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Guerres & impérialisme Attaque israélienne contre la flotille d'aide humanitaire : deux rapports, deux conclusions

Discussion dans 'Webzine - actualité des luttes et partage d'articles de presse' créé par Ungovernable, 24 Janvier 2011.

  1. Ungovernable
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    Une commission d'enquête israélienne a, sans surprise, disculpé dimanche l'État hébreu après le raid meurtrier de ses commandos de marine contre une flottille d'aide internationale au large de la bande de Gaza le 31 mai 2010. Quant au rapport de la commission turque, il accuse Israël d'un recours «excessif» et «disproportionné» à la force.

    Selon le rapport préliminaire de la commission israélienne, composée de six membres dont deux observateurs internationaux, le blocus maritime du territoire palestinien et l'assaut des soldats israéliens pour empêcher la flottille humanitaire de se rendre à Gaza sont «conformes au droit international».

    La mort de neuf passagers turcs durant l'assaut avait provoqué une très grave crise dans les relations entre Israël et la Turquie, et soulevé une vague de réprobation internationale.

    En Turquie, une commission d'enquête a plutôt accusé dimanche l'État hébreu de recours «excessif» et «disproportionné» à la force.

    Le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s'est félicité des conclusions de la commission israélienne qui prouvent, selon lui, que le recours à la force par Israël était justifié «en tant qu'acte d'autodéfense».

    En revanche, le rapport a été fustigé par le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, et critiqué par des ONG israéliennes de défense des droits de l'Homme qui ont dénoncé «l'aveuglement moral et légal» d'Israël.

    «L'imposition d'un blocus maritime sur la bande de Gaza, compte tenu des raisons sécuritaires et des efforts d'Israël de remplir ses obligations humanitaires est légal et conforme au droit international», affirme la commission dirigée par le juge Yaacov Tirkel.

    Et le recours à la force lors de l'arraisonnement du navire amiral de la flottille pour Gaza, le ferry turc Mavi Marmara, a également été «légal» au regard du droit international, ajoute le rapport.

    La commission justifie le blocus et le raid dans les eaux internationales par la nécessité «d'empêcher l'acheminement par voie maritime d'armes et de terroristes dans la bande de Gaza», rappelant que des «milliers de roquettes et d'obus de mortier ont été tirés» depuis 2001 contre le sud d'Israël à partir de ce territoire.

    Elle souligne l'opposition «très violente» à laquelle les soldats israéliens ont été confrontés lors de l'abordage du bateau de la part de militants de l'organisation humanitaire turque de tendance islamiste IHH.

    La commission déplore les «conséquences regrettables en pertes de vie humaine et en blessures», relevant que neuf militaires israéliens ont été blessés, dont deux par balle, au cours des affrontements.

    Le mandat de la commission Tirkel, fixé en juin dernier par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, était limité à vérifier la conformité au droit international de l'arraisonnement et de l'embargo maritime.

    Elle n'était pas habilitée à enquêter sur le processus de prise de décisions ni à recommander des sanctions personnelles contre les dirigeants politiques et militaires qui avaient préparé, ordonné ou conduit le raid.

    Les conclusions du rapport turc sont contradictoires

    Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a rejeté le rapport de la commission d'enquête israélienne qui a blanchi Israël, affirmant qu'il n'a «aucune crédibilité».

    «Quelle valeur peut avoir un rapport préparé et commandé dans le même pays ? (Israël) (...) Nous allons suivre cette affaire. Ce rapport n'a aucune crédibilité», a-t-il dit à des journalistes à Ankara, cité par l'agence de presse Anatolie.

    La commission établie par la Turquie en réponse à la création d'une commission d'enquête israélienne a dénoncé elle aussi le rapport israélien, se déclarant «stupéfaite et consternée» de ses conclusions qui disculpent l'armée israélienne, rapporte Anatolie.

    «L'attaque menée par Israël en violation du droit, en temps de paix comme en temps de guerre, est aussi en contradiction avec tous les principes, règles et normes internationales», a affirmé la commission, qui s'est réunie à Ankara, précise l'agence.

    Le rapport de la commission turque, dont l'AFP s'est procuré une copie, accuse Israël d'un recours «excessif» et «disproportionné» à la force.

    Selon les conclusions préliminaires de ce rapport, «l'armée israélienne a fait usage d'une force excessive contre le Mavi Marmara», le ferry où ont été tués les Turcs.

    «La force utilisée pour intercepter le Mavi Marmara franchit les limites de ce qui est approprié et nécessaire (...) l'usage de la force ne peut être qu'un dernier recours», souligne le rapport turc.

    Selon les passagers auditionnés, les soldats israéliens ont ouvert le feu aussitôt après leur hélitreuillage sur le pont du ferry.

    La commission d'enquête, qui a auditionné des militants turcs et étrangers du convoi, estime que l'État hébreu doit verser des indemnisations aux familles des victimes, «aux termes du droit international».

    Selon la version des autorités israéliennes, les soldats ont fait usage de leurs armes après avoir été attaqués à coups de couteau par les militants du Mavi Marmara.

    Le commando israélien avait arraisonné au total six navires, qui tentaient de briser le blocus de la bande de Gaza.

    L'ONU se penchera sur les rapports

    Les deux rapports devraient être transmis au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a constitué un panel de quatre membres, dont un représentant turc et un Israélien, chargés d'enquêter sur le raid meurtrier.

    Plusieurs réunions de ce panel présidé par l'ancien premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer sont prévues pour examiner ces rapports, jusqu'au mois d'avril, puis l'ONU devrait rendre un avis, a précisé à l'AFP l'ancien ambassadeur turc Özdem Sanberk, membre du panel.

    Le gouvernement turc, qui a rappelé son ambassadeur en Israël après le raid, exige des excuses et des indemnisations pour les familles des victimes.
     
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