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Histoire Charonne 1962 : une affaire oubliée par l'education nationale.

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Aperoman, 25 Janvier 2010.

  1. Aperoman
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    AperomanNouveau membre

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    Jan 2010
    Voici un article sur l'affaire Charonne, dont nous "fêterons" le 8 Fevrier prochain les 48 ans.
    Je suis encore au lycée, et j'ai remarqué que jamais on ne nous parle de cette histoire pourtant si importante.



    Le contexte historique au début de l'année 1962 est le suivant : Tout le monde s'accorde à dire que l'indépendance de l'Algérie est la seule solution pour que la guerre prenne fin.
    Tout le monde sauf les fascistes de l'OAS (Organisation Armée Secrète) qui croient toujours à la possibilitée d'une Algérie française. Ceux ci vont multiplier les attentats en Algérie comme en métropole pour mettre la pression sur le gouvernement Français et empecher les negociations avec le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne).
    Ces actions de l'OAS renforcent la confiance que les Français portent à de Gaulle.



    Le parti communiste et la CGT sont résolus à agir vite. La CFTC qui s'interrogeait sur le type d'action à mettre en œuvre opte pour l'organisation d'une manifestation de masse.
    Le soir même du 7 février, les responsables de la CGT et de la CFTC se rencontrent à la bourse du travail et décident d'appeler à une manifestation massive le lendemain même.
    La FEN et l'UNEF sont également représentées à cette réunion[14]. Un tract d'appel est ainsi rédigé :
    « TOUS EN MASSE, ce soir à 18h30, place de la Bastille ». Ce tract fais une liste plus ou moins complète des attentats organisés par l'OAS et appel à la manifestation contre le fascisme et la volonté d'imposer la paix en Algérie.
    Le texte est signé des organisations syndicales CGT, CFTC, UNEF, SGEN, FEN et SNI. Le PCF, le PSU et le Mouvement de la paix sont associés à l'appel.



    Dans ses mémoires, le préfet de police Maurice Papon a écrit qu'il a suggéré au ministre de l'intérieur Roger Frey de la tolérer, que ce dernier en aurait référé au président Charles de Gaulle qui aurait répliqué « Qu'est-ce qui prend à Papon ? ».
    Charles De Gaulle et Roger Frey autorisent donc la représsion de ce rassemblement malgrés le caractère pacifique de celle ci prévu par les délégué des sindicats de la CGT et de la CFTC.
    Policiers, Gendarmes, Gardiens de la Paix et CRS sont donc mobilisés pour cette manifestation, en tout on compte environ 2500 uniformes pour répondre présent contre environ 20 000 manifestants (Parmis lesquels quelques dizaines de libertaires).
    Ceux ci ont pour ordres de "faire preuve d'énergie" et d'utiliser les grenades lacrymogènes et les bâtons de défense pour dissoudre le rassemblement.



    En début d'après-midi, les syndicats reçoivent la consigne de tenter de gagner la Bastille par cinq cortèges formés à 18 h 30 à quatre stations de métro (Ledru-Rollin, Sully-Morland, Filles du Calvaire et Gare de Lyon) et rue Saint-Antoine.
    Ils doivent s'arrêter à 50 ou 75 mètres des cordons de police. Les responsables des cortèges doivent alors lire le communiqué préparé au cours de la nuit et donner l'ordre de dispersion à 19 h 30.
    Selon Brunet, les organisateurs savent que les cortèges ont peu de chance de parvenir à la Bastille, mais ils estiment que la police ne va pas charger des rassemblements statiques.
    Ces organisateurs demandent aux manifestants sur la radio de "rester calme lors des manifestations".



    A l’heure du rassemblement, les manifestants se heurtent aux forces de l’ordre. Certains sont reflués sur la rive gauche, alors que, sur la rive droite, la tension monte peu à peu.
    En effet, quelques affrontements se déclenchent boulevard Beaumarchais. La réponse policière est terrible.
    On matraque des manifestants, des passants, les hommes, les femmes et personnes âgées, jusque dans les cafés et les stations de métro.
    L’acharnement est tellement aveugle que même des policiers en civil seront blessés.



    Mais c’est boulevard Voltaire et rue de Charonne que la répression est la plus violente.
    Alors que les organisateurs donnent le signal de dispersion, les forces de l’ordre, commandées par le Commissaire Yser, chargent le cortège.
    Les policiers chargent avec une telle brutalité et de façon si soudaine, qu’un mouvement de panique s’empare des manifestants, qui tentent de fuir vers la station de métro la plus proche.
    « Lorsque les policiers ont chargé, le premier rang des manifestants avait fait demi-tour et regardait en direction de la place Voltaire, car il voulait signifier que la manifestation était terminée et qu'il fallait se disloquer. Ils n'ont donc pu voir arriver les policiers et je les ai vus tomber aussitôt. ».
    Au même moment, le commissaire Dauvergne, commandant la 61e division, reçoit l'ordre de bloquer le boulevard Voltaire en direction de la place Léon-Blum, de façon à prendre les manifestants en tenaille.
    Il n'y a donc pas d'autres issues possibles pour les manifestants que les petites rues latérales, les portes cochères des immeubles, où certains parviennent à se réfugier, parfois poursuivis jusqu'au sixième étage par les policiers, ou les bouches du métro Charonne.
    "Je manifestais contre la guerre en algerie j’avais 19 ans en 1962 j’ai courru pour ne pas etre matraqué mais ils mon matraqué péniblement je suis rentré dans une station de métro le quai était renplis de blessés aux visages j’avais terriblement mal au dos, je me souviendrais toujours du bruit je croyais que c’était des cajettes que l’on écrasait. C’était les grilles des arbres que l’on jetait sur les manifestants".
    Ces grilles dont parle ce manifestant sont des grilles de fer, qui normalement sont fixées au pourtour des arbres de l'avenue, et de grilles d'aération du métro qui pèsent respectivements 40 et 26 kg.



    On dénombre des centaines de blessés ainsi que 9 morts :

    Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur.
    Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire.
    Daniel Féry, 15 ans, apprenti.
    Anne Godeau, 24 ans, employée PTT.
    Édouard Lemarchand, 41 ans, menuisier.
    Suzanne Martorell, 36 ans, employée à l'Humanité.
    Hippolyte Pina, 58 ans, maçon.
    Raymond Wintgens, 44 ans, typographe.
    Maurice Pochard (décédé à l'hôpital), 48 ans.



    Au lendemain du drame, la presse, de façon unanime, stigmatise la responsabilité des forces de l’ordre.
    Le Ministre de l’Intérieur, Roger Frey, rejette quant à lui toute la responsabilité sur le Parti Communiste, qu’il accuse d’avoir tenu la manifestation malgré l’interdiction officielle. Au passage, le ministre assimile les manifestants aux fascistes de l’OAS, car ce sont là, explique-t-il, “deux ennemis de l’intérieur”.
    De son côté, la population française est largement choquée par ce déchaînement de répression : entre 500 000 et un million de parisiens assistèrent aux funérailles des victimes.



    Voila pour Charonne, j'ai éssayé de faire un article le plus court et le plus complet possible avec les sites www.lariposte.com et les livres : "Charonne, 8 février 1962, Anthropologie d'un massacre d'État" et "Charonne. Lumières sur une tragédie". S'il y a des détails importants que j'ai oublié, faites le moi savoir svp.
    J'ai étonné d'apprendre que l'on nous cachais des affaires d'une telle importance dans les programmes d'histoire de la maternelle à la Terminale.
    Sans doute le gouvernemant préfère il que les Bacheliers ignorent les implications de l'état dans ce qui à été qualifié de "Massacre d'état".​
     
    Dernière édition par un modérateur: 25 Janvier 2010
  2. avrol
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    avrolMembre du forum Membre actif

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    Déc 2009
    Salut !
    C'est très bien. J'étais un "appelé" en Algérie à ce moment-là.
    Je ne peux pas m'empêcher de penser que cette manif médiatisée avait effacé les massacres du 17 octobre 1961 - toujours sous Papon - dont les journaux n'avaient guère parlé.
     
  3. Aperoman
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    AperomanNouveau membre

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    Jan 2010
    Salut Avrol

    Merci pour l'info, je vais me renseigner, j'avais entendu parler de manifs entre 60 et 62 mais je ne m'étais pas encore renseigné sur celles-ci.
     
  4. Tritri
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    TritriNouveau membre

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    Mar 2011
  5. anarcho-communiste, internationaliste
    Merci, je suis moi-même au lycée et, de-même, je n'en avais jamais entendu parler. Mais il y a beaucoup de chose capitales que l'on ne nous apprend pas alors qu'un principal but de l'histoire est de nous empêcher de refaire les erreurs passées.
    Mais l'on préfère nous les cacher et nous apprendre les noms de roi morts depuis des siècles.
     
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