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Après lectures de drag queens une bibliothèque menacée

Discussion dans 'Féminisme et luttes d'émancipations LGBTQ' créé par ninaa, 24 Mars 2019.

  1. ninaa
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    Après des lectures par des drag-queens, une bibliothèque parisienne menacée
    Camille Cado - 20.03.2019

    Du 16 au 24 mars 2019, à Paris et en Île-de-France se tient La queer week, une semaine de réflexion autour du genre et de la sexualité. À cette occasion, la bibliothèque Louise-Michel, dans le 20e arrondissement de Paris, a organisé samedi 16 mars un atelier de lecture pour enfants animée par des drag-queens. L'initiative a été très fortement critiquée sur les réseaux sociaux, et la bibliothèque a reçu plus de 400 messages de haine en quelques jours.

    [​IMG](photo via twitter)


    C'est un des membres du personnel de la Bibliothèque, qui a d'abord fait état sur Twitter des menaces qui pesaient sur l'établissement. « J'en ai parlé ces derniers jours,mais la bibliothèque Louise Michel, ou je bosse, vit en ce moment une vague de harcèlement sans précédent. Notre crime : Un atelier de lecture de conte non-genrés par des Drag-Queens pendant la Queer Week. (Oui, des hommes déguisés = horreur) », indiquait-il.

    « C’est tout simplement monstrueux. Qui sont les parents qui laissent faire ça ? Qui sont les responsables de la bibliothèque qui laissent faire ça ? […]  Mais la lecture, tout sauf innocente, de Boucle d’Or et les 3 Ours revu et corrigé pour être à la mode de Drag Queens mal dans leur peau, mon Dieu… Non seulement ces salopes instrumentalisent des enfants très jeunes pour les faire entrer dans leurs obsessions malsaines d’adultes », pouvait-on lire sur le site Résistance républicaine, une des plateformes d'extrême droite auprès desquelles l'événement n'est pas passé inaperçu.

    Contactée par 20 Minutes, la bibliothèque explique qu’« il s’agissait d’interroger les stéréotypes autour du fait que les petites filles seraient forcément des princesses et les petits garçons des chevaliers. La démarche, c’est simplement d’interroger le rôle des filles et des garçons ».

    « La situation a été relayée à nos tutelles. La mairie a été informée de la situation. Je suis en l’attente d’instruction par rapport à ce qui va suivre » continue la direction. Et pour cause, un autre événement se tenait cet après-midi à la bibliothèque : un « Queer for kids », qui permet de questionner les thèmes de genres, des corps, mais aussi d’altérité.

    Un nouvel événement que déplore Olivier Vial, président de l’UNI (Union nationale inter-universitaire) et directeur du CERU (Centre d'Études et de Recherches Universitaire) dans une tribune publiée dans le Figaro. « Il est difficile d’évoquer la semaine Queer sans en sourire. Pourtant, il n’y a rien d’amusant à ce que des institutions publiques comme Sciences-Po, la Mairie de Paris et l’université Paris 8 financent ce genre d’initiatives ! »

    Un drag queen qui lit,
    ça dérange ?


    « Malheureusement, cela témoigne plus largement d’une dérive de certaines disciplines universitaires qui sont aujourd’hui gangrénées par des idéologies militantes. En prenant cela trop à la légère, on finit par faire le jeu de ces idéologues et de ces activistes qui, de provocations en provocations, avancent leurs pions. Au final, on risque surtout d’en pleurer beaucoup plus que d’en rire », reprend-il.

    [​IMG]


    Le membre de la bibliothèque avait invité tout son réseau à signaler « les apprentis nazis locaux, les trolls de bas étages et autres guerrier d’une France qui ne semble exister que dans leurs têtes ». Le compte Twitter de la bibliothèque, lui, est d’ailleurs passé en privé.

    Des cas similaires avaient déjà eu lieu aux États-Unis. En effet, à Houston notamment, des lectures par des drag queens au sein des bibliothèques avaient provoqué l'indignation d'une partie de la population. Vendredi 19 octobre, des opposants avaient d'ailleurs manifesté devant la cour fédérale puis déposé une plainte contre la bibliothèque au nom de la « liberté de religion ».

    Des attaques “inacceptables”

    L'Association des Bibliothécaires de France, dans un communiqué, apporte son soutien à la bibliothèque Louise Michel : « [N]ous tenons à réaffirmer que c’est le rôle même des bibliothèques et des bibliothécaires que de proposer au public des services, des animations et des collections pour tou·te·s, et sur tous les sujets pour favoriser les débats, lutter contre les prescriptions idéologiques et donner aux enfants comme aux adultes les clés pour comprendre le monde dans lequel ils et elles vivent », indique l'ABF.

    « En donnant à voir les identités plurielles qui nous composent, en favorisant le vivre-ensemble, en créant des espaces de dialogues où peuvent s’exprimer les questions et le débat d’idée, en permettant à chacun·e de construire et de se construire, les bibliothèques investissent pleinement le rôle qui est le leur de remettre les citoyen·ne·s en capacité d’agir », ajoute l'association.

    L'ABF invite à faire parvenir des messages de soutien à l'établissement, via les réseaux sociaux, pour encourager ce type de démarches.
     
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