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Banlieue Rouge (1996, Quartier Libre)

Discussion dans 'Archive' créé par Ungovernable, 20 Mai 2007.

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    Entrevue réalisée par Quartier Libre à la sortie du studio pour l'album "Sous un Ciel Écarlate"


    Quartier Libre: Pourquoi «Sous un ciel écarlate»?


    Safwan: En soi, c'est juste une image, mais le texte décrit peut-être un état d'esprit qui est celui de l'album et qui est d'être bien hargneux, bien fonceur. On veut que cet album-là fasse marque de coup.

    Q.L: Qu'est-ce qui est différent du dernier album studio, Engrenages?


    Safwan: La plus grande différence, c'est d'abord que le groupe n'a jamais enregistré avec la batterie en studio, sauf pour des maquettes. Aussi, il y a le fait que les enregistrements ont été faits à deux guitares, c'est-à-dire que Sylvain va pouvoir être beaucoup plus versatile puisque je vais
    enregistrer la rythmique. Ça donne un résultat qui est beaucoup plus «live», probablement plus cru aussi, mais pas mal plus vivant.

    Q.L: Peut-on s'attendre à une cassure avec tout ce que vous avez fait jusqu'à présent?

    Sylvain: Les nouvelles chansons ont été conçues pour être jouées par deux guitares, ce qui donne nécessairement un spectre sonore beaucoup plus large.

    Safwan: C'est certain aussi que les arrangements musicaux ont beaucoup évolué. Les chansons, la majorité d'entre elles à tout le moins, ont mûri depuis un certain temps, c'est-à-dire que les versions que l'on jouait d'elles, il y a six mois, ne sont plus les mêmes aujourd'hui.

    Q.L: Et les thèmes abordés...

    Safwan: On a réussi, je crois, à atteindre une certaine maturité à ce niveau-là. Je peux parler de choses plus personnelles d'une façon sensible et utiliser l'approche du groupe pour le faire. Mais en même temps, il y a des morceaux comme Mort ou vif ou Sans reddition qui sont des morceaux
    classiques Banlieue Rouge.

    Sylvain: Musicalement c'est pareil. Par moments, on est plus heavy qu'on ne l'a jamais été, mais en même temps, on se découvre aussi un côté... je ne dirais pas plus doux, mais plus nuancé. On s'est rendu compte qu'on n'était pas obligé de jouer à fond tout le temps. Et croyez-le ou non, sur cet album-ci, Safwan chante. Il a de la mélodie dans la voix!

    Q.L: Vous avez été courtisés par des «majors», pourquoi être restés chez Cargo?

    Safwan: Ce qui a toujours été important pour Banlieue Rouge, c'est d'être indépendant. Être indépendant sur Columbia, je m'en fous, si on me donne ce dont j'ai besoin pour faire de la bonne musique, offrir de bons spectacles et de bons albums. Sauf que les gens de Cargo ont réussi à
    montrer patte blanche, et à nous démontrer qu'ils étaient intéressés à rencontrer certaines de nos démarches.

    Q.L: Est-ce que vous pensez que «l'explosion» va avoir lieu avec ce nouvel album?

    Safwan: C'est difficile à dire. C'est dommage un peu parce qu'au Québec, il y a longtemps que l'on fait ce qu'on fait. On a vendu pas mal d'albums, on a fait beaucoup de concerts. Les gens nous connaissent de nom, à la limite, sauf qu'on n'a pas les avantages de diffusion d'autres artistes. On sait qu'on fait du rock indépendant, mais je ne crois pas qu'on devrait être handicapé par cela. On devrait avoir les mêmes droits que les autres.

    Q.L: Est-ce que celà vous dérangerait de sortir de l'underground?


    Safwan: Pas du tout, si on n'a pas à travestir notre musique pour le faire. Nous sommes persuadés qu'auprès de beaucoup de gens, c'est une musique qui plairait s'ils avaient la chance de l'entendre et de se dire: «C'est du québécois, ça aussi?»