 20e. Cette année la famille et les soutiens organise une marche dans le 20e et un concert à la parole errante le 15 juin. Le but du repas est de soutenir financièrement les actions du collectif.

    Le repas sera de 12h à 15h. Prix libre.

    Au menu : Galettes, crêpes et autres surprises …

    Pour se désaltérer jus de Bissap et de gingembre.

    Repas Verite Et Justice Pour Lamine Dieng

    CANTINE DES PYRENEES : 77 Rue de la Mare, 75020 Paris

    Collectif Lamine dieng : Lamine Dieng
     
    pilou-ilou apprécie ceci.
  17. ninaa
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  18. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
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  20. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Journée d’hommage à Lamine Dieng
    Publié le 17 juin 2021


    Après 14 ans de combat, le comité vérité et justice pour Lamine Dieng vous invite à une journée d’hommage, de débats et de formation.
    Le 19 juin 2021 à partir de 12h
    À la Parole errante / 9, rue François Debergue 93100 Montreuil
    Entrée prix libre

    Après 14 ans de combat, le comité vérité et justice pour Lamine Dieng vous invite à une journée d’hommage, de débats et de formation.

    Le 19 juin 2021 à partir de 12h.
    À la Parole errante / 9, rue François Debergue 93100 Montreuil
    Entrée prix libre

    Ateliers de formation et de discussion :

    • Copwatching
    • Théâtre-forum «Se défendre»
    • La fabrique du non-lieu
    • Violences psychologiques
    • Violences pénitentiaires
    • Sérigraphie (venez avec vos t-shirts)
    • Cantine
    • Graff
    • Initiation à la boxe par l’ASPA
    • Collage photo avec l’aide du collectif Bon pied, bon œil
    • Exposition photo
    • Coin enfants
    Journée d'hommage à Lamine Dieng
    ll y a quatorze ans, notre fils, frère, oncle, ami, Lamine Dieng succombait à Paris, sous les violences exercées par des policiers.

    Depuis, nous, parents, amis et soutiens avons affronté dix longues années de procédures judiciaires pour faire reconnaître la responsabilité des brutalités des agents dans la mort de Lamine. Dix ans pour déboucher sur un non-lieu en 2017... alors que l’asphyxie a été reconnue comme cause du décès. Puis, après 13 ans de lutte, en juin 2020, l’État français reconnaît sa responsabilité à travers une décision de la Cour européenne des droits de l’homme.

    Le 17 juin 2007, Lamine avait 25 ans, était en bonne santé et heureux de vivre. Il a perdu la vie dans des conditions atroces, aux mains de quatre policiers. Quatre professionnels garants de la sécurité publique, appelés pour tapage nocturne. Seul, non armé, ne menaçant aucune vie, Lamine Dieng, a été plaqué face contre terre, chevilles sanglées et menottes aux mains, un bras passé par dessus l’épaule et l’autre replié dans le dos, son calvaire a duré une demi-heure au cours desquelles il a été plié et écrasé par plus de 300 kg, correspondant au poids total des policiers agenouillés sur son dos. Après avoir traîné Lamine, entravé, sur le bitume avant de le jeter sur le plancher du fourgon de police, un agent s’agenouille sur sa tête pendant que deux autres compriment son thorax, agenouillés sur ses épaules, un quatrième agent s’agenouille sur les jambes de Lamine, repliées jusqu’au bassin. Le décès de Lamine est constaté trente minutes après l’intervention.

    Le 18 juin, la police des polices (IGS) conclut que Lamine Dieng est «mort naturellement d’un arrêt cardiaque, qui pourrait être dû à une overdose de cocaïne et de cannabis».
    Le 22 juin, la famille dépose une plainte avec constitution de partie civile, qui ouvrira une information judiciaire le 10 juillet 2007.
    En 2008, l’asphyxie est définitivement reconnue comme cause du décès de Lamine. Les conclusions des expertises médicales sont accablantes : «mort d’une asphyxie mécanique par suffocation, due à l’appui facial contre le sol avec pression du sommet de la tête dans un contexte toxique.» Et les auteurs de ce crime sont identifiés.
    La contre-expertise médicale a également relevé plus de 30 hématomes sur le corps de Lamine (de 5 cm sur 3 cm à 7 cm sur 3 cm) du cuir chevelu en passant par les pommettes et jusqu’au menton. Des pétéchies conjonctivales, signe d’une compression violente du cou, une morsure profonde de la langue, un œdème cérébral important qui a mis en péril les fonctions vitales, une plaie à la lèvre, des zones de peau arrachées, des hématomes profonds aux genoux et aux pieds, une cyanose des ongles des doigts et des orteils résultant d’une compression thoracique.

    Dix ans d’instruction pour dire qu’il ne s’est rien passé, qu’il n’y a pas matière à poursuivre les tueurs de Lamine Dieng. Selon le magistrat Patrick Gachon, il n’y a pas matière à ouvrir un procès contre celui qui a étranglé Lamine avec sa matraque, ceux qui ont comprimé son thorax, celui qui a comprimé sa tête et celui qui a replié ses jambes jusqu’au bassin. Le juge motive cette décision par le fait que la technique du plaquage ventral n’est pas interdite en France et que les policiers se voyaient en situation de rébellion face à un homme pourtant déjà à terre à leur arrivée. Et ensuite, entravé aux 4 membres.

    Trois ans plus tard, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), saisie par la famille Dieng en 2018, rend son arrêt sur le meurtre de Lamine, conformément à la Convention européenne des droits de l’homme.
    Oui, Lamine avait droit à la vie (art. 2).
    Oui, Lamine a subi un traitement inhumain et dégradant (art. 3).
    L’État républicain français, pour clore les poursuites à son encontre, a accepté de verser à la famille la légitime indemnisation fixée par la CEDH. Par cet acte, il reconnaît :

    1. que plusieurs de ses agents ont infligé en groupe la mort à un homme non-armé qui ne les menaçait pas,
    2. que plusieurs de ses agents ont failli à leur devoir qui était de conduire un procès équitable pour rendre justice.
    Oui, Lamine a été massacré par la police et déshumanisé par la justice.

    Chronologie judiciaire :
    2009 : Demande d’actes complémentaires par la partie civile, nouvelle audition des 8 policiers présents sur la scène.
    2010 : Les policiers sont placés sous le statut de témoins assistés, leur donnant accès au dossier pour préparer leur défense.
    2011 : Refus du juge d’organiser une reconstitution sur la scène de crime, au motif qu’elle ne permettra pas de «restituer l’état d’excitation» de Lamine.
    2012 : Confrontation des parties et pseudo-reconstitution... dans le cabinet du juge.
    2013 : Refus d’entendre les témoins du meurtre, au motif qu’ils n’apporteront aucun nouvel élément au dossier.
    2014 : Le juge d’instruction Patrick Gachon émet une ordonnance de non-lieu pour les 8 policiers mis en cause, après une instruction de 7 ans.
    2015 : La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris confirme le non-lieu.
    2016 : Attente du pourvoi en Cassation.
    24 mai 2017 : Audience devant la Cour de cassation.
    21 juin 2017 : Rendu de l’arrêt de la Cour de cassation.
    2018 : Dépôt du dossier à la Cour européenne des droits de l’homme.
    2020 : Arrêt de la CEDH.
     
  21. ninaa
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  22. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Journée d’hommage à Lamine Dieng
    Publié le 31 mai 2022

    15 ans de lutte contre l’État : vérité rétablie, dignité rendue et mémoire gardée. Après 15 ans de combat, le comité vérité et justice pour Lamine Dieng vous invite à une journée d’hommage, de débats et de formation.

    [​IMG]

    • # Mise à jour : mercredi dernier à 21h43
      Vendredi 10 juin : évènement de soutien à la 15e commémoration pour Lamine Dieng
      Vendredi 10 juin à 19h, événement de soutien à la 15e commémoration pour Lamine Dieng qui aura lieu le 18 juin Place Carmen dans le 20e arrondissement.
      • 18h : Cantine des communardes accompagnée de sons acoustiques - avec titi banlieusard et d’autres.
      • 21h : Projection du film Dire à Lamine de Cases Rebelles suivi d’une discussion.
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      Rendez-vous à la Baudrière au 65bis rue Voltaire à Montreuil.

    Le 18 juin 2022 à partir de 13h
    Place Carmen 75020 Paris
    Projection – Ateliers – Témoignages – Moment d’hommage – Stands – Cantine – Open mic

    Il y a 15 ans, notre fils, frère, oncle, ami, Lamine Dieng mourait à quelques pas de la maison familiale, des mains de 8 policiers parisiens.

    Depuis, nous, parents, amis et soutiens avons affronté 10 longues années de procédures judiciaires afin de faire reconnaître la culpabilité de ces 8 agents pour le lynchage de Lamine.

    Dix ans qui ont débouché sur un non-lieu définitif par la juridiction française en 2017, ceci alors même que les expertises médicales concluaient à l’asphyxie mécanique par ces policiers en tant que cause du décès.

    En 2018, la famille a poursuivi son combat pour la vérité et la justice en amenant le dossier devant la Cour européenne des droits de l’Homme.
    Et en juin 2020, après 13 ans de confrontation judiciaire, l’État français a été obligé de reconnaître la torture infligée à Lamine et le crime :
    Oui, ses policiers ont violé l’art. 2 de la Convention sur le droit à la vie.
    Oui, ses policiers ont violé l’art. 3 sur les traitements inhumains et dégradants.
    Aveu suivi du versement des indemnités fixées par la Cour à la famille de Lamine.

    Pour clore nos poursuites à son encontre, la République française a, par cet acte, admis publiquement que : plusieurs de ses agents, en groupe, ont infligé la mort à un homme non armé qui ne les menaçait pas, et que, pendant 10 ans, plusieurs de ses magistrats ont failli à leur devoir qui était de conduire un procès équitable.
    Et dans les faits, ses magistrats ont violé l’art. 6 de la Convention européenne car il n’y a pas eu de procès (violation non retenue par la CEDH).

    En parallèle, la République française a aussi publiquement démontré qu’elle n’entend pas punir ses agents meurtriers et défaillants.
    Lamine a été lynché par la police, déshumanisé par l’appareil judiciaire, et l’État couvre ses agents : telle est la norme sur le sol français en 2020. Et encore en 2022, car les non-lieux s’accumulent.
    Cette règle qui persiste du régime d’exception envers certaines catégories de la population, a une histoire, une dérogation législative démarrée en 1685 avec le Code noir pensé par Colbert, puis avec les Codes de l’indigénat.

    Les faits
    Lamine avait 25 ans et venait d’acheter une moto neuve pour démarrer le lundi un nouveau travail. La police a saisi la moto et ne l’a jamais restituée.
    Dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 juin 2007, il a perdu la vie dans des conditions inhumaines, sous l’acharnement de 8 policiers, appelés pour tapage nocturne.
    Lamine a été plaqué face contre terre, chevilles et mains attachées, traîné, plié et écrasé sous le poids cumulé des policiers agenouillés sur son dos, soit environ 300 kg.

    Son calvaire a duré 30 minutes, il a rendu son dernier souffle, respirant son vomi, avec un agent appuyé sur sa tête et deux autres pesant sur le torse et les épaules et un quatrième sur les jambes repliées.

    Le décès de Lamine est constaté par le médecin du SAMU à 05h15, 1 heure et 15 minutes après le début de l’opération policière (03h59).
    Et l’autopsie a précisé que Lamine était déjà mort à 04h29, donc 45 minutes avant que le médecin ne l’examine.

    Le 18 juin 2007, la police des polices (IGS) a conclu son enquête préliminaire par une «mort naturelle d’un arrêt cardiaque, qui pourrait être dû à une overdose de cocaïne, cannabis et alcool». La calomnie venant s’ajouter au meurtre.
    Le 22 juin 2007, la famille a déposé une plainte avec constitution de partie civile, conduisant à l’ouverture d’une information judiciaire le 10 juillet 2007.
    Et en 2008, les conclusions de la contre-expertise médicale ne laissent planer aucun doute : «mort d’une asphyxie mécanique due à l’appui facial contre le sol avec pression du sommet de la tête dans un contexte toxique.»
    Elle a également relevé plus de 30 hématomes profonds sur le corps de Lamine, dont un de 7 cm, sur le cuir chevelu, la tempe, la pommette, le menton, les coudes, les poignets, le dos, le ventre, le bassin, le creux des genoux et les pieds. Des vaisseaux sanguins éclatés dans les yeux (pétéchies conjonctivales), à cause de la clé d’étranglement faite avec la matraque. Une morsure profonde de la langue. Un œdème cérébral important qui a provoqué un engagement cérébelleux (le cerveau qui sort du crâne). La lèvre éclatée et de multiples éraflures, une cyanose des ongles des doigts et des orteils (par manque d’oxygène à cause de la pression sur les poumons et la tête).

    Dix ans d’instruction pour s’entendre dire qu’il ne s’est rien passé, qu’il n’y a pas d’éléments matériels suffisants pour poursuivre les tueurs de Lamine.
    Selon le magistrat instructeur du dossier, Patrick Gachon, il n’y a rien à reprocher au policier Jean-Wolf Mertens qui a étranglé Lamine avec sa matraque.
    Ni à Jean-Benoit Christiaens, Mathieu Escande et Christophe Goblet qui ont pesé de tous leurs poids sur son buste.
    Ni à Charly Catalan qui a pesé sur ses jambes repliées jusqu’au bassin. Ni à Morgane Rouxel qui a pressé ses tendons d’Achille.
    Ni à Laurence Petiaux qui a assisté à toute la scène sans réagir, pas plus qu’à Julien Parsol qui a simulé un bouche-à-bouche en faisant un tuyau avec ses mains gantées.

    Le juge a justifié sa décision par le fait que la technique du plaquage ventral n’est pas interdite en France et que les policiers se voyaient en situation de rébellion face à un homme pourtant déjà à terre à leur arrivée et bien vivant car ils disent qu’il leur a parlé. Rébellion d’un homme dont les quatre membres ont été entravés pendant toute leur intervention.

    Chronologie judiciaire

    • 22 juin 2007 : Dépôt de plainte avec constitution de partie civile.
    • 10 juillet 2007 : Ouverture de l’information judiciaire.
    • 2008 : Conclusions de la contre-autopsie.
    • 2009 : Demandes d’actes par la famille, une nouvelle audition des 8 policiers impliqués.
    • 2010 : Les policiers sont placés sous le statut de témoins assistés, leur donnant accès au dossier pour préparer leur défense.
    • 2011 : Refus du juge d’organiser une reconstitution sur la scène de crime, au motif qu’elle ne permettra pas de «restituer l’état d’excitation» de Lamine.
    • 2012 : Confrontation des parties et reconstitution dans le cabinet du juge.
    • 2013 : Refus d’entendre les témoins du meurtre, au motif qu’ils n’apporteront rien de nouveau.
    • 2014 : Après une instruction de 7 ans, le juge d’instruction Patrick Gachon émet une ordonnance de non-lieu pour les 8 policiers mis en cause.
    • 2015 : La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris confirme le non-lieu.
    • 2016 : Attente du pourvoi en Cassation.
    • 24 mai 2017 : Audience devant la Cour de cassation.
    • 21 juin 2017 : Non-lieu confirmé en Cassation.
    • 2018 : Dépôt du dossier à la Cour européenne des droits de l’Homme.
    • 2020 : Victoire historique, par abandon, de l’État français à la CEDH.
     
  23. ninaa
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    Treize ans après la mort de Lamine Dieng, l’Etat français passe un accord à l’amiable avec sa famille

    Afin de solder les poursuites contre la France, le gouvernement va verser 145 000 euros aux proches de ce Franco-Sénégalais de 25 ans mort en 2007 après son arrestation par la police à Paris.

    Le Monde avec AFP

    Publié le 15 juin 2020 à 21h58 - Mis à jour le 16 juin 2020 à 09h33
    [​IMG]
    Un portrait de Lamine Dieng est brandi par une manifestante lors d’une marche contre les violences policières, le 10 juin à Toulouse. REMY GABALDA / AFP
    Après treize ans de procédure, le gouvernement français va verser 145 000 euros aux proches de Lamine Dieng, Franco-Sénégalais de 25 ans mort en 2007 dans un fourgon de police à Paris, a appris lundi 15 juin l’Agence France-presse (AFP) auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ce versement va ainsi solder toutes les poursuites contre la France dans cette affaire.

    La justice française avait débouté les proches du jeune homme et ceux-ci avaient introduit une requête devant la CEDH en décembre 2017. Mais la cour de Strasbourg n’a pas eu à se pencher sur le fond de l’affaire : les parties ont en effet trouvé entre-temps un accord amiable, entériné le 14 mai.

    Lire aussi Mobilisation en France contre les violences policières, des tensions à Paris
    « La cour a reçu la déclaration de règlement amiable en vertu de laquelle les requérants acceptaient de renoncer à toute autre prétention à l’encontre de la France à propos des faits à l’origine de cette requête, le gouvernement s’étant engagé à leur verser la somme » de 145 000 euros, note la CEDH. « La cour prend acte de l’accord intervenu entre les parties. Elle considère que cet accord repose sur le respect des droits de l’homme garantis par la Convention [européenne des droits de l’homme] et ses protocoles et ne voit pas de raison qui exigerait qu’elle poursuive l’examen de la requête concernée », poursuit l’instance européenne.

    Lamine Dieng est mort le 17 juin 2007 dans un car de police après avoir été immobilisé et pressé au sol alors qu’il résistait à son arrestation dans le quartier de Ménilmontant (20e arrondissement).

    « Treize années de combat contre le déni de justice »
    Dans un communiqué, la famille de Lamine Dieng s’est réjouie de ce règlement, qui constitue pour elle « une victoire » :

    « Nous avons vécu treize années de combat contre le déni de justice, face à une institution qui nous a systématiquement refusé un procès pour les responsables de la mort de notre fils, frère, oncle. »

    Sa sœur Ramata Dieng, déçue par la position du président français, Emmanuel Macron, sur les violences policières, a appelé à manifester samedi après-midi à Paris, « place de la République, à 13 h 12, pour une marche autour du quartier de Ménilmontant où habite notre famille ».

    Lire aussi Le comité pour Adama Traoré ne lâche pas la pression sur le gouvernement
    Depuis plusieurs années, le comité Vérité et justice pour Lamine Dieng et le collectif Vies volées réclament également l’interdiction de la clé d’étranglement, une technique policière largement critiquée.

    Le 8 juin, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a annoncé de l’abandon de cette technique. « La méthode de la prise par le cou, dite de l’étranglement, sera abandonnée et ne sera plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. C’était une méthode qui comportait des dangers », a affirmé M. Castaner. Mais celle-ci « continuera d’être mise en œuvre » jusqu’à ce qu’une nouvelle technique d’interpellation soit définie, a précisé lundi le chef de la police nationale.
     
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