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CANAL SEINE NORD EUROPE : projet salutaire ou inutile ?

Discussion dans 'Politique et débats de société' créé par Denis, 15 Octobre 2017.

  1. Denis
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    CANAL SEINE NORD-EUROPE

    Projet salutaire ou inutile ?


    Avant-propos : cet article est construit sur la base d’informations diverses obtenues

    difficilement (citations et extraits en italiques). Les conclusions du rapport officiel d’étude du projet sont aux mains de la DREAL (Direction Régional de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement).


    1. Genèse du projet.

    C’est le 12 septembre 2008, sous l’ère de la pensée sarkosyenne, qu’est déclaré d’Utilité Publique le projet d’aménagement du Canal Seine Nord-Europe.

    Celui-ci prévoit d’aménager les canaux de la Picardie et du Nord de façon à créer une liaison fluviale entre Compiègne et Aubenchel Au Bac, en fait de relier la Seine à l’Escaut, sur une longueur de 106 kms.

    Cela permettrait de mettre directement en liaison le port du Havre à celui de Rotterdam par voie navigable. La crise portuaire du Havre et de Dunkerque n’est pas anodine à ce sujet !

    Ainsi le canal doit être modifié au niveau infrastructures : ses berges passeraient à 54 mètres de large (au lieu de 24 actuellement), 7 écluses doivent être édifiées, 3 ponts-canaux, et 59 ponts routiers et ferroviaires construits : 7 ans de travaux ! (je ne cite pas les bassins d’eau puisée dans l’Oise et l'Aisne nécessaires au fonctionnement desdites écluses).

    Son édification amènera enfin le déblai d’environ 54 millions de mètres cube de terre.

    J’y reviendrais par la suite.

    Le coût du projet est estimé à 2.5 milliards d’euros.

    Le chantier doit être clos en 2017.

    Ne perdons pas notre temps, dans l’historique, là n’est pas le plus important :

    Après les premières réflexions, vient le temps de la rentabilité du projet : son coût est sous-estimé (en fait, aujourd’hui 7 milliards d’euros) : et qu’en sera-t-il exactement ?

    Sa rentabilité est revue à la baisse : 1,7 euros serait demandé par tonne transportée sur ledit canal ce qui couvrirait tout au plus le coût du fonctionnement annuel du canal estimé à 20 millions par an pour les collectivités.

    Ce projet prévoit la création de plus de 25000 emplois (sans compter les 4500 nécessaires à sa construction).

    … Un peu comme la plate-forme multimodale de Dourges-Hénin Beaumont qui devait créer des centaines d’emplois et qui, au-delà de la destruction d’un patrimoine historique (terrils rabotés) et de tout son biotope se développant sur ses flancs n’a rien amener du tout …

    En juillet 2017, à quelques semaines de l’ouverture des travaux, le premier ministre Philippe décide de suspendre le projet. L’Union Européenne ne semble pas très motivée non plus pour subventionner le projet.

    Depuis, la droite, à travers la parole de ses élus et du président de région X. Bertrand, et du Président du département du Nord JR Lecerf, se fait frondeuse.

    M Lecerf, dans son édito de Nord, octobre 2017, déclare même que région et départements ont accepter de pré financer pendant 2 ans la part de l’état et de garantir le prêt de 700 millions.

    N’y aurait-il pas d’autres priorités d’utilisation de cette manne financière (si elle existe !) : logements sociaux, établissements scolaires, aide sociale, suppression des taxes d’habitation et foncière, développement des Transports écologiques en commun,….?


    2. les arguments développés.

    Le canal Seine Nord Europe représente la plus belle opportunité de développement pour notre territoire (les Hauts de France) pour des décennies.

    Il sera créateur de milliers d’emplois, d’abord par sa création, ensuite et surtout par son exploitation.

    Il fera du Nord de la France le champion européen de la logistique et de la valorisation des échanges.

    Il marquera une avancée décisive, alors que se multiplient des pics de pollution, en faveur des modes de transports respectueux de l’environnement.(JR Lecerf, édito de Le Nord, octobre 2017).

    Soit … justement …


    3. Les conséquences humaines et écologiques.

    Dans un premier temps, les premiers sondages de terrain ont mis en évidence la présence d’une richesse archéologique rare et dense : De nombreux vestiges ont été découverts (même une villa gallo-romaine enfouie d’après mes sources. La Drac se doit de protéger ce patrimoine.

    Ensuite, de nombreuses expropriations et expulsions sont d’ores et déjà programmées, morcelant et fragmentant encore plus la région. Les surfaces agricoles (déjà devenues souvent terrains à bâtir) laisseraient leur place à des plateformes d’activité, des industries, de l’emploi. Pour la nature c’est un projet « béton ». Je cite ici Christofer Jauneau, travailleur au sein d’ONG en Mongolie notamment et spécialiste de la préservation des sols et de l’éducation à l’environnement.

    Puis, Jauneau ajoute plus loin : Ce projet met en lumière, une fois de plus, l’impossible cohabitation de la civilisation occidentale avec la nature. Les vallées de l’Aisne, de l’Oise, de la Somme et de la Sensée forment des ensembles écologiques exceptionnels …. Richesse faunistique et floristique … .

    L’alimentation pérenne en eau du canal sera assurée par la création de bassins artificiels de retenue d’eau puisée dans les rivières Oise et Aisne.

    Or, la qualité des eaux et plus généralement de la ressource en eau est une problématique considérable puisque ces deux rivières subissent des pressions énormes tant avec l’exploitation agricole, qu’avec les rejets industriels et urbains,précise le rapport d’analyse du projet.

    Jeanneau insiste sur le fait que la topographie de ces vallées en ferait des sites à risque quant aux inondations et aux coulées de boue.

    Enfin qu’adviendra –t-il des 54 millions de mètres cube de terre retirés ?

    Rien de bien clair à ce sujet. Néanmoins deux hypothèses semblent sortir du lot.

    D’après un militant écologiste de mes amis, la terre serait déplacée pour remblayer le canal de Saint-Quentin, devenu alors inutile : l’impact sur la biodiversité sera très fort et dramatique.

    Autre choix possible : Il est possible aussi que cette terre parte au Danemark pour la construction et le renforcement des digues : l’impact serait le même.




    Ce projet est néfaste : franchement pharaonique et mégalomaniaque, à visée clairement énoncée de rentabilité économique et capitaliste.

    Il se construit au détriment de l’humain et au mépris de la nature et de l’environnement (et ce, même si les politiciens de droite se métamorphosent, d’un coup, en pourvoyeur d’emplois et en écologistes soucieux du changement climatique ! de qui se moque-t-on ?) Il n’est vraiment pas la priorité des habitants des Hauts de France.

    Pour conclure, de toute façon, comme le dit Jauneau : le principe de précaution écologique ne pèse pas lourd face aux promesses de développement économique de tels aménagements.
     
  3. pilou-ilou
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    pilou-ilou  Comité auto-gestion Membre actif

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  4. libertaire, anarchiste, féministe, anarcho-syndicaliste, syndicaliste, auto-gestionnaire, synthèsiste, anarcho-fédéraliste, anti-fasciste, anti-autoritaire
    C'est Bouygues qui à décroché le chantier ?
     
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